<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="http://www.netoyens.info/index.php/feed/rss2/xslt" ?><rss version="2.0"
  xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
  xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
  xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
  xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom">
<channel>
  <title>|N!| Netoyens !... - Édito</title>
  <link>http://www.netoyens.info/index.php/</link>
  <atom:link href="http://www.netoyens.info/index.php/feed/category/Edito/rss2" rel="self" type="application/rss+xml"/>
  <description>Je ne veux pas croire, je veux savoir.</description>
  <language>en</language>
  <pubDate>Fri, 24 May 2013 22:57:54 +0200</pubDate>
  <copyright>Netoyens.info</copyright>
  <docs>http://blogs.law.harvard.edu/tech/rss</docs>
  <generator>Dotclear</generator>
  
    
  <item>
    <title>De la fatigue d’apprendre</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/22/05/2013/de-la-fatigue-dapprendre</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:0cbdf206eccaa0c0ec2f7be9d487cd0b</guid>
    <pubDate>Wednesday 22 May 2013</pubDate>
    <dc:creator>Yann Fiévet</dc:creator>
        <category>Édito</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;a title=&quot;Mirbeau-La_Greve_des_Electeurs-CouvOr.png&quot; href=&quot;http://www.netoyens.info/public/livres/Mirbeau-La_Greve_des_Electeurs-CouvOr.png&quot;&gt;&lt;img title=&quot;Mirbeau-La_Greve_des_Electeurs-CouvOr.png, mai 2013&quot; style=&quot;float: left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; alt=&quot;Mirbeau-La_Greve_des_Electeurs-CouvOr.png&quot; src=&quot;http://www.netoyens.info/public/livres/.Mirbeau-La_Greve_des_Electeurs-CouvOr_s.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;L’affaire est entendue&amp;#160;: notre société est tourmentée par plusieurs crises simultanées. L’on parle abondamment de la crise économique ou de la crise sociale, un peu moins de la crise politique, moins encore de la crise écologique. Et si la crise de la culture «était de loin la plus grave, celle qui amputerait profondément notre capacité à soigner tous nos maux&amp;#160;? &lt;/p&gt;    &lt;p&gt;La culture d’une nation est ce qui permet à ses membres d’emprunter au passé régulièrement revisité la force de vivre paisiblement le présent et de préparer intelligemment le futur. Au cœur de la culture l’on trouve le savoir et ses lieux d’acquisition. Au commencement est donc l’École. C’est peu dire que cette institution maintes fois «&amp;#160;réformée&amp;#160;» est aujourd’hui en crise. Et peut-être pas d’abord pour les raisons les plus communément admises. Apprendre – tout comme s’informer – dans une société devenue paresseuse apparaît désormais par trop fatiguant à la plupart de nos congénères.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plutôt que de s’interroger à propos de l’éventualité du recul progressif de la soif d’appendre l’on préfère le plus souvent se contenter du constat évident que le savoir a profondément changé tout au long du «&amp;#160;siècle du progrès&amp;#160;». Les découvertes scientifiques et techniques rendant intelligibles d’ancestraux mystères ou faisant reculer de vieilles incertitudes, les avancées dans le domaine du calcul des grands nombres – couplé à l’accélération dudit calcul – ouvrant le monde à sa quantification générale, la satisfaction grandissante des besoins individuels largement suscités par la «&amp;#160;société de consommation&amp;#160;» - devenue même consommationnisme – assurant la domination du matériel sur le spirituel, tout cela a permis aux sciences dites rationnelles de prendre définitivement le pas sur les sciences humaines ou sociales simplement raisonnables. L’Emprise des Chiffres a remplacé «&amp;#160;la République des Lettres&amp;#160;». Ce nouveau «totalitarisme est éminemment dommageable. Sa caricature tient par exemple dans l’outrance de la mathématisation de la «&amp;#160;science économique&amp;#160;» qui ne prévoit presque rien mais tient pourtant le haut du pavé. De moyen aidant les hommes à comprendre ce qui les entoure, le chiffre devient la fin à atteindre absolument. Alors que le maître mot du discours politique gestionnaire et de la prétention économique est le mot efficacité, la société se disloque sous les effets destructeurs du chômage de masse et de la précarité montante. Nous sommes très loin de tout comprendre&amp;#160;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le champ du savoir est immense. Il est encore à défricher en maints endroits, la friche ayant même repris ses droits sur des parcelles autrefois cultivées et délaissées depuis. Il est surtout très morcelé. La friche et le morcellement du savoir ont été amplifiés par les outils de la communication moderne quand bien même ces outils nous étaient vantés comme devant nous faciliter l’accès à l’immensité des connaissances disponibles de par le monde. Finalement, la profusion est effrayante ou, à tout le moins, désarçonnante pour le plus grand nombre des individus. Quand à la facilité d’accès, elle se résume le plus souvent à la rapidité saisissante d’obtention d’informations propulsées au travers de réseaux électroniques interconnectés. L’acquisition du savoir a besoin de temps, le temps de la réflexion, temps que l’on ne prend plus, temps jugé perdu à l’ère de la vitesse érigée en vertu cardinale. Combien de professeurs sont confrontés à l’exercice favori de nombre de leurs élèves qu’est le copier-coller tiré de «&amp;#160;la toile&amp;#160;», ultime amortisseur tendu aux cohortes n’ayant plus le temps d’apprendre. On ne lit plus de livres. On ne s’informe plus par la lecture d’articles complets. On en recherche des condensés que l’on collera «&amp;#160;par cœur&amp;#160;» &amp;nbsp;ici ou là comme autant de bribes d’un savoir restant inconnu pour l’essentiel. Comment s’étonner alors que notre époque soit celle de la confusion du contenant avec le contenu, les tuyaux avec la pensée qui peut y circuler, l’Église avec la religion, BHL avec la philosophie, la politique avec le politique, la communication avec l’information&amp;#160;? L’enveloppe est grande et belle&amp;#160;; la lettre qu’elle renferme est courte et vulgaire. Et l’École bienveillante d’accélérer le phénomène.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le savoir est encore dans les livres. Il faut aller l’y cueillir, puis se l’approprier à partir de soi et en confrontation avec autrui. Cependant, il convient pour cela de redécouvrir, loin de l’artificialité de la vidéosphère, les charmes du «&amp;#160;colloque singulier&amp;#160;», ce temps à soi et pour soi où chacun dialogue avec lui-même. Tout ce qui fait l’âme humaine et ses méandres se trouve déjà dans les grands textes des écrivains et philosophes du passé. Nombre d’écrits contemporains ne sont souvent du reste que de pâles redites involontaires face aux richesses littéraires patinées par le temps. Mais, qui lit encore Hugo, Balzac, Dostoïevski ou Kafka pour comprendre les ressorts profonds gouvernants intemporellement les organisations humaines&amp;#160;? Balzac, par la puissance de «&amp;#160;la comédie humaine&amp;#160;», est un émérite sociologue d’avant même l’invention de la sociologie. Qui mieux que Dostoïevski dépeint les affres de la misère et la fatale impossibilité de la quitter&amp;#160;? Notre époque qui ne sait plus regarder le visible mais cherche à percer tous les secrets de l’invisible – aidée en cela par les promesses les plus folles de la Science et la fascination pour la Technique - a la nécessité de réhabiliter les sciences humaines et sociales, de faire vivre les «&amp;#160;belles&amp;#160;» Lettres et les questions de Sophie, de faire reculer le calcul froid et omnipotent des experts patentés. Sinon, où irons-nous&amp;#160;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img title=&quot;Mirbeau-La_Greve_des_Electeurs-CouvR.png, mai 2013&quot; style=&quot;float: right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; alt=&quot;Mirbeau-La_Greve_des_Electeurs-CouvR.png&quot; src=&quot;http://www.netoyens.info/public/livres/.Mirbeau-La_Greve_des_Electeurs-CouvR_s.jpg&quot; /&gt;Les élites qui gouvernent notre société, elles-mêmes bien moins cultivées que leurs devancières, ont-elles intérêt à résoudre la crise de la culture&amp;#160;? Rien n’est moins sûr, hélas&amp;#160;! Imaginons que nos citoyens en herbe ou déjà avertis de la chose politique découvrent les splendeurs, aujourd’hui largement oubliées, du subversif Octave Mirbeau. Ils tomberaient par exemple sur «&amp;#160;la grève des électeurs&amp;#160;», ouvrage publié en 1888 et dénonçant la mascarade de l’électoralisme. À l’heure du hollandisme mou succédant au sarkozysme gesticulateur, des conflits d’intérêts multiples, du bradage du bien commun, ce livre somptueusement écrit et sur lequel l’histoire du XXème siècle n’a laissé aucune ride, ferait de sérieux ravages. Un monde nouveau pourrait en sortir. Qui osera ouvrir cette boîte de Pandore&amp;#160;?&lt;/p&gt;</description>
    
          <enclosure url="http://www.netoyens.info/public/BIBLIO/Gustave_Mirbeau/La_Greve_Des_Electeurs.pdf"
      length="1948705" type="application/pdf" />
    
    
          <comments>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/22/05/2013/de-la-fatigue-dapprendre#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/22/05/2013/de-la-fatigue-dapprendre#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://www.netoyens.info/index.php/feed/navlang:en~fr/atom/comments/922</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>La débâcle hollandaise</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/14/05/2013/la-debacle-hollandaise</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:0cfe30558cb62cd0cbffe21cfcf6c538</guid>
    <pubDate>Tuesday 14 May 2013</pubDate>
    <dc:creator>Yann Fiévet</dc:creator>
        <category>Édito</category>
            
    <description>&lt;div style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;
&lt;p&gt;«On résiste à l’invasion des armes, &lt;br /&gt;on ne résiste pas à l’invasion des idées» &lt;br /&gt;Victor Hugo&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;«&amp;#160;Ramener le point d&amp;#8217;indignation à l&amp;#8217;amorce de toute précarité. &lt;br /&gt;Seul moyen de s&amp;#8217;extraire des eaux mortes de la fatalité &lt;br /&gt;et de ne plus prendre de vieilles mœurs&amp;nbsp; avec l&amp;#8217;inadmissible.&amp;#160;»&lt;br /&gt;Patrick Chamoiseau&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;    &lt;div style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;img title=&quot;edito.gif, fév. 2012&quot; style=&quot;float: left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; alt=&quot;edito.gif&quot; src=&quot;http://www.netoyens.info/public/rubriques/.edito_t.jpg&quot; /&gt;La débâcle hollandaise&amp;#8230; ou la première bougie sans lumière
&lt;p&gt;Comme elle fut longue la première année d’un règne qui pourrait en compter cinq. Longue de l’attente de changements qui ne viendront pas. Longue de l’amertume du constat que le Président nouveau est, tous comptes faits, un fieffé conservateur. Longue du dégoût du mensonge perpétué au sommet de l’État pour camoufler de vils conflits d’intérêts. Les Français ont-ils prié l’ancien hôte de l’Elysée d’aller s’occuper de ses affaires pour en voir d’autres défrayer la chronique et que les leurs se détériorent au fil de l’adaptation aux lois destructrices du Marché dérégulé&amp;#160;? Il est pourtant à craindre que «&amp;#160;la bande à Hollande&amp;#160;» continue de jouer avec nos nerfs&amp;nbsp;, sourde qu’elle est au grand désarroi qui étreint le corps social. Les médecins attentifs savent qu’à tout moment les nerfs peuvent craquer. Alors, les tranquillisants de la «&amp;#160;communication politique&amp;#160;» deviendront totalement inefficaces. De cette faillite le vide surgira qui soit nous aspirera, soit nous inspirera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous étions sans grande illusion quand François Hollande fut élu l’an dernier. Heureux du départ de son désastreux prédécesseur, nous savions que le nouveau Président de la République incarnerait à merveilles cette Gauche molle qui a depuis longtemps adopté l’essentiel du programme économique et social de «&amp;#160;la révolution conservatrice&amp;#160;» telle que Pierre Bourdieu qualifiait le néolibéralisme à l’œuvre depuis le début des années 1980. Nous sommes aujourd’hui pleinement comblés&amp;#160;: la «&amp;#160;Gauche de gouvernement&amp;#160;» se paie le luxe éhonté d’aller au-delà de nos attentes les plus audacieuses&amp;#160;! Comme pour fêter son premier anniversaire de Président François Hollande a reçu le 29 avril dernier à l’Elysée les patrons qui s’étaient autodésignés «&amp;#160;pigeons&amp;#160;» en septembre 2012 quand nous osions encore espérer la «&amp;#160;réforme fiscale&amp;#160;» qui devait être «&amp;#160;le pivot d’une nouvelle politique&amp;#160;». Ils étaient 300 à venir s’entendre dire comment «&amp;#160;la France va désormais encourager l’esprit d’entreprendre&amp;#160;». On aura noté au passage que le vocable «&amp;#160;entreprise&amp;#160;» mal ressenti par le bon peuple - qui a le toupet de l’associer au chômage ou à la souffrance au travail - a été, marketing politique oblige, remplacé par le verbe «&amp;#160;entreprendre&amp;#160;». Quand tout va de mal en pis on a tout de même le droit de positiver&amp;#160;! &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est sans aucun doute également pour positiver que quelques jours avant la réception élyséenne du patronat entreprenant l’on manoeuvra afin que «&amp;#160;notre&amp;#160;» Assemblée&amp;nbsp;Nationale n’entérine pas l’amendement&amp;nbsp;, adopté auparavant de justesse au Sénat&amp;nbsp;, en faveur de l’amnistie en matière d’actes délictueux commis par des syndicalistes en colère. Ces deux évènements ne faisait que couronner l’entrée officieuse du Medef au Parlement grâce au fameux ANI (Accord National Interprofessionnel), trop largement écrit par lui et négocié avec les autres partenaires sociaux en son propre siège, ce qui ne choqua en rien la grande presse. L’ANI qui troque scandaleusement la certitude d’une plus grande flexibilité&amp;nbsp;/précarité des salariés les plus modestes contre un renforcement&amp;nbsp; hypothétique de leur sécurité. L’année 2013 avait du reste bien débuté en matière d’action économique pour la Gauche qui veut se faire plus grosse que la Droite. En janvier, Jérôme Cahuzac avait solennellement déclaré du haut de son expertise de Ministre du Budget que la réforme fiscale était faite. Il fallait bien nous le dire car nous ne l’avions pas vu passer cette réforme fondamentale. Monsieur de La Fontaine assurément nous manque qui aurait écrit cette nouvelle fable, les vessies et les lanternes, illustration parfaite du hollandisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Gauche hollandiste a résolument et définitivement choisi son camp&amp;#160;: celui de la préservation des intérêts des détenteurs du capital contre le sort difficile des possesseurs d’une force de travail chaque jour davantage méprisée quoiqu’en disent les discours convenus. Ce choix est de plus en plus&amp;nbsp; maladroitement camouflé derrière la proclamation d’un intérêt général mal compris. Il est pathétique de constater qu’après trente ans de néolibéralisme faits, entre autres avatars désastreux, d’exorbitants allègements du «&amp;#160;fardeau&amp;#160;» pesant si lourdement sur le capital – opportunément dissimulé sous «&amp;#160;les entreprises&amp;#160;» - la Gauche ne s’étonne pas de voir l’économie aller toujours plus mal. Au lieu de songer à changer de cap, elle s’entête. Pire, elle devient réellement dogmatique&amp;#160;: l’austérité est obligatoire car c’est «&amp;#160;la seule voie menant &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; au redressement&amp;#160;». Quel redressement&amp;#160;? On ne le sait pas vraiment mais ce dont on est sûr c’est qu’il mène à la Croissance et que la Croissance – autre dogme de taille – ce sont des emplois assurés. Hâtons-nous donc de lancer de «&amp;#160;grands projets structurants&amp;#160;». Et tant pis pour «&amp;#160;la petite économie&amp;#160;» et l’environnement massacré. Pire encore, certains débats sont désormais interdits&amp;#160;: depuis quelques semaines nous n’avons plus le droit de dire que le leadership économique de l’Allemagne fait souffrir le reste de l’Europe. Ce serait être anti-Allemands que de prétendre que la stratégie européenne de Mme Merckel est discutable, que d’autres voies sont à envisager en lieu et place de l’austérité continentale. Rappelons à ceux qui peut-être l’ont oublié que Mme Merkel est une femme politique… de droite. Mais ce rappel&amp;nbsp; a-t-il encore un sens quand la démocratie est devenue théologie&amp;#160;? Il faudrait «&amp;#160;un choc&amp;#160;» de remémoration&amp;#160;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’Europe est entrée en récession et l’austérité à répétitions n’y serait pour rien. Dans l’édition 2013 de son étude annuelle sur «&amp;#160;les revenus et le patrimoine des Français&amp;#160;», l’INSEE constate, à partir des données de 2010, que jamais la crise n’avait autant accentué les inégalités. le système redistributif français, écorné depuis de nombreux années, est sur le point de se rompre. Il n’a plus les mêmes effets protecteurs qu’hier&amp;#160;: les dispositifs de solidarité parviennent encore à atténuer la chute mais plus de l’empêcher. Ce sont donc les ménages les plus pauvres qui paient le plus lourd tribut. «&amp;#160;En 2010, le niveau de vie de la majorité de la population stagne ou baisse, après avoir faiblement augmenté l’année précédente. Au sein de l’ensemble de la population, les personnes les plus modestes sont particulièrement touchées depuis la crise. À l’inverse, le niveau de vie au-dessus duquel se situent les 5&amp;#160;% de personnes les mieux loties repart à la hausse, après avoir stagné en 2009.&amp;#160;» Ajoutons que le niveau de vie des 1&amp;#160;% les plus riches a enregistré une hausse de 4,7&amp;#160;% en 2010. Hélas, il n’est pas déraisonnable de craindre que les données de 2011 et 2012 révèleront une aggravation de l’ensemble de ces phénomènes. La Gauche a-t-elle donc quelque chose de plus urgent à faire que la guerre à la pauvreté&amp;nbsp;montante&amp;#160;? Il faudrait «&amp;#160;un choc&amp;#160;» de réhumanisation&amp;#160;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faute de faire la guerre à la pauvreté – ce qui nécessiterait d’aller chercher l’argent là où l’on ne veut pas le voir – le pouvoir en place va user d’armes «&amp;#160;gratuites&amp;#160;» pour mener la guerre aux pauvres. Et «&amp;#160;la guerre aux pauvres commence à l’école&amp;#160;» &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/14/05/2013/la-debacle-hollandaise#pnote-1&quot; id=&quot;rev-pnote-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;. Le principal problème de cette dernière ne serait pas son manque de moyens matériels ou son incapacité à compenser les injustices causées par un système économique et social profondément inégal. Non, le problème essentiel, c’est l’immoralité des élèves, plus précisément celle des élèves issus des quartiers défavorisés. Le rétablissement prochain des cours de morale à l’École a-t-il vraiment une autre fonction que de vouloir restaurer un certain ordre moral fondé sur le goût de l’effort, le sens de la hiérarchie, le respect de la discipline, le contrôle des désirs – autres que consommationnistes - la fidélité aux traditions, l’identification à la communauté nationale, et la valorisation de la famille «&amp;#160;naturelle&amp;#160;» et hétérosexuelle&amp;#160;? La Gauche sera alors gagné par le conservatisme scolaire comme elle a déjà succombé au libéralisme économique et à la pensée sécuritaire. Soulignons que cette &lt;em&gt;doxa&lt;/em&gt; droitière est d’une terrifiante commodité&amp;#160;: les premiers responsables de la pauvreté sont les pauvres eux-mêmes qui manquent tellement de moralité&amp;#160;! Pour la moralité des nantis on se contentera d’une déclaration «&amp;#160;officielle&amp;#160;» de patrimoine, ils sont par ailleurs tellement polis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Insensiblement, la France et sa classe politique se ferment. Certains chiffres ne trompent pas. Notre pays accueille deux fois moins d’immigrés qualifiés que le Royaume-Uni et trois fois moins que l’Allemagne. En 2012, seuls 17&amp;#160;000 premiers titres de séjour de longue durée ont été délivrés pour motif économique à des salariés étrangers - hors UE, les ressortissants européens bénéficiant du libre accès au marché du travail - soit 9&amp;#160;% des 193&amp;#160;000 autorisations de séjour délivrées, contre plus de 20&amp;#160;% au Royaume-Uni, au Canada, en Espagne et en Italie, selon les chiffres de l’OCDE. «&amp;#160;L’immigration choisie&amp;#160;»&amp;nbsp; de Nicolas Sarkozy n’a pas permis de rendre la France plus compétitive mais&amp;nbsp; a contribué à stigmatiser les étrangers en distinguant les «&amp;#160;bons&amp;#160;» (les travailleurs qualifiés) des «&amp;#160;mauvais&amp;#160;» (les non qualifiés et les femmes rejoignant leurs maris dans le cadre de l’immigration familiale) et n&amp;#8217;a pas su valoriser les travailleurs déjà présents (les femmes et les sans-papiers en les régularisant). La politique migratoire de Manuel Valls est, à quelques détails près, conforme à celle de ses devanciers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un évènement récent devrait inquiéter les défenseurs des libertés d’expression et de circulation. Aminata Traoré, ancienne Ministre de la Culture du Mali, était invitée à donner une conférence à Paris le 22 avril dernier. Son visa de circulation de 4 ans dans l’espace Schengen a expiré au mois de Février. Il ne lui a pas été renouvelé sur injonction des autorités françaises. Quand le hollandisme renonce aussi à remettre en cause «&amp;#160;la françafrique&amp;#160;» le discours critique d’Aminata Traoré à propos de l’intervention de la France au Mali n’est pas le bienvenu. Et si c’était là précisément que la Gauche, déshonneur suprême, avait définitivement perdue son âme&amp;#160;? A de grands moments de son histoire la Gauche fut lumineuse. Elle sombre désormais dans les ténèbres où elle pourra plus facilement dissimuler la tragédie de tous ses renoncements. L’Histoire la jugera.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;h4&gt;Notes&amp;#160;:&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/14/05/2013/la-debacle-hollandaise#rev-pnote-1&quot; id=&quot;pnote-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&amp;nbsp; Ruwen Ogien, La Guerre contre les pauvres commence à l’école&amp;#160;: sur la morale laïque, Grasset, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/14/05/2013/la-debacle-hollandaise#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/14/05/2013/la-debacle-hollandaise#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://www.netoyens.info/index.php/feed/navlang:en~fr/atom/comments/920</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>De quoi Cahuzac est-il le nom ?</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/20/04/2013/de-quoi-cahuzac-est-il-le-nom</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:36b081d718a612bb557ac9f950da0737</guid>
    <pubDate>Saturday 20 April 2013</pubDate>
    <dc:creator>Yann Fiévet</dc:creator>
        <category>Édito</category>
        <category>Cahuzac</category><category>Sarkozisme</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;a title=&quot;edito.gif&quot; href=&quot;http://www.netoyens.info/public/rubriques/edito.gif&quot;&gt;&lt;img title=&quot;edito.gif, fév. 2012&quot; style=&quot;float: left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; alt=&quot;edito.gif&quot; src=&quot;http://www.netoyens.info/public/rubriques/.edito_t.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Le scandale a fini par éclater au grand jour. Tantôt il surprend, du moins par son ampleur. Tantôt il confirme des doutes qui n’en étaient
déjà plus depuis des mois.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Le Ministre du Budget est coupable de fraude fiscale et de… parjure. Il a démissionné. Il a été mis en examen par la Justice. Il a été exclu du Parti Socialiste et renonce finalement à récupérer son siège de député. Pourtant, la classe politique ne saurait en être quitte. Les tentatives de faire de l’affaire Cahuzac une simple péripétie due à la grande malhonnêteté d’un homme isolé vont restées vaines. L’affaire a son contexte. Et quand on se refuse à minimiser ce contexte la réalité s’impose&amp;#160;: la vie politique est gangrenée. Pire, notre société dans son «&amp;#160;ensemble&amp;#160;» a dévoyé, au fil des trente dernières années, nombre de ses valeurs. Cahuzac n’est pas que le patronyme d’un homme. C’est le nom d’un mal profond, un mal qu’il sera difficile de guérir, surtout si seuls des remèdes artificiels sont prescrits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par son ampleur&amp;nbsp;et la nature de son premier protagoniste, l’affaire est caricaturale. C’est précisément pour cette raison qu’elle ne peut être prise comme la banale défaillance d’un système qui resterait par ailleurs acceptable. Comme toute bonne caricature elle est le remarquable révélateur de divers avatars de notre époque troublée. Quel observateur suffisamment avisé du monde contemporain pouvait décemment s’interdire de prévoir que l’abandon de la régulation des marchés, l’explosion du pouvoir des lobbies et l’acceptation toujours plus forte des conflits d’intérêts, les transferts de la Haute Administration de l’État vers la Grande Industrie ou la Haute Finance, le cumul des mandats politiques ne finiraient pas par tous converger jusqu’à la déliquescence du sommet de la République&amp;#160;? L’exacerbation des tendances lourdes du néo-libéralisme économique ne pouvaient que favoriser la recherche du gain maximal de la moindre opération commerciale ou financière, la mise en concurrence de tous avec tous stimulant le chacun pour soi, la domination accrue du capital sur le travail, l’accroissement éhonté des inégalités de revenus et de patrimoines, le développement des communautarismes religieux ou catégoriels divers. A l’inverse, on assista dans le même temps à l’affaiblissement progressif du socle de la protection sociale, à la privatisation des services publics et à la marchandisation des biens communs, au dépérissement de l’intérêt général au profit de la satisfaction d’intérêts particuliers, à l’effondrement de l’engagement politique et syndical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sommet de l’État fut en fait atteint bien avant l’actuel scandale. Le quinquennat de Nicolas Sarkozy fut une période passablement débridée du point de vue des dérives susnommées auxquelles nous pouvons ajouter l’inimitable vulgarité du personnage et la morgue infinie de ses principaux lieutenants. Toutes les affaires du sarkozisme intéressent la Justice et seront, espérons-le, jugées un jour comme il se doit et interdisent par conséquent à la Droite de donner aujourd’hui des leçons de morale politique à la nouvelle majorité. Elles ont du reste une résonance particulière dans la tourmente qui menace le nouvel exécutif. Les électeurs du 6 mai 2012 n’ont pas oublié que le «&amp;#160;Président ordinaire&amp;#160;» s’était engagé à rendre irréprochable la République. Il savait probablement la tâche impossible – aurait-il pris sinon comme trésorier de campagne un autre affairiste&amp;nbsp;fréquentant assidûment les paradis fiscaux&amp;#160;? – mais il l’a néanmoins promis avec force ce&amp;nbsp;… grand nettoyage. C’est avec la même force que l’imprudente promesse lui revient comme un rappel à l’ordre ou une addition à payer. Tant qu’il y était François Hollande nous avait promis que le «&amp;#160;capitalisme fou&amp;#160;» deviendrait sage, que la spéculation serait muselée&amp;#160;», la finance «&amp;#160;encadrée&amp;#160;», les banques «&amp;#160;surveillées&amp;#160;», les paradis fiscaux dénoncés. Une longue année après l’élection présidentielle, tout ce qui a fait la crise financière de 2008 est toujours en place. La montagne de promesses a accouché d&amp;#8217;une souris franchement maigrichonne&amp;#160;: la «&amp;#160;Réforme bancaire&amp;#160;» de mars dernier n’affectera les banques que de … 0.75 à 2% de leurs activités&amp;#160;! Les financiers et leurs lobbies ont agi en coulisses pour sortir pratiquement indemnes du chambardement qui leur avait été prédit devant la galerie. Ils ont cerné puis désarmé, un pouvoir politique qui prétendait les mettre sous contrôle. Que vaudra donc le «&amp;#160;choc de moralisation&amp;#160;» brandi à la face du peuple austérisé pour éteindre l’incendie Cahuzac&amp;#160;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Désormais, la Gauche est nue&amp;#160;! Ayant appris à gérer l’économie en bons libéraux qu’ils sont devenus depuis beau temps, les hommes et les femmes de la Gauche de gouvernement n’avaient plus que la morale pour se distinguer de l’adversaire. C’est fini&amp;#160;! Elle l’a jetée aux orties comme elle a jeté au fil des trente années de sa «&amp;#160;modernisation&amp;#160;» la plupart des principes qui fonda autrefois l’identité du mouvement socialiste. Ce changement fondamental d’identité s’est accompagné de l’amoindrissement progressif de la capacité de discernement du «&amp;#160;personnel&amp;#160;» politique. Nous avons peine à croire que personne ne connaissait les malversations de Jérôme Cahuzac. On le laissa prendre toute sa place au sein du PS, place dont il sut se servir dans sa «&amp;#160;reconversion médicale&amp;#160;».&amp;nbsp; François Hollande a préféré la confiance professionnelle à la confiance politique et mis l’accent sur la compétence technique au détriment de la politique et de la morale. Cela coûte finalement très cher et dit beaucoup sur les travers d’une politique professionnalisée et d’une gauche qui fait primer le discours des experts au détriment du discours politique. Seule une révolution culturelle, restaurant tout à la fois le politique et la vertu, pourrait sauver la Gauche de cette pente fatale&amp;nbsp;. Elle n’est, hélas, pas pour demain.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/20/04/2013/de-quoi-cahuzac-est-il-le-nom#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/20/04/2013/de-quoi-cahuzac-est-il-le-nom#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://www.netoyens.info/index.php/feed/navlang:en~fr/atom/comments/915</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>Habent Papam</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/18/03/2013/habent-papam</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:c177c29cca8ad5deedabf28b0269fd9a</guid>
    <pubDate>Monday 18 March 2013</pubDate>
    <dc:creator>Yann Fiévet</dc:creator>
        <category>Édito</category>
        <category>Alfred Jarry</category><category>François</category><category>Pinochet</category><category>père Ubu</category><category>Saint Père</category><category>Videla</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;a title=&quot;edito.gif&quot; href=&quot;http://www.netoyens.info/public/rubriques/edito.gif&quot;&gt;&lt;img title=&quot;edito.gif, fév. 2012&quot; style=&quot;float: left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; alt=&quot;edito.gif&quot; src=&quot;http://www.netoyens.info/public/rubriques/.edito_t.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Le mois dernier nous a offert une fois encore le spectacle d’une
agitation majuscule des médias. Il nous faut bien avouer que l’évènement
était
de taille&amp;#160;: l’élection du nouveau Pape des Catholiques, devenu ainsi
officiellement, selon les principes inébranlables du droit canonique,
évêque de Rome et successeur de Pierre. Cependant, «&amp;#160;le coup du pape
François&amp;#160;» ne doit pas nous conduire à oublier que la France ne compte
plus que 2% de pratiquants réguliers du culte jadis hégémonique.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;L’agitation médiatique démesurée mérite que l’on s’y arrête tant elle révèle à quel point notre société est aujourd’hui déboussolée face aux multiples aspects de la crise profonde qu’elle traverse. Pour relancer le barnum vaticanesque – lui-même profondément en crise – il a fallu sacrifier à l’originalité&amp;#160;: un pape «&amp;#160;latino&amp;#160;» surprendra tout le monde. Soyons honnêtes&amp;#160;: une bonne part de l’engouement journalistique fut consacré à commenter le choix des cardinaux. Et là, le spectre est de grande largeur pour ne pas parler de la largesse d’esprit des plus audacieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le mercredi 13 mars, France 2, «&amp;#160;la chaîne du service public&amp;#160;», consacra une partie du JT de 20 heures à l’annonce brûlante de l’élection du nouveau Saint-Père. On fit ainsi en toutes les chaumières une pause dans la contemplation télévisuelle du paysage immaculé du nord de la France fortement enneigé, autre sujet chaud du moment. Nous avions été abondamment préparé à l’évènement depuis plusieurs jours. Chaque commentateur vaguement branché catho y était allé de son pronostic. Il y avait des favoris, certains bien placés à la corde, des outsiders, des battus d’avance, des dopés peut-être&amp;#160;! Cette manière de nous relater la «&amp;#160;compète&amp;#160;» avait pour ambition – on a celle que l’on peut – de maintenir l’audience autour d’une information qui, tous comptes faits,&amp;nbsp;n’intéresse probablement pas grand monde. Un instant prenons à leur jeu nos médias compétitifs. En 1903, deux ans avant l’adoption de la loi de Séparation des Églises et de l’État par le Parlement français, Alfred Jarry, créateur du &lt;a titel=&quot;père Ubu&quot; class=&quot;dcwikipedia&quot; href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A8re_Ubu&quot;&gt;père Ubu&lt;/a&gt;, avait ironisé – les professionnels de la profession de bonne foi diraient blasphémé – à propos de «&amp;#160;la Passion considérée comme une course de côte&amp;#160;». Il avait même cru bon d’ajouter dans son irrévérence coutumière que «&amp;#160;&lt;a titel=&quot;Barabbas&quot; class=&quot;dcwikipedia&quot; href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Barabbas&quot;&gt;Barabbas&lt;/a&gt;, engagé, déclara forfait.». Venons-en maintenant à l’essentiel qui aurait du provoquer notre énervement. Rappelons d’abord que la France est une République laïque. Alors voilà la question qui fâche. Pourquoi durant la diffusion du sujet papal par France 2 les téléspectateurs ont-ils eu à subir dans le coin inférieur droit de leur écran l’inscription en gros caractères&amp;#160;: «&amp;#160;Habemus Papam&amp;#160;»&amp;#160;? Cette appropriation sans précaution par une chaîne de télévision grand public de la sentence prononcée sur le balcon du Vatican par le porte-parole du conclave est plus que surprenante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De deux choses l’une. Soit les dirigeants et journalistes de France 2 sont à la fois laïcs et républicains – ce qui paraît être un minimum
sur une chaîne de service public – et alors ils se doivent de proclamer «&amp;#160;ils ont un Pape&amp;#160;» face à un évènement très peu démocratique par lequel des cardinaux désignés par les papes antérieurs désignent parmi eux un nouveau pape. Soit les dirigeants et journalistes de France 2 sont de fervents catholiques et s’autorisent alors à dire fièrement «&amp;#160;nous avons un Pape&amp;#160;» en commettant là une faute car nous n’avons aucunement à connaître leur orientation au strict plan de la religion et leur posture à cet égard ne doit en rien interférer avec l’exercice de leur «&amp;#160;mission&amp;#160;» professionnelle. Être obligé de rappeler de telles évidences est singulier et montre à quel point les repères dont notre société continue d’avoir besoin sont désormais brouillés. La trivialité de l’information-spectacle ne saurait tout
expliquer. Certes, les chaînes de télévision se font concurrence et celle-ci pousse à la surenchère. Mais, n’y a-t-il pas en arrière-fond de la concurrence médiatique une autre concurrence – dont la première se sert – celle des religions dans le contexte porteur de la remontée du religieux sous des formes désordonnées&amp;#160;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ont donc un pape. Et quel pape&amp;#160;! &lt;a titel=&quot;Jorge-Mario Bergoglio&quot; class=&quot;dcwikipedia&quot; href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_(pape)&quot;&gt;Jorge-Mario Bergoglio&lt;/a&gt; est un pur produit du catholicisme argentin&amp;nbsp;- l’un des plus réactionnaire au monde – comme son prédécesseur était un pur produit du catholicisme rigoriste allemand. On ne voit donc pas, au-delà des apparences trompeuses, en quoi la nouvelle nomination à la tête du catholicisme mondial va faire évoluer ne serait-ce que d’un iota sa doctrine profonde. Du coup, on comprend d’autant moins l’emballement médiatique européen auquel nous avons été convoqués sous le prétexte commode que nos racines sont chrétiennes. JMB aiment les pauvres&amp;#160;? Il les comprend&amp;#160;? Il les plaint&amp;#160;? Oui, mais il déteste aussi le mariage des homosexuels et il abhorre l’avortement. Un autre fait nous trouble grandement&amp;#160;: JMB et son prédécesseur ont tous les deux côtoyé de près la barbarie. Le second a appartenu aux Jeunesses hitlériennes. Il semble qu’il n’est pas eu le choix. Une erreur de jeunesse qu’il a fallu pardonner pour permettre son accès à la charge suprême. L’évêque de Buenos-Aires avait, quant à lui, quarante ans au moment de l’avènement de la dictature de &lt;a titel=&quot;Videla&quot; class=&quot;dcwikipedia&quot; href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Videla&quot;&gt;Videla&lt;/a&gt; en 1976. Cette dernière dura sept ans&amp;nbsp;et fit dix fois plus de morts et disparus que la dictature de &lt;a titel=&quot;Pinochet&quot; class=&quot;dcwikipedia&quot; href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Augusto_Pinochet&quot;&gt;Pinochet&lt;/a&gt; au Chili. Sept longues années durant lesquels JMB n’a rien dit. Après la dictature, il ne rendit jamais visite aux mères et
grands-mères se réunissant chaque semaines durant des années sur la place de Mai pour réclamer des nouvelles de leurs enfants disparus. Il ne s’est jamais ému du vol de nourrissons à leurs mères assassinées par la dictature argentine. Oui, l’Église est toujours aux côtés des bourreaux. Un prêtre montait à bord de chaque avion argentin destiné à larguer au-dessus de l’Atlantique les victimes encore vivantes de Videla. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Habent Papam&amp;#160;! Et nous leur laissons&amp;#160;!&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/18/03/2013/habent-papam#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/18/03/2013/habent-papam#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://www.netoyens.info/index.php/feed/navlang:en~fr/atom/comments/913</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>Effondrement global</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/23/02/2013/effondrement-global</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:96b793dba9081032bbb9aa891cbf1019</guid>
    <pubDate>Saturday 23 February 2013</pubDate>
    <dc:creator>Yann Fiévet</dc:creator>
        <category>Édito</category>
        <category>Brundtland</category><category>Décroissance</category><category>Meadows</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;a title=&quot;edito.gif&quot; href=&quot;http://www.netoyens.info/public/rubriques/edito.gif&quot;&gt;&lt;img title=&quot;edito.gif, fév. 2012&quot; style=&quot;float: left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; alt=&quot;edito.gif&quot; src=&quot;http://www.netoyens.info/public/rubriques/.edito_t.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Le présent de l’Humanité – et de la planète qui la supporte – est chaque
jour plus cocasse que la veille.&amp;nbsp;Les hommes vaquent à leurs
occupations, petites ou grandes, en négligeant de façon pathétique de
s’occuper de l’essentiel&amp;#160;: annihiler les risques majeurs de
l’effondrement définitif restant coupablement comme une vague
possibilité ou un triste épouvantail agité par quelques fâcheux écolos.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;L’hypothèse de l’effondrement a été longtemps l’apanage des historiens des temps longs qui nous ont enseigné que les civilisations entières sont mortelles. L’exacerbation de la crise écologique au cours des dernières décennies fait surgir de l’ornière où l’on se complaisait trop facilement à la cantonner à la menace tangible et fatale pesant désormais sur l’espèce humaine. L’extension du capitalisme marchand et financier à tous les recoins de la planète a transformé la possibilité de l’effondrement autrefois localisé en risque global. En inventant la «&amp;#160;mondialisation sans contrôle&amp;#160;» munie de son dévorant ressort productiviste, les hommes ont donné naissance à la perspective de la catastrophe totale. Comble de l’ironie&amp;#160;: dans l’océan d’insouciance où nous baignons un îlot de raison surgit enfin&amp;#160;: nous pouvons dès maintenant nous passer des millénaristes et de leurs prédictions sans fondements intelligibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les clignotants de la «&amp;#160;décrépitude environnementale&amp;#160;» potentielle sont au rouge. S’il nous arrive encore de douter du terrible constat,&amp;nbsp;c’est que de doctes experts consultés par les «&amp;#160;officines de surveillance&amp;#160;» et/ou appointés par les firmes capitalistes maintiennent en vigueur – avec l’assentiment en dernière instance des représentants de la sphère politique – des seuils de tolérance officiels pourtant déjà dépassés eu égard aux travaux des scientifiques indépendants ou des limites physiques de la biosphère. Il est quasi certain que nous ne parviendrons pas à empêcher «&amp;#160;l’emballement climatique&amp;#160;». Trop de rendez-vous mondiaux ont été manqués depuis la parution du rapport Meadows en 1972. L’étouffement progressif des écosystèmes atmosphériques, aquatiques ou terrestres se poursuit allègrement&amp;#160;: les efforts méritoires de quelques nations vertueuses sont submergés par les effets démultipliés de la course au Progrès et à la Croissance à l’échelle planétaire. Là où a sévi l’agriculture hyper intensive, les sols deviennent infertiles après avoir été tellement gorgés de fertilisants et pesticides chimiques. Et ce «&amp;#160;modèle&amp;#160;» continue de «&amp;#160;gagner&amp;#160;» du terrain. Il est d’ores et déjà patent que nourrir neuf milliards d’êtres humains en 2050 sera une gageure si l’on ne restaure pas le capital de terres cultivables. L’exploitation exponentielle des gisements de matières premières va faire du 21ème siècle le siècle de l’épuisement dangereux de nombre de ces ressources.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À partir du Sommet de la Terre à Rio en 1992, préparé par le rapport Brundtland de 1988, on a cru sérieusement détenir la parade. Elle se nomme «&amp;#160;développement durable&amp;#160;». Vingt ans plus tard, les gens sérieux en sont revenus ou sont en train d’en revenir… bredouilles&amp;#160;! Ainsi de Dominique Bourg, universitaire genevois, l’un des papes du DD&amp;nbsp;, c’est-à-dire du sauvetage par le Marché et seulement lui. Il croit désormais possible l’effondrement. Cependant, cette perspective est tellement effrayante que ce philosophe veut encore croire que le sauvetage est possible. Pour cela, une seule condition&amp;#160;: changer radicalement le système économique. Son revirement est spectaculaire&amp;#160;: le mot «&amp;#160;décroissance&amp;#160;» ne semble plus le gêner. C’est que probablement, comme pour un nombre croissant de ses congénères, il a fini par découvrir qu’au jeu du développement durable c’est quasiment toujours le pilier économique qui l’emporte sur le pilier environnemental et le pilier social. L’économique se résumant, à peu de choses près, à la loi du marché capitaliste, il n’était pas nécessaire d’être grand clerc pour comprendre dès son origine quel sort funeste était promis au DD. Oui, le Capitalisme a avalé et digéré le nouveau concept. Les fruits de cette digestion bien comprise s’appellent croissance verte ou green washing. Chacun constate que tout acteur économique qui compte (!) fait aujourd’hui du développement durable. Le DD ça paie, à défaut de sauver la planète ou de faire reculer la misère.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-on aller contre les faits en les minimisant ou en les niant&amp;#160;? L’effondrement a déjà commencé. La dégradation de l’environnement est devenue mortelle. Aux États-Unis, la courbe de l’espérance de vie s’est inversée en 2009. Le tour de l’Europe pourrait venir prochainement. L’Homme n’a pas pu larguer impunément dans son environnement des millions de tonnes de substances chimiques multiples depuis soixante ans. L’exposition à cet environnement nocif a fait grimper la fréquence de nombre de pathologies quand elle n’en fait pas naître de nouvelles. Si la fréquence des cancers «&amp;#160;traditionnels&amp;#160;» régresse, celle des cancers «&amp;#160;environnementaux&amp;#160;» s’envole. Jamais les pays riches n’avaient enregistré autant de cas de cancers frappant les enfants que ces dernières années. Dans de nombreuses régions du monde la fertilité masculine s’affaisse de façon inquiétante. Une autre facette de l’effondrement est en marche depuis plusieurs décennies&amp;#160;: les atteintes irréversibles à la biodiversité tant animale que végétale. Ce florilège morbide qui n’est décousu qu’en apparence ne serait pas complet si l’on omettait d’y adjoindre la mal bouffe foisonnant dans toute bonne société industrielle qui se respecte. Dans sa lutte contre son propre effondrement le capitalisme multipliera les affaires de type Findus. La malbouffe voyage de plus en plus pour brouiller les pistes&amp;#160;; les contrôleurs publics sont de moins en moins nombreux. Voilà les ingrédients indigestes au bon sens que concoctent le néolibéralisme en ses laboratoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, on ne salue pas la «&amp;#160;simplicité volontaire&amp;#160;», on se garde bien de lutter contre «&amp;#160;l’obsolescence programmée&amp;#160;», on ne favorise pas le basculement de l’agriculture chimique vers l’agriculture biologique, on ne se presse pas à préparer «&amp;#160;l’après-pétrole&amp;#160;». Au contraire, on glorifie la surconsommation, on bombarde nos enfants d’ondes électromagnétiques, on convertit les paysanneries du Sud en agricultures intensives et chimiques, on favorise le gigantisme des équipements commerciaux ou aéroportuaire au grand profit des maîtres du bétonnage tels Vinci ou Bouygues. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, l’effondrement global commence avec l’effondrement de la pensée critique tournée vers l’intérêt général. &lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/23/02/2013/effondrement-global#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/23/02/2013/effondrement-global#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://www.netoyens.info/index.php/feed/navlang:en~fr/atom/comments/911</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>L’EPReuve du feu</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/22/12/2012/lepreuve-du-feu</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:8332db1ae3d982ea6a9b1dec625a5986</guid>
    <pubDate>Saturday 22 December 2012</pubDate>
    <dc:creator>Yann Fiévet</dc:creator>
        <category>Édito</category>
        <category>Antinucleaire</category><category>EPR</category><category>GPII (Grands Projets Inutiles Imposés)</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;a title=&quot;nuke_glouton.jpg&quot; href=&quot;http://www.netoyens.info/public/illustration-articles/yannf/nuke_glouton.jpg&quot;&gt;&lt;img title=&quot;nuke_glouton.jpg, déc. 2012&quot; style=&quot;float: left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; alt=&quot;nuke_glouton.jpg&quot; src=&quot;http://www.netoyens.info/public/illustration-articles/yannf/.nuke_glouton_t.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Le feu, de tous temps, a fasciné les hommes. Le feu nucléaire qu’une
partie de nos congénères prétend savoir maîtriser exacerbe
incontestablement la fascination. Comment expliquerait-on autrement que
par l’effet paralysant de la fascination l’entêtement des gouvernements
français à poursuivre contre vents et marées la construction de l’EPR&amp;nbsp;ou
encore la faiblesse de l’opposition au nucléaire en France malgré
l’horreur de Fukushima&amp;#160;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;[crédit image&amp;#160;: &lt;a href=&quot;http://leliencommun.org/journeesdetudes/2012/couts/couts.html&quot;&gt;leliencommun.org&lt;/a&gt;]&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;L’insouciance populaire et l’opiniâtreté gouvernementale ne sauraient être expliquées uniquement par la peur du manque futur d’énergie. Si les gouvernants agissaient vraiment selon un calcul purement rationnel comme on le prétend parfois la filière électronucléaire au coût désormais exorbitant – tant au plan environnemental, social que financier – serait aujourd’hui
abandonnée. Il existe sans doute peu de dossiers où toutes les cartes sont à ce point faussées. Qui saura stopper à temps la machine infernale&amp;nbsp;que cache une fierté nationale tellement mal placée&amp;#160;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concorde, prouesse technique mais gouffre économique. On ironisait alors avec la découverte saugrenue que le seul Concorde rentable était celui qui, au Bourget,
accueillait chaque année les très nombreux visiteurs venus admirer l’emblème de la réussite française. Et pour cause&amp;#160;: cet aéronef-là ne décollait jamais.
Aujourd’hui, personne n’ose rire de l’EPR. Il est fort à parier que demain nous nous retenions pour ne pas pleurer. Nous savons déjà que ce programme n’est pas un gouffre mais un abysse financier.&lt;br /&gt;
Le chantier de Flamanville a d’ores-et-déjà pris cinq années de retard et sa facture a triplé depuis la première estimation de son coût de réalisation. La nécessité de renforcer les normes de sécurité – pourtant décrétées maximales à l’origine – après la catastrophe de Fukushima n’explique pas, loin s’en faut, ce surcoût et ce contretemps formidables. Si le programme Concorde avait été lancé quant à lui par temps de finances publiques plutôt florissantes, on ne saurait en dire autant du programme EPR qui fait entrer la France en phase de dilapidation des deniers publics. C’est ce que le groupe italien Enel, comptant pour 11% dans le projet, semble avoir enfin compris puisqu’il s’en retire. Rien n’autorise en effet à penser sérieusement que l’envolée du coût de production de l’EPR va s’interrompre, les 8,5 milliards d’euros annoncés en novembre dernier seront très probablement dépassés à mesure que de nouveaux avatars surviendront dans ce projet jugé – sauf par les nucléocrates - de plus en plus hasardeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le risque de catastrophes nucléaires civiles majeures, hier réputé impossible dès lors que les meilleurs experts et systèmes de protection sont mobilisés, est aujourd’hui mis en cause. Le lobby nucléaire lui-même n’ose plus brandir le «risque zéro&amp;#160;».&amp;nbsp;Disons, pour paraphraser le grand penseur du 19&lt;sup&gt;ème siècle&lt;/sup&gt;, que le spectre de Fukushima nous hante. Il va nous hanter très longtemps&amp;#160;: les nucléocrates ne pourront pas, comme ils l’ont fait avec Tchernobyl, compter sur l’effacement du temps ou en appeler à l’inconséquence d’un régime totalitaire. Le Japon est une démocratie et vit désormais la pire catastrophe nucléaire civile de tous les temps, du moins tant que l’avenir ne nous aura pas légué une catastrophe plus terrible encore. Oui, «&amp;#160;l’accident&amp;#160;» de Fukushima est toujours en cours, les autorités politiques et techniciennes étant impuissantes à y mettre un terme pour l’instant. Le fait que nos projecteurs médiatiques aient été
débranchés beaucoup trop tôt et que nos journalistes manquent de la bonne énergie, celle qui oriente le regard vers ce qui dérange, ne change rien à l’affaire. Elle est démesurément dramatique. C’est même sa démesure qui nous pousse à l’oublier. Oui, des pans entiers de la population nippone sont aujourd’hui sacrifiés et toute la population le sait. Elle ne veut plus du nucléaire&amp;#160;! Il va être très difficile de lui imposer de nouveau. C’est bien ce dernier aspect qu’il convient de nous cacher, à nous qui croyons encore au miracle de l’énergie atomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le miracle n’aura pas lieu. Il est enfin avéré que la production de l’énergie nucléaire est la plus dispendieuse qui soit. Demain, elle sera ruineuse. Chaque nouvelle catastrophe impose de relever le niveau des protections avec la certitude désormais admise que les nouveaux seuils fixés seront un jour à revoir.&amp;nbsp;De plus, nos «&amp;#160;autorités compétentes&amp;#160;» sont incapables de chiffrer le coût de démantèlement des centrales parvenues en fin de vie. C’est sans doute la raison pour laquelle cet élément de coût, exorbitant lui aussi on l’imagine, n’est jamais pris en compte dans le calcul du coût de production de l’énergie électronucléaire. Circonstance atténuante mais non déresponsabilisante pour nos gouvernants et pour EDF&amp;#160;: aucune centrale n’a jamais été démantelée nulle part. Brennilis, la plus petite d’entre elles pour ce qui concerne la responsabilité d’EDF, effraie toujours nos apprentis sorciers en la matière –radioactive&amp;#160;! –vingt ans après l’arrêt de son réacteur. Il est donc temps de mettre fin au «&amp;#160;mensonge nucléaire&amp;#160;». Le décret d’avril 2007 marquant officiellement l’ouverture du chantier de l’EPR
à Flamanville a donné dix ans à EDF pour réaliser le chargement du réacteur en combustible. Ce délai paraissait très raisonnable, les plus pressés le trouvait même trop long à l’époque. Des voix s’élèvent aujourd’hui qui disent leur inquiétude de voir les responsables du programme sacrifier quelque peu la sécurité afin de tenir le délai. Lorsque Mme Delphine Batho proclame que le réacteur de Flamanville démarrera le 11 avril 2017 il est évident qu’elle n’en sait fichtre rien. Elle se borne à répéter bêtement, comme ses devanciers politiques, ce que les dirigeants d’EDF lui disent, eux qui n’en savent rien non plus tant les années prochaines risquent de nous livrer un nouveau lot d’onéreuse surprises et contretemps fâcheux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Après avoir cessé de mentir on déciderait fatalement de mettre fin à la gabegie annoncée depuis longtemps. L’on nous dit que trop d’argent a déjà été mis dans ce programme pour que l’on puisse y renoncer. Cet argument est irrecevable, pour ne pas dire irresponsable. La gravité de la situation commande de ne plus regarder le passé mais de préserver l’avenir. Renoncer, ce n’est pas perdre de l’argent de toute façon déjà dépensé mais économiser les sommes colossales qui seraient dépensé demain. Arrêter un réacteur en fonctionnement est autrement problématique que de stopper sa construction. Et que dire du coût humain épargné&amp;#160;?Le pouvoir politique aura-t-il l’intelligence et le courage nécessaires pour affronter cette décisive «&amp;#160;épreuve du feu&amp;#160;»&amp;#160;?&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/22/12/2012/lepreuve-du-feu#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/22/12/2012/lepreuve-du-feu#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://www.netoyens.info/index.php/feed/navlang:en~fr/atom/comments/897</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>Décérébration politique</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/22/11/2012/decerebration-politique</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:b9de506db85f8835fe5811d1127943f2</guid>
    <pubDate>Thursday 22 November 2012</pubDate>
    <dc:creator>Yann Fiévet</dc:creator>
        <category>Édito</category>
        <category>Gauche</category><category>GPII (Grands Projets Inutiles Imposés)</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;a title=&quot;Alter2012.jpg&quot; href=&quot;http://www.netoyens.info/public/Netoyens/Alter2012.jpg&quot;&gt;&lt;img title=&quot;Alter2012.jpg, avr. 2012&quot; style=&quot;float: left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; alt=&quot;Alter2012.jpg&quot; src=&quot;http://www.netoyens.info/public/Netoyens/.Alter2012_s.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;C’est entendu&amp;#160;: le changement n’est pas pour maintenant. Il n’est sûrement pas non plus pour demain. La promptitude de M. François Hollande à décevoir tous ceux qui pourtant n’attendait pas grand-chose – du moins en matière économique – ne saurait être interprétée comme la seule marque de l’homme qui sait prendre son temps. En vérité, l’impossible changement n’est pas l’affaire d’un homme ou de l’équipe dont il s’entoure. Pourquoi le nouveau Président de la République poursuit-il, dans de nombreux aspects, la même politique que son prédécesseur&amp;#160;? &lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Parce que la Gauche a depuis longtemps renoncé à penser le politique, à créer par une réflexion approfondie les conditions du possible changement. En fait, la Gauche n’est plus de gauche dès lors que son action n’a plus comme seule raison d’être que l’accompagnement de la marche des choses quand autrefois elle avait le désir profond d’influer sensiblement sur cette marche. Certes, le rabougrissement de la pensée politique n&amp;#8217;est pas aujourd&amp;#8217;hui propre à la Gauche, mais s&amp;#8217;agissant d&amp;#8217;elle, ce fait
dramatique nous est particulièrement douloureux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour illustrer la décérébration de la Gauche «&amp;#160;de gouvernement&amp;#160;» et son renoncement à bousculer un tant soit peu l’ordre économique écrasant, quoi de mieux que le pointage du nouveau credo de l’hôte de l’Élysée. Le changement tient tout entier en une inversion formidable&amp;#160;: nous allons passer d’un «&amp;#160;socialisme de la demande&amp;#160;» à un «&amp;#160;socialisme de l’offre&amp;#160;». Nous voilà bien confrontés à une aberration&amp;#160;: la qualification d’un système politique par le recours à des attributs de l’économie de marché. En sacrifiant à ce point aux lois du Marché, on vide de sa substance le système politique qui n’a plus de socialiste que le nom. En centrant le volet «&amp;#160;croissance&amp;#160;» de sa politique économique sur une compétitivité accrue des entreprises tirée essentiellement d’un surcroît de flexibilité du travail, le Gouvernement commet une triple erreur. D’abord, il a choisi une définition très restreinte de la compétitivité, notion plutôt floue et dépendant de nombreuses variables, tant quantitatives que qualitatives, souvent difficiles à chiffrer. Ensuite, la flexibilité du travail est une fausse solution&amp;#160;: si elle permet d’en faire baisser le coût, elle n’en améliore pas la qualité qui dépend de son côté de la qualification des salariés et probablement d’un meilleur traitement de la main-d’œuvre. Enfin, l’on braque les projecteurs une fois de plus sur le coût du travail et l’on ignore superbement le coût du capital que constitue la gourmandise toujours plus grande des actionnaires. On avouera sans peine – mais non sans chagrin – que pour un gouvernement de gauche…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un gouvernement de gauche aurait l’audace – ou plutôt l’honnêteté – d’affirmer que le travail n’est pas avant tout un coût que l’on réduit au gré des caprices du patronat, mais la précieuse richesse du pays. Il mettrait fin à un scandale&amp;#160;: il existe en France un milliard d’heures supplémentaires non majorées, non déclarées, c’est-à-dire l’équivalent de 600&amp;nbsp;000 emplois&amp;#160;! Il proclamerait que les salariés les plus productifs sont bien formés, bien traités et bien payés. Puisqu’il y a urgence à «&amp;#160;rembourser la dette&amp;#160;» il rétablirait pour les hauts revenus le taux d’imposition en vigueur en 1999 qui s’il avait été maintenu pendant dix ans aurait laissé la France de 2009 sans endettement. Au lieu de choisir l’audace vers l’espérance, le tandem Hollande-Ayrault a choisi l’enlisement dans l’austérité. Les Grecs – pour ne prendre qu’un exemple - essuient actuellement leur neuvième plan d’austérité&amp;#160;: ils constatent que leur pays a vu sa dette extérieure passer dans ce laps de temps de 100% à 160% de son PIB&amp;#160;! Compte tenu des périls qui viennent, l’audace économique et sociale ne suffirait pas à remettre la Gauche dans le sens de la marche, celle qui accompagne les moins favorisés de nos concitoyens. Il conviendrait d’y adjoindre l’audace écologique. Et là, carrément, ils ne savent pas, ils doivent partir de zéro, fort peu stimulés par un minuscule aiguillon vert qui craint d’abord de devenir orphelin s’il est trop turbulent. Pour commencer, l’on pourrait cesser de faire des ponts d’or aux mastodontes du BTP, seuls acteurs à profiter vraiment des «&amp;#160;grands projets inutiles&amp;#160;» prédateurs de l’environnement. L’audace écologique, résultat d’une réflexion plaçant l’action de la gauche dans les exigences du temps long plutôt que dans les illusions de la gestion immédiate, enterrerait définitivement les gaz de schistes. Vous verrez que, là aussi, ils reculeront face aux dévoreurs de la planète faute de vouloir renoncer au dogme de la Croissance infinie dans un monde fini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il nous restait le champ des libertés dont la protection a priori ne coûte rien au plan monétaire. Il fallait décidément que nous buvions le calice jusqu’à la lie. Très tôt il y eut la destruction inhumaine de l&amp;#8217;habitat de «&amp;#160;fortune&amp;#160;» de nombre de familles Roms. Récemment, on perpétra la stupéfiante et minable remise à la justice espagnole d’Aurore Martin, coupable d’aucun délit au regard du droit français. À moins que la revendication de la culture et de la langue basques ne soit subrepticement devenue répréhensible en Hollandie&amp;#160;? Puis il y eut Notre-Dame-des-Landes. Quoi que l’on pense de la pertinence économique et écologique de ce projet d’aéroport, quel démocrate peut décemment accepter la manière toute militaire employée pour chasser les opposants vivant sur cet espace agricole&amp;#160;? Le Président de la République avait pourtant promis que l’évacuation de la zone n’aurait pas lieu tant que les recours introduits devant la justice n’auraient pas été tranchés. C’est la police qui a tranché&amp;#160;; il était urgent d’agir, au moins dans ce domaine. Cela aurait coûté quoi d’attendre que la justice d’un État de droit fasse son travail&amp;#160;? Cela coûterait quoi de cesser toute poursuite à l’encontre de Julien Coupa et de sa compagne dans l’affaire de Tarnac au dossier totalement vide&amp;#160;? Rien&amp;#160;! &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou plutôt si&amp;#160;: une atteinte portée à la morgue d’un ministre de l’Intérieur n’ayant rien à envier à ses prédécesseurs. Une continuité écœurante même là où l’on pouvait espérer conserver un peu des valeurs historiques de la Gauche. De profundis&amp;#160;!&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/22/11/2012/decerebration-politique#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/22/11/2012/decerebration-politique#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://www.netoyens.info/index.php/feed/navlang:en~fr/atom/comments/891</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>Nucléaire : arrêt immédiat!</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/25/09/2012/nucleaire-arret-immediat</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:66f25978add343924275070cb691a5ec</guid>
    <pubDate>Tuesday 25 September 2012</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Luc Pasquinet</dc:creator>
        <category>Édito</category>
        <category>Antinucleaire</category>    
    <description>&lt;h3&gt;&lt;a title=&quot;Couv_arretimmediat.jpg&quot; href=&quot;http://www.netoyens.info/public/livres/Couv_arretimmediat.jpg&quot;&gt;&lt;img title=&quot;Couv_arretimmediat.jpg, mar. 2012&quot; style=&quot;float: left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; alt=&quot;Couv_arretimmediat.jpg&quot; src=&quot;http://www.netoyens.info/public/livres/.Couv_arretimmediat_s.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Nucléaire, il n’y a qu’un scénario pour éviter la catastrophe&amp;#160;: l’arrêt immédiat&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis Fukushima nous savons que le risque de catastrophe nucléaire est une réalité chaque jour évitée. &lt;/p&gt;
Alors
que les menaces perdurent et que les piscines de refroidissement du
réacteur n°4 exposées à l’air libre peuvent en cas de nouveau séisme
rendre Tokyo inhabitable, il est encore peu fait état de la réalité
actuelle et future de l’accident. Nous en connaissons la raison&amp;#160;: la
catastrophe nucléaire dilue son impact dans le temps, permettant guerre
des chiffres et mise en question de la réalité du désastre.    Malgré son ampleur, et la perspective de son aggravation, la catastrophe de Fukushima, si elle a eu un impact notable sur l’opinion publique, semble pourtant avoir eu peu d’effet sur la stratégie des mouvements antinucléaire.&lt;br /&gt;&lt;p&gt;Nous le savons, une catastrophe à Nogent sur Seine nécessiterait d’évacuer toute la région parisienne sans retours possibles pour plusieurs générations, Blayais rayerait de la carte le bordelais (et anecdotiquement son vin), Le Bugey, St Alban, Cruas ou Pierrelatte rendrait zone invivable, en cas de mistral, la vallée du Rhône et tout le bassin méditerranéen.&lt;br /&gt;Comment alors se résigner face à la réalité de cette éventualité, et plaider pour attendre 10, ou 20 ans avec la quasi certitude que durant une si longue période, le pays le plus nucléarisé du monde sera le théâtre d’une catastrophe&amp;#160;?&lt;br /&gt;Refuser de la vivre et préserver des régions qui auront mis tant de générations à se construire devient alors un devoir citoyen qui ne peut avoir qu’une réponse&amp;#160;: l’arrêt du nucléaire ne peut attendre la catastrophe, il doit être immédiat. &lt;br /&gt;Telle est l’option prise par le scénario d’arrêt qui appelle au débat face aux scénarios de transition énergétique. Il pose certaines questions légitimes auxquelles il est indispensable de répondre.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;La sortie immédiate est-elle possible&amp;#160;?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Prenant en compte à minima les mesures d’économie d’énergie et de développement des énergies renouvelables nécessaires à sa réalisation, l’arrêt immédiat se caractérise par son pragmatisme, et lève&amp;nbsp; la confusion entre électricité et énergie. En voici les données principales&amp;#160;: &lt;br /&gt;Les centrales thermiques classiques disponibles (gaz, fuel, charbon) fonctionnent à moins de 20% de leurs capacités, il est possible d’en accroître immédiatement le taux de fonctionnement&amp;nbsp;pour permettre l’arrêt d’au moins 26 réacteurs;&lt;br /&gt;la durée de construction d’une centrale thermique fonctionnant au gaz ou au charbon est de trois ans, il est donc parfaitement possible d’en construire dans un délai très court&amp;#160;; 30 nouvelles centrales au gaz peuvent ainsi permettre la fermeture de 18 réacteurs de 910&amp;#160;MWé.&lt;br /&gt;l’arrêt de la production de combustible de l’usine de Tricastin et de l’autoconsommation du nucléaire doit permettre d’arrêter environ 4 réacteurs.&lt;br /&gt;le développement du renouvelable et du négawatt (efficacité, sobriété) est envisageable, mais restera limité, dans un court délai de 3 à 5 ans&amp;#160;; associées&amp;nbsp; à une loi de sobriété énergétique de 10%, ces mesures doivent permettre d’arrêter les 11 derniers réacteurs&lt;br /&gt;Pour palier aux pointes de consommation, qui justifient aujourd’hui la surproduction d’énergie et le maintien des centrales thermiques, il faudra prioritairement mettre fin au chauffage électrique au moyen d’aide à l’isolation et à la substitution énergétique des logements «&amp;#160;bénéficiant&amp;#160;» de cette hérésie énergétique promue arbitrairement pour développer le nucléaire.&amp;nbsp; &lt;br /&gt;D’un point de vue économique, il faut rappeler que ni EDF, ni l’Etat n’ont la capacité d’investir les 50 à 60 Milliards dans les 11 EPR qui seraient nécessaires pour remplacer tout le parc actuel. La construction de centrales combinées au gaz couterait quand à elle 4 à 5 fois moins, tout en permettant d’éviter la catastrophe dont le coût est estimé pour le moment au Japon à plus de 50 milliards d’euros&amp;#160;!&lt;br /&gt;La mise en œuvre de ce dispositif d’arrêt ne pourra être effective qu’avec le soutien majoritaire des citoyens conscients de leur impact et de la nécessité urgente et impérative de passer d’un contexte de «&amp;#160;gestion de risque&amp;#160;» à un contexte de «&amp;#160;gestion de l’énergie&amp;#160;».&lt;br /&gt;Cette condition de mise en œuvre démocratique, est un préalable qu’il nous parait indispensable de rappeler. Elle a été spontanément appliquée par les Japonais… après la catastrophe&amp;#160;; l’objet du scénario «&amp;#160;immédiatiste&amp;#160;» est de plaider pour qu’elle soit mise en œuvre… avant&amp;#160;!&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;Quel impact se scénario immédiat a-t-il sur le dérèglement climatique&amp;#160;?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette sortie «&amp;#160;immédiate&amp;#160;», permise par le recours à ce qui peut être mobilisé immédiatement, c&amp;#8217;est-à-dire le thermique fossile, peut paradoxalement s’accompagner d’une stagnation ou même d’une diminution de la production de gaz à effet de serre.&lt;br /&gt;Ainsi l’Allemagne, qui a arrêté 7 réacteurs nucléaires et construit des centrales à gaz et à charbon, a réussi à diminuer ses émissions de gaz à effet de serre, grâce à un programme volontariste de réduction de 10% de la consommation d’électricité (appareils ménagers plus économes, meilleure isolation des bâtiments, aides aux véhicules économes). &lt;br /&gt;Dans le contexte autrement plus dramatique de l’après Fukushima, le Japon a promulgué en juillet 2011 une loi obligeant les entreprises et les particuliers à réduire leur consommation d’électricité de 15&amp;#160;%, pour faire face à la fermeture de l’ensemble des réacteurs. Cette mesure n’a pas impacté lourdement la vie quotidienne des japonais, si ce n’est par la réduction de l’éclairage public et publicitaire et celle de la climatisation.&lt;br /&gt;Il est aujourd’hui impossible de calculer avec exactitude les économies de CO2 induites par le nucléaire&amp;#160;: selon les sources, les estimations de grammes de CO2 par KWh générés par le nucléaire varient de 5g (pour EDF) à 120&amp;#160;g. &lt;br /&gt;Sur la base de l’estimation moyenne de 66g/KWh, le résultat en France serait le suivant&amp;#160;: l’arrêt, au bout de trois ans, des 58 réacteurs, avec la mise en service à pleine production des centrales thermiques existantes et la construction de 30 nouvelles CCG, conduirait à une augmentation des GES correspondant à 66,1 millions de tonnes de CO2, soit une augmentation de 15%&amp;nbsp; des émissions globales en France.&lt;br /&gt;Le CO2 n’étant cependant qu’un des principaux gaz à effet de serre – il pèse pour 50&amp;#160;% du total, l’impact en France du scénario sur les GES dans leur ensemble serait donc de 7,5% (15&amp;#160;% x 50&amp;#160;%). &lt;br /&gt;Et si l’on retient l’hypothèse haute d’émission de CO2 par le nucléaire, soit 120&amp;#160;g/KWh, l’impact du scénario serait encore inférieur de moitié et ne correspondrait plus qu’à une augmentation de 3,75&amp;#160;% des émissions de GES.&lt;br /&gt;Il s’agit là d’une vision au niveau national. Cette augmentation pourra aisément être compensée si l’on réduit l’impact des autres polluants, notamment dans les transports dont l’aérien n’est aujourd’hui pas pris en compte.&lt;br /&gt;Mais les gaz à effet de serre ne connaissant pas les frontières, si l’on considère le poids du nucléaire français dans la production primaire d’énergie dans le monde (1&amp;#160;%), l’impact serait négligeable.&lt;br /&gt;En fait, la cause principale des gaz à effet de serre est liée à l’énergie nécessaire pour maintenir la surproduction agricole ou industrielle. Les transports, qui produisent au moins quatre fois plus de gaz à effet de serre que la production d’électricité, sont notamment au cœur de l’organisation politique et économique de nos sociétés victimes de la mondialisation, et de l’organisation des villes et du territoire dépendants de l’automobile..&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;Un scénario immédiat, vertueux pour la biosphère&amp;nbsp;… et l’humanité&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Loin d’accroître le risque climatique par ces émissions supplémentaires de GES, le scénario de sortie du nucléaire «&amp;#160;à grande vitesse&amp;#160;» présente l’intérêt stratégique de remettre au premier plan la question de la sortie de l’énergie fossile après l’arrêt définitif du nucléaire, et la remise en cause de la civilisation industrielle telle que nous la connaissons.&lt;br /&gt;Elle présente par ailleurs l’avantage de pouvoir s’inscrire dans la temporalité d’une mandature, ce qui devrait limiter fortement les risques de revirement politique et de remise en cause du choix de sortie, comme cela à pu être le cas en Allemagne ou en Belgique. Il faut toujours garder à l’esprit l’inconstance de la mémoire publique, qui se caractérise par l’oubli des accidents lorsque ceux ci s’éloignent dans le temps… Puisse cette conscience rester vigilante… avant la catastrophe&amp;#160;! C’est le pari citoyen que font les défenseurs de l’arrêt immédiat.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre Lucot et Jean-Luc Pasquinet&lt;br /&gt;Auteurs de «&amp;#160;Nucléaire Arrêt Immédiat – Pourquoi, comment&amp;#160;? Le scénario qui refuse la catastrophe» Golias 2012&lt;br /&gt;Et co-auteurs de «&amp;#160;Nucléaire – Combattre les idées reçues&amp;#160;» Utopia 2011&lt;br /&gt;Contact des auteurs pour une présentation du scénario ou pour informations&amp;#160;: &lt;a href=&quot;mailto:arret.immediat@online.fr&quot;&gt;arret.immediat@online.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt;Retrouvez l&amp;#8217;article de Pierre Lucot et de Jean-Luc Pasquinet et bien d&amp;#8217;autres dans le mensuel &lt;a href=&quot;http://is.gd/79XBSu&quot;&gt;La vie est à nous / Le Sarkophage&lt;/a&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/25/09/2012/nucleaire-arret-immediat#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/25/09/2012/nucleaire-arret-immediat#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://www.netoyens.info/index.php/feed/navlang:en~fr/atom/comments/875</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>Quand triomphe l’homo debitor</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/21/09/2012/quand-triomphe-lhomo-debitor</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:0db74af723608801139510173db22a90</guid>
    <pubDate>Friday 21 September 2012</pubDate>
    <dc:creator>Yann Fiévet</dc:creator>
        <category>Édito</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;img title=&quot;Fabrique_homme_endette.jpg, sept. 2012&quot; style=&quot;float: left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; alt=&quot;Fabrique_homme_endette.jpg&quot; src=&quot;http://www.netoyens.info/public/livres/.Fabrique_homme_endette_s.jpg&quot; /&gt;Les purs théoriciens de l’économie libérale ont longtemps loué l’&lt;em&gt;homo economicus&lt;/em&gt;, individu essentiellement rationnel agissant en toutes circonstances après un intelligent calcul destiné à peser les avantages et les inconvénients de chacune de ses actions. Pourtant, dans la vraie vie – fût-elle économique – nul n’a jamais pu le rencontrer. Il est un peu comme le &lt;a titel=&quot;yéti&quot; class=&quot;dcwikipedia&quot; href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Y%C3%A9ti&quot;&gt;yéti&lt;/a&gt;&amp;#160;: on n’a jamais rien fait d’autre que l’apercevoir.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Nous y faisions néanmoins référence parfois pour tenter de comprendre les comportements de nos congénères. L’entreprise était souvent vaine tant chacun de nous est une entité particulière, inattendue. La grande nouvelle de l’économie post-moderne qui nous étouffe de son omniprésence est que le chimérique &lt;em&gt;homo economicus&lt;/em&gt; s’est totalement effacé devant le bien réel &lt;em&gt;homo debitor&lt;/em&gt; &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/21/09/2012/quand-triomphe-lhomo-debitor#pnote-1&quot; id=&quot;rev-pnote-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;. La substitution est grandiose. Elle est aussi funeste&amp;#160;: l’homme, définitivement, ne s’appartient plus. L’&lt;em&gt;homo economicus&lt;/em&gt; fantôme réussissait encore à nous faire rêver à un monde meilleur&amp;#160;; l’&lt;em&gt;homo debitor&lt;/em&gt; nous garantit le cauchemar du gouffre final. Attachons tout de même nos ceintures&amp;#160;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne parle plus que de la Dette&amp;#160;! Emprunt, crédit, déficits, remboursement, taux d’endettement, créanciers, débiteurs, «&amp;#160;pacte budgétaire&amp;#160;»&amp;#160;: le vocabulaire financier sature le moindre discours. C’est que l’économie est devenue – et cela bien avant la crise des subprimes états-unienne – une pure économie d’endettement. En trente ans, le néolibéralisme a transformé nombre de droits sociaux et éducatifs, auparavant jugés légitimes par le corps social, en de vulgaires droits au crédit. Avant de pouvoir se former, se soigner ou se loger il convient de faire la preuve que l’on dispose de ce droit au crédit, condition première à la réalisation de tout projet désormais. Ainsi, aux États-Unis, l’endettement de l’ensemble des étudiants aux fins du financement de leur formation atteint aujourd’hui 1000 milliards de dollars, soit la moitié de la richesse produite en France en une année&amp;#160;! Les anciens services publics devenant progressivement des marchandises onéreuses, chacun finit par n’être plus perçu que dans sa capacité à mettre en valeur son propre «&amp;#160;capital humain&amp;#160;». Nous sommes tous potentiellement débiteurs de notre vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation est grave car désespérante. La logique de l’endettement n’est éventuellement viable que si l’économie est en croissance. Or, la croissance nous a abandonné depuis longtemps&amp;#160;; elle n’est pas à la veille de nous revisiter. De plus, le sauvetage des banques dans la tourmente de 2007-2009 a eu pour conséquence le transfert de la dette aux États qui alors aggravent partout la crise en mettant en œuvre des plans d’austérité insupportables et en vendant ce qui leur reste de biens publics. En Italie, il est prévu de céder aux intérêts privés entre 20 et 25&amp;nbsp;% des biens publics chaque année. Dans dix ans l’État n’aura plus rien&amp;#160;! La France qui doit rembourser 50 milliards d’euros par an échappera-t-elle à la même dilapidation&amp;#160;? Marx l’avait prédit en son temps&amp;#160;: demain ce ne seront pas les industriels qui dirigeront le capitalisme mais les banquiers. Et le demain de Marx est notre présent. C’est même notre hier&amp;#160;: il semble que 1988 ait marqué un tournant en ce qui concerne la «&amp;#160;gestion de la dette&amp;#160;». C’est à cette date que l’on a en effet décidé que les dettes pouvaient être vendues ou achetées quand, jusque-là, elles n’étaient que remboursées ou effacées. On nomma titrisation ce «&amp;#160;progrès&amp;#160;» au service de la Croissance. Un barbarisme qui cacha au commun des mortels la funeste entreprise&amp;#160;: notre vie bientôt appartiendra au Capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre vie&amp;#160;? Comme vous y allez&amp;#160;! &lt;a titel=&quot;Jean Baudrillard&quot; class=&quot;dcwikipedia&quot; href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Baudrillard&quot;&gt;Jean Baudrillard&lt;/a&gt;, lui, ne s’y trompait pas qui voyait dans la spirale infernale du crédit un retour au Moyen Âge&amp;#160;: nous payons avant même d’avoir perçu les fruits de notre travail l’équivalent d’une &lt;a titel=&quot;dîme&quot; class=&quot;dcwikipedia&quot; href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%AEme&quot;&gt;dîme&lt;/a&gt; aux nouveaux saigneurs (!) que sont les dignitaires des oligarchies financières. Une dîme pour renflouer des caisses que nous n’avons en rien contribué à vider. Une dîme pour nourrir l’enrichissement sans cause d’une poignée de gros actionnaires. Et l’orthodoxie économique dominante fonctionnant telle une religion, nous sommes soumis, comme au temps de la Sainte Inquisition, à une Morale impitoyable. Une double morale, contradictoire qui plus est&amp;#160;: au nom de l’austérité inévitable il nous est reproché l’endettement collectif – vous consommez trop et ne travaillez pas assez – tandis qu’au nom de l’impératif de croissance il nous est demandé de consommer toujours plus en recourant au… crédit. Cette économie est schizophrène. Il faut l’enfermer coûte que coûte&amp;#160;! La consommation, qui a produit durant les Trente Glorieuses une &lt;em&gt;déprolétarisation&lt;/em&gt; certaine, prolétarise aujourd’hui à tours de bras les pans inférieurs des classes moyennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Décidément, le couple austérité-croissance est un couple mortifère. Séparons sans tarder ces amants trop mal assortis. Surtout quand l’aliment de la croissance est la consommation pour la consommation et non pour la satisfaction. La rigueur doit changer de camp&amp;#160;: il faut de nouveau procéder à l’euthanasie des rentiers comme l’avait fait le new deal de Roosevelt en 1933. Lui avait osé les 90&amp;nbsp;% quand François Hollande est prêt à renoncer à sa promesse d’un petit 75&amp;nbsp;%. Il faudrait également avoir le courage d’effacer les dettes scélérates. Sans de telles mesures l’Histoire ne peut que mal finir. Bref, reprenons au capital le temps qu’il nous vole chaque jour davantage. Alors, le temps de vivre ne sera plus à vendre. Nous cesserons d’être de perpétuels débiteurs.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;h4&gt;Notes&amp;#160;:&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/21/09/2012/quand-triomphe-lhomo-debitor#rev-pnote-1&quot; id=&quot;pnote-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&amp;nbsp; &lt;a title=&quot;Fabrique_homme_endette.jpg&quot; href=&quot;http://www.netoyens.info/public/livres/Fabrique_homme_endette.jpg&quot;&gt;&lt;img title=&quot;Fabrique_homme_endette.jpg, sept. 2012&quot; style=&quot;float: left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; alt=&quot;Fabrique_homme_endette.jpg&quot; src=&quot;http://www.netoyens.info/public/livres/.Fabrique_homme_endette_s.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;On lira avec grand profit (&amp;#160;!)&amp;#160;: &lt;a href=&quot;http://www.editionsamsterdam.fr/articles.php?idArt=200&quot;&gt;La Fabrique de l’homme endetté..&lt;/a&gt; Essai
sur la condition néolibérale, par Maurizio Lazzarato, &lt;a href=&quot;http://www.editionsamsterdam.fr/articles.php?idArt=200&quot;&gt;éditions
Amsterdam&lt;/a&gt;, 125 pages, 10,50 euros.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/21/09/2012/quand-triomphe-lhomo-debitor#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/21/09/2012/quand-triomphe-lhomo-debitor#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://www.netoyens.info/index.php/feed/navlang:en~fr/atom/comments/873</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>Gaz de schiste : Hollande cherche à démobiliser la population</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/17/09/2012/gaz-de-schiste-hollande-cherche-a-demobiliser-la-population</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:43df4af9bdcf2983efd8e5365b3e5fbd</guid>
    <pubDate>Monday 17 September 2012</pubDate>
    <dc:creator>Ania</dc:creator>
        <category>Édito</category>
        <category>GdS</category><category>Hollande</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;a title=&quot;gds_au_robinet.jpg&quot; href=&quot;http://www.netoyens.info/public/GdS/gds_au_robinet.jpg&quot;&gt;&lt;img title=&quot;gds_au_robinet.jpg, sept. 2012&quot; style=&quot;float: left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; alt=&quot;gds_au_robinet.jpg&quot; src=&quot;http://www.netoyens.info/public/GdS/.gds_au_robinet_s.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Lors de l&amp;#8217;ouverture de la conférence environnementale hier, Hollande annonce &lt;ins&gt;le rejet de 7 DEMANDES&lt;/ins&gt; de permis. La belle affaire&amp;#160;! Un bel effet d&amp;#8217;annonce que voilà pour démobiliser la population&amp;#160;! Explications.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Au 1er janvier 2012&amp;nbsp;&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/17/09/2012/gaz-de-schiste-hollande-cherche-a-demobiliser-la-population#pnote-1&quot; id=&quot;rev-pnote-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;
: &lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;58&lt;/strong&gt; permis de recherche en cours de validité&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;4&lt;/strong&gt; offshore en cours de validité&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;82&lt;/strong&gt; demandes de permis de recherche (dont offshore) - &lt;ins&gt;dont 7 rejetées par Hollande&lt;/ins&gt;&amp;#160;!&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;63&lt;/strong&gt; concession accordées&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;3&lt;/strong&gt; demandes de concession&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Le Président de la République a annoncé lors de son discours d’ouverture de la conférence environnementale le rejet de 7 demandes de permis de recherche d’hydrocarbure. Mais qu&amp;#8217;en est-il des 39 autres &lt;ins&gt;demandes&lt;/ins&gt; de permis clairement identifiés &amp;#8220;hydrocarbures de roche mère&amp;#8221; en annexe 3 du rapport &amp;#8220;Les Hydrocarbures de roche mère en France&amp;#8221; publié en mars 2012 par le CGIET et le CGEDD&lt;sup&gt; [&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/17/09/2012/gaz-de-schiste-hollande-cherche-a-demobiliser-la-population#pnote-2&quot; id=&quot;rev-pnote-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;.
Il faut voir ce Tableau &amp;#8220;officiel&amp;#8221; à l&amp;#8217;annexe 3&amp;nbsp;&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/17/09/2012/gaz-de-schiste-hollande-cherche-a-demobiliser-la-population#pnote-3&quot; id=&quot;rev-pnote-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;.
&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;Et pour les permis en cours de validité&amp;#160;?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Le permis du Bassin d&amp;#8217;Ales comme celui des Plaines du Languedoc&lt;/strong&gt; fait partie des permis de recherche en cours de validité pour lesquels le foreur prétend qu&amp;#8217;il ne fera pas de Fracturation Hydraulique afin de ne pas voir son permis abrogés par la loi du 13 juillet 2012, mais où il dit rechercher des hydrocarbures à plusieurs milliers de mètres de profondeur, donc dans la roche mère&amp;#8230;.qu&amp;#8217;il faut fracturer. (voir schéma ci-joint)&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ainsi, il est écrit dans le rapport de &lt;a titel=&quot;Lundin Petroleum&quot; class=&quot;dcwikipedia&quot; href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Lundin_Petroleum&quot;&gt;Lundin Petroleum&lt;/a&gt; sur le
Permis &amp;#8221; Plaines du Languedoc &amp;#8221; en septembre 2011&lt;/strong&gt; (conformément à la loi du 13 juillet 2011)&amp;#160;:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&amp;#8220;L’exploration ambitionne de découvrir des gisements d’hydrocarbures localisés à &lt;ins&gt;quelques milliers de
mètres de profondeur&lt;/ins&gt; dans des conditions géologiques de formation et de préservation très restrictives. Un certain nombre d’hypothèses sont formulées et testées. Mais aujourd’hui encore, seule la réalisation d’un forage permet de conclure à la présence ou l’absence d’hydrocarbures.&amp;#8221;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Autorisations de travaux délivrés par la Préfecture du Gard pour le &lt;strong&gt;Permis du Bassin d&amp;#8217;Alès&lt;/strong&gt; (actions de mobilisations&amp;#160;: &lt;a moz-do-not-send=&quot;true&quot; class=&quot;moz-txt-link-freetext&quot; href=&quot;http://www.stopaugazdeschiste07.org/spip.php?article332&quot;&gt;http://www.stopaugazdeschiste07.org/spip.php?article332&lt;/a&gt;), par la Préfecture de Seine et Marne pour des forages &amp;#8220;de recherche&amp;#8221; début novembre en &lt;strong&gt;Seine et Marne&lt;/strong&gt;, car à noter aussi que François Hollande a parlé de gaz de schiste donc pas de problème pour tous les permis &lt;ins&gt;huile&lt;/ins&gt; de schiste dans le bassin parisien qui nécessite la même technique&amp;#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et qu&amp;#8217;en est-il des forages offshores profonds et ultra-profonds (6&amp;#160;000&amp;#160;m de profondeur&amp;#160;!) dont les demandes sont en train de se
multiplier, comme de celui de Guyane pour lequel les autorisations de travaux ont été délivrés dès le départ de &lt;a titel=&quot;Nicole Bricq&quot; class=&quot;dcwikipedia&quot; href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Nicole_Bricq&quot;&gt;Nicole Bricq&lt;/a&gt; cet été&amp;#160;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons dire stop à la recherche délirante et dangereuse de la
moindre goutte d&amp;#8217;hydrocarbure - gaz ou huile de schiste - et appeler à la sobriété énergétique.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;APPEL À TOUS LES CITOYENS DES COLLECTIFS DE FRANCE À LA SOLIDARITÉ&lt;br /&gt;EN REJOIGNANT LA MOBILISATION INTERNATIONALE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE 22 SEPTEMBRE à Saint Christol Lez Alès et à Paris/Tournan en Brie &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;EN SOUTIEN MASSIF AUX TERRITOIRES ENCORE CONCERNÉS PAR DES PERMIS, LES CAMIONS ARRIVENT&amp;#160;! &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À MONTRER NOTRE FORCE DE MOBILISATION RÉACTIVE ET NOTRE DÉTERMINATION
&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;En France des rassemblements sont prévus à&amp;#160;:&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Beaumont de Lomagne &lt;/strong&gt;(82)
&lt;br /&gt;(&lt;a moz-do-not-send=&quot;true&quot; class=&quot;moz-txt-link-freetext&quot; href=&quot;http://nonauxgazdeschiste82.over-blog.fr/article-journee-du-22-septembre-a-beaumont-de-lomagne-110121036.html&quot;&gt;http://nonauxgazdeschiste82.over-blog.fr/article-journee-du-22-septembre-a-beaumont-de-lomagne-110121036.html&lt;/a&gt;)&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;St Christol lez Alès &lt;/strong&gt;(30) &lt;br /&gt;(&lt;a moz-do-not-send=&quot;true&quot; class=&quot;moz-txt-link-freetext&quot; href=&quot;http://www.stopaugazdeschiste07.org/spip.php?article311&quot;&gt;http://www.stopaugazdeschiste07.org/spip.php?article311&lt;/a&gt;)&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Tournan en Brie&lt;/strong&gt; (77) et &lt;strong&gt;Paris&lt;/strong&gt;, place du Trocadéro &lt;br /&gt;(&lt;a moz-do-not-send=&quot;true&quot; class=&quot;moz-txt-link-freetext&quot; href=&quot;http://www.stop-petrole-de-schiste77.com/&quot;&gt;http://www.stop-petrole-de-schiste77.com/&lt;/a&gt;)&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Aix les Bains&lt;/strong&gt; (74)
&lt;br /&gt;(&lt;a moz-do-not-send=&quot;true&quot; class=&quot;moz-txt-link-freetext&quot; href=&quot;http://www.collectif-haut-bugey.com/actualite/journee-internationale-contre-les-forages-le-samedi-22-septembre-2012-a-aix-les-bains&quot;&gt;http://www.collectif-haut-bugey.com/actualite/journee-internationale-contre-les-forages-le-samedi-22-septembre-2012-a-aix-les-bains&lt;/a&gt;)&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;h4&gt;Notes&amp;#160;:&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/17/09/2012/gaz-de-schiste-hollande-cherche-a-demobiliser-la-population#rev-pnote-1&quot; id=&quot;pnote-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] BEPH&amp;#160;: &lt;a moz-do-not-send=&quot;true&quot; class=&quot;moz-txt-link-freetext&quot; href=&quot;http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/france_tm_01_2012.pdf&quot;&gt;http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/france_tm_01_2012.pdf&lt;/a&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/17/09/2012/gaz-de-schiste-hollande-cherche-a-demobiliser-la-population#rev-pnote-2&quot; id=&quot;pnote-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;a moz-do-not-send=&quot;true&quot; class=&quot;moz-txt-link-freetext&quot; href=&quot;http://www.developpement-durable.gouv.fr/Mission-d-inspection-sur-les-gaz.html&quot;&gt;http://www.developpement-durable.gouv.fr/Mission-d-inspection-sur-les-gaz.html&lt;/a&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/17/09/2012/gaz-de-schiste-hollande-cherche-a-demobiliser-la-population#rev-pnote-3&quot; id=&quot;pnote-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;a moz-do-not-send=&quot;true&quot; class=&quot;moz-txt-link-freetext&quot; href=&quot;http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Annexes_rapport.pdf&quot;&gt;http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Annexes_rapport.pdf&lt;/a&gt; &lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/17/09/2012/gaz-de-schiste-hollande-cherche-a-demobiliser-la-population#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/17/09/2012/gaz-de-schiste-hollande-cherche-a-demobiliser-la-population#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://www.netoyens.info/index.php/feed/navlang:en~fr/atom/comments/868</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>Fatal !?</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/07/09/2012/fatal</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:be980b01c326c1ea308fd7ce45d4af2d</guid>
    <pubDate>Friday  7 September 2012</pubDate>
    <dc:creator>Yann Fiévet</dc:creator>
        <category>Édito</category>
            
    <description>&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;«&amp;#160;Il n’y a rien, dans le monde des hommes, que l’homme ne puisse réaliser.&lt;br /&gt;Si les buts que vous cherchez à atteindre ne concernent que vous, ils ne vous mèneront&lt;br /&gt;pas plus loin que vous-mêmes&amp;#160;; Mais les buts que vous visez pour le bien commun&lt;br /&gt;vous mèneront bien au-delà, et jusque dans l’éternité.&amp;#160;» Marcus GARVEY&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    &lt;p&gt;Les habituelles insouciances de l’été combinées à l’opportune pléthore des jeux du stade sont désormais derrière nous. Cependant, la Crise dans ses multiples dimensions ne s’est en rien effacée malgré les apparences trompeuses ou les artifices commodes. La rentrée est toujours le moment critique du retour à la réalité. C’est aussi l’heure fatidique de certains bilans. Allons d’emblée à l’essentiel&amp;#160;: sur la scène politique française les héros de la fin du printemps sont déjà fatigués. S’ouvre alors une interrogation majeure face aux colossaux enjeux du temps&amp;#160;: cette prompte fatigue était-elle fatale&amp;#160;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cent premiers jours de M. François Hollande à l’Élysée font pâle figure. Nous n’avons pas eu longtemps à attendre pour recevoir la confirmation éclatante de la crainte partagée par nombre d’observateurs avant même l’élection présidentielle&amp;#160;: nous n’assisterons, en reprenant la formule si parlante d’Alain Badiou, qu’à la mise en scène du «&amp;#160;simulacre du changement&amp;#160;». Décidément, le changement ne vit que le temps d’une campagne.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;L’urgence de l’inaction&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il est en effet à craindre fortement que sous le vernis du discours teinté d’humanisme – contrastant forcément avec l’absence totale de cette qualité chez le prédécesseur de M. Hollande – les vieux meubles de l’action gouvernementale restent en place durablement. À ceux qui osent déjà exprimer une déception, d’autres rétorquent&amp;#160;: rien d’étonnant puisque nous savons avoir affaire à des social-démocrates. Pourtant, il s’agit là d’une erreur de diagnostic. La réalité est pire encore&amp;#160;! La social-démocratie digne de ce nom a des principes, un idéal, un axe directeur. On peut les contester, mais ils existent. Ils se marquent par une réelle volonté de redistribution de la richesse produite, par un engagement sincère des pouvoirs publics envers les plus démunis, par un autre regard sur la place du travail. Le hollandisme est dépourvu de ce «&amp;#160;minimum requis&amp;#160;» par un désir profond de changement. Il n’est déjà plus question de l’ambitieuse réforme fiscale qui devait être la clef de voûte de l’action du nouveau pouvoir. Le SMIC a connu une réévaluation minuscule. On négocie avec les pétroliers une éventuelle baisse du litre de carburant automobile de… six centimes&amp;#160;! Le relèvement du plafond du livret A est échelonné. Toutes les «&amp;#160;grandes&amp;#160;» questions sont confiées à la réflexion de commissions créées à cet effet. Il semble urgent de ne pas se précipiter, de réfléchir pour éviter de faire des bêtises. Cependant, la grosse bêtise est de ne pas répondre à l’urgence d’une situation socio-économique dramatique. Le chiffre officiel des chômeurs a désormais dépassé le seuil des trois millions. Le nombre de personnes au chômage depuis plus de trois ans a augmenté de 22&amp;#160;% en un an. Le nombre des créations d’emplois temporaires, pis aller dans un marché du travail déprimé depuis longtemps, diminuent régulièrement. Le nombre de nos concitoyens vivant sous le seuil de pauvreté va bientôt atteindre le record de huit millions. Dans un tel contexte, les mesures symboliques – sans doute nécessaires – ne suffiront pas.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;L’implacable explication&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le «&amp;#160;nouveau&amp;#160;» pouvoir est prisonnier du même double dogme funeste que son prédécesseur&amp;#160;: la rigueur budgétaire est la vertu suprême&amp;#160;; la Croissance conditionne l’amélioration de la situation économique des nations et le bien-être des populations. Ce diptyque quasi religieux s’inscrit bien sûr dans le champ des nations européennes qui toutes y sacrifient. On se souvient qu’il n’a pas manqué de gens au Parti Socialiste pour se moquer de Christine Lagarde quand elle inventa en 2011 son pseudo concept de «&amp;#160;rilance&amp;#160;». Certes, on ne reprend pas le mot aujourd’hui. On se contente d’en faire vivre l’idée&amp;#160;: atteindre la croissance dans la rigueur des comptes et des politiques publics. Personne n’est dupe&amp;#160;: rigueur budgétaire signifie austérité partout dans l’Europe communautaire. La loi d’airain de l’austérité européenne est principalement caractérisée par «&amp;#160;la règle d’or&amp;#160;» qu’impose le Pacte budgétaire européen auquel s’est rallié M. Hollande une fois élu Président de la République. Il a obtenu, en contrepartie de son&amp;nbsp;&amp;nbsp; ralliement à l’accord que M. Sarkozy avait signé en son temps avec Mme Merckel, la promesse de «&amp;#160;mesures en faveur de la croissance&amp;#160;» représentant… un centième du PIB européen. La ratification de ce Pacte par le Parlement français aura lieu en octobre prochain par la simple adoption d’une loi organique, c’est-à-dire sans modification de la Constitution, comme le récent avis du Conseil constitutionnel y autorise le Gouvernement. La règle d’or européenne va imposer à la France, comme à tout autre pays membre de l’Union ayant ratifié le Pacte, la nécessité de l’équilibre budgétaire perpétuel et l’exposera à des sanctions en cas de non-respect de cette règle. Les investissements et dépenses publics ne pourront qu’être affectés à la baisse par cet abandon manifeste de souveraineté au profit d’une gestion purement financière des politiques publiques en Europe. Cette financiarisation est renforcée par la création du Mécanisme européen de stabilité (MES), véritable instrument de rigidité du «&amp;#160;dogme monétariste&amp;#160;», cadrant impeccablement avec les principes fondateurs de la zone Euro. C’est alors un autre engagement de campagne de M. Hollande qui passe à la trappe&amp;#160;: la séparation des activités des banques entre activités de dépôts et de prêts (jugées «&amp;#160;normales&amp;#160;») et activités spéculatives (jugées responsables de la crise financière). Le MES rend tout bonnement impossible la séparation des activités financières. Le piège européiste s’est ainsi refermé sur la plupart des illusions de changement du candidat Hollande&amp;#160;!&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;Le second piège est ouvert&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Empêché de mener une politique «&amp;#160;socialiste&amp;#160;» dont l’idée aurait pu l’effleurer malgré tout, l’actuel Gouvernement croit pouvoir trouver dans un retour éventuel de la Croissance sa planche de salut. Pourtant, les meilleures prévisions annoncent une croissance du PIB français de 0,8% en 2013 tandis que la Banque de France considère que le même PIB va marquer au troisième trimestre 2012, comme au deuxième trimestre, un recul de 0,1%. C’est l’Europe tout entière qui est entrée en récession sous le poids insupportable des plans d’austérité. Persuadé que le développement des entreprises et de l’emploi repose surtout sur l’ouverture de nouveaux marchés ou l’exploitation de ressources nouvelles, le Gouvernement de M. Jean-Marc Ayrault va persister dans la voie «&amp;#160;progressiste&amp;#160;» traditionnelle, celle où le progrès social découle immanquablement des avancées scientifiques et techniques. N’oublions pas que l’électorat privilégié du Parti socialiste, ce sont les classes moyennes «&amp;#160;modernistes&amp;#160;», séduites hier par «&amp;#160;la révolution informationnelle&amp;#160;» qui en même temps qu’elle reliait entre eux tous les ordinateurs du monde devait répandre la «&amp;#160;prospérité générale&amp;#160;». Vingt ans plus tard, même les chômeurs sont connectés&amp;#160;! Il est donc temps de rouvrir le dossier des pétroles et gaz de schiste, de proclamer que le nucléaire est une filière d’avenir, de préparer l’implantation de nouveaux complexes commerciaux surdimensionnés. Peu importe que sur tous ces dossiers des études d’experts autorisés démontrent le contraire des affirmations ministérielles et contredisent les espoirs mégalomaniaques de certains élus locaux. Curieusement, c’est au moment où l’argent public se fait rare que fleurissent les projets les plus faussement prometteurs. C’est que les apprentis sorciers de la Croissance perdue ne manquent pas. Le second piège est là&amp;#160;: les deniers qui seront consacrés à ces chantiers dangereux ou inutiles feront défaut ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore faudrait-il que le tandem Hollande-Ayrault ait envie d’aller ailleurs. L’ailleurs de la sortie de la crise par le haut. L’ailleurs que constitue le renoncement à l’économie carbonique par l’édification d’une économie pleinement écologique. L’ailleurs de la recherche perpétuelle du bien commun contre les prétentions exorbitantes des oligarchies industrielles, commerciales ou financières. L’ailleurs où les Roms ne seraient plus des parias. Si la Gauche – de gouvernement&amp;#160;! – était moins gauche, elle irait promptement et gaiement vers ces ailleurs vraiment prometteurs. Non, rien n’est jamais fatal.&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt;
Retrouvez l&amp;#8217;article de Yann Fiévet et bien d&amp;#8217;autres dans le numéro 32 du &lt;a href=&quot;http://www.lesarkophage.com&quot;&gt;Sarkophage&lt;/a&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/07/09/2012/fatal#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/07/09/2012/fatal#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://www.netoyens.info/index.php/feed/navlang:en~fr/atom/comments/865</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>Arnaud Montebourg : premier ministre du redressement nucléaire</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/27/08/2012/arnaud-montebourg-premier-ministre-du-redressement-nucleaire</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:b3bde17d2af8efaac56715c81eb9b414</guid>
    <pubDate>Monday 27 August 2012</pubDate>
    <dc:creator>Éric Jousse</dc:creator>
        <category>Édito</category>
        <category>Antinucleaire</category><category>Lauvergeon</category><category>Nucléaire</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;a title=&quot;Areva_Lauvergeon_Montebourg.jpeg&quot; href=&quot;http://www.netoyens.info/public/antinucleaire/Areva_Lauvergeon_Montebourg.jpeg&quot;&gt;&lt;img title=&quot;Areva_Lauvergeon_Montebourg.jpeg, août 2012&quot; style=&quot;float: left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; alt=&quot;Areva_Lauvergeon_Montebourg.jpeg&quot; src=&quot;http://www.netoyens.info/public/antinucleaire/.Areva_Lauvergeon_Montebourg_s.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;«Le nucléaire est une filière d&amp;#8217;avenir» a déclaré, dimanche dernier 26 août &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/#pnote-1&quot; id=&quot;rev-pnote-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;, le premier ministre du redressement nucléaire dans un journal national. Cette saillie médiatique n&amp;#8217;étonnera personne car, en réalité, il avait déjà recouru à cette même formulation très précise le 19 novembre 2011 dans un journal régional&amp;nbsp;&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/#pnote-2&quot; id=&quot;rev-pnote-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;  toujours très présent dans son fief politique très nucléaire de la Saône et Loire.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Tout le monde a en mémoire cette très spectaculaire passe d&amp;#8217;armes entre les dirigeants d&amp;#8217;EELV et ceux du PS au moment des négociations pré-électorales de cette année 2012 impliquant &lt;em&gt;La Présidentielle©&lt;/em&gt; et les législatives. Dans le dossier nucléaire, il était apparu que le texte initial avait été revu au tout dernier moment changeant la compatibilité des deux projets en la défaveur très relative d&amp;#8217;EELV. On devrait comprendre désormais qui en a été le plus éminent des artisans du coté PS (cf. illustration photo&amp;#160;: crédit &lt;a href=&quot;http://www.midilibre.fr/2012/08/27/nucleaire-la-filiere-d-avenir-de-montebourg-provoque-un-tolle,553471.php&quot;&gt;Midi Libre&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;http://lexpansion.lexpress.fr/entreprise/areva-le-comite-d-executif-apporte-son-soutien-a-anne-lauvergeon_257223.html&quot;&gt;l&amp;#8217;Expansion&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Même très spéciale par ses vertus apocalyptiques, la production électro-nucléaire n&amp;#8217;en est pas moins une industrie et nous le savions depuis longtemps, &lt;a titel=&quot;Arnaud Montebourg&quot; class=&quot;dcwikipedia&quot; href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Arnaud_Montebourg&quot;&gt;Arnaud Montebourg&lt;/a&gt; - comme son ex-camarade et sinistre &lt;a titel=&quot;Eric Besson&quot; class=&quot;dcwikipedia&quot; href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89ric_Besson&quot;&gt;Besson&lt;/a&gt; dans la Drôme et bien d&amp;#8217;autres comme la député &lt;a href=&quot;http://haute-normandie.france3.fr/info/shurel-se-rejouit-des-propos-de-montebourg-75274321.html&quot;&gt;Sandrine Hurel&lt;/a&gt; en Haute normandie (Penly) ou le député &lt;a titel=&quot;Christian Bataille&quot; class=&quot;dcwikipedia&quot; href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Christian_Bataille&quot;&gt;Christian Bataille&lt;/a&gt; dans le Nord) - est comme élu local de Saône et Loire extrêmement concerné par l&amp;#8217;industrie nucléaire&amp;#160;: sur le territoire qui l&amp;#8217;a élu député par trois fois sans discontinuer dans la 6ème circonscription depuis 1997, Areva anciennement Cogema, brille par une présence remarquée du coté de Châlon-sur-Saône.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein du mouvement écologiste et anti-nucléaire local, en effet, on n&amp;#8217;hésitait pas encore cette année à mentionner la présence d&amp;#8217;un vivier conséquent d&amp;#8217;emplois fictifs résultants d&amp;#8217;une stratégie de captation des compétences en ingénierie et ce malgré des résultats économiques déplorables. Rappelons au passage que l&amp;#8217;État possède encore 85% du capital d&amp;#8217;Areva&amp;nbsp;&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/27/08/2012/arnaud-montebourg-premier-ministre-du-redressement-nucleaire#pnote-3&quot; id=&quot;rev-pnote-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;  (GDF-Suez 40%, EDF 84%).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le décor étant désormais planté, peut-on réellement dire que la déclaration d&amp;#8217;Arnaud Montebourg est aussi incohérente que certains le prétendent&amp;#160;?&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;Enfumage électronucléaire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis hier, on entend ici et là soit des déclarations d&amp;#8217;apaisement en provenance du PS soit des hauts cris faisant le procès en incohérence s&amp;#8217;appuyant d&amp;#8217;une part sur la présence de ministres EELV qui défendent une «&amp;#160;sortie du nucléaire&amp;#160;» progressive très inspirée par &lt;a href=&quot;http://www.negawatt.org/&quot;&gt;le scénario Négawatt&lt;/a&gt; et d&amp;#8217;autre part la déclaration du candidat à &lt;em&gt;La Présidentielle 2012©&lt;/em&gt; proposant l&amp;#8217;arrêt de Fessenheim. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Incohérence&amp;#160;? La réponse est évidemment non. Bien au contraire, tout cela s&amp;#8217;articule parfaitement pour le grand bien d&amp;#8217;un projet de relance programmée de l&amp;#8217;industrie du nucléaire dont le lobby mondialisé surveille l&amp;#8217;avancée ici en France comme d&amp;#8217;ailleurs au Japon alors que le premier ministre Yoshihiko Noda vient d&amp;#8217;annoncer une sortie de nucléaire en 30 ans &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/27/08/2012/arnaud-montebourg-premier-ministre-du-redressement-nucleaire#pnote-4&quot; id=&quot;rev-pnote-4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt; alors que tous les réacteurs atomiques japonais sont à l&amp;#8217;arrêt excepté ceux de &lt;a href=&quot;http://www.lemonde.fr/japon/article/2012/06/16/le-japon-relance-deux-reacteurs-nucleaires-les-premiers-depuis-fukushima_1719568_1492975.html&quot;&gt;la centrale de Ohi&lt;/a&gt; et que, dans la double crainte d&amp;#8217;un Fukushima supplémentaire alors que s&amp;#8217;amorce la saison des moussons, les japonais manifestent massivement tous les jours pour l&amp;#8217;arrêt total et irréversible de cette industrie (cf. notre commentaire suivant cet édito).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais revenons à l&amp;#8217;actualité nucléaire française.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Premièrement&lt;/strong&gt;, le ministre Montebourg est cohérent non seulement avec lui même mais aussi avec le Chef de l&amp;#8217;État quand, dans le dossier PSA/AULNAY, il ne trouve pas mieux comme solution que de proposer une subvention à l&amp;#8217;achat de voitures électriques. Quant à savoir quel sort sera réservé aux 3300 ouvriers du site et de ceux de la sous-traitance alentours, rien. On s&amp;#8217;en étonne même alors que l&amp;#8217;on pouvait s&amp;#8217;attendre au moins à la décision de soumettre à l&amp;#8217;Assemblée Nationale un projet de loi anti «&amp;#160;licenciements boursiers&amp;#160;» qui viserait à interdire tout plan social quand l&amp;#8217;entreprise est bénéficiaire, un texte qui au Sénat, a pourtant déjà été voté par la majorité de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deuxièmement&lt;/strong&gt;, on a longuement critiqué ici et ailleurs l&amp;#8217;idée d&amp;#8217;une politique de «&amp;#160;sortie du nucléaire&amp;#160;» montrant qu&amp;#8217;elle équivalait de facto à la programmation de son prolongement alors que la réalité concrète que produit cette industrie - à commencer par celle qui est vécue par &lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/23/12/2011/la-legion-nucleaire&quot;&gt;les ouvriers les plus exposés&lt;/a&gt; au coeur même des centrales - devrait nous conduire sans délai à la mise en oeuvre déterminée d&amp;#8217;une politique d&amp;#8217;arrêt définitif et irréversible du nucléaire incluant un programme de sanctuarisation des sites (et non pas d&amp;#8217;un ruineux démantèlement comme s&amp;#8217;y est engagé aveuglément EDF), le tout dans le courant du quinquennat actuel (cf. les &lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/tag/Nucl%C3%A9aire&quot;&gt;nombreuses références&lt;/a&gt; d&amp;#8217;articles publiés notamment sur Netoyens).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Troisièmement&lt;/strong&gt;, notre bon président François Hollande, avait très exactement dit dans sa campagne qu&amp;#8217;il engagerait «&lt;strong&gt;&lt;em&gt;la réduction de la part du nucléaire dans la production d&amp;#8217;électricité de 75% à 50% à l&amp;#8217;horizon 2025&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;». Pas besoin d&amp;#8217;être grand clair pour voir que cette formulation est celle d&amp;#8217;une très habile équation qui cherche à relativiser la part de l&amp;#8217;électronucléaire dans le mixte énergétique de la production d&amp;#8217;électricité sans la réduire. Pour passer de 75% à 50%, faut-il le dire, vous avez essentiellement deux solutions&amp;#160;:&lt;br /&gt;- soit vous réduisez la part électro-nucléaire réelle dans le cadre d&amp;#8217;une production globale stable et sa part relative réduit mécaniquement;&lt;br /&gt;- soit vous augmentez la part du renouvelable sans réduire la part réelle électronucléaire et mécaniquement sa contribution relative baisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On attend encore la date effective de sa MAD (Mise à l&amp;#8217;Arrêt Définitive) mais, lorsque le candidat désormais élu proposait de fermer «&amp;#160;la centrale de Fessenheim&amp;#160;» dans le courant de son quinquennat, il décidait aussi l&amp;#8217;arrêt de la production des deux réacteurs de 900MWe soit 1800MW. Mais n&amp;#8217;oublions pas qu&amp;#8217;il proposait de fait de les remplacer par l&amp;#8217;EPR de Flamanville (Flamanville 3&amp;#160;&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/27/08/2012/arnaud-montebourg-premier-ministre-du-redressement-nucleaire#pnote-5&quot; id=&quot;rev-pnote-5&quot;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt; ) de 1630MWe dont il décidait le maintien de la construction malgré tous &lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/23/12/2011/la-legion-nucleaire&quot;&gt;les déboires de ce chantier&lt;/a&gt; et les surcoûts pharaoniques pour un total avoué d&amp;#8217;au minimum 6 Milliards d&amp;#8217;euros &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/27/08/2012/arnaud-montebourg-premier-ministre-du-redressement-nucleaire#pnote-6&quot; id=&quot;rev-pnote-6&quot;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit donc très clairement se dessiner la réelle politique pro-nucléaire du gouvernement, une politique au long cours assumée depuis toujours par la droite et une certaine gauche plus productiviste qu&amp;#8217;écologiste, que de fait les élus et les ministres &lt;a titel=&quot;EELV&quot; class=&quot;dcwikipedia&quot; href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Europe_%C3%89cologie_Les_Verts&quot;&gt;EELV&lt;/a&gt; adoubent, politique qu&amp;#8217;on remarquera aussi comme absolument cohérente avec le projet global de «&amp;#160;&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/30/05/2012/pour-un-observatoire-de-la-rilance&quot;&gt;RILANCE&lt;/a&gt;&amp;#160;» et de soutien de la croissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En conséquence, loin d&amp;#8217;être incohérent, on ne peut cependant pas dire que le ministre Montebourg mente quand il fait la synthèse de cette politique étrangement opaque en disant qu&amp;#8217;«&lt;em&gt;&lt;strong&gt;il ne s&amp;#8217;agit pas d&amp;#8217;abandonner le nucléaire&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;» mais qu&amp;#8217;il faut le «&lt;strong&gt;&lt;em&gt;rééquilibrer&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;» compte tenu de «&lt;strong&gt;&lt;em&gt;l&amp;#8217;augmentation continue de la consommation des ménages et industrielle&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;». Rééquilibrer, quoi de plus relatif en effet&amp;#160;?&amp;#8230; comme «&lt;strong&gt;&lt;em&gt;la réduction de la part du nucléaire dans la production d&amp;#8217;électricité de 75% à 50% à l&amp;#8217;horizon 2025&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le scénario est donc en réalité très clair. À chaque réacteur définitivement arrêté doit correspondre un projet de construction nouveau de réacteur pour son remplacement&amp;nbsp;&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/27/08/2012/arnaud-montebourg-premier-ministre-du-redressement-nucleaire#pnote-7&quot; id=&quot;rev-pnote-7&quot;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;, le tout devant s&amp;#8217;inscrire dans un projet de croissance globale de la production électrique grâce à l&amp;#8217;augmentation de la part qu&amp;#8217;on qualifiera rapidement d&amp;#8217;«&amp;#160;électro-renouvelable&amp;#160;».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre les commentaires goguenards de Jean-Luc Mélenchon à Grenoble dimanche dernier (&lt;a href=&quot;http://www.dailymotion.com/video/xt1t4e_melenchon-remue-meninges-2-a-grenoble-2012-08-24_news&quot;&gt;vidéo de l&amp;#8217;extrait du discours lors des remue méninges&lt;/a&gt;), on attend avec impatience la position du Front de Gauche encore dominé par le PCF dont l&amp;#8217;appareil est sur cette question très proche du PS et de l&amp;#8217;industrie &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/27/08/2012/arnaud-montebourg-premier-ministre-du-redressement-nucleaire#pnote-8&quot; id=&quot;rev-pnote-8&quot;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt; . Quant aux anti-nucléaires véritables d&amp;#8217;une part et aux objecteurs de croissance d&amp;#8217;autre part, ils apprécieront. &lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;h4&gt;Notes&amp;#160;:&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/27/08/2012/arnaud-montebourg-premier-ministre-du-redressement-nucleaire#rev-pnote-1&quot; id=&quot;pnote-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;a href=&quot;http://www.leparisien.fr/politique/montebourg-le-nucleaire-est-une-filiere-d-avenir-26-08-2012-2137726.php&quot;&gt;http://www.leparisien.fr/politique/montebourg-le-nucleaire-est-une-filiere-d-avenir-26-08-2012-2137726.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/27/08/2012/arnaud-montebourg-premier-ministre-du-redressement-nucleaire#rev-pnote-2&quot; id=&quot;pnote-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;a href=&quot;http://www.lejsl.com/saone-et-loire/2011/11/29/montebourg-l-industrie-nucleaire-a-de-l-avenir&quot;&gt;http://www.lejsl.com/saone-et-loire/2011/11/29/montebourg-l-industrie-nucleaire-a-de-l-avenir&lt;/a&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/27/08/2012/arnaud-montebourg-premier-ministre-du-redressement-nucleaire#rev-pnote-3&quot; id=&quot;pnote-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;a href=&quot;http://www.areva.com/FR/finance-402/actionnariat-du-leader-mondial-de-l-industrie-nucleaire-et-acteur-majeur-des-bioenergies.html&quot;&gt;http://www.areva.com/FR/finance-402/actionnariat-du-leader-mondial-de-l-industrie-nucleaire-et-acteur-majeur-des-bioenergies.html&lt;/a&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/27/08/2012/arnaud-montebourg-premier-ministre-du-redressement-nucleaire#rev-pnote-4&quot; id=&quot;pnote-4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;a href=&quot;http://www.romandie.com/news/n/_Fukushima_le_PM_japonais_confirme_sa_volonte_de_sortir_du_nucleaire79220820121146.asp&quot;&gt;http://www.romandie.com/news/n/_Fukushima_le_PM_japonais_confirme_sa_volonte_de_sortir_du_nucleaire79220820121146.asp &lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/27/08/2012/arnaud-montebourg-premier-ministre-du-redressement-nucleaire#rev-pnote-5&quot; id=&quot;pnote-5&quot;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;a href=&quot;http://www.areva.com/EN/operations-2397/france-flamanville-3.html &quot;&gt;http://www.areva.com/EN/operations-2397/france-flamanville-3.html &lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/27/08/2012/arnaud-montebourg-premier-ministre-du-redressement-nucleaire#rev-pnote-6&quot; id=&quot;pnote-6&quot;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;a href=&quot;http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/07/16/nouveau-retard-pour-l-epr-finlandais_1734492_3244.html&quot;&gt;http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/07/16/nouveau-retard-pour-l-epr-finlandais_1734492_3244.html&lt;/a&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/27/08/2012/arnaud-montebourg-premier-ministre-du-redressement-nucleaire#rev-pnote-7&quot; id=&quot;pnote-7&quot;&gt;7&lt;/a&gt;] On ne s&amp;#8217;étendra pas ici sur les opportunités d&amp;#8221;évolution vers les très
hypothétiques 3ème, 4ème génération voire même le procédé de fusion
d&amp;#8217;&lt;a titel=&quot;ITER&quot; class=&quot;dcwikipedia&quot; href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/International_Thermonuclear_Experimental_Reactor&quot;&gt;ITER&lt;/a&gt; et &lt;a titel=&quot;Laser MEGAJOULE&quot; class=&quot;dcwikipedia&quot; href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Laser_M%C3%A9gajoule&quot;&gt;Laser MEGAJOULE&lt;/a&gt;. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/27/08/2012/arnaud-montebourg-premier-ministre-du-redressement-nucleaire#rev-pnote-8&quot; id=&quot;pnote-8&quot;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;a href=&quot;http://haute-normandie.france3.fr/info/shurel-se-rejouit-des-propos-de-montebourg-75274321.html &quot;&gt;http://haute-normandie.france3.fr/info/shurel-se-rejouit-des-propos-de-montebourg-75274321.html &lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;Le Premier Ministre japonais Yoshihiko Noda confirme sa volonté de sortir du nucléaire&amp;#8230; &amp;#8220;&lt;strong&gt;à moyen ou long terme&lt;/strong&gt;&amp;#8221; (sic&amp;#160;!):
&lt;br /&gt;©AFP / 22 août 2012&amp;#160;11h43
&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://www.romandie.com/news/n/_Fukushima_le_PM_japonais_confirme_sa_volonte_de_sortir_du_nucleaire79220820121146.asp?&quot;&gt;http://www.romandie.com/news/n/_Fukushima_le_PM_japonais_confirme_sa_volonte_de_sortir_du_nucleaire79220820121146.asp?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;
La nucléocratie japonaise joue la même carte qu&amp;#8217;en France&amp;#160;: en guise de sortie du nucléaire, on programme sa prolongation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
Il y a cependant une différence de taille. Fukushima et ses conséquences réelles&amp;#160;: une centrale en perdition totale, un parc nucléaire quasi intégralement à l&amp;#8217;arrêt et une population désabusée et bien déterminée à en finir malgré les pressions et les menaces qui pèsent. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui nous concerne directement, ici, en France, il nous reste à faire preuve d&amp;#8217;intelligence pour ne pas en arriver à ces extrémités en stoppant au plus vite cette industrie&amp;#8230; au nom de la vie&amp;#8230; tout simplement&amp;#160;: &lt;/p&gt;
&lt;ol&gt;&lt;li&gt;
&lt;strong&gt;Ne sous-estimez pas la gravité de la crise nucléaire de Fukushima&lt;/strong&gt;&amp;#160;: entretien avec Inge Schmitz-Feuerhake physicienne expérimentale &lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://blogs.mediapart.fr/edition/japon-un-seisme-mondial/article/210812/ne-sous-estimez-pas-la-gravite-de-la-crise-nucle&quot;&gt;http://blogs.mediapart.fr/edition/japon-un-seisme-mondial/article/210812/ne-sous-estimez-pas-la-gravite-de-la-crise-nucle&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Cancer de la thyroïde&amp;#160;: le très long héritage d&amp;#8217;Hiroshima
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Par Cyrille Vanlerberghe - le 20/08/2012
&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://sante.lefigaro.fr/actualite/2012/08/20/18815-cancer-thyroide-tres-long-heritage-dhiroshima&quot;&gt;http://sante.lefigaro.fr/actualite/2012/08/20/18815-cancer-thyroide-tres-long-heritage-dhiroshima&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Problème de thyroïde&amp;#160;: 35&amp;#160;% des enfants examinés à Fukushima touchés&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://www.wikistrike.com/article-probleme-de-thyroide-35-des-enfants-examines-a-fukushima-touches-&quot;&gt;http://www.fukushimavoice-eng.blogspot.fr/2012/07/thyroid-examination-by-fukushima.html
&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://www.wikistrike.com/article-probleme-de-thyroide-35-des-enfants-examines-a-fukushima-touches-&quot;&gt;http://fukushima-informations.fr/?p=2261
&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://www.wikistrike.com/article-probleme-de-thyroide-35-des-enfants-examines-a-fukushima-touches-108254596.html&quot;&gt;http://www.wikistrike.com/article-probleme-de-thyroide-35-des-enfants-examines-a-fukushima-touches-108254596.html&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Fukushima: «On nous disait que c&amp;#8217;était notre angoisse qui nous rendrait malade»&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;Parce que ce problème n’est pas que le nôtre mais celui du monde entier», alerte Aya Marumori.
&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;a href=&quot;http://www.20minutes.fr/article/982759/fukushima-on-disait-angoisse-rendrait-malade &quot;&gt;http://www.20minutes.fr/article/982759/fukushima-on-disait-angoisse-rendrait-malade &lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Japon: niveau de radioactivité record sur des poissons au large de Fukushima
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://sciencesetavenir.nouvelobs.com/nature-environnement/20120821.AFP6281/japon-niveau-de-radioactivite-record-sur-des-poissons-au-large-de-fukushima.html&quot;&gt;http://sciencesetavenir.nouvelobs.com/nature-environnement/20120821.AFP6281/japon-niveau-de-radioactivite-record-sur-des-poissons-au-large-de-fukushima.html&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Des papillons mutants découverts après Fukushima&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;a href=&quot;http://www.lepoint.fr/science/des-papillons-mutants-decouverts-apres-fukushima-14-08-2012-1495822_25.php&quot;&gt;http://www.lepoint.fr/science/des-papillons-mutants-decouverts-apres-fukushima-14-08-2012-1495822_25.php&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Tchernobyl&amp;#160;: grande enquête en Corse&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;AFP Publié le 01/08/2012&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;La population est appelée à contacter directement l&amp;#8217;équipe du professeur italien Paolo Cremonesi de l&amp;#8217;hôpital Galliera de Gênes, par téléphone (06.85.39.63.39.) et par e-mail (tchernobyl.corsica@gmail.com).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;a href=&quot;http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2012/08/01/97001-20120801FILWWW00505-tchernobyl-grande-enquete-en-corse.php&quot;&gt;http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2012/08/01/97001-20120801FILWWW00505-tchernobyl-grande-enquete-en-corse.php&lt;/a&gt; &lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;Et nous, que faisons-nous&amp;#160;? Toujours dans le déni&amp;#160;?
&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/27/08/2012/arnaud-montebourg-premier-ministre-du-redressement-nucleaire#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/27/08/2012/arnaud-montebourg-premier-ministre-du-redressement-nucleaire#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://www.netoyens.info/index.php/feed/navlang:en~fr/atom/comments/857</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>Sous les Jeux la vérité d’une époque</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/19/08/2012/sous-les-jeux-la-verite-dune-epoque</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:10cb66adf15fa8e93dfc0ae316059b0d</guid>
    <pubDate>Sunday 19 August 2012</pubDate>
    <dc:creator>Yann Fiévet</dc:creator>
        <category>Édito</category>
            
    <description>&lt;a title=&quot;olympodollars.jpg&quot; href=&quot;http://www.netoyens.info/public/illustration-articles/yannf/olympodollars.jpg&quot;&gt;&lt;img title=&quot;olympodollars.jpg, août 2012&quot; style=&quot;float: left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; alt=&quot;olympodollars.jpg&quot; src=&quot;http://www.netoyens.info/public/illustration-articles/yannf/.olympodollars_s.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Les Jeux de Londres sont morts, vivent les Jeux de Rio. À en croire la ferveur populaire mondialisée, il semble possible de continuer à considérer les Jeux Olympiques comme un grand moment de vérité pour le sport planétaire. Tous les quatre ans, inéluctablement l’on se retrouve sur un petit coin du globe afin de se mesurer, d’être le meilleur, d’établir un nouveau record. Plus loin, plus haut, plus fort proclamait la devise du père fondateur des Jeux de l’ère moderne, baron de son état. Pourtant, ici comme en maintes activités humaines dignes d’intérêt, derrière la scène fourmillent les coulisses, dissimulées au public ébahi par la fête et où s’épanouissent d’autres valeurs que la dérisoire beauté du sport. Le contexte d’une époque fournit le prétexte rarement avoué&amp;#160;: hier le racisme, le colonialisme, le fascisme ou l’eugénisme&amp;#160;; aujourd’hui le Marché totalitaire et ses outrances politico-économiques. Et demain&amp;#160;?    &lt;p&gt;Le citoyen avisé ne saurait se contenter à trop bon compte de la seule vérité du sport, vérité du reste passablement écornée ces temps derniers par les formes modernes de la stimulation des corps. Ainsi, il se demande, le citoyen pourvu d’un cerveau qui pense droit, comment ses congénères s’y sont pris pour faire du sinistre baron un humaniste auquel l’on fait religieusement la révérence tous les quatre ans. Alors, il creuse le citoyen amoureux tout à la fois de l’effort physique et de la vérité historique. Et il trouve de bien vilaines choses. Il trouve d’abord que Pierre de Coubertin était Président d’honneur du Comité international olympique quand celui-ci attribua à la République de Weimar le soin d’organiser les Jeux de 1936 à Berlin. Il découvre ensuite que c’est un dignitaire nazi, Karl Diem, qui inventa l’idée de la flamme parcourant la distance entre Olympie et le siège des joutes. Drôle d’héritage&amp;#160;! C’est
aussi Pierre de Coubertin qui, lors de la cérémonie de clôture de ces «&amp;#160;Jeux de la honte&amp;#160;», déclara solennellement&amp;#160;: «&amp;#160;Que le peuple allemand et son chef soient remerciés pour ce qu’ils viennent d’accomplir.&amp;#160;» Le culte que le baron voue à la force physique a des racines profondes bien moins anodines que «&amp;#160;la glorieuse incertitude du sport&amp;#160;». Coubertin considérait le sport comme le meilleur moyen de préparer la jeunesse à la guerre&amp;#160;: «&amp;#160;Le jeune &lt;em&gt;sportsman&lt;/em&gt; se sent évidemment mieux préparé à ‘partir’ (à la guerre) que ne le furent ses aînés. Et quand on est préparé à quelque chose, on le fait plus volontiers.&amp;#160;»&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title=&quot;coubertin.jpg&quot; href=&quot;http://www.netoyens.info/public/illustration-articles/yannf/coubertin.jpg&quot;&gt;&lt;img title=&quot;coubertin.jpg, août 2012&quot; style=&quot;float: left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; alt=&quot;coubertin.jpg&quot; src=&quot;http://www.netoyens.info/public/illustration-articles/yannf/.coubertin_s.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Pis, Coubertin participa à la «&amp;#160;philosophie de l’Homme nouveau&amp;#160;» et des théories raciales de son époque. Ami du Docteur Alexis Carrel, fervent promoteur de l’eugénisme scientifique –également nommé viriculture en ces temps-là – et disciple de Francis Galton, cousin de Darwin, pour qui le modèle de l’élevage sélectif des animaux devait être appliqué à l’espèce humaine, Coubertin vit dans le sport un très utile moyen de soumission tout autant que d’embrigadement, un instrument efficace au service de l’ordre et de la discipline, à l’égard des indigènes. Ainsi son «&amp;#160;&lt;em&gt;projet de colonisation sportive&lt;/em&gt;&amp;nbsp;»est on ne peut plus explicite&amp;#160;: «&amp;#160;Les races sont de valeur différente et à la race blanche, d’essence supérieure, toutes les autres doivent faire allégeance.&amp;#160;»&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il affirma au sommet de son ambition eugéniste&amp;#160;: «&amp;#160;Il y a deux races distinctes&amp;#160;: celle au regard franc, aux muscles forts, à la démarche assurée, et celle des maladifs, à la mine résignée et humble, à l’air vaincu. Eh&amp;#160;! bien, c’est dans les collèges comme dans le monde&amp;#160;: les faibles sont écartés, le bénéfice de cette éducation n’est appréciable qu’aux forts.&amp;#160;» L’humanisme de Coubertin est donc un mythe. Et le mythe devint mystification savamment entretenue d’olympiade en olympiade. Le 27 juillet 2012, lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux de Londres l’actuel Président du CIO, Jacques Rogge, salua encore l’esprit de fraternité, de liberté et de tolérance de l’ambassadeur éminent de la «&amp;#160;culture de la
virilité&amp;#160;».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd’hui, les Jeux se déroulent dans un tout autre contexte, contexte offrant néanmoins de nouveaux prétextes à des pratiques très étrangères à la pratique du sport, fut-il de compétition. Le contexte est désormais celui de l’économie mondialisée où les acteurs dominants du Marché font la loi bien au-delà même des frontières d’une activité commerciale déjà outrancière. Les Jeux de Londres furent à cet égard un &lt;em&gt;must&lt;/em&gt;. Pour pouvoir organiser les Jeux Olympiques, la Grande-Bretagne a cédé aux volontés exorbitantes du CIO. Pour défendre ses marques et ses droits d&amp;#8217;auteur, mais aussi être en mesure de garantir de réelles exclusivités à ses généreux sponsors comme Coca-Cola, Mac Donald&amp;#8217;s, Adidas, BP Oil ou Samsung, le CIO a obtenu du Parlement anglais le vote en 2006 d&amp;#8217;un Olympics Game Act qui lui confère des pouvoirs immenses. L&amp;#8217;&lt;em&gt;Olympics Delivery Authority&lt;/em&gt; disposa ainsi d&amp;#8217;une armada de 280 agents pour faire appliquer la réglementation en matière de commerce autour des 28 sites où se déroulèrent les épreuves. L&amp;#8217;&lt;em&gt;Olympics Game Act&lt;/em&gt; a mis en place une étonnante police du langage qui a pesé de tout son poids sur la liberté d&amp;#8217;expression pendant la durée des Jeux. Ainsi, il fut interdit d&amp;#8217;utiliser, modifier, détourner, connoter ou créer un néologisme à partir des termes appartenant au champ lexical des Jeux. Plusieurs commerces comme l&amp;#8217;&lt;em&gt;Olympic Kebab&lt;/em&gt;, l&amp;#8217;&lt;em&gt;Olymic Bar&lt;/em&gt; ou le &lt;em&gt;London Olympus Hotel&lt;/em&gt; ont été sommés de changer de noms sous peine d&amp;#8217;amendes. Il est difficile d’imaginer plus forte instrumentalisation d’une compétition sportive à des fins purement mercantiles. Comment les milliers de compétiteurs assument-ils un tel dévoiement de leur rôle&amp;#160;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il paraît que François Hollande souhaite poser la candidature de la France pour l’organisation des Jeux de 2024. Devra-t-il lui aussi pour l’emporter saluer la mémoire de l’abject Coubertin&amp;#160;? Cédera-t-il au CIO certains pouvoirs régaliens de l’État comme l’a fait la Grande-Bretagne&amp;#160;? À quelles nouvelles exigences du CIO donnera-t-il satisfaction&amp;#160;? Un homme de Gauche n’a-t-il pas mieux à faire pour défendre les valeurs auxquelles il prétend croire encore&amp;#160;? Faites vos jeux&amp;#160;!&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt;
Crédit illustrations&amp;#160;: &lt;a href=&quot;http://schoenelblog2.blogspot.fr/2012_08_05_archive.html&quot;&gt;La bataille des jeux olympiques&lt;/a&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/19/08/2012/sous-les-jeux-la-verite-dune-epoque#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/19/08/2012/sous-les-jeux-la-verite-dune-epoque#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://www.netoyens.info/index.php/feed/navlang:en~fr/atom/comments/856</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>Qui sauvera le soldat Montebourg?</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/08/07/2012/qui-sauvera-le-soldat-montebourg</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:30316e8a14ce3ed31db88741b43f7cfa</guid>
    <pubDate>Sunday  8 July 2012</pubDate>
    <dc:creator>Éric Jousse</dc:creator>
        <category>Édito</category>
        <category>Bartolone</category><category>Blazy</category><category>EuropaCity</category><category>GPII (Grands Projets Inutiles Imposés)</category><category>Montebourg</category><category>PSA</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;a title=&quot;forum-grands-projets-2012.jpg&quot; href=&quot;http://www.netoyens.info/public/illustration-articles/ericj/forum-grands-projets-2012.jpg&quot;&gt;&lt;img title=&quot;forum-grands-projets-2012.jpg, juil. 2012&quot; style=&quot;float: left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; alt=&quot;forum-grands-projets-2012.jpg&quot; src=&quot;http://www.netoyens.info/public/illustration-articles/ericj/.forum-grands-projets-2012_s.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;L’actualité nous offre l’occasion d’illustrer un peu plus concrètement la complexité des difficultés structurelles de la période que nous abordons. Personne ne peut désormais ignorer la menace qui pèse sur les 3300 salariés de PSA/Aulnay. L’étude des informations qui sont à notre disposition indique que PSA a prévu d’annoncer la mauvaise nouvelle en août prochain. &lt;br /&gt;
Par ailleurs, du 7 au 11 juillet prochain, à Notre Dames des Landes, se tiendra le 2ème &lt;a href=&quot;http://forum-gpii-2012-ndl.blogspot.fr/search/label/00-%20Programme&quot;&gt;Forum Européen contre les Grands Projets Inutiles Imposés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Quel rapport entre ces deux actualités&amp;#160;? On ne sait pas trop mais nous avons été très tenté d’aller voir de plus près ce que recouvre exactement le grand projet qu’Auchan propose de réaliser et que voudrait bien imposer Jean-Pierre Blazy, le Maire PS de la ville de Gonesse malgré ce que peuvent en dire les opposants au projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En décembre 2010, &lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/auteur/yannf&quot;&gt;Yann Fiévet&lt;/a&gt; nous alertait en montrant la mégalomanie de ce maire de gauche et l’anachronisme de ces politiques industrieuses&amp;nbsp;&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/08/07/2012/qui-sauvera-le-soldat-montebourg#pnote-1&quot; id=&quot;rev-pnote-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;. Sept mois plus tard, dans un style plus satirique, une petite enquête avait tenté de montrer comment l’affairisme parfois pharaonique s’était drôlement immiscé dans les stratégies de conquête des pouvoirs du Parti Socialiste français&amp;nbsp;&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/08/07/2012/qui-sauvera-le-soldat-montebourg#pnote-2&quot; id=&quot;rev-pnote-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;  .&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;Où ça&amp;#160;? Quoi ça&amp;#160;?&lt;/h3&gt;
Pour commencer, il est utile de planter un peu le décor. Dans un article annonciateur de la régression industrielle locale, Médiapart en décrivait le contexte dès l&amp;#8217;été 2011 au travers de la révélation du projet de fermeture du site de PSA/Aulnay &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/08/07/2012/qui-sauvera-le-soldat-montebourg#pnote-3&quot; id=&quot;rev-pnote-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt; &amp;#160;: &lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;«&amp;#160;Site stratégique, entre trois autoroutes et deux aéroports et à quelques encablures de Paris, l&amp;#8217;usine d&amp;#8217;Aulnay pourrait sans doute être remplacée un jour par des immeubles de bureau, un parc des expositions flambant neuf pour remplacer le vieux centre de congrès de Villepinte, ou des centres commerciaux, qui pullulent déjà dans la zone. Dans un document interne révélé par Mediapart, PSA a d&amp;#8217;ailleurs calculé que la vente du terrain lui rapporterait 306 millions d&amp;#8217;euros, bien plus que les 184 millions d&amp;#8217;euros que lui coûterait le plan social.&lt;br /&gt;Mais les habitants de Seine-Saint-Denis ne s&amp;#8217;y retrouveraient pas, craint Claude Bartolone, le président PS du conseil général. «C&amp;#8217;est le côté terrible de ce département, explique l&amp;#8217;élu. Nous sommes la deuxième destination d&amp;#8217;investissements en Ile-de-France, des entreprises s&amp;#8217;installent pour des raisons hôtelières, mais elles offrent des emplois de services qui nécessitent une hausse sensible de la qualification des habitants, si l&amp;#8217;on ne veut pas condamner une partie de la population à regarder arriver des emplois auxquels elle n&amp;#8217;a pas droit.&amp;#160;»&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;h3&gt;Europa City&amp;#160;: un projet gigantesque dans le Triangle de Gonesse (*)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce que ne dit pas l’article, c’est que le site de PSA/Aulnay se trouve le long de l’autoroute A1 et que de l’autre coté de l’autoroute, au nord, juste en face, subsiste un lopin de 80 hectares de terre nourricière qui fait l’objet depuis plusieurs années de la convoitise des promoteurs. Ici en l’occurrence, il s’agit du groupe Auchan-Immochan qui dit vouloir mener «&amp;#160;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;une politique de croissance internationale progressive et maîtrisée, et concentre ses investissements sur des zones de développement prioritaires&amp;#160;: l&amp;#8217;Europe occidentale, l&amp;#8217;Europe centrale et de l&amp;#8217;Est et l&amp;#8217;Asie&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&amp;#160;» si l’on en croit la présentation officielle de ses activités&amp;nbsp;&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/08/07/2012/qui-sauvera-le-soldat-montebourg#pnote-4&quot; id=&quot;rev-pnote-4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;, une présentation qui semble t-il a convaincu tout le conseil municipal de la ville.&lt;/p&gt;
&lt;a title=&quot;europacity_psa-aulnay.jpg&quot; href=&quot;http://www.netoyens.info/public/illustration-articles/ericj/europacity_psa-aulnay.jpg&quot;&gt;&lt;img title=&quot;europacity_psa-aulnay.jpg, juil. 2012&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;europacity_psa-aulnay.jpg&quot; src=&quot;http://www.netoyens.info/public/illustration-articles/ericj/.europacity_psa-aulnay_m.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Sur ces 80 hectares de terres arables cultivées et de plus en plus rares aux portes de la capitale, un projet dont le rapport de présentation du projet passé devant le Conseil municipal de la ville de Gonesse (Val d’Oise) le 20 octobre 2010 indique qu’ «&amp;#160;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;il ne s’agit ni d’un centre commercial ni d’un parc d’attractions.&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&amp;#160;» Les centres commerciaux de Paris Nord I et II ainsi que &lt;em&gt;Mickey Land Paris&lt;/em&gt; © et son oncle Piquesous n’étant pas très éloignés, nous voilà rassurés. Mais qu’est ce donc alors&amp;#160;? &lt;br /&gt;&lt;h3&gt;C&amp;#8217;est nouveau, ça vient de sortir&amp;#160;!&lt;/h3&gt;
En effet, c’est une innovation comme on se doit d&amp;#8217;en trouver pour donner du poids à l&amp;#8217;argumentaire des promoteurs et partant des élus. On dit même que c&amp;#8217;est un nouveau &amp;#8220;concept&amp;#8221; pour donner dans la philo, pour faire plus sérieux, plus académique, plus scientifique sans doute aussi&amp;#160;:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;«&amp;#160;Europa City se positionne comme une vitrine des cultures européennes. Il s’organise autour de cinq univers culturels (britannique, méditerranéen, nordique, slave et français) et s’articule autour d’un espace dédié à l’Europe. Le commerce, les loisirs et la culture se déclineront dans chacune des sphères culturelles. Hôtels, pôle restauration et pôle luxe complèteront la programmation. Sur les 450&amp;#160;000&amp;#160;m² de SHON, 50% des surfaces seront consacrées au commerce, 35% aux loisirs, 10% à la culture, 5% restants pour les locaux administratifs et techniques. Il s’agit d’un investissement entièrement privé compris entre 1,5 et 2 milliards d’euros.&amp;#160;»&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;Ni un centre commercial, ni un parc d’attraction mais 50% des 450&amp;#160;000 m2 seront tout de même consacrés au commerce et 35% aux loisirs comme par exemple, faire du ski tout au long de l’année&amp;#160;! C’est comme l’investissement qu&amp;#8217;on dit être entièrement privé mais qui devront beaucoup à son insertion urbaine et aux services publiques de desserte du site que décrit parfaitement ce rapport &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/#pnote-4&quot; id=&quot;rev-pnote-4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;  complétant avantageusement l’article de Médiapart concernant l’affaire PSA/Aulnay &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/#pnote-3&quot; id=&quot;rev-pnote-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;&amp;#160;: &lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;«&amp;#160;il s’avère que la partie sud-est du Triangle de Gonesse est celle qui permet de réunir les conditions de faisabilité du projet&amp;#160;: une disponibilité foncière suffisante, une proximité immédiate avec la gare du métro automatique et du barreau ferroviaire RER B – RER D grâce à un franchissement de l’avenue du Parisis, une façade le long de l’autoroute A1 et l’accès aux deux axes routiers que sont la RD370 et la RD 170 (avenue du Parisis)&amp;#160;». &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/#pnote-4&quot; id=&quot;rev-pnote-4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt; &lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Sans ses équipements, il y a fort à parier qu’Auchan n’engagerait pas le moindre kopek dans ce gigantesque projet. Gigantesque et néanmoins fabuleux en effet si l’on en croit toujours la présentation et les ambitions qu’il affiche&amp;#160;:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;«&amp;#160;&lt;em&gt;À terme (sic&amp;#160;!), &lt;strong&gt;Europa City génèrera environ 30 millions de visites par an&lt;/strong&gt;. À titre de comparaison, la Tour Eiffel en accueille 7 millions par an, le Forum des Halles 40 millions.&amp;nbsp;&lt;/em&gt;» et «&amp;#160;génèrera de nouvelles recettes fiscales importantes&amp;#160;».&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt; Cela va sans dire mais, cerise sur le gâteau «&amp;#160;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;le projet Europa City prévoit de créer entre 7000 et 8000 emplois directs&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&amp;#160;». On entend même dire que ça en créera en fait plus de 12000 (cf. vidéo en bas de page). Diantre&amp;#160;! Autant de visiteurs, autant - mais combien vraiment&amp;#160;? - de recettes pour la ville, autant d’emplois en cette période de crise, de vache maigre et de chômage, ce serait inespéré &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/08/07/2012/qui-sauvera-le-soldat-montebourg#pnote-5&quot; id=&quot;rev-pnote-5&quot;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;.&lt;br /&gt;&lt;h3&gt;Quel progrès&amp;#160;?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais voilà, il se trouve que ce grand projet doit encore démontrer son utilité car il a des opposants. Comme d’habitude me direz-vous&amp;#160;! Encore des agitateurs, des activistes spécialisés dans les collectifs «&amp;#160;anti&amp;#160;», perpétuellement dressés contre le progrès économique et social, et même contre le progrès tout court. Une de ces sectes à jamais insatisfaites, défenseurs de la veuve et de l’orphelin, de la pieuvre et de l’alevin. Peu importe du moment qu’ils puissent être contre et nous servir leurs incantations égoïstes et affligeantes et pour tout dire, en général, ce ne sont que des bobos&amp;#160;! Fermez le ban &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/08/07/2012/qui-sauvera-le-soldat-montebourg#pnote-6&quot; id=&quot;rev-pnote-6&quot;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Insultes suprêmes donc que l&amp;#8217;on peut passer en revue sans prétendre à l’exhaustivité&amp;#160;: bobos, complotistes ou terroristes pourquoi pas s’ils s’entêtent un peu trop dans l’exercice de la résistance. Du moment que l&amp;#8217;on parvient à les faire taire, tous les moyens sont bons, insultes, dénigrement, matraques et lacrymo compris. Ci devant, par exemple, Bernard Loup, militant écologiste connu pour son flegme et sa persévérance qui, en effet, tient la digue face à la folie productiviste des hommes en général et des hommes d&amp;#8217;affaires en particulier de gauche comme de droite. Ici l’incinérateur Sarcellois de DSK, là le môle touristico-commercial de Jean-Pierre Blazy baptisé Europa City. Et que dit cet écologiste en substance de ce projet de la démesure et de la déraison&amp;#160;?&amp;nbsp;&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/08/07/2012/qui-sauvera-le-soldat-montebourg#pnote-7&quot; id=&quot;rev-pnote-7&quot;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt; &amp;#160;:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Le territoire d’implantation d’Europa City est déjà saturé en centres commerciaux existants ou en projet. Le dernier arrivé est déjà en difficulté avec des effectifs en baisse deux mois seulement après son inauguration fin avril 2011;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Construire et laisser construire un centre commercial géant sur 450&amp;#160;000 m2, c’est accentuer la bulle actuelle de l’immobilier commercial qui ne pourra pas créer durablement 8&amp;#160;000 emplois sans en détruire un très grand nombre ailleurs;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Si Auchan veut implanter sa Tour de Babel commerciale près du deuxième plus gros aéroport européen, c’est parce que ces millions de clients étrangers espérés viendront d’abord en avion, entraînant un accroissement des nuisances pour les riverains dont le maire PS de Gonesse qui, rappelons porte et défend le projet, reconnaît devant ses administrés «&amp;#160;la nécessité de réduire les nuisances&amp;#160;».&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Enfin, avec une autonomie alimentaire de 1,6%, la région Ile-de-France ne peut plus se permettre de voir ses terres fertiles disparaître au profit de projets [comme Europa City] ne servant pas l’intérêt général.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;h3&gt;Quel redressement industriel&amp;#160;?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Tout deux anciens du &lt;a titel=&quot;Nouveau Parti Socialiste&quot; class=&quot;dcwikipedia&quot; href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Nouveau_Parti_socialiste&quot;&gt;Nouveau Parti Socialiste&lt;/a&gt; M. Blazy et M. Montebourg devenu depuis chantre de la démondialisation et Ministre du sibyllin redressement industriel (pardon&amp;#8230; du redressement productiviste), pousseront-il leur quête du Graal &amp;#8220;croissance&amp;#8221; jusqu’à des réalisations concrètes marquées par une idée jusque là jugée comme rétrograde à savoir la relocalisation&amp;#160;? Un redressement industriel dans l’esprit de la relocalisation de l’économie et l’organisation de circuits courts pour des échanges de biens et de services au plus près des besoins mais aussi de l’élaboration de projets alternatifs et de substitution à des industries sans avenir induisant toujours plus le recours à la bagnole, au transport aérien de masse, au consommationnisme en temps de crise systémique et de récession subie, voilà une politique ambitieuse et nécessaire. Le changement, pourquoi pas maintenant en effet&amp;#160;? &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/08/07/2012/qui-sauvera-le-soldat-montebourg#pnote-8&quot; id=&quot;rev-pnote-8&quot;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, Europa City permettra de vendre encore plus d’écrans plats qu’on ne sait pas recycler. Il permettra aussi d’assécher plus vite encore les puits de pétrole en attirant des européens qui viendront faire leurs courses en Airbus A380 dans une zone touristique où l’on pourra travailler le dimanche&amp;#160;: Monsieur Blazy à n’en pas douter donnera son autorisation, comme à son habitude (cf. &lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/2005/10/19/8-quand-la-gauche-nessaie-meme-plus&quot;&gt;Quand la gauche n&amp;#8217;essaie même plus&lt;/a&gt;). &lt;/p&gt;
Certes, Europa City s’accomplira pleinement en apportant sa contribution efficace à l’échec des politiques contre le dérèglement climatique. Mais, au bout du compte, Europa City deviendra, comme toutes les inventions de même engeance, un déchet moderne dont on ne saura que faire. &lt;br /&gt;Luxe, calme et volupté sur les plaquettes de papier glacé. Superflu, drames et pauvreté sur les trottoirs, près des bouches de métro et des poubelles.&lt;br /&gt;&lt;h3&gt;Le Commun des mortels&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Peu avant son décès le 12 juin 2012 soit dix jours avant RIO + 20, la première femme à avoir reçu le prix Nobel d’économie pour ses travaux sur la théorie des communs, &lt;a titel=&quot;Elinor Ostrom&quot; class=&quot;dcwikipedia&quot; href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Elinor_Ostrom&quot;&gt;Elinor Ostrom&lt;/a&gt; publiait un texte dont le titre était&amp;#160;: «&amp;#160;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;La politique verte doit être impulsée de la base&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&amp;#160;» &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/08/07/2012/qui-sauvera-le-soldat-montebourg#pnote-9&quot; id=&quot;rev-pnote-9&quot;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;. Elle avait sans doute raison d&amp;#8217;insuffler une bonne dose de volontarisme dès l&amp;#8217;énoncé du titre car non seulement ce n’est pas le peuple qui impulse les politiques d’avenir - jamais, même ici en France qui est supposée être une démocratie - mais ce sont des politiques grises, des projets de bétonnage pérennes et mortifères qu’une oligarchie d’affairistes sans conscience, à l’imaginaire bouché ou à la vision harnachées d’oeillères, cherche à nous imposer conduisant ainsi les générations futures à devoir composer avec des choix opérés par leur aînés aux conséquences irrémédiables et irréversibles. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces conséquences conditionnent absolument la réalité de l&amp;#8217;exploitation - et pour tout dire de l&amp;#8217;appropriation - des biens communs que sont par exemple les ressources hydriques et l’accès aux terres arables qui font et feront l’agriculture et les pénuries alimentaires de demain. Elles conditionnent à n’en pas douter plus largement et plus généralement l’exploitation de toutes les ressources et les conditions de travail de cette humanité transformée depuis qu’elle est en prise avec le système global qui la domine, cette humanité que Tony Négri appelle &lt;em&gt;la multitude&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec lui, on doit aussi dire, reconnaître et s’entretenir qu’«&amp;nbsp;&lt;em&gt;il ne suffit pas de définir la prise de conscience de cette condition commune de l’exploitation pour permettre la construction consciente du commun pour la multitude et le nouveau prolétariat. Cette conscience commune émergera et se transformera en tendance quand elle commencera à construire des objectifs communs de lutte pour la multitude. Avant toute chose, contre les formes d’organisation de la propriété privée et de la propriété publique, qui ne sont pas différentes l’une de l’autre, dans la généralisation des processus d’exploitation. &lt;strong&gt;Au privé et au publique, il faut opposer le commun - la revendication du commun&lt;/strong&gt;. Ce passage est décisif pour la prise de conscience révolutionnaire.&amp;nbsp;&lt;/em&gt;»&amp;nbsp;&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/08/07/2012/qui-sauvera-le-soldat-montebourg#pnote-10&quot; id=&quot;rev-pnote-10&quot;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;h4&gt;Notes&amp;#160;:&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;(*) &lt;a href=&quot;http://www.roissymail.com/2010/10/22/europa-city-un-projet-gigantesque-dans-le-triangle-de-gonesse/&quot;&gt;http://www.roissymail.com/2010/10/22/europa-city-un-projet-gigantesque-dans-le-triangle-de-gonesse/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/08/07/2012/qui-sauvera-le-soldat-montebourg#rev-pnote-1&quot; id=&quot;pnote-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&amp;nbsp; &lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/19/12/2010/europa-city-ou-la-megalomanie-anachronique-dun-maire-de-gauche-&quot;&gt;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/19/12/2010/europa-city-ou-la-megalomanie-anachronique-dun-maire-de-gauche-&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/08/07/2012/qui-sauvera-le-soldat-montebourg#rev-pnote-2&quot; id=&quot;pnote-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;]&amp;nbsp; &lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/28/07/2011/putsch-affairiste-sur-la-democratie&quot;&gt;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/28/07/2011/putsch-affairiste-sur-la-democratie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/08/07/2012/qui-sauvera-le-soldat-montebourg#rev-pnote-3&quot; id=&quot;pnote-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;]&amp;nbsp; &lt;a href=&quot;http://www.mediapart.fr/journal/economie/080711/fermer-lusine-psa-daulnay-une-catastrophe-sociale?page_article=3&quot;&gt;http://www.mediapart.fr/journal/economie/080711/fermer-lusine-psa-daulnay-une-catastrophe-sociale?page_article=3&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/08/07/2012/qui-sauvera-le-soldat-montebourg#rev-pnote-4&quot; id=&quot;pnote-4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;]&amp;nbsp; &lt;a href=&quot;http://www.immochan.com/immochan-raison-groupe-auchan.asp&quot;&gt;http://www.immochan.com/immochan-raison-groupe-auchan.asp&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/08/07/2012/qui-sauvera-le-soldat-montebourg#rev-pnote-5&quot; id=&quot;pnote-5&quot;&gt;5&lt;/a&gt;]&amp;nbsp; &lt;a href=&quot;http://www.scribd.com/doc/39875717/101020-CM-Europa-City&quot;&gt;http://www.scribd.com/doc/39875717/101020-CM-Europa-City&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/08/07/2012/qui-sauvera-le-soldat-montebourg#rev-pnote-6&quot; id=&quot;pnote-6&quot;&gt;6&lt;/a&gt;]&amp;nbsp; &lt;a href=&quot;http://www.roissymail.com/2011/10/01/une-poignee-danti-soppose-au-triangle-de-gonesse-a-europa-city/&quot;&gt;http://www.roissymail.com/2011/10/01/une-poignee-danti-soppose-au-triangle-de-gonesse-a-europa-city/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/08/07/2012/qui-sauvera-le-soldat-montebourg#rev-pnote-7&quot; id=&quot;pnote-7&quot;&gt;7&lt;/a&gt;]&amp;nbsp; &lt;a href=&quot;http://www.scribd.com/doc/67036820/Communique-de-presse-CPTG-2011-09-26-Europa-City&quot;&gt;http://www.scribd.com/doc/67036820/Communique-de-presse-CPTG-2011-09-26-Europa-City&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/08/07/2012/qui-sauvera-le-soldat-montebourg#rev-pnote-8&quot; id=&quot;pnote-8&quot;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt;
&lt;ol&gt;&lt;li&gt; «&amp;#160;Arnaud Montebourg s&amp;#8217;empare du dossier de l&amp;#8217;industrie automobile&amp;#160;» et «
Claude Bartolone en accord avec Arnaud Montebourg&amp;#160;»
&lt;a href=&quot;http://www.lemonde.fr/politique/article/2012/06/30/arnaud-montebourg-s-empare-du-dossier-de-l-industrie-automobile_1727318_823448.html&quot;&gt;http://www.lemonde.fr/politique/article/2012/06/30/arnaud-montebourg-s-empare-du-dossier-de-l-industrie-automobile_1727318_823448.html&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;La lettre d&amp;#8217;Arnaud Montebourg à Philippe Varin (PDF) - &lt;a href=&quot;http://www.lemonde.fr/mmpub/edt/doc/20120630/1727436_29f2_12705.pdf&quot;&gt;http://www.lemonde.fr/mmpub/edt/doc/20120630/1727436_29f2_12705.pdf&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/08/07/2012/qui-sauvera-le-soldat-montebourg#rev-pnote-9&quot; id=&quot;pnote-9&quot;&gt;9&lt;/a&gt;]&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/p&gt;
&lt;ol&gt;&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://www.project-syndicate.org/commentary/green-from-the-grassroots/french&quot;&gt;http://www.project-syndicate.org/commentary/green-from-the-grassroots/french&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://www.alternatives-economiques.fr/la-pensee-d-elinor-ostrom_fr_art_633_59203.html&quot;&gt;http://www.alternatives-economiques.fr/la-pensee-d-elinor-ostrom_fr_art_633_59203.html&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://zerlo.fr/rio20/elinor_ostrom/&quot;&gt;http://zerlo.fr/rio20/elinor_ostrom/&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/08/07/2012/%20http://cfeditions.com/libresSavoirs/&quot;&gt;http://cfeditions.com/libresSavoirs/&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/08/07/2012/qui-sauvera-le-soldat-montebourg#rev-pnote-10&quot; id=&quot;pnote-10&quot;&gt;10&lt;/a&gt;]&amp;nbsp; Antonio Negri - Traversées de l’Empire, L’Herne 2011
&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;h3&gt;Europa City, le &amp;#8220;petit Dubaï&amp;#8221;&amp;#160;!&lt;/h3&gt;
&lt;iframe width=&quot;560&quot; height=&quot;315&quot; src=&quot;http://www.youtube.com/embed/62M_4V4n6_w&quot; frameborder=&quot;0&quot; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;iframe width=&quot;560&quot; height=&quot;315&quot; src=&quot;http://www.youtube.com/embed/h1xHr72LfUo&quot; frameborder=&quot;0&quot; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;iframe frameborder=&quot;0&quot; width=&quot;480&quot; height=&quot;360&quot; src=&quot;http://www.dailymotion.com/embed/video/xifxap_le-projet-europa-city-conteste-val-d-oise_news&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://www.dailymotion.com/video/xifxap_le-projet-europa-city-conteste-val-d-oise_news&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Le projet Europa City contest&amp;eacute; (Val-d&amp;#039;Oise)&lt;/a&gt; &lt;i&gt;par &lt;a href=&quot;http://www.dailymotion.com/vonews&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;vonews&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/08/07/2012/qui-sauvera-le-soldat-montebourg#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/08/07/2012/qui-sauvera-le-soldat-montebourg#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://www.netoyens.info/index.php/feed/navlang:en~fr/atom/comments/851</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>Aube dorée, sombre crépuscule</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/23/06/2012/aube-doree-sombre-crepuscule</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:ff4c48016b78117f2bfb633eba6909f7</guid>
    <pubDate>Saturday 23 June 2012</pubDate>
    <dc:creator>Yann Fiévet</dc:creator>
        <category>Édito</category>
        <category>Austérité</category><category>Grèce</category>    
    <description>&lt;p&gt;Le 17 juin dernier, la Droite conservatrice a remporté les élections législatives en Grèce. Aussitôt et partout les Bourses se sont redressées – certes pour quelques heures seulement - pour marquer la satisfaction des «&amp;#160;milieux&amp;#160;» financiers de constater que leurs intérêts ne seront pas menacés par le pouvoir politique resté fidèle à l’orthodoxie européenne en la matière. Les éditorialistes les moins critiques ne s’y sont pas trompés&amp;#160;: aux quatre coins de l’Europe «communautaire», ils ne craignent pas d’affirmer que les Grecs ont eu la sagesse de voter pour la poursuite de la politique d’austérité. L’audience du parti nazi dénommé «&amp;#160;Aube dorée&amp;#160;» suscite beaucoup moins leurs prolixes commentaires.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Et que dire de la multiplication des agressions contre les immigrés africains de ces derniers mois en Grèce&amp;#160;? Il l’ignore tout bonnement. La campagne médiatico-politique anti Grèce et anti Grecs&amp;nbsp;&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/23/06/2012/aube-doree-sombre-crepuscule#pnote-1&quot; id=&quot;rev-pnote-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;  orchestrée au cours de la dernière année était déjà emblématique de l’échec de l’Europe. Les poussées racistes et xénophobes qui affectent désormais la société grecque ne font que confirmer la défaite cuisante de l’idéal démocratique européen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Grecs doivent donc payer. Leur inconséquence fiscale, leur laxisme légendaire et la prévarication de leurs dirigeants. Christine Lagarde l’a dit&amp;#160;: les petits africains qui ne vont pas à l’école sont plus à plaindre que ces Grecs geignards. Et en matière de gros sous et de moralité fiscale ou financière la patronne du FMI fait autorité. Dans le monde manichéen dessiné pour le &lt;em&gt;vulgum pecus&lt;/em&gt;, on oppose à l’envi les fourmis méritantes et les cigales insouciantes. Il est définitivement admis par l’homme de la rue que le peuple grec appartient à la seconde engeance. Et tant pis si la réalité mérite mille fois mieux que ce trivial caniveau. Tant pis si le mot austérité n’a pas de sens tant que l’on ne dit pas comment on entend appliquer la rigueur qui en découle. L’austérité, demain comme hier, ne rimera pas avec justice sociale. On ne touchera pas à la colossale sinécure des armateurs grecs. Eux ne se contentent pas d’oublier de payer leurs impôts&amp;#160;: ils en sont exonérés&amp;#160;! On va continuer de renflouer les banquiers grecs et les banquiers d’ailleurs trop engagés dans la dette grecque. On va amputer encore «&amp;#160;le salaire minimum&amp;#160;» et les maigres retraites. Oui, les «&amp;#160;petits&amp;#160;» grecs doivent payer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’austérité décrétée inévitable par les tenants acharnés de l’orthodoxie économique dominante ne concerne pas tous les domaines de la vie mouvementée des nations. Tout aussi inévitablement l’armement en est exclu. La Grèce ne compte que onze millions d’habitants, mais est néanmoins devenue un très notable importateur d’armes variées. Les dépenses militaires grecques ont explosé en vingt ans, passant de 1,35 milliard d’euros en 1988 à 7,4 milliards d’euros en 2009. De 2005 à 2009, ces mêmes dépenses ont augmenté d’un tiers. On ne s’étonnera pas que ces dépenses militaires soient associées à des concours financiers de banques de mêmes nationalités que les industriels fournisseurs de ces armements (États-unis, Allemagne, France). La Grèce a acheté à la France des missiles, des blindés, des navires de surface, des mirages 2000. L’Allemagne a vendu à la Grèce six sous-marins pour 4,8 milliards d’euros.&amp;nbsp; On comprend mieux alors les critiques de Berlin quand les «&amp;#160;marchands de canons&amp;#160;» allemands risquent de faire face à des défauts de paiement. Les aides financières et le soutien français à la Grèce sont quant à eux conditionnés à l’achat de frégates et d’hélicoptères de combat. Ainsi, le malheur du peuple grec fait le bonheur des marchands de canons allemands, américains et français. Ne pouvant supporter la division par deux de leurs revenus, des centaines de Grecs mettent fin à leurs jours. Ils sont les victimes indirectes de Dassault, de Lagardère, de Siemens et des banques qui profitent de la «&amp;#160;crise de la dette&amp;#160;». Est-ce bien cette Europe-là que nous voulions&amp;#160;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les eurocrates tancent les peuples d’Europe, les menacent de tous les maux quand ils risquent de mal voter. C’était le tour des Irlandais il y a peu. À qui le tour demain&amp;#160;? Aux Espagnols, probablement. Il est plus que temps d’interrompre la spirale mortifère qui nous détourne chaque jour davantage de la noble idée d’Europe. Soixante ans d’efforts et d’abandons progressif de souveraineté dite nationale à défaut d’être populaire pour en arriver à l’écrasement des peuples afin de satisfaire l’appétit démesuré des oligarchies financières et industrielles. À la première inquiétude tangible, on n’hésite pas à sacrifier le rêve de cohésion communautaire. Cependant, ce n’est pas seulement l’existence des peuples que l’on ignore ainsi. C’est aussi leur Histoire. Rappelons-nous tout de même que «&amp;#160;faire l’Europe&amp;#160;» signifiait,&amp;nbsp; aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale, créer un espace politique large propice à repousser définitivement tout risque de nouveau conflit belliqueux. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À l’aune de cet espoir fondateur le renforcement actuel des positions commerciales des marchands d’armes et l’entrée au Parlement d’Athènes d’un parti néo-nazi ne peuvent que nourrir de profonds regrets. L’Histoire européenne des Grecs est, quant à elle, deux fois millénaire. Puisqu’il paraît qu’aujourd’hui tout peut s’acheter ou se vendre, faisons une suggestion pour sauver le peuple grec&amp;#160;: que chaque européen mette dix centimes d’euro dans la tirelire hellénique toutes les fois qu’il prononcera un mot d’origine grecque&amp;#160;! Cette dette-là personne jamais n’en parle, hormis bien sûr les lettrés. Il est vrai que pour les marchands et les banquiers qui font l’Europe depuis longtemps déjà, elle est de peu d’intérêt. Et voilà bien le cœur de la crise&amp;#160;: l’Europe culturelle n’existe toujours pas au sens populaire du terme. La culture européenne de masse lui a tourné le dos et la méprise. Dans ce désert, la voie est libre pour tous les extrémismes. Un sombre&amp;nbsp; crépuscule approche.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;h4&gt;Notes&amp;#160;:&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/23/06/2012/aube-doree-sombre-crepuscule#rev-pnote-1&quot; id=&quot;pnote-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] NDLR&amp;#160;: &lt;a href=&quot;http://www.okeanews.fr/les-10-mythes-sur-la-grece-et-la-crise/&quot;&gt;Les 10 mythes sur la Grèce et la crise - Okeanews.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/23/06/2012/aube-doree-sombre-crepuscule#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/23/06/2012/aube-doree-sombre-crepuscule#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://www.netoyens.info/index.php/feed/navlang:en~fr/atom/comments/848</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>Pour un Observatoire de la «Rilance»</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/30/05/2012/pour-un-observatoire-de-la-rilance</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:c67df2115d82808668ed2312388c87c3</guid>
    <pubDate>Sunday 17 June 2012</pubDate>
    <dc:creator>Éric Jousse</dc:creator>
        <category>Édito</category>
        <category>Austérité</category><category>Croissance</category><category>FMI</category><category>Grèce</category><category>Relance</category><category>Rilance</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;a title=&quot;confcroissance_2.jpg&quot; href=&quot;http://www.netoyens.info/public/croissans/confcroissance_2.jpg&quot;&gt;&lt;img title=&quot;confcroissance_2.jpg, mai 2012&quot; style=&quot;float: left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; alt=&quot;confcroissance_2.jpg&quot; src=&quot;http://www.netoyens.info/public/croissans/.confcroissance_2_t.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Au soir du 17 juin prochain, quand l&amp;#8217;heure des résultats aura sonné, &lt;a href=&quot;http://www.google.fr/search?q=l%27Europe+retient+son+souffle&quot;&gt;&lt;strong&gt;toute l’Europe retiendra son souffle&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; comme ce fut le cas au soir du 29 mai
2005. Dans un peu plus de deux semaines en effet, la Grèce et la France seront appelées à élire leurs députés nationaux. Les enjeux apparaissent d&amp;#8217;ores et déjà historiques. Ils peuvent être décisifs.&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;em&gt;[dernière mise à jour le 17/06/12]&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;    &lt;p&gt;À ma droite, l’Europe néolibérale dans toute sa splendeur et ses solutions éculées dont les principaux acteurs, à cet instant, poursuivent plus que jamais le rêve supra-national pour se tirer d’affaire et prolonger le dogme financiariste par l&amp;#8217;acharnement thérapeutique. À ma gauche, une idée politique soutenue en premier lieu par un petit parti grec appelé à devenir grand et nommé &lt;a title=&quot;SYRIZA&quot; class=&quot;dcwikipedia&quot; href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/SYRIZA&quot;&gt;SYRIZA&lt;/a&gt;&amp;nbsp;&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/30/05/2012/pour-un-observatoire-de-la-rilance#pnote-1&quot; id=&quot;rev-pnote-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D’ici à l&amp;#8217;échéance électorale, la pression ne manquera pas de monter. Ici, on fait déjà donner l’extrême droite xénophobe pur jus &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/#pnote-2&quot; id=&quot;rev-pnote-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;  dans les ports grecs pour faire valoir aveuglément et à bras raccourcis la &lt;em&gt;préférence nationale&lt;/em&gt; tandis qu’outre atlantique, la dame patronnesse du système capitaliste y allait sans complexe de son «&amp;#160;&lt;em&gt;Fais ce que je te dis, mais ne fais pas ce que je fais&lt;/em&gt;&amp;#160;» &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/30/05/2012/pour-un-observatoire-de-la-rilance#pnote-3&quot; id=&quot;rev-pnote-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;. À travers elle, ne nous y trompons pas, un signal d’une violence inouïe était lancé depuis les États-Unis ne demandant qu’à trouver la voie de son expression la plus réactionnaire si le vieux continent s&amp;#8217;avisait, courant juin prochain, de ne pas obtempérer aux dictats des marchés et de la fameuse Troïka constituée de la &lt;a class=&quot;dcwikipedia&quot; href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Commission_europ%C3%A9enne&quot;&gt;Commission européenne&lt;/a&gt;, de la &lt;a class=&quot;dcwikipedia&quot; href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Banque_centrale_europ%C3%A9enne&quot;&gt;BCE&lt;/a&gt; et du &lt;a title=&quot;FMI&quot; class=&quot;dcwikipedia&quot; href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Fonds_mon%C3%A9taire_international&quot;&gt;FMI&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;Casque d&amp;#8217;argent&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La dame qu&amp;#8217;on appellera si l&amp;#8217;on veut «&amp;#160;casque d&amp;#8217;argent&amp;#160;», sobriquet évoquant plus ses &lt;ins&gt;380&amp;#160;939 euros de gains annuels exemptés du traitement par l’impôt&lt;/ins&gt; que sa chevelure argentée, avant de donner gracieusement sa leçon de morale à une Grèce depuis trop longtemps exsangues, nous avait aussi promis le salut par l&amp;#8217;application étriquée et assidue des préceptes qui - dans le texte de la novlangue de circonstance - font les &lt;em&gt;ajustements structurels&lt;/em&gt;, en clair, les coupes sombres dans les budgets publics et les privatisations opérées jusqu&amp;#8217;à l&amp;#8217;os. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D’abord, le salut des hellènes et partant celui de tous les pays d’Europe comme de bien entendu, ceux-là même que l’on voit plonger les uns après les autres dans le piège de la &lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://www.partipourladecroissance.net/?p=7343&quot;&gt;récession subie&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;, y compris ceux qui furent distingués par les meilleurs compliments du FMI et de la Commission Européenne, comme l&amp;#8217;Irlande, l&amp;#8217;Espagne et bientôt les Pays-Bas dont la note est menacée d&amp;#8217;être aussi dégradée.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;Rilance&amp;#160;?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le salut, ce devait être l’incontournable &lt;a href=&quot;http://www.leparisien.fr/economie/et-lagarde-inventa-la-rilance-04-07-2010-988638.php&quot;&gt;«&amp;#160;Rilance&amp;#160;», terme que Mme Lagarde alors ministre inventa&lt;/a&gt; en bonne communicante qu&amp;#8217;elle est (sic&amp;#160;!). Traduisez, &lt;em&gt;Rigueur &amp;amp; Relance&lt;/em&gt; dans l&amp;#8217;austérité et la croissance à défaut de s&amp;#8217;exercer dans la joie et la bonne humeur. La cure sans alternative possible avant la terre promise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hier soir, c&amp;#8217;était au tour de M. Hollande qu&amp;#8217;on a encore un peu de mal à appeler Monsieur le Président. Il se disait être en action et n&amp;#8217;avoir jamais été en transition. Et en guise d&amp;#8217;action au sujet de la Grèce, &lt;a href=&quot;http://www.humanite.fr/monde/tsipras-la-grece-est-souveraine-cest-elle-de-decider-496984&quot;&gt;plutôt que de recevoir la visite d&amp;#8217;Alexis Tsipras&lt;/a&gt;, il y est allé, lui aussi, de ces bons conseils respectueux&amp;#160;:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;«&amp;#160;Les Grecs doivent être mis devant leurs responsabilités&amp;#160;: attention, ce que vous allez décider le 17 juin va avoir des conséquences, pour vous et pour nous (&amp;#8230;) Mais nous vous respectons. Je vous respecte. C&amp;#8217;est un changement par rapport à la période antérieure.&amp;#160;»&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Attention&amp;#160;! Oui, mais attention à quoi au juste&amp;#160;? La vérité c&amp;#8217;est que la méthode austéritaire vascille bel et bien et si elle venait à tomber définitivement à l&amp;#8217;eau, que resterait-il&amp;#160;? La réponse est toute fléchée depuis le 6 mai&amp;#160;: la méthode croissancitaire qui recouvre, nous dit-on, plusieurs conceptions internes à l&amp;#8217;idéologie de la croissance histoire de nous laisser croire qu&amp;#8217;il y a là encore matière à un choix supposément démocratique. Il y aurait en effet à choisir entre celle que concéderait Mme Merkel et celle qui fait courir M. Hollande à travers l&amp;#8217;europe et le monde, &lt;a href=&quot;http://www.humanite.fr/monde/tsipras-la-grece-est-souveraine-cest-elle-de-decider-496984&quot;&gt;à pas cher&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;Vu à la Télé&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La première conception ressemble à si méprendre à la merkelite aigue, cette austérité toute teutonne faite de flexibilité, de prédation des biens sociaux et de job à 1 euro de l&amp;#8217;heure. La seconde, s&amp;#8217;obtiendrait par la chasse aux déficits qui devrait dégager suffisamment de marges pour assurer le service de la dette (les intérêts, on verra le capital plus tard) et une redistribution plus juste mais le tout à moyens constants. Une redistribution de quelques choses mais de quoi et de combien&amp;#160;? &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On le verra bien assez tôt et sans trop attendre. L&amp;#8217;heure toute estivale du «&amp;#160;&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/27/06/2012/coup-de-pouce-au-smic&quot;&gt;coup de pouce&lt;/a&gt;&amp;#160;» donné au SMIC ne saurait tarder. Il «&amp;#160;&lt;em&gt;devra rattraper ce qui n&amp;#8217;a pas été accordé cette dernière année&amp;#160;» &lt;/em&gt;tout en veillant&lt;em&gt; «&amp;#160;à ce que cela ne déstablise pas les entreprises &lt;/em&gt;» nous disait hier soir notre bon Président, vu à la Télé. C&amp;#8217;est tout dire à l&amp;#8217;heure de la démultiplication des plans a-sociaux et des délocalisations en pagaille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trève d&amp;#8217;ironie car il faut craindre que la croissance, quoiqu&amp;#8217;il en coûte, ne sera jamais suffisante pour régler une dette dont les mécanismes pervers, quoiqu&amp;#8217;on en dise, tiennent plus de l&amp;#8217;escroquerie que du sauvetage ou de la solidarité et qui pour l’essentiel, on le mettra sans doute à jour tôt ou tard, est indue voire même odieuse.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;Crois-sens&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Bien plus que l&amp;#8217;apercevoir comme le bout du tunnel, il faut bien plutôt la craindre car, &lt;em&gt;Oiseau de malheur&amp;#160;!, Cassandre&amp;#160;! et Mauvais augure&amp;#160;!&lt;/em&gt;, comme nous en avertit &lt;a title=&quot;Jean Gadrey&quot; class=&quot;dcwikipedia&quot; href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Gadrey&quot;&gt;Jean Gadrey&lt;/a&gt;, «&amp;#160;&lt;a href=&quot;http://www.mediapart.fr/article/offert/a2e9ec121de809ff497d87217638c671&quot;&gt;La croissance ne reviendra sans doute jamais&lt;/a&gt;&amp;#160;», ce que &lt;a title=&quot;Geneviève Azam&quot; class=&quot;dcwikipedia&quot; href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Genevi%C3%A8ve_Azam&quot;&gt;Geneviève Azam&lt;/a&gt; expliquait autrement en nous rappelant que «&amp;#160;&lt;a href=&quot;http://mots-croises.france2.fr/?page=accueil&amp;amp;id_rubrique=162&quot;&gt;la croissance est un jeu à somme nulle&lt;/a&gt;&amp;#160;». À craindre et même aussi à redouter car plus on accumule de croissance et plus la croissance est difficile à aller chercher - avec ou sans les dents - tant la pression de la demande internationale opère sur des matières premières fossiles de moins en moins de bonne qualité et de plus en plus rares. Ainsi, plus la concurrence entre les pays et leur mains d&amp;#8217;oeuvre est tendue et plus les effets de la croissance finissent par se retourner contre les plus faibles d&amp;#8217;abord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title=&quot;croissance_1950-2010_graphGadrey.png&quot; href=&quot;http://www.netoyens.info/public/croissans/croissance_1950-2010_graphGadrey.png&quot;&gt;&lt;img title=&quot;croissance_1950-2010_graphGadrey.png, mai 2012&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;croissance_1950-2010_graphGadrey.png&quot; src=&quot;http://www.netoyens.info/public/croissans/.croissance_1950-2010_graphGadrey_s.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que faut-il donc en déduire&amp;#160;? Quelle solution&amp;#160;? &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D’abord faire le tri dans les dettes et ne retenir que ce qui a bénéficié aux politiques publiques et non au sauvetage des banques. On peut attendre les résultats de l’audit de la Cours des comptes. On peut aussi soutenir l’effort déjà entamé des audits citoyens&amp;nbsp;&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/30/05/2012/pour-un-observatoire-de-la-rilance#pnote-4&quot; id=&quot;rev-pnote-4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;  menés à travers l’Europe. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, entre peuples d&amp;#8217;europe, faire cause commune pour ne plus avoir à traiter qu’avec les banques centrales lors de l&amp;#8217;établissement de nouveaux emprunts pour financer les politiques publiques à taux modiques et constants, c&amp;#8217;est-à-dire à moindre frais. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, ne plus chercher à élargir absolument ce «&amp;#160;&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/10/02/2012/melenchon-faute-de-mieux&quot;&gt;gâteau empoisonné&lt;/a&gt;&amp;#160;» qu&amp;#8217;est le PIB, en réalité un néocolonialisme forcené et sans avenir fait d&amp;#8217;extractions insensées de matières fossiles escroquées et de productivisme délocalisé, pour tendre à l’autosuffisance en matière première et en énergie renouvelables dans le cadre d&amp;#8217;une économie relocalisée faite tant qu&amp;#8217;il est possible de circuits courts. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il le rappeler&amp;#160;:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;Les ressources non renouvelables représentent 70&amp;#160;% de l’ensemble des ressources nécessaires à l’économie française (extraction intérieure et importations) en 2007. La quantité totale de ces ressources non renouvelables a progressé de 8&amp;#160;% en 17 ans. Alors que la quantité de matières issue de ressources non renouvelables extraites du territoire&amp;nbsp; en 2007 est quasi-identique à celle de 1990, leurs importations ont progressé de 25&amp;#160;%. &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/30/05/2012/pour-un-observatoire-de-la-rilance#pnote-5&quot; id=&quot;rev-pnote-5&quot;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt; &amp;nbsp; &lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;En attendant, la «&amp;#160;Rilance&amp;#160;» doit être mise sous une surveillance citoyenne la plus étroite&amp;nbsp;&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/30/05/2012/pour-un-observatoire-de-la-rilance#pnote-6&quot; id=&quot;rev-pnote-6&quot;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;  et préparons-nous à devoir battre ardemment le cul des casseroles&amp;#8230; et de celles et ceux qui les trimballent jusque dans les plus hautes sphères.&lt;/p&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;iframe style=&quot;text-align: center;&quot; src=&quot;http://player.vimeo.com/video/42848523&quot; width=&quot;500&quot; height=&quot;281&quot; frameborder=&quot;0&quot; webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowFullScreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;h4&gt;Notes&amp;#160;:&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/30/05/2012/pour-un-observatoire-de-la-rilance#rev-pnote-1&quot; id=&quot;pnote-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/21/05/2012/en-campagne-alexis-tsipras-a-paris&quot;&gt;En campagne&amp;#160;: Alexis Tsipras à Paris&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/30/05/2012/pour-un-observatoire-de-la-rilance#rev-pnote-2&quot; id=&quot;pnote-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;a href=&quot;http://www.courrierinternational.com/article/2012/05/23/l-extreme-droite-dernier-recours-contre-la-crise&quot;&gt;L&amp;#8217;extrême droite, dernier recours contre la crise&lt;/a&gt; - Courrier International&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/30/05/2012/pour-un-observatoire-de-la-rilance#rev-pnote-3&quot; id=&quot;pnote-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;] La patronne du FMI a mis le feu aux poudres en estimant &lt;a href=&quot;http://www.guardian.co.uk/world/2012/may/25/christine-lagarde-imf-euro&quot;&gt;dans une interview au quotidien britannique The Guardian&lt;/a&gt;
que «&amp;#160;les Grecs devraient commencer par s&amp;#8217;entraider collectivement&amp;#160;» en «&amp;#160;payant tous leurs impôts&amp;#160;» tout en se disant moins préoccupée par leur sort que par celui des enfants d&amp;#8217;Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/30/05/2012/pour-un-observatoire-de-la-rilance#rev-pnote-4&quot; id=&quot;pnote-4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;a href=&quot;http://www.audit-citoyen.org/&quot;&gt;http://www.audit-citoyen.org/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/30/05/2012/pour-un-observatoire-de-la-rilance#rev-pnote-5&quot; id=&quot;pnote-5&quot;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;a href=&quot;http://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/lessentiel/ar/299/1161/besoin-matieres-productivite-materielle-leconomie.html&quot;&gt;http://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/lessentiel/ar/299/1161/besoin-matieres-productivite-materielle-leconomie.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/30/05/2012/pour-un-observatoire-de-la-rilance#rev-pnote-6&quot; id=&quot;pnote-6&quot;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;a title=&quot;S'inscrire à l'Observatoire de la Rilance (OBCR)&quot; href=&quot;mailto:obcr-request@ml.free.fr?subject=subscribe&quot;&gt;s&amp;#8217;inscrire à l&amp;#8217;OBCR pour y prendre part&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title=&quot;Se désinscrire à l'Observatoire de la Rilance (OBCR)&quot; href=&quot;mailto:obcr-request@ml.free.fr?subject=subscribe&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/a&gt; &lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;h3&gt;Petit Observatoire de la Rilance&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;[dernière mise à jour le 17/06/12]&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ol&gt;&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://blogs.mediapart.fr/blog/jean-paul-baquiast/080412/1972-2012-le-club-de-rome-confirme-la-date-de-la-catastrophe&quot;&gt;08/04/12 | 1972-2012&amp;#160;: le Club de Rome confirme la date de la catastrophe&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://www.mediapart.fr/article/offert/0b5f9d5a994d3a3ac1530e733609f68c&quot;&gt;25/06/12 | Serge Latouche&amp;#160;: «&amp;#160;La Banque centrale européenne, c’est Dieu&amp;#160;»&lt;br /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/05/25/la-croissance-mondiale-va-s-arreter_1707352_3244.html&quot;&gt;25/05/12 | La croissance mondiale va s&amp;#8217;arrêter - H. Kempf&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://www.terraeco.net/Dennis-Meadows-Nous-n-avons-pas,44114.html&quot;&gt;09/05/12 | Dennis Meadows&amp;#160;: «&amp;#160;Nous n’avons pas mis fin à la croissance, la nature va s’en charger&amp;#160;»&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://www.france24.com/fr/20120530-le-referendum-irlandais-test-politique-dausterite-zone-euro&quot;&gt;30/05/12 | Le référendum irlandais, un test pour la politique d&amp;#8217;austérité dans la zone euro - AFP/F24&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://www.lemonde.fr/international/article/2012/05/30/l-irlande-vote-sur-le-pacte-budgetaire-entre-peur-et-colere_1709525_3210.html&quot;&gt;30/05/12 | L&amp;#8217;Irlande vote sur le pacte budgétaire &amp;#8220;entre peur et colère&amp;#8221; - LeMonde.fr&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2012/05/31/bilderberg-2012-quels-objectifs-i.html&quot;&gt;31/05/12 | Bilderberg 2012&amp;#160;: quels objectifs&amp;#160;? (I)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://scientia.blog.lemonde.fr/2012/06/02/bilderberg-2012-et-silence-francais-i/&quot;&gt;02/06/12 | Bilderberg 2012 et «&amp;#160;silence français&amp;#160;»&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://notresiecle.blogs.courrierinternational.com/archive/2012/06/03/bilderberg-2012-la-presse-francaise-baillonnee.html&quot;&gt;03/06/12 | Bilderberg 2012&amp;#160;: la presse française, bâillonnée&amp;#160;?&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2012/06/03/bilderberg-2012-quels-objectifs-ii.html&quot;&gt;03/06/12 | Bilderberg 2012&amp;#160;: quels objectifs&amp;#160;? (II)&lt;br /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://patricklehyaricpe.wordpress.com/author/patricklehyaric/&quot;&gt;04/06/12 | ALERTE&amp;#160;: Empêcher le totalitarisme austéritaire&lt;br /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://leplus.nouvelobs.com/contribution/564218-aube-doree-extreme-droite-en-grece-la-crise-n-explique-pas-tout.html&quot;&gt;04/06/12 | Aube dorée/Extrême droite en Grèce&amp;#160;: la crise n&amp;#8217;explique pas tout&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://www.franceinfo.fr/europe/grece-un-elu-neo-nazi-de-l-aube-doree-frappe-au-visage-une-deputee-de-gau-639117-2012-06-07&quot;&gt;07/06/12 | La campagne électorale tourne mal en Grèce: un élu d&amp;#8217;Aube dorée agresse une députée de gauche en direct à la télévision&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://www.okeanews.fr/hellas-hell-enfer-refugies-grece/&quot;&gt;08/06/12 | «&amp;#160;Hellas Hell: l’enfer des réfugiés en Grèce&amp;#160;»&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://www.liberation.fr/terre/2012/06/08/environnement-hollande-craint-un-echec-du-sommet-de-rio_824630&quot;&gt;08/06/12 | Environnement&amp;#160;: Hollande craint un «échec» du sommet de Rio&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://www.lepoint.fr/societe/l-economie-francaise-menacee-de-recession-mauvaise-nouvelle-pour-le-gouvernement-08-06-2012-1470920_23.php&quot;&gt;08/06/12 | L&amp;#8217;économie française menacée de récession, mauvaise nouvelle pour le gouvernement&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/0202106292636-pour-obama-il-est-urgent-de-resoudre-la-crise-europeenne-331939.php&quot;&gt;08/06/12 | Pour Obama, il est urgent de résoudre la crise européenne&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/30/05/2012/lexpansion.lexpress.fr/economie/merkel-la-chanceliere-qui-dit-nein_300576.html&quot;&gt;08/06/12 | Merkel, la chancelière qui dit &amp;#8220;nein&amp;#8221;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://www.economist.com/node/21556577&quot;&gt;09/06/12 | Start the engines, Angela - The Economist&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/30/05/2012/www.lemonde.fr/economie/article/2012/06/09/les-banques-espagnoles-auraient-besoin-de-40-milliards-d-euros-supplementaires_1715497_3234.html&quot;&gt;09/06/12 | Espagne&amp;#160;: la zone euro envisage un plan d&amp;#8217;aide jusqu&amp;#8217;à 100 milliards d&amp;#8217;euros&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://www.boursorama.com/actualites/comment-l-espagne-a-cede-aux-pressions-de-tractations-en-reunions-secretes-4424a5c1887628658dd1ade9c8274203&quot;&gt;10/06/12 | Comment l&amp;#8217;Espagne a cédé aux pressions, de tractations en réunions secrètes&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://fr.reuters.com/article/businessNews/idFRPAE85908W20120610&quot;&gt;10/06/12 | L&amp;#8217;aide à l&amp;#8217;Espagne pourrait ne fournir qu&amp;#8217;un bref répit&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2012/06/13/20002-20120613ARTFIG00786-hollande-demande-a-la-grece-de-tenir-ses-promesses.php&quot;&gt;14/06/12 | Hollande demande à la Grèce de tenir ses promesses&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=14040&quot;&gt;15/06/12 | Elections en Grèce&amp;#160;: la presse européenne s&amp;#8217;affole&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://lexpansion.lexpress.fr/economie/grece-les-trois-scenarios-d-une-election-cruciale_303585.html&quot;&gt;15/06/12 | Grèce: les trois scénarios d&amp;#8217;une élection cruciale&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://lexpansion.lexpress.fr/economie/hollande-et-merkel-sont-ils-vraiment-en-desaccord_303627.html&quot;&gt;15/06/12 | Hollande et Merkel sont-ils vraiment en désaccord&amp;#160;?&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://www.okeanews.fr/jeunes-agriculteurs-syriza/&quot;&gt;15/06/12 | Pourquoi les jeunes agriculteurs se tournent vers SYRIZA - Okeanews&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://www.lemonde.fr/europe/article/2012/06/17/etre-ou-ne-pas-etre-dans-la-zone-euro-la-grece-appelee-aux-urnes_1719498_3214.html&quot;&gt;17/06/12 | &amp;#8220;Etre ou ne pas être dans la zone euro&amp;#8221;, la Grèce appelée aux urnes&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20120617.OBS8874/legislatives-la-grece-vote-sous-l-il-du-g20.html&quot;&gt;17/06/12 | Législatives&amp;#160;: la Grèce vote sous l&amp;#8217;œil du G20&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://lexpansion.lexpress.fr/economie/hollande-propose-120-milliards-pour-relancer-la-croissance-en-europe_303912.html&quot;&gt;17/06/12 | Hollande propose 120 milliards pour relancer la croissance en Europe&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/30/05/2012/pour-un-observatoire-de-la-rilance#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/30/05/2012/pour-un-observatoire-de-la-rilance#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://www.netoyens.info/index.php/feed/navlang:en~fr/atom/comments/840</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>Les indignés ! Combien de divisions ?</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/10/06/2012/les-indignes-combien-de-divisions</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:ce7ae5ab8c3a4f58e31ac7dcb6346fe8</guid>
    <pubDate>Sunday 10 June 2012</pubDate>
    <dc:creator>Yann Fiévet</dc:creator>
        <category>Édito</category>
            
    <description>&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;«&amp;#160;Le langage politique est destiné à rendre vraisemblables les mensonges, respectables les meurtres et à donner l&amp;#8217;apparence de la solidité, à ce qui n&amp;#8217;est que du vent.&amp;#160;» George Orwell&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;    &lt;p&gt;Le paysage de l’Indignation est, comme nous avons tenté de le montrer dans notre article précédent &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/10/06/2012/les-indignes-combien-de-divisions#pnote-1&quot; id=&quot;rev-pnote-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;, tout à la fois clairsemé et riche de diversité. Le premier caractère, quantitatif, semble a priori un handicap au regard de la nécessité de constituer une force à opposer à l’emprise omniprésente des systèmes sociopolitiques dominants. Le second caractère, qualitatif, peut paraître lui aussi dommageable si l’on considère que l’efficacité de la lutte contre la domination capitaliste passe par l’unité des forces de la résistance. La crédibilité et la légitimité de l’Indignation nécessitent de rompre avec les apparences dont l’idéologie néolibérale se sert abondamment afin de discréditer la contestation dans ses formes réellement subversives et espérer ainsi rendre immuable l’ordre existant. Les mouvements d’indignés tiennent leur force, morale et non physique, de leur capacité à renoncer à l’usage des mêmes armes que l’adversaire – concurrence disproportionnée à l’issue écrite d’avance – et à dévoiler la vraie nature de ces armes et leur brutalité souvent cachée. L’une des contradictions flagrantes de la Démocratie régnante tient en ceci&amp;#160;: le projet politique et l’audience des indignés sont prétendument inconséquents mais on leur envoie néanmoins des forces répressives, usant plus souvent des pratiques de l’armée que de celles de la police traditionnelle, tout à fait conséquentes. Il faut donc sans cesse faire vivre la posture suivante&amp;#160;: la Critique des armes ne saurait remplacer l’arme de la critique &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/10/06/2012/les-indignes-combien-de-divisions#pnote-2&quot; id=&quot;rev-pnote-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;. Sous les casques, les masques jouent leur rôle décisif de subversion du réel et de l’intelligence. Face aux périls fatals qui pèsent sur la planète et l’humanité qu’elle supporte, l’intelligence est à l’évidence du côté de l’Indignation. Pourtant, elle ne triomphera pas si seuls tombent les casques.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;Retour sur une légitimité déniée&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Qui pourrait encore, au nom de l’intelligence, nier les raisons profondes de l’Indignation&amp;#160;? Seules la défense exacerbée d’intérêts particuliers – de classe probablement – et/ou la sous-estimation des dangers encourus par l’Humanité justifient une telle négation. Le modèle économique dominant et le mode de gestion qu’il s’est choisi voilà trente ans déjà, à savoir respectivement le capitalisme et le néolibéralisme, sont producteurs de l’accroissement de la misère, de l’amplification des inégalités socio-économiques, de destructions irréversibles des écosystèmes, de l’épuisement définitif des ressources vitales. Certes, le modèle est multiforme. Cependant, nous sommes dans l’erreur si au-delà de la nécessaire catégorisation au service de la compréhension des choses, nous opposons les formes dures et les formes adoucies du capitalisme. Jouer les secondes pour dédouaner le tout est un bien mauvais calcul qui permettra tout au plus de gagner du temps, de ralentir la vitesse sur la pente fatale où glisse le Monde. Qu’il soit dur ou adouci, le capitalisme est le capitalisme. Sa capacité à phagocyter à son profit – souvent en les travestissant – les expériences socio-économiques d’émancipation de sa loi d’airain devrait nous ouvrir les yeux, à défaut de nous terrifier. Ce constat réaliste est légitimement à l’avantage, intelligemment pesé, de l’Indignation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, il convient de considérer une autre dimension de taille dans la lutte des indignés contre l’Ordre établi. Elle tient magistralement en la prémonition énoncée en 1958 par Aldous Huxley dans son fameux «&amp;#160;Retour au meilleur des mondes&amp;#160;». &lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;«&amp;#160;(&amp;#8230;) par le moyen de méthodes toujours plus efficaces de manipulation mentale, les démocraties changeront de nature. Les vieilles formes pittoresques – élections, parlements, hautes cours de justice – demeureront mais la substance sous-jacente sera une nouvelle forme de totalitarisme non violent. Toutes les appellations traditionnelles, tous les slogans consacrés resteront exactement ce qu&amp;#8217;ils étaient aux bons vieux temps, la démocratie et la liberté seront les thèmes de toutes les émissions radiodiffusées et de tous les éditoriaux mais (&amp;#8230;) l&amp;#8217;oligarchie au pouvoir et son élite hautement qualifiée de soldats, de policiers, de fabricants de pensée, de manipulateurs mentaux mènera tout et tout le monde comme bon lui semblera.&amp;#160;»&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Comment ne pas être saisi, soixante ans plus tard, par la clairvoyance toute orwellienne d’Huxley&amp;#160;? Au-delà des questions économiques, sociales, écologiques dont la portée est essentielle, les indignés portent une revendication éminemment politique, voire idéologique&amp;#160;: ils refusent de continuer de faire semblant de croire à la démocratie factice servie quotidiennement par l’omniprésence des médias de masse et l’omnipotence des lobbies mercantiles. Ils veulent la Démocratie, toute la démocratie. Ils savent qu’elle est à (re)construire. Ils appuient là où ça fait vraiment mal au système. Là, ils sont impardonnables. Il va falloir réprimer leur outrecuidance, leur ardent désir de satisfaire le bien commun.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;Le printemps érable&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En cette fin de printemps, le citoyen distrait peut facilement avoir le sentiment que les mouvements sociaux qui secouèrent divers pays européens l’an dernier et au début de l’année en cours se sont éteints de leur belle mort. La plupart des médias ne lui parlent plus de l’agitation des Grecs, pas plus que de celle des Espagnols. À peine a-t-il entendu parler de la grande manifestation de Francfort du 19 mai. En revanche, il n’a pas manqué de constater que les médias ont subitement troqué le discours sur l’impérieuse nécessité de la rigueur budgétaire et des plans d’austérité que «&amp;#160;malheureusement&amp;#160;» elle impose contre un discours presque jubilatoire sur la Croissance, seule capable de nous sauver vraiment. Voudrait-on suggérer que c’est cette nouvelle doxa politique qui a fait taire les peuples que l’on ne s’y prendrait pas autrement. En réalité, les peuples sont toujours en mouvement&amp;#160;: les Grecs manifestent tous les jours que le dieu Marché fait, la jeunesse espagnole est massivement descendue dans la rue le 22 mai pour marquer son opposition résolue à l’augmentation fulgurante des droits d’inscription à l’université… Partout le même mot d’ordre se laisse entendre par qui veut bien l’entendre&amp;#160;: non à la privatisation des biens communs et des services publics au profit des oligarchies du pouvoir économique dominant. Dans cet immense décor social tourmenté les médias papillonnent quand ils devraient coller à la vie des peuples qui néanmoins les font vivre. Quand la jeunesse du Québec fut mobilisée depuis cent jours les télévisions et radios de chez nous commencèrent enfin à en causer sérieusement. Le printemps érable mérite ô combien qu’on le prenne en effet au sérieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mémoire des québécois ne se souvient pas d’avoir jamais vécu un aussi vaste mouvement de protestation. Toute la Belle Province en est secouée. La colère déborde nettement du cadre estudiantin tant le nombre de gens comprenant que la hausse de 75&amp;#160;% des droits de scolarité en cinq ans n’est que l’un des signes inquiétants de la marchandisation du bien commun. Quand ce n’est pas l’École publique qui est menacée, c’est le système de santé ou le patrimoine naturel saccagé par l’exploitation du pétrole de schiste ou par celle de la forêt boréale. Et puis ce mouvement est si joyeux, tellement calme, scrupuleusement démocratique, étonnamment inventif&amp;nbsp; qu’il aurait été fort surprenant qu’il n’entra pas en empathie avec une large part de la société québécoise. En édictant la loi 78 le Gouvernement de Jean Charest ne fit que stimuler ce mouvement pacifique, citoyen et bon enfant. L’opinion ne fut pas dupe de la grossière manœuvre. Tenter de faire endosser au mouvement étudiant la responsabilité des violences dont il ne fut jamais à l’origine fut bien perçu comme l’un des avatars de la criminalisation des luttes sociales orchestrée par les forces de l’ordre établi ne parvenant pas aussi vite qu’elles le voudraient à imposer partout les logiques de l’économie néolibérale. À tel point qu’une tendance nouvelle, inusitée jusque là au Québec, semble s’installer&amp;#160;: la «&amp;#160;gouvernance&amp;#160;» liberticide. L’un des articles de la loi 78 stipule que les rassemblements de plus de dix personnes devront désormais faire l’objet d’une demande d’autorisation officielle. Lorsqu’un pouvoir politique commence à avoir peur de son ombre il devient réellement dangereux.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;Manipulation mentale et rééducation permanente&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement Charest a fait feu de tout bois comme le fait l’ensemble de ses homologues&amp;#160;: la guerre contre l’intelligence du mouvement des indignés se fait aussi par l’usage accru des armes communicationnelles. Pour dénaturer le mouvement étudiant, les informaticiens au service du pouvoir en place firent en sorte que les recherches sur l’Internet à partir des mots-clés suggérés au citoyen par la contestation estudiantine aboutissent systématiquement à la position gouvernementale sur la nécessaire «&amp;#160;modernisation&amp;#160;» de l’université&amp;#160;! Aldous Huxley parlait bien «&amp;#160;&lt;em&gt;de méthodes toujours plus efficaces de manipulation mentale&lt;/em&gt;&amp;#160;». Au passage, on remarquera la similitude des méthodes employées par le pouvoir politique et par les firmes multinationales. Au moment de la gigantesque marée noire du Golfe de Floride British Petroleum usa du même stratagème que le gouvernement québécois&amp;#160;: les mots-clés de la catastrophe écologique menaient toujours en premier lieu à la salade servie par le monstre pétrolier si préoccupé désormais, comme chacun sait, de développement durable et de préservation des écosystèmes. On ne s’étonnera donc pas que les nouveaux mouvements contestataires dénoncent tout à la fois les stratégies antidémocratiques de la classe politique et le marketing vert des Multinationales. Cependant, ces techniques «&amp;#160;modernes&amp;#160;» ne parviennent jamais à anesthésier toutes les consciences. La persuasion mercantilo-politique a ses limites que des stratégies plus brutales – dans le sens primaire de la brutalité brute – se chargeront de repousser. Il faut bien que le système que l’on sait condamné survive encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les forces de «&amp;#160;l’ordre&amp;#160;» seront désormais formidablement nombreuses lors des grands rendez-vous de l’Indignation. Plus de vingt mille personnes ont défilé le samedi 19 mai à Francfort, à l&amp;#8217;appel du collectif Blockupy Frankfurt, pour dénoncer les politiques d&amp;#8217;austérité menées en Europe, en particulier sous l&amp;#8217;impulsion de la Banque centrale européenne (BCE) dont le siège est situé précisément dans cette ville hautement symbolique de la finance et de ses dérives. Le déploiement de la police et de ses armements fut pour l’occasion particulièrement outrancier. La manifestation s’annonçait paisible – et elle le fut – mais les divisions surarmées de la police allemande auraient réprimé durement le moindre débordement. Les indignés, ici comme à Montréal, interprètent le déséquilibre entre leur calme procession et la mobilisation militaire qui l’encadra toute la journée comme un signe de la faiblesse du système dont les fondements sont dorénavant des plus fragiles. Ils ont aussi l’intuition forte que les défenseurs les plus ardents du système sont prêts à aller très loin pour en protéger les vestiges. C’est ainsi que l’US Army a conçu un manuel décrivant la façon dont doivent être organisés des camps d’internement de personnes arrêtées pour activités politiques suspectes &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/10/06/2012/les-indignes-combien-de-divisions#pnote-3&quot; id=&quot;rev-pnote-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;. Ce programme implique essentiellement une “rééducation” des internés, notamment à l’instar de ce qui existait dans les camps soviétiques, chinois, nord-coréens ou nord-vietnamiens, c’est-à-dire tout l’appareil de concentration et d’endoctrinement forcé du système pénitentiaire idéologique communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce manuel publié en 2007 a été mis à jour en février 2010. Sa republication le fait incontestablement entrer dans l’époque de l’administration Obama. Il montre bien que les citoyens des États-Unis, sur le sol de leur pays, sont complètement concernés, comme le prouve également la coopération de l’US Army avec la FEMA, organisation fédérale intérieure de gestion des “évènements d’urgence”, créée en 1979. Certains auteurs, tel Peter Dale Scott, dans «&amp;#160;&lt;em&gt;La route vers le nouveau désordre mondial&lt;/em&gt;&amp;#160;», estiment qu’elle pourrait avoir une fonction de répression et d’internement, qu’il serait possible de considérer comme assez proche dans son esprit et dans ses buts de ce qu’était l’administration du GOULAG. L’aspect le plus significatif du manuel tient en effet dans l’organisation systématique de l’endoctrinement et de la rééducation psychologique, méthodes consubstantielles aux régimes totalitaires du XXème siècle, et faisant partie encore plus sûrement d’une sorte de contrainte de “rééducation permanente” forcée du citoyen que de la simple “guerre psychologique”. Il est vraisemblable que nos sociétés dites démocratiques parviendront à repousser un si terrifiant scénario. Pourtant, le fait même qu’il puisse être simplement envisagé ne peut que nous troubler gravement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l’immédiat, la Grèce va abandonner l’euro, des banques faire faillite, le chômage et la précarité progresser. Comme la Croissance ne peut naître dans un système si malade et comme de toute façon ce concept valise ne signifie plus grand-chose eu égard aux défis immenses qui attendent les Hommes, l’Indignation a de beaux jours devant elle. Depuis la fin du mois de mai les étudiants mexicains sont dans la rue. Contre la corruption, le profit à tout prix, pour la préservation des liens humains. Eux, ils risquent la mort.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;h4&gt;Notes&amp;#160;:&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/10/06/2012/les-indignes-combien-de-divisions#rev-pnote-1&quot; id=&quot;pnote-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] «&amp;#160;Indignés de tous les pays…&amp;#160;», revue Les zindignés, numéro 2, mai 2012. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/10/06/2012/les-indignes-combien-de-divisions#rev-pnote-2&quot; id=&quot;pnote-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] On aura reconnu, en toute bonne dialectique, l’inversion de la
proposition de Marx avancée dans «&amp;#160;Contribution à la critique de La
philosophie du droit de Hegel&amp;#160;» (1843). &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/10/06/2012/les-indignes-combien-de-divisions#rev-pnote-3&quot; id=&quot;pnote-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;] Document de 300 pages intitulé «&amp;#160;FM 3-39.40 Internment and Resettlement Operations&amp;#160;» et daté du 12 février 2010.  &lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/10/06/2012/les-indignes-combien-de-divisions#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/10/06/2012/les-indignes-combien-de-divisions#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://www.netoyens.info/index.php/feed/navlang:en~fr/atom/comments/845</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>Servier le médicamenteur</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/19/05/2012/servier-le-medicamenteur</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:d088f63be8eddf2b0c2a437dccece657</guid>
    <pubDate>Saturday 19 May 2012</pubDate>
    <dc:creator>Yann Fiévet</dc:creator>
        <category>Édito</category>
        <category>Mediator</category><category>Servier</category>    
    <description>&lt;p&gt;L’affaire du Mediator est enfin devant la Justice. Il est évidemment trop tôt pour dire si celle-ci sera à la hauteur du scandale. Il est également prématuré de savoir si les procès de Nanterre et Paris intentés contre le groupe Servier entraîneront les nécessaires changements quant aux procédures de validation du médicament en France. Par-delà le pouvoir d’intoxication – cette fois par le biais d’une désinformation éhontée – de Servier, nous pouvons d’ores et déjà affirmer que l’affaire est le puissant révélateur d’une société malade.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Malade de la cupidité sans bornes de certains hommes sachant s’entourer de complicités non moins coupables, malade de la banalisation du médicament et du sort misérable de la médecine préventive, malade du défaut de formation et d’information des médecins, malade de l’omniprésence du lobby pharmaceutique, malade des conflits d’intérêts entre chercheurs, médecins, législateurs et marchands. Cependant, l’affaire nous enseigne aussi que toutes ces collusions et confusions coupables ne sont possibles et durables que tant qu’aucun citoyen ne se dresse. Un jour entra en scène &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Ir%C3%A8ne_Frachon&quot; class=&quot;dcwikipedia&quot; titel=&quot;Irène Frachon&quot;&gt;Irène Frachon&lt;/a&gt;, magistral contraire de &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Servier&quot; class=&quot;dcwikipedia&quot; titel=&quot;Jacques Servier&quot;&gt;Jacques Servier&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le procès pour tromperie aggravée et mise en danger de la vie d’autrui lancé contre Servier par le tribunal de Nanterre consécutivement à la citation directe de plusieurs victimes du Mediator s’est ouvert en ce mois de mai. Une seconde procédure pour tromperie et escroquerie menée par le tribunal de grande instance de Paris est toujours en cours d’instruction. La défense de Servier consiste à affirmer que le Mediator n’a été commercialisé que comme médicament contre le diabète et l’obésité, en aucune manière comme anorexigène (coupe-faim). La molécule du Mediator, le&lt;em&gt; phényl-amino propane&lt;/em&gt;, est pourtant brevetée en France (en même temps que ses dérivés) comme coupe-faim depuis le 23 décembre 1968. Le Brevet spécial n°6564M a été demandé le 3 juillet 1967 par la société Science Union, filiale du groupe Servier. Sa délivrance indique que «&amp;#160;&lt;em&gt;Les nouveaux dérivés et leurs sels physiologiquement compatibles, (…) peuvent être employés en particulier comme médicament anorexiant, analgésique, anticonvulsivant ou régulateur du métabolisme des lipides. &lt;/em&gt;» Ce brevet couvre une famille de composés, dont la molécule du Mediator, qui, à l&amp;#8217;époque, ne s&amp;#8217;appelle pas Mediator mais est désignée par sa formule chimique et, à partir de 1970, par le nom de code SE780.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, Servier a breveté la molécule incriminée à plusieurs reprises pour sa qualité anorexiante. Le Canard enchaîné du 12 octobre 2011 reproduit un brevet américain (United States Patent n° 3,607, 909), déposé en 1967 et accordé en 1971, qui est à peu de choses près la traduction du brevet français.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport de l&amp;#8217;Igas de janvier 2011 relatif à l’affaire du Mediator cite une étude sur le SE780 financée par Servier et publiée en 1974 dans la revue Psychopharmacologia, qui démontre que le futur Mediator est un anorexigène très puissant&amp;#160;: «&amp;#160;&lt;em&gt;Son pouvoir (…) est tel chez le rat, que les chercheurs ont dû interrompre l&amp;#8217;expérience au bout de 35 jours de traitement, tant les animaux étaient faibles et avaient perdu du poids.&lt;/em&gt;&amp;#160;» En 1997, le Pondéral et l&amp;#8217;Isoméride, les deux coupe-faims «&amp;#160;officiels» de Servier, ont été retirés du marché à cause de leurs effets indésirables très graves&amp;#160;: risques d&amp;#8217;hypertension pulmonaire et de valvulopathie cardiaque. Paradoxalement, le Mediator échappe à l’interdiction alors que le brevet de 1968 portait sur les trois produits Servier et que tous les trois sont fabriqués à partir de la même molécule. On ne saurait réduire cette anomalie – le mot est faible – au seul fait que le nom Mediator n’apparaît qu’en 1974. Jacques Servier avait des relations&amp;#160;! Ainsi, il put commettre sa saloperie. Et là, le mot n’est pas trop fort. Le chiffre de mille morts est communément avancé.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vent mauvais commença de souffler pour Servier quand Irène Frachon, pneumologue brestoise, publia en juin 2010 son livre sur le scandale. Le titre intriguait déjà&amp;#160;: &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Mediator 150&amp;#160;mg&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;. Que dire alors du sous-titre&amp;#160;: &lt;strong&gt;&lt;em&gt;combien de morts&amp;#160;?&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; Servier tenta de faire interdire le livre en raison de ce sous-titre. En vain. La justice trouva légitime cette interrogation sur le nombre de victimes du Mediator. Incontestablement, Irène Frachon appartient à la catégorie dispersée et non reconnue des «&amp;#160;&lt;em&gt;lanceurs d’alerte&lt;/em&gt;&amp;#160;», ces hommes et ces femmes dénonçant, au nom de valeurs humaines inaltérables, la dangerosité de diverses actions non moins humaines. Ils dérangent. On voudrait pouvoir étouffer leur parole innocente, leurs questions embarrassantes. On y parvient souvent. Heureusement, on y échoue parfois. Il semble que Jacques Servier, qui n’a jamais prononcé une parole de compassion à l’égard de ses victimes, ne parviendra pas à échapper à la déclaration de sa culpabilité. Le fait que son ami Nicolas Sarkozy lui décerna, après la parution du livre d’Irène Frachon, la légion d’honneur – le terme bouée de sauvetage d’honneur conviendrait mieux – ne suffira pas à effacer la cupidité grandiose d’un homme finalement médiocre sous le rapport de la dignité humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hélas&amp;#160;! Il faut bien convenir que cette affaire ne fut possible que tant que le salaud magnifique – surtout magnifié par le système en place – rencontra régulièrement sur sa route d’autres hommes et d’autres femmes indignes. Des membres des instances de la «&amp;#160;surveillance sanitaire&amp;#160;», des représentants politiques utiles, et nombre de médecins préférant le boniment des visiteurs médicaux à la lecture de la revue &lt;em&gt;Prescrire&lt;/em&gt;&amp;#8230;. Sachons-le bien&amp;#160;: Irène Frachon n’a pas que des amis parmi ses confrères et consœurs. Ce n’est peut-être pas demain que naîtra en France une vraie politique du médicament.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui osera, comme Matthieu jadis, chasser les marchands du Temple&amp;#160;?&amp;nbsp;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Exit !</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/12/05/2012/exit-</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:6cfe39142511d235ba14f857506ea785</guid>
    <pubDate>Saturday 12 May 2012</pubDate>
    <dc:creator>Yann Fiévet</dc:creator>
        <category>Édito</category>
        <category>Sarkozisme</category>    
    <description>&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;«&amp;#160;Notre rapport au vrai passe par les autres.&lt;br /&gt;Ou bien nous allons au vrai avec eux,&lt;br /&gt;Ou bien ce n’est pas au vrai que nous allons&amp;#160;»&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Maurice Merleau-Ponty&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous en avons fini de Sarkozy. Nous en avons heureusement fini après en avoir péniblement soupé. La fin du trop long repas fut particulièrement indigeste pour le citoyen quelque peu avisé des choses de la Cité et ayant réussi malgré tout à conserver presque intacts certains idéaux républicains. Hélas&amp;#160;! Sarkozy parti, il nous reste le sarkozysme.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Nous n’aurons pas, en effet, la naïveté de croire qu’en quittant les ors de l’Élysée notre hôte indélicat a emporté avec lui tout ce qui a fait ce système de gouvernement si particulier, inconnu jusqu’à lui et que nous n’avons pas fini d’étudier pour en tirer toutes les leçons. Le sarkozysme a inoculé au fil des ans à la société française divers poisons qui pourraient se révéler résistants ou mortifères. Néanmoins, ne boudons pas notre plaisir. Notre légitime inquiétude pour l’avenir ne doit pas nous interdire de donner libre cours dans l’immédiat à notre profond soulagement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il paraît que M. Nicolas Sarkozy a durci le ton à la fin de la campagne électorale. Il l’aurait fait pour attirer à lui les électeurs du Front national. Rien n’est plus farfelu que cette analyse à la petite semaine. La vérité commande de dire que les derniers temps de la campagne furent un saisissant condensé du désastreux quinquennat du bateleur d’estrade en chef dont la superbe originelle s’était passablement émoussée au fil des ans. Tous les avatars du sarkozysme éparpillés aux quatre coins du quinquennat furent précipitamment ramassés dans un court laps de temps. L’avalanche fut prise pour un durcissement quand elle n’était que l’ultime révélation d’une ignominie que les plus avisés de nos concitoyens avaient très tôt dénoncée. A-t-on déjà oublié la création, dès l’arrivée de M. Sarkozy à l’Élysée en mai 2007, du Ministère de l’immigration et de l’identité nationale&amp;#160;? L’instauration urgente du bouclier fiscal quand progressaient la pauvreté, le chômage et la précarité&amp;#160;? Le racisme éhonté du discours de Dakar&amp;#160;? Et celui de Grenoble&amp;#160;? La liste est longue et fastidieuse des déclinaisons de cette ignominie nommée sarkozysme. Et il aurait fallu ne pas faire de l’anti sarkozysme durant la campagne&amp;#160;? Nous sommes fiers d’avoir cédé à cette tentation impérative dès le début du quinquennat et bien avant pour ceux qui considérèrent que ce système politique inhabituel et dangereux débutait réellement lorsque son principal promoteur devenait ministre de l’Intérieur en 2002. C’est l’anti sarkozysme vigilant qui fut décisif dans l’empêchement d’un second quinquennat. Nous y avons participé. Pourquoi n’en serions-nous pas satisfaits&amp;#160;?&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;Nous n’avions pas les mêmes valeurs&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le dernier acte marquant du sarkozysme encore incarné par son inventeur fut probablement le discours du Trocadéro le 1er Mai dernier. La pensée profonde de cet homme rétrograde se croyant moderne tient tout entière dans ceci&amp;#160;: &lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;«&amp;#160;Je veux une école où l’on apprendra à nos enfants à tracer la frontière entre le bien et le mal, entre ce qui se fait et ce qui ne se fait pas, entre la vérité et le mensonge, entre le beau et le laid&amp;#160;: une école qui leur inculquera le goût de l’effort.&amp;#160;»&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt; Ce qui devrait nous inquiéter au plus haut point est la timidité et la rareté des réactions à cette dernière volonté de M. Sarkozy. Se révèle ici une insondable ignorance. L’École dont rêve M. Sarkozy et les siens nous ferait reculer d’un demi millénaire, en deçà de l’invention de l’imprimerie, quand le savoir était essentiellement théologique. Cinq cents ans de lutte contre le manichéisme niés par celui qui déniait à la salariée subalterne le désir de lire «&amp;#160;La princesse de Clèves&amp;#160;». Il est vrai que sur ce credo-là l’entourage du Président était plutôt bien garni, à commencer par l’inénarrable Frédéric Lefebvre pour qui Zadig n’est rien d’autre qu’une marque de vêtements.
&lt;p&gt;Depuis Voltaire au moins l’on est convaincu que les frontières entre le bien et le mal, la vérité et le mensonge sont ténues, que le bien se nourrit du mal et la vérité du mensonge. La leçon de morale imbécile et d’un autre âge voulue par un homme qui est au cœur de toutes les troubles affaires d’une République qu’il a très largement contribué à dévoyer aurait dû laisser pantois le moindre de nos concitoyens ayant la liberté de pensée chevillée au corps. Ce discours ne pouvait convenir qu’aux individus persuadés qu’il existe des certitudes définitives, ignorants que c’est le doute et son dépassement qui ont toujours fait progresser la connaissance des hommes sur les choses et sur eux-mêmes. Que dire alors de la frontière entre le beau et le laid qu’il faudrait, sous peine de ruiner notre Civilisation, inculquer à nos enfants&amp;#160;? C’est l’homme du quinquennat où le vulgaire le disputa sans relâche à la médiocrité qui va la tracer&amp;#160;? Comme si la beauté était une simple affaire de catégories définies une fois pour toutes au lieu d’être une pensée sur les sensations de la beauté en perpétuelle évolution. Comme si «&amp;#160;Les tournesols&amp;#160;» de Van Gogh n’avaient pas d’abord été déclarés catégoriquement laids avant d’être élevés au pinacle par et pour la bourgeoisie devenue bien-pensante à leur égard. Non, décidément M. Sarkozy et ses disciples feraient de bien mauvais (!) maîtres d’école. Soyons rassurés, ce n’est pas la reconversion qu’ils ambitionnent. Ils ont trop malmené l’École pour vouloir y entrer ou pousser leurs propres enfants à y faire carrière.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;Les patriotes du vrai travail&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il reste de la tirade du Trocadéro «&amp;#160;le goût de l’effort&amp;#160;» qu’il conviendrait d’inculquer à nos enfants. Là encore, M. Sarkozy joue avec les ambiguïtés faciles. Il faut apprendre aux enfants le goût d’apprendre. Et il se trouve qu’apprendre nécessite un effort. Notre professeur de Morale se trompe donc quant à la finalité de l’École&amp;#160;: elle n’est pas là pour inculquer le goût de l’effort mais le goût d’apprendre. L’effort n’est que le moyen, certes indispensable, que M. Sarkozy érige en but suprême. Le goût d’apprendre est une chose éminemment complexe qui n’a rien de commun avec le goût de l’effort sarkozyen obtenu, comme on peut aisément l’imaginer au bout de cinq années de durcissement du pouvoir en maints domaine, en large partie par la coercition. Vous savez, la peur de mal faire qui vous fait bien faire&amp;#160;! Le goût d’apprendre est une affaire culturelle, pas une affaire policière. Il demande du temps et des moyens humains et pécuniaires. Il est incompatible avec le mépris affiché pour les œuvres du patrimoine littéraire ou le travestissement des «&amp;#160;Misérables&amp;#160;» à des fins électorales. Il est incompatible avec le saccage de l’École publique orchestrée en France ces dernières années. Il est incompatible avec le refus d’abaisser significativement les effectifs des classes dans les établissements scolaires des «&amp;#160;zones difficiles&amp;#160;».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Sarkozy a eu fort raison de parler de l’École. C’est une question essentielle. Mais il en a parlé tellement mal… Et si les jeunes, parents ou futurs parents l’avaient recalé précisément là-dessus&amp;#160;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Allez, nous savons bien où il s’agissait d’en venir&amp;#160;: le goût de l’effort au service du «&amp;#160;vrai travail&amp;#160;». Revenir du reste, plutôt que venir. C’est «&amp;#160;la France qui se lève tôt&amp;#160;» de 2007 et le «&amp;#160;travailler plus pour gagner plus&amp;#160;» qui fit long feu. On aura remarqué au passage une contradiction. Dans ses tentatives brouillonnes de rétablir la situation en sa faveur consécutivement à l’affirmation de sa volonté de «&amp;#160;fêter le vrai travail&amp;#160;» – et où l’on constata que lui-même distinguait fort mal la vérité et le mensonge – notre représentant en vraies valeurs nous expliqua qu’il avait seulement souhaité distinguer les travailleurs du privé qui souffrent souvent et ceux du public qui sont protégés. Comme les professeurs font le plus souvent partie de la seconde catégorie, on voit mal comment l’inculcation du goût de l’effort qu’ils ne possèdent pas eux-mêmes pourrait leur être confiée. Rassurons le «&amp;#160;bon&amp;#160;» peuple, celui que M. Sarkozy prétend avoir servi de toute son énergie et à tout instant durant cinq ans, qui pourrait avoir été encore une fois berné par la fausse évidence&amp;#160;: les professeurs ont seulement le goût d’enseigner. C’est beaucoup plus précieux que le goût de l’effort. Et autrement plus utile à la République, surtout quand il faut la reconstruire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la Reconstruction qui s’impose il conviendra de n’exclure aucune catégorie de citoyens ou de résidents. Et surtout pas les immigrés, histoire de corriger ce douloureux sentiment que la France s’est perdue dans des discours et des actes nauséabonds. Certains doutent que les immigrés font du vrai travail mais sont convaincus qu’ils volent le travail des «&amp;#160;vrais&amp;#160;» Français. Ce qui est vrai tient en ceci&amp;#160;: ils font le plus souvent le sale travail. Notre inquiétude, chassée un moment par la joie du départ de M. Sarkozy, revient vite. Il se dit deux choses au sein du Parti socialiste actuellement&amp;#160;: si Jean-Luc Mélenchon n’a fait que 11&amp;nbsp;% au premier tour cela tient au fait qu’il aurait trop parlé des immigrés&amp;#160;; on a délaissé ces dernières années le peuple au profit des minorités. Faisons très attention&amp;#160;: à oublier que les minorités appartiennent au peuple, on retombera dans les affres du sarkozysme. Du sarkozysme sans Sarkozy. Une manière de lui offrir une nouvelle victoire, en dehors des urnes et dont un autre ou une autre s’empresserait de recueillir les fruits empoisonnés. Au travail&amp;#160;!&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt;
Retrouvez dès le 15 mai 2012 cet article de Yann Fiévet dans le n°30 du &lt;a href=&quot;http://www.lesarkophage.com&quot; title=&quot;Le Sarkophage&quot;&gt;Sarkophage&lt;/a&gt;.</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Pour le blanc, le Non ! et la sobriété énergétique</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/28/04/2012/pour-le-blanc-non-et-sobriete-energetique</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:805c8ce430ef46385d19df4e90bb8222</guid>
    <pubDate>Tuesday  1 May 2012</pubDate>
    <dc:creator>Éric Jousse</dc:creator>
        <category>Édito</category>
        <category>Badiou</category><category>Democratie</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;a title=&quot;Alter2012.jpg&quot; href=&quot;http://www.netoyens.info/public/Netoyens/Alter2012.jpg&quot;&gt;&lt;img title=&quot;Alter2012.jpg, avr. 2012&quot; style=&quot;float: left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; alt=&quot;Alter2012.jpg&quot; src=&quot;http://www.netoyens.info/public/Netoyens/.Alter2012_t.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;La vie serait simple. Elle se réduirait aux apparences et aux parcours fléchés. Il n&amp;#8217;y aurait plus qu&amp;#8217;à suivre les fanions, le drapeau, la banderole sur les grands boulevards électoraux. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, dans les bureaux de vote du 6 mai 2012, le vote lui aussi serait on ne peut plus simple. Il n&amp;#8217;y aurait que le vote blanc un peu honteux qui ferait fi de l&amp;#8217;engagement et du courage nécessaire en ces décisifs instants, puis il y aurait les deux bulletins nominatifs qu&amp;#8217;on essaye de nous vendre comme la seule alternative. Vraiment&amp;#160;?&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Ne cherchez pas le bulletin blanc, il n&amp;#8217;existe pas. Ne cherchez pas plus le bulletin dit «&amp;#160;nul&amp;#160;». C&amp;#8217;est à vous de l&amp;#8217;inventer car notre système électoral à l&amp;#8217;imaginaire triste et rabougri, plutôt que d&amp;#8217;essayer d&amp;#8217;en fournir des plus ragoûtant, les déréalise bien plutôt en les faisant disparaître des résultats électoraux contrairement aux abstentions que l&amp;#8217;on surveille encore comme le lait sur le feu. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De valable, il ne nous resterait donc les bulletins des deux finalistes de cette coupe de France électorale nauséabonde. Le premier devant être combattu pour ses trahisons, ses mensonges et ses dérives fascisantes, il n&amp;#8217;y aurait plus que le bulletin de l&amp;#8217;ultime second à mettre massivement dans
l&amp;#8217;enveloppe puis dans l&amp;#8217;urne ce qui nous donnerait le pouvoir immense et fabuleux de confirmer tous les pronostiques sondagiers avant de tout abandonner à l&amp;#8217;impétrant pour une durée légale de cinq ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin d&amp;#8217;être véritablement démocratique, la Présidentielle 2012 © comme toutes les autres élections &lt;em&gt;a fortiori&lt;/em&gt; au scrutin majoritaire est une authentique broyeuse de réel. Elle est faite pour tordre sans débats les aspirations de chacun, des plus singulières aux plus soucieuses de l&amp;#8217;intérêt général pour les faire entrer dans le moule des dominations liberticides en tout genre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tordante à souhait, l&amp;#8217;actualité du &lt;a href=&quot;https://www.youtube.com/watch?v=2PgdktLxM14&amp;amp;feature=player_embedded&quot;&gt;jeudi 26 avril&lt;/a&gt; nous livrait un exemple de l&amp;#8217;abyssale gravité de la situation. Un ancien premier ministre solférinien, en effet, rapportait ce jour-là qu&amp;#8217;un de ces collègues et ami député «&amp;#160;de droite&amp;#160;» était inquiet de savoir que le président sortant pourrait en réalité ne pas être sorti le 6 mai au soir. Outre notre étonnement, le sourire entendu de certains et la grande frayeur des autres, on finissait après une gymnastique méditative &lt;em&gt;ad hoc&lt;/em&gt; par conclure que les ami-e-s de ces amis «&amp;#160;de droite&amp;#160;» et «&amp;#160;de gauche&amp;#160;» finiraient logiquement par voter pour le même. Surpriiise&amp;#160;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour insuffler dans ce carcan électoral de tarés un vent de résistance propre à défendre ce qu&amp;#8217;il nous reste de citoyenneté, il nous revient donc de produire l&amp;#8217;effort de l&amp;#8217;insoumission en commençant par libérer du temps de cerveau de ces griffes blablatiques. Pure Folie&amp;#160;!!! Je sais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu&amp;#8217;importe. Partant du constat qu&amp;#8217;il n&amp;#8217;y a toujours pas d&amp;#8217;obligation de voter &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/28/04/2012/pour-le-blanc-non-et-sobriete-energetique#pnote-1&quot; id=&quot;rev-pnote-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt; et que l&amp;#8217;on a bien plus d&amp;#8217;options que le choix binaire pointé du doigt, outre le vote prescrit à longueur d&amp;#8217;émissions et dans bien des colonnes, il reste en réalité trois autres véritables possibilités qui pourraient nous aider à pratiquer l&amp;#8217;audace antisystème mais pour un nouveau paradigme, pour une constituante, pour une Récommune et la 1ère Démocratie.&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;le vote blanc&lt;/strong&gt; qui consiste à déposer une enveloppe vide mais néanmoins pleine du sens singulier que l&amp;#8217;on voudra secrètement y mettre;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;strong&gt;le vote &lt;/strong&gt;«&amp;#160;Non&amp;#160;!&amp;#160;»&lt;/strong&gt; en mémoire du référendum du 29 mai 2005 bafoué par un pouvoir législatif qui, «&amp;#160;à droite&amp;#160;» comme «&amp;#160;à gauche&amp;#160;»,&amp;nbsp; a ratifié en février 2008 un Traité de Lisbonne cher au président sortant (qu&amp;#8217;on aurait jamais du laisser entrer ne serait ce que pour nous éviter cette félonie), un traité dont on mesure actuellement en Grèce&amp;nbsp;&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/28/04/2012/pour-le-blanc-non-et-sobriete-energetique#pnote-2&quot; id=&quot;rev-pnote-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt; mais aussi au Portugal, en Espagne, en Italie et en Irlande les menaces sadiques qu&amp;#8217;il fait peser chaque jour un peu plus sur &lt;a title=&quot;Susan George : Nous, peuples d'Europe - 28/09/2005&quot; href=&quot;http://www.fayard.fr/livre/fayard-218333-Nous-peuples-d-Europe-Susan-George-hachette.html&quot;&gt;Nous, les peuples d&amp;#8217;Europe&lt;/a&gt;;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;la sobriété énergétique&lt;/strong&gt; &lt;a title=&quot;Paul lafargue : Le droit à la paresse&quot; href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Droit_%C3%A0_la_paresse&quot;&gt;joyeusement paresseuse&lt;/a&gt; qui consiste à ne pas se déplacer au nom de la lutte contre le dérèglement climatique et pour l&amp;#8217;&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/10/03/2012/nucleaire-l-arret-immediat-c-est-possible&quot;&gt;arrêt immédiat du nucléaire&lt;/a&gt; tout comme il est indispensable de &lt;em&gt;résister&amp;#160;!&lt;/em&gt; aux injonctions électorales qui réduisent et ramènent l&amp;#8217;exercice libre et conscient de notre citoyenneté à &lt;a title=&quot;Alain badiou&quot; href=&quot;http://youtu.be/DlkcczO4eis&quot;&gt;«&amp;#160;la victoire d&amp;#8217;un tel contre un tel à raison de l&amp;#8217;addition des isoloirs&amp;#160;»&lt;/a&gt;.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Puisqu&amp;#8217;on ne nous parle que de ça et qu&amp;#8217;on nous en promet quoiqu&amp;#8217;il arrive, quitte à souffrir, mes bien chers frères et bien chères sœurs, souffrons ensemble en toute liberté dans la désobéissance et la bonne humeur.&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;iframe width=&quot;560&quot; height=&quot;315&quot; src=&quot;http://www.youtube.com/embed/DlkcczO4eis&quot; frameborder=&quot;0&quot; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;h4&gt;Notes&amp;#160;:&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/28/04/2012/pour-le-blanc-non-et-sobriete-energetique#rev-pnote-1&quot; id=&quot;pnote-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/07/06/2009/Droit-devoir-et-obligation-de-voter&quot;&gt;Droit, devoir et obligation de voter&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/28/04/2012/pour-le-blanc-non-et-sobriete-energetique#rev-pnote-2&quot; id=&quot;pnote-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/17/03/2012/grece-%3A-le-coup-detat-financier-entretien-avec-dimitri-makrygiannis-et-yannis-youlountas&quot;&gt;Grèce&amp;#160;: le coup d’État financier&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Lettre à mon frère qui vote FN</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/27/04/2012/lettre-a-mon-frere-qui-vote-fn</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:8181f0fbd496ef05a5dc5342fe21d78a</guid>
    <pubDate>Friday 27 April 2012</pubDate>
    <dc:creator>Geneviève Confort-Sabathé</dc:creator>
        <category>Édito</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Le Gard, notre beau département entre mer et montagne, a offert la première place à Marine Le Pen, lors du premier tour de l’élection présidentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J’ai décidé de t’écrire mon petit frère, toi qui vote Sarkozy ou FN selon les saisons, toi dont la femme vote FN à temps plein, toi dont le fils a perdu la boussole et vote FN ou rien, j’ai décidé de t’écrire pour te rappeler le temps où nous allions cueillir des narcisses sur les bords du Gardon.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Je voudrais tant que tu te rappelles… Notre mère restait dans la voiture, elle a toujours été frileuse et les premiers jours du printemps, en Cévennes, sont froids. Nous
allions, vêtus en dimanche, nos pas dans les pas de notre père, ce héros du quotidien, qui aujourd’hui aurait pitié de toi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu t’en souviens, dis, de notre père, ajusteur de métier, un peu porté sur le pastis et commentant passionnément les dossiers de l’écran à la télévision. Un brave
type, notre père. Il n’aurait pas aimé savoir que tu n’es plus capable de reconnaître la bête immonde, l’affreux fascisme ricanant, pour peu qu’on l’affuble d’une perruque blonde ou d’un échantillonnage de tics à l’épaule ou au menton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre père qui n’est pas aux cieux, athée que je suis, m’avait raconté qu’un jour il avait vu un syndicaliste abattre une pioche sur le bureau du directeur des Forges d’Alès et qu’il en avait gardé un sentiment d’une intensité rare. Je crois qu’en cet instant il avait pris conscience de sa condition ouvrière comme condition de fierté et d’appartenance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toi, tu ne veux pas être ouvrier, tu n’appartiens qu’à ta télé, ta maison, ta bagnole… Agent de maîtrise, c’est ça ton titre. Mais le mépris de toi, petit frère, tu auras beau courir, tu l’auras toujours pendu aux fesses, comme la merde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et de notre frère, dis, tu t’en souviens. Chauffeur-routier, esclave de la route, il s’épuisait sur le bitume. Mort, à quarante ans, le lendemain d’un piquet de
grève particulièrement dur, dans la neige et le froid, près de Bollène.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grève avait commencé le 18 novembre 1997 et s’est achevée douze jours plus tard sans aucune avancée. Routiers glacés, brisés, carbonisés. Notre frère n’en a rien su. Mort pour le compte. Ces camarades de la CGT lui ont offert une couronne. Notre père ne s’en est jamais remis. Mort lui aussi, trois ans plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et notre mère, dis, tu la vois. Femme de ménage à la retraite, obligée de demander de l’argent à sa fille (moi), pour se payer un appareil dentaire, après des années de
labeur et avoir élevé quatre enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dépressions nerveuses, cachets, peur. Toujours la peur. Peur des fins de mois, peur de la rapacité de son banquier, peur de la méchanceté des voisins, peur du regard des merdeux qui l’apostrophent dans la cité. Elle se reconnaît néanmoins dans ce vote rouge qui lui fait peur car tout lui fait peur. Même Mélenchon, mais quand même il faut penser aux générations futures… Alors, malgré sa peur, elle vote encore. Rouge. Au nom de son père, son mari, son fils, ses petits-fils (le tien aussi). Au nom
de tous les autres. Les inconnus du monde entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Petit frère, tu es plus mort que notre frère, plus mort que notre père. Tu es mort pour toi.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Dur sera le réveil !</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/23/04/2012/dur-sera-le-reveil</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:39ebfdfa5b9b8e347078f8a9e2434c28</guid>
    <pubDate>Monday 23 April 2012</pubDate>
    <dc:creator>Yann Fiévet</dc:creator>
        <category>Édito</category>
            
    <description>&lt;p&gt;«&amp;#160;Adieu Sarko, on t’aimait pas&amp;nbsp;tu sais», aurait chanté le grand Jacques. Mais non, pas Jacques Chirac. Quoique… Jacques Brel évidemment, doit-on préciser pour les moins de 35 ans qui n’ont plus grand-chose à se mettre dans les oreilles du point de vue du non-conformisme nécessaire. Oui, Sarko s’en va. Et l’on n’a pas fini de relater par le menu – ô combien copieux – son règne calamiteux. Pourtant, l’usurpateur parti, la vie doit continuer. Il est hélas très probable qu’elle sera riche de déceptions.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;On se félicitera bien sûr longtemps d’avoir mis à l’Élysée un hôte plus
présentable, un président faisant moins rire à l’étranger, incapable de
se contredire à une vitesse supersonique contrairement à son
prédécesseur. On ne regrettera certes pas les outrances haineuses des
principaux lieutenants du vaincu qui ont fermé la France en édifiant une
xénophobie d’État inconnue depuis Vichy. Et pourtant, nous déchanterons
vite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme elles furent longues ces cinq années pour ceux qui ne prirent jamais au sérieux «&amp;#160;le candidat des riches&amp;#160;», qui ne s’arrêtèrent pas au discours sans grande consistance de l’enjôleur patenté. C’est peu dire qu’une fois élu il ne les a pas déçus. Ces cinq années furent particulièrement pénibles pour les plus humbles. Beaucoup d’entre eux ne furent pas, eux non plus, déçus par l’homme providentiel. Ils n’en attendaient rien. Cela fait très longtemps qu’ils n’espèrent plus rien de la classe politique. Ils ne votent pas davantage en 2012 qu’en 2007. C’est qu’en 2012 ils sont plus pauvres encore qu’en 2007. Nous ne disposons pas encore des chiffres de 2011, mais l’étude d’Eurostat sur les revenus et les conditions de vie (EU-SILC) dans l’Europe communautaire démontre que pour la période 2007-2010 la France est l’un des pays où les inégalités de revenus se sont le plus accrues. Il n’est guère que l’Espagne pour faire pire. La dégradation du ratio rapportant le revenu
moyen des 20&amp;nbsp;% les plus riches au revenu moyen des 20&amp;nbsp;% les plus pauvres est due essentiellement en France à la politique fiscale menée depuis 2007. Souvenons-nous une dernière fois&amp;#160;: «&amp;#160;Je serai le président du pouvoir d’achat.» Les pauvres ont cru que le bonimenteur parlait du leur quand il ne faisait qu’agiter un leurre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne saurait s’arrêter à ces quelques chiffres déjà alarmants. Il est d’autres signes de l’appauvrissement des catégories&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;sociales les moins favorisées que les statisticiens ne s’empressent pas de mesurer. Les défaillances croissantes – et volontaires – de l’assurance-maladie font augmenter chaque année le nombre de
personnes négligeant de se soigner ou se soignant insuffisamment. La CMU ne suffit plus. Un nombre croissant de familles n’en relevant pas connaissent des difficultés dans l’accès aux soins faute d’un revenu suffisant. Pas assez pauvres pour bénéficier de la CMU, pas assez riches pour cotiser à une mutuelle ou à une assurance complémentaire privée. On ne mesure pas non plus sérieusement
un autre phénomène, en forte expansion lui aussi&amp;#160;: «&amp;#160;la souffrance au travail&amp;#160;». Le détricotage du code du travail sous l’alibi de sa modernisation et la soumission facile à l’impératif de la concurrence – internationale ou intérieure – dégradent chaque jour davantage les conditions de travail des salariés tant dans les entreprises que dans les administrations. Tout cela n’est rien d’autre que le résultat prévisible de l’emprise grandissante des conditions financières du Marché dérégulé imposées aux politiques publiques par le renoncement des «&amp;#160;élus du peuple&amp;#160;» à y
résister. Souvenons-nous une dernière fois que le gesticulateur en chef est l’ami de la plupart des «&amp;#160;patrons du CAC 40&amp;#160;».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudrait rompre avec tout cela. Le vainqueur du 6 mai ne le fera pas. Certes, il aura négligé, pour sa part, d’aller fêter la victoire avec «&amp;#160;la bande du Fouquet’s. C’est elle qui ne tardera pas à
venir à lui pour le persuader, au nom de l’impitoyable compétition internationale, de renoncer aux timides réformes promises au peuple désabusé. Il en recevra les représentants les plus éminents, défenseurs faussement désintéressés des plus beaux fleurons du savoir-faire et du bon goût français. Leur enthousiasme cachera mal le chantage à l’emploi dont ils usent si souvent. Les choses auraient été évidemment plus faciles avec DSK. Il est tombé, n’en parlons plus. Son remplaçant saura bien entendre raison. Il pourrait leur résister. Il s’en dispensera car il sait qu’ils ne sont que les modestes porte-voix du Pacte financier européen scellé par Mercozy, pacte qu’il ne pourra dénoncer sous peine de sortir la France de la zone Euro, ce à quoi il se refusera indéfectiblement. Il sera donc contraint dans ces conditions à poursuivre – voire à amplifier – la libéralisation des marchés. La prochaine étape pourrait être la destruction du pilier central de notre droit du travail&amp;#160;: le Contrat à durée indéterminée. L’Italie et l’Espagne y ont déjà renoncé&amp;#160;; pourquoi ne pas en faire autant au nom de la «&amp;#160;légitime harmonisation européenne&amp;#160;» et de l’hypocrite «&amp;#160;libre circulation des travailleurs&amp;#160;» intracommunautaire. En avant toute vers la précarité générale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s’agira donc de continuer de nier la réalité des périls qui frappent le monde contemporain. Le capitalisme se perpétue tragiquement, incapable qu’il est désormais de dépasser ses contradictions
internes. La crise majeure du régime d’accumulation du capital, que les artifices de plus en plus grossiers de la finance globalisée ne parviennent plus à dissimuler, est irrémédiable. La prédation générale que le capitalisme inflige aux écosystèmes fournit la seconde raison cardinale de rupture impérative d’avec un système économique devenu définitivement mortifère. Repousser encore le
moment de construire une économie écologique et équitable ne peut qu’aboutir à livrer nos sociétés à l’autoritarisme de régimes essentiellement soucieux de la défense meurtrière des intérêts d’oligarchies richissimes et à des mouvements politiques fondés exclusivement sur la désignation de boucs émissaires. Le fascisme serait alors de retour. Il est temps de nous réveiller vraiment.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Atomic Anne : parce qu’elle le vaut bien</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/11/04/2012/atomic-anne-parce-quelle-le-vaut-bien</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:cdffac5a96ac1decc3eb4f50e6b12970</guid>
    <pubDate>Wednesday 11 April 2012</pubDate>
    <dc:creator>Éric Jousse</dc:creator>
        <category>Édito</category>
        <category>Antinucleaire</category><category>Extractivisme</category><category>Lauvergeon</category><category>Nucléaire</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/public/antinucleaire/lauvergeon_non_merci.jpg&quot; title=&quot;lauvergeon_non_merci.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.netoyens.info/public/antinucleaire/.lauvergeon_non_merci_t.jpg&quot; alt=&quot;lauvergeon_non_merci.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;lauvergeon_non_merci.jpg, mai 2012&quot; /&gt;&lt;/a&gt;À l’heure où le sondagisme acharné donne l’alternance droite-gauche d’ores et déjà victorieuse, Mme de Lauvergeon prépare le terrain d’une gauche pro-nucléaire qui s’apprête à reprendre du service.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;a title=&quot;Couv_areva-afrique.jpg&quot; href=&quot;http://www.netoyens.info/public/livres/Couv_areva-afrique.jpg&quot;&gt;&lt;img title=&quot;Couv_areva-afrique.jpg, avr. 2012&quot; style=&quot;float: left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; alt=&quot;Couv_areva-afrique.jpg&quot; src=&quot;http://www.netoyens.info/public/livres/.Couv_areva-afrique_t.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Depuis son éviction de la tête d’AREVA en juin 2011, Atomik Woman alias le «&amp;#160;sherpa de Mitterrand&amp;#160;» mène un combat à couteau tiré pour sa réhabilitation au rang des grands commis de l’Etat adeptes du «&amp;#160;tourniquet&amp;#160;» public-privé qui fait les privilèges de la crème de notre élite nationale. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Réfugiée depuis dans un improbable rôle de surveillante du quotidien Libération&amp;nbsp;&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/11/04/2012/atomic-anne-parce-quelle-le-vaut-bien#pnote-1&quot; id=&quot;rev-pnote-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;  aux jetons de présence grassouillets, rien ne peut être trop beau pour celle qui jadis fut classée par Forbes au vingt-quatrième rang des femmes les plus puissantes au monde.&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Premier objectif&lt;/strong&gt;, rendre tous les coups après avoir subit comme d’autres les pratiques de basse fosse que le clan sarkozyen assène par principe à toutes les activités productrices de très gros sous pour mieux les redistribuer aux copains coquins. Qui a dit qu’il n’y avait pas de partage des richesses en France depuis 2007&amp;#160;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title=&quot;Couv_oligarchie_des_incapables.jpg&quot; href=&quot;http://www.netoyens.info/public/livres/Couv_oligarchie_des_incapables.jpg&quot;&gt;&lt;img title=&quot;Couv_oligarchie_des_incapables.jpg, avr. 2012&quot; style=&quot;float: right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; alt=&quot;Couv_oligarchie_des_incapables.jpg&quot; src=&quot;http://www.netoyens.info/public/livres/.Couv_oligarchie_des_incapables_t.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Faites de népotisme, de prébendes et de collusions ploutocrates d’inspiration mafieuse selon les descriptions on ne peut plus précises produites dans le dernier livre de Coignard et Gubert &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/11/04/2012/atomic-anne-parce-quelle-le-vaut-bien#pnote-2&quot; id=&quot;rev-pnote-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;, on apprend que la personnalité en l’occurrence à la manoeuvre n’est autre que M. Proglio, patron actuel d’EDF, l’éminence gris foncé du Président sortant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Deuxième objectif&lt;/strong&gt;, faire le nettoyage pour être lavée de tout affront, rétablir la réputation de poigne qu’on lui connaît et être en mesure de reprendre du service quand le nouveau chef de l’État mènera l’indispensable redéploiement des rôles qui permettra la relance industrielle que tous les français attendent. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais toute cette affaire a ceci de piquant qu’une restauration accomplie de l’image de la dame au charme carré ne devrait pas pour autant la laver plus blanc que blanc. Il faut lire le livre de Raphaël Granvaux&amp;nbsp;&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/11/04/2012/atomic-anne-parce-quelle-le-vaut-bien#pnote-3&quot; id=&quot;rev-pnote-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;  pour comprendre ce que recouvre en réalité «&amp;#160;&lt;strong&gt;la politique du temps long&lt;/strong&gt;&amp;#160;»&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/11/04/2012/atomic-anne-parce-quelle-le-vaut-bien#pnote-4&quot; id=&quot;rev-pnote-4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;  faite d&amp;#8217;un extractivisme de prédation indispensable à la grandeur néocoloniale de son action délinquante et criminelle. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À défaut de lire le livre, suivre une des conférences de son auteur ici couverte par nos confrères de &lt;a href=&quot;http://www.dailymotion.com/tvnetcitoyenne#video=xpx0xn&quot;&gt;tvnetcitoyenne&lt;/a&gt;&amp;#160;:&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;h4&gt;Notes&amp;#160;:&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/11/04/2012/atomic-anne-parce-quelle-le-vaut-bien#rev-pnote-1&quot; id=&quot;pnote-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&amp;nbsp; &lt;a title=&quot;Anne Lauvergeon à «Libération»&quot; href=&quot;http://www.liberation.fr/economie/01012348770-anne-lauvergeon-a-liberation&quot;&gt;http://www.liberation.fr/economie/01012348770-anne-lauvergeon-a-liberation&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/11/04/2012/atomic-anne-parce-quelle-le-vaut-bien#rev-pnote-2&quot; id=&quot;pnote-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;]&amp;nbsp; «&amp;#160;L’oligarchie des incapables&amp;#160;» publié chez Albin Michel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour faire bonne mesure, prolongez par&amp;#160;:&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Oligarchie, radio et séduction, d@ns le texte - &lt;a href=&quot;http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=4674&quot;&gt;@rrêt sur images&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://blogs.mediapart.fr/blog/laurent-mauduit/260312/les-imposteurs-de-l-economie&quot;&gt;«&amp;#160;Les imposteurs de l’économie&amp;#160;»&lt;/a&gt; de Laurent Mauduit (Médiapart)&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/11/04/2012/atomic-anne-parce-quelle-le-vaut-bien#rev-pnote-3&quot; id=&quot;pnote-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;]&amp;nbsp; &lt;a href=&quot;http://survie.org/publications/les-dossiers-noirs/article/areva-en-afrique&quot;&gt;«&amp;#160;Areva en Afrique&amp;#160;», Une face cachée du nucléaire français&lt;/a&gt; - Collection Dossiers noirs (24), Coédition&amp;#160;: Agone et Survie - Date de parution&amp;#160;: 16 février 2012&amp;#160;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/11/04/2012/atomic-anne-parce-quelle-le-vaut-bien#rev-pnote-4&quot; id=&quot;pnote-4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;a href=&quot;http://www.lemonde.fr/politique/article/2012/04/11/anne-lauvergeon-atomise-nicolas-sarkozy-et-henri-proglio_1683391_823448.html&quot;&gt;Anne Lauvergeon atomise Nicolas Sarkozy et Henri Proglio&lt;/a&gt; &lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;</description>
    
          <enclosure url="http://www.netoyens.info/public/pdf/anti-nucleaire/areva_afrique.pdf"
      length="3086219" type="application/pdf" />
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Dis papa, d’où vient la haine ?</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/23/03/2012/dis-papa-dou-vient-la-haine</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:a0aec48ae16b3a3322f7178f88d287e8</guid>
    <pubDate>Friday 23 March 2012</pubDate>
    <dc:creator>Geneviève Confort-Sabathé</dc:creator>
        <category>Édito</category>
            
    <description>&lt;a title=&quot;1330423_childrens_hands_1.jpg&quot; href=&quot;http://www.netoyens.info/public/illustration-articles/1330423_childrens_hands_1.jpg&quot;&gt;&lt;img title=&quot;1330423_childrens_hands_1.jpg, mar. 2012&quot; style=&quot;float: left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; alt=&quot;1330423_childrens_hands_1.jpg&quot; src=&quot;http://www.netoyens.info/public/illustration-articles/.1330423_childrens_hands_1_s.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&lt;a title=&quot;genevievecs.jpg&quot; href=&quot;http://www.netoyens.info/public/illustration-articles/genevievecs/genevievecs.jpg&quot;&gt;&lt;img title=&quot;genevievecs.jpg, mar. 2012&quot; style=&quot;float: left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; alt=&quot;genevievecs.jpg&quot; src=&quot;http://www.netoyens.info/public/illustration-articles/genevievecs/.genevievecs_t.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Il y a plus de dix ans, l’humoriste Michel Boujenah ridiculisait, dans
un sketch, l’incapacité d’un père à faire face à l’interrogation de son
fils&amp;#160;: Dis papa, d’où vient le vent&amp;#160;? &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n’était pas la première fois
qu’un artiste se moquait de la figure paternelle, Fernand Raynaud, en
son temps, dans un sketch resté célèbre, singeait un père complètement
dépassé par les inquiétudes existentielles de son rejeton. Pour masquer
son ignorance, le père utilisait une formule qui a fait florès: C’est
étudié pour&amp;#160;!&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Qu’on me pardonne de choisir ces deux exemples en apparence frivole pour essayer de comprendre les dérives de certains jeunes privés des réponses essentielles à des questions qui ne le sont pas moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut imaginer que le jeune Mohamed Merah avant de devenir le «&amp;#160;tueur à scooter&amp;#160;» s’est d’abord posé des questions et qu’il les a posées à des adultes, ses parents, ses enseignants, ses juges&amp;#160;: Dis papa, d’où vient la haine qu’on nous porte&amp;#160;? Dites Monsieur, d’où vient le mépris qu’on nous porte&amp;#160;? Dites Madame, pourquoi on est tous en échec scolaire, pourquoi on vit dans des cités moches, pourquoi on nous déteste alors qu’on est Français… &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
Ces questions ont-elles trouvé leur réponse&amp;#160;? On peut en douter tant  la pensée unique ne permet plus d’avoir une opinion juste sur ces questions. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On aurait pu lui répondre. Le mépris vient de la perte d’estime de soi que ressentent tous les «&amp;#160;petits blancs&amp;#160;», mon petit. Dans cette société française qui semble si belle, les inégalités vont croissant alors les pauvres, les Français des classes les plus laborieuses se sentent déclassés, parfois désespérés. Ils veulent comprendre. Mais s’ils comprenaient, ils seraient capables de s’en prendre aux vrais responsables&amp;#160;: les profiteurs, les riches, les dirigeants. Tu crois, mon petit, que ceux-là sont du genre à se laisser plumer&amp;#160;? Pour écarter d’eux la menace, ils ont trouvé la parade&amp;#160;: désigner des boucs émissaires. Des plus petits, des plus pauvres, des plus misérables que soi. Des étranges ETRANGERS. Le mépris est un instrument, mon petit, pour diviser les pauvres, casser les solidarités, attiser le sentiment de communauté.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On aurait pu lui répondre. La haine vient de la guerre, mon petit. Une guerre qu’on n’a jamais voulu appeler la guerre du côté français, la guerre sans nom, la guerre des tortures, la guerre des bombes posées sous les jambes des civils. La guerre coloniale d’Algérie qu’on ne commémore toujours pas en France comme une guerre d’indépendance.
On aurait pu lui répondre. Le racisme, c’est comme le vent, les explications existent, elles sont politiques, sociales, culturelles mais ne les comprennent que les initiés. Ceux-là, les «&amp;#160;sachant&amp;#160;» s’en vont, psalmodiant&amp;#160;: C’est étudié pour&amp;#160;! Etudié pour maintenir le pouvoir de quelques uns car chacun sait que les races n’existent pas, qu’il n’existe qu’une race humaine. Ou plutôt si, il existe aussi la race des salauds&amp;#160;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et partout cette engeance profite du malheur des plus fragiles. Cette engeance, qu’elle prenne les traits des fondamentalistes religieux, politiques ou économiques, ne poursuit qu’un objectif&amp;#160;: la progression de ses dividendes et l’extension de son pouvoir absolu&amp;#160;! &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N’oublions jamais de répondre aux questions que nos enfants nous posent et celles qu’ils ne posent pas&amp;#160;!&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt;&lt;br /&gt;Photo de une&amp;#160;: &lt;a href=&quot;http://www.sxc.hu/profile/Eastop&quot;&gt;© Eastop&lt;/a&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>De « l’ultra Gauche » à « l’ultra Droite » ou la politique de la dérive</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/22/03/2012/de-lultra-gauche-a-lultra-droite-ou-la-politique-de-la-derive</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:9f9b3e2eb44de3111177f05b03ffbe86</guid>
    <pubDate>Thursday 22 March 2012</pubDate>
    <dc:creator>Yann Fiévet</dc:creator>
        <category>Édito</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Il ne manquait qu’une tragédie à la campagne pour l’élection présidentielle 2012. Quand la plupart des citoyens n’y songeaient aucunement, certains la craignaient et d’autres en convoitaient le coup de pouce décisif. Elle survint à Toulouse le 19 mars, la veille d’un nouveau printemps. Et de la pire des façons que nul n’aurait songé à imaginer&amp;#160;: le meurtre de trois enfants et de l’un de leurs professeurs dans l’enceinte même d’une école juive. L’horreur absolue du crime imposa le réflexe unanime – du moins en paroles – de la suspension momentanée des hostilités d’une campagne où la
violence le dispute trop souvent au criant manque d’imagination. On en profita néanmoins pour nous suggérer de tourner notre regard du côté de «&amp;#160;l’ultra Droite&amp;#160;». La minable dérive de la politique sarkozienne ne saurait donc s’interrompre.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Disons-le tout de go&amp;#160;: l’ultra-Droite n’existe pas. Tout comme n’existe pas davantage l’ultra-Gauche, épouvantail brandi voilà trois ans par Mme Alliot-Marie dans l’affaire dite de Tarnac. Dans les deux cas, il s’est agi d’instrumentaliser un fait isolé – plutôt anodin dans l’affaire de Tarnac, barbare dans celle de Toulouse – afin d’accréditer la thèse de l’existence d’organisations politico-criminelles fomentant dans l’ombre de la République sa déstabilisation voire sa destruction. Les esprits suffisamment éclairés ne voient dans ces manœuvres stupides que la bouffée délirante d’une démocratie malade. Ce n’est évidemment pas à eux que s’adresse le grossier et imbécile message mais à la nébuleuse des «&amp;#160;indécis&amp;#160;» dont on nous dit
qu’à un mois du scrutin majeur, ils représentent 50&amp;nbsp;% des citoyens ayant l’intention de voter. Dans l’affaire de Tarnac la stupidité – où le cynisme
politique – est porté à son comble&amp;#160;: le dossier est vide, il n’existe aucun début de preuve de l’acte que l’on impute aux accusés. Julien Coupa sera
pourtant maintenu des mois en détention. Dans les deux affaires, on aura pu admirer la facilité express avec laquelle les médias de masse firent voler de
rédaction en rédaction la baudruche coupablement gonflée par le ministère de l’Intérieur. Ce sont là de grands moments de journalisme de révérence, gangrène d’une profession sinistrée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’invention du dernier concept à la mode au magasin des fantasmes sarkoziens était habile, convenons-en. La pancarte «&amp;#160;Ultra Droite&amp;#160;» a deux grands mérites sournoisement calculés. D’abord, elle joue avec la confusion possible entre «&amp;#160;ultra&amp;#160;» et «&amp;#160;extrême&amp;#160;» au sein d’une partie de l’opinion. L’océan Opinion, aux rivages flous et profondeurs obscures, sondés malgré tout chaque jour afin de combler le vide du continent Politique, renferme des trésors que les meilleurs inventeurs d’épaves savent faire remonter à la surface au moment opportun. Il suffirait qu’un tout petit nombre de gens fort mal avisés de la chose politique confonde l’ultra-Droite – qui n’existe pas – avec l’extrême Droite largement incarnée par le Front national – qui séduit désormais trop d’anciens supporters de l’hôte de l’Elysée – pour que ces derniers envisagent un maintien salutaire au bercail. Ensuite, en se gardant de désigner l’extrême Droite, la trompeuse pancarte ne froisse pas les électeurs du FN dont les voix pourraient être précieuses, le cas échéant, lors du second tour de l’élection suprême. À part cela, on faisait une trêve&amp;#160;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n’avons pas abordé ici la question du rôle éventuel que pourrait avoir joué dans l’affaire toulousaine le contexte politique et social où le rejet de l’autre, parce qu’il est différent, a fait d’énormes progrès au cours des cinq dernières années. Qui oserait imaginer une quelconque relation entre ce contexte ô combien nauséabond et un crime raciste au plus haut degré d’abjection qui, souhaitons-le, n’en précédera pas d’autres&amp;#160;? Qui oserait établir un lien entre l’invention inédite en 2007 du ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale et la banalisation de l’exclusion sur des critères raciaux&amp;#160;? Qui oserait donc encore prétendre que les mots peuvent être des armes de destruction du lien social, tels les mots racaille ou karcher&amp;#160;? Qui oserait en appeler à l’Histoire et avancer l’idée que la promotion, tout au long des années 1930, de la figure du Juif accapareur
et profiteur a participé de l’indifférence générale quand survinrent les rafles pour le voyage ultime&amp;#160;? Chacun sait, au contraire, que les comportements individuels, notamment les plus pathologiques, n’ont jamais rien à voir avec le contexte socio-politique. Ils sont de génération spontanée&amp;#160;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, chacun sait aussi que, ni les leçons de l’Histoire, ni les avertissements de sages penseurs, ne parviennent jamais à entraver la spirale de la haine lorsqu’elle est vraiment lancée. Et là, subitement, on n’a plus envie de seulement se moquer d’une classe politique à la dérive. On réalise soudain que la société en tant que telle est déboussolée. Trente ans de néolibéralisme ça vous chavire les sociétés les mieux armées pour tenir la vague. Le creusement des inégalités, la mise au fossé des moins «&amp;#160;performants&amp;#160;» nourrissent des rancœurs que les boucs émissaires désignés essuieront jusqu’au tragique. Pourtant, la campagne a repris son cours ordinaire comme si rien ne s’était passé. Oui, mais voilà&amp;#160;: il s’est réellement passé quelque chose…&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Fukushima... pour toujours</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/11/03/2012/fukushima-pour-toujours</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:2f4aaddb1c3d6b521e43d8c8defd9b9e</guid>
    <pubDate>Sunday 11 March 2012</pubDate>
    <dc:creator>Éric Jousse</dc:creator>
        <category>Édito</category>
        <category>Antinucleaire</category><category>Nucléaire</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;a title=&quot;120311-estampe.jpg&quot; href=&quot;http://www.netoyens.info/public/antinucleaire/120311/120311-estampe.jpg&quot;&gt;&lt;img title=&quot;120311-estampe.jpg, mar. 2012&quot; style=&quot;float: left; margin: 0 1em 1em 0; width: 183px; height: 122px;&quot; alt=&quot;120311-estampe.jpg&quot; src=&quot;http://www.netoyens.info/public/antinucleaire/120311/.120311-estampe_s.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Entre le 11 mars 2011 et nos jours, le Japon a subi près de &lt;a href=&quot;http://www.japanquakemap.com/&quot;&gt;2000&amp;#160;séismes&lt;/a&gt; au moins de niveau 4.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce jour là, il y a un an, à la mi journée, la multiplication des
secousses de niveau 6 et plus ébranle la façade pacifique du pays du levant. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À
cette heure, de ce coté-ci du pays, une région, une ville-capitale et
une des plus importante centrale électronucléaire au monde ne sont pas encore connues ailleurs que là. Elles
portent le même nom&amp;#160;: Fukushima.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;[Je dois le titre à Alain de Halleux et son film&amp;#160;: &lt;a title=&quot;Tchernobyl forever&quot; href=&quot;http://www.ubest1.com/?page=video/29166/Tchernobyl-forever&quot;&gt;Tchernobyl forever&lt;/a&gt;]&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Un signe distinctif cependant permet de savoir quand il s&amp;#8217;agit de la grande centrale nucléaire&amp;#160;: «&amp;#160;Daiichi&amp;#160;» signifie numéro 1 et permet de ne pas la confondre avec l’autre centrale qui se trouve quelques kilomètres plus au sud, Fukushima-Daiini, la centrale «&amp;#160;Fukushima numéro 2&amp;#160;» et ses 4 réacteurs. Ils étaient déjà arrêtés quand l&amp;#8217;épisode fatidique a commencé.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title=&quot;120311-accidentnucleaire.jpg&quot; href=&quot;http://www.netoyens.info/public/antinucleaire/120311/120311-accidentnucleaire.jpg&quot;&gt;&lt;img title=&quot;120311-accidentnucleaire.jpg, mar. 2012&quot; style=&quot;float: left; margin: 0 1em 1em 0; width: 135px; height: 177px;&quot; alt=&quot;120311-accidentnucleaire.jpg&quot; src=&quot;http://www.netoyens.info/public/antinucleaire/120311/.120311-accidentnucleaire_s.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Dans quelques heures à peine, «&amp;#160;Fukushima&amp;#160;» sera aussi tristement célèbre que Three Miles Island et Tchernobyl. Fukushima n’est pas connu et pourtant quelque chose de ce mot hante l’inconscient collectif à l’échelle planétaire, un cauchemar nuit et jour, là sous nos yeux, sur tous les écrans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme une rime malheureuse, la première bombe atomique lancée à des fins d’extermination s&amp;#8217;apparie à la plus impressionnante catastrophe électronucléaire de l&amp;#8217;histoire&amp;#160;: Hiroshima-Fukushima-Hiroshima-Fukushima-Hiroshima… FU-KU-SHI-MA&amp;#160;!&amp;#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D’aucuns se laissent aller et se hasardent déjà à penser que ce pays doit être maudit. On ne sait ni pour quelle raison ni pour quelle faute mais, ce pays recevrait une punition suprême, le châtiment irréversible, que ce ne serait pas étonnant. Ce n&amp;#8217;est pas explicable autrement. Pourtant, il y a bien une explication  historique que tout le monde semble avoir déjà oublié&amp;#160;: la politique que mène l’Agence Internationale à l’Énergie Atomique - l’AIEA - une agence autonome depuis sa fondation en 1957 sous l&amp;#8217;égide de l&amp;#8217;ONU. Qui sait encore combien cette politique aura été décisive pour convertir le peuple cobaye en un peuple en outre consentant&amp;#160;?&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;«&amp;#160;Atom for peace&amp;#160;»&amp;#160;: le nucléaire pour la Paix&amp;#160;?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette formule étrange, cet oxymore (?) et quoiqu&amp;#8217;il en soit ce slogan, aura été prononcée quatre années auparavant par le président américain Dwight Eisenhower lors d&amp;#8217;un discours devant l&amp;#8217;assemblée générale de l&amp;#8217;ONU. Dès le début de la guerre dite «&amp;#160;froide&amp;#160;» &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/11/03/2012/fukushima-pour-toujours#pnote-1&quot; id=&quot;rev-pnote-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;, «&amp;#160;Atom for Peace&amp;#160;» sera à l&amp;#8217;origine du développement de l&amp;#8217;industrie électronucléaire et l&amp;#8217;AIEA en sera le bras armé.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Paix qu&amp;#8217;on ne manquera jamais d&amp;#8217;écrire avec un grand «&amp;#160;P&amp;#160;» sera toujours prononcée pompeusement dans de grands discours. Mais qui sur cette planète en aurait refusé le dessein même mensonger après tant d’années de guerre mondiale et de haine destructrice sans précédent&amp;#160;? Alors, même après l’outrage éradicateur d’Hiroshima et de Nagasaki, s’il fallait accepter l’électronucléaire pour ne plus vivre l’enfer sur terre, l&amp;#8217;enfer de la guerre moderne, l&amp;#8217;enfer des bombes et du feu atomique, va&lt;em&gt;&amp;#160;!&lt;/em&gt; pour le nucléaire pourvu qu&amp;#8217;on retrouve la paix&amp;#8230; même sans l&amp;#8217;emphase.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title=&quot;120311-desinformation.jpg&quot; href=&quot;http://www.netoyens.info/public/antinucleaire/120311/120311-desinformation.jpg&quot;&gt;&lt;img title=&quot;120311-desinformation.jpg, mar. 2012&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;120311-desinformation.jpg&quot; src=&quot;http://www.netoyens.info/public/antinucleaire/120311/.120311-desinformation_s.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes toujours le 11 mars 2011, il est 14H46 et personne ne sait si les réacteurs de Fukushima Daiichi vont tenir alors qu’ils viennent d’être stoppés net selon une procédure d&amp;#8217;arrêt d’urgence. Bien des périls continuent de la guetter mais ce que tout le monde redoute le plus c&amp;#8217;est la fusion des dizaines de tonnes de combustibles radioactifs et l&amp;#8217;explosion qui fait tellement penser à la bombe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les systèmes de refroidissement qui garantissent contre la catastrophe sont-ils déjà endommagés voire inopérants&amp;#160;? &lt;a title=&quot;Quake 'hurt reactors before tsunami'&quot; href=&quot;http://www.japantimes.co.jp/text/nn20110516a3.html&quot;&gt;C&amp;#8217;est bien possible&lt;/a&gt;. C&amp;#8217;est même probable disent les esprits les moins attachés à cette industrie. Après un an, personne n&amp;#8217;en a acquis la certitude d&amp;#8217;autant que toute la presse internationale n&amp;#8217;aura de cesse d&amp;#8217;accuser le tsunami. La Tepco, l’EDF japonais exploitant cette centrale lourdement avariée mais aussi le gouvernement japonais, tout deux interdisent encore, de concert, que nous le sachions. C&amp;#8217;est la digue de l&amp;#8217;omerta qui se dresse et demeure immuable même un an après. C&amp;#8217;est la démocratie qui succombe devant les grilles de cette centrale depuis recluse à l&amp;#8217;abri de la zone interdite.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;Comment pourrait-on en sortir&amp;#160;?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title=&quot;120311-dessindeline.jpg&quot; href=&quot;http://www.netoyens.info/public/antinucleaire/120311/120311-dessindeline.jpg&quot;&gt;&lt;img title=&quot;120311-dessindeline.jpg, mar. 2012&quot; style=&quot;float: right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; alt=&quot;120311-dessindeline.jpg&quot; src=&quot;http://www.netoyens.info/public/antinucleaire/120311/.120311-dessindeline_s.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Comme si le temps s&amp;#8217;était arrêté, il est toujours 14h46, &lt;a href=&quot;http://fr.reuters.com/article/frEuroRpt/idFRL6E7NM02720111222&quot;&gt;heure officielle&lt;/a&gt;, il y a un an. Le Big One, ce tremblement de terre de tout temps redouté prolonge comme un coup de tonnerre paroxystique la multiplication des répliques des séismes de niveau 6 qui l&amp;#8217;a précédé. Puis quand nous l&amp;#8217;apprenons, le monde entier retient son souffle alors que trois réacteurs entrent secrètement en fusion. Ils finiront par exploser et, quelques jours plus tard, quand viendra le tour du réacteur n°3, tout le monde découvrira ce qu&amp;#8217;est &lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/23/03/2011/les-dealers-de-mox&quot;&gt;le MOX&lt;/a&gt;&amp;nbsp;&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/11/03/2012/fukushima-pour-toujours#pnote-2&quot; id=&quot;rev-pnote-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt; alors que les retombées de ce poison bloque à l&amp;#8217;infini les compteurs Geiger.  La plupart des journalistes jusqu&amp;#8217;alors ne connaissait même pas l&amp;#8217;existence de ce mélange d&amp;#8217;uranium et de plutonium d&amp;#8217;une incroyable toxicité et pourtant, ils «&amp;#160;donnaient&amp;#160;» heure après heure l&amp;#8217;info, la relayaient le plus souvent et surtout la commentaient encore et encore, en temps réel et à flux tendu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au plus haut sur l&amp;#8217;échelle de Richter, le séisme de niveau 9 provoque des secousses d’abord verticales. Ici, elles fracturent la croute terrestre, crée des failles jalonnant les rues et les routes d&amp;#8217;incongrues reliefs interdisant toute circulation. Là, elles libèrent des entrailles de la terre la lave qui ravive l&amp;#8217;activité des volcans et enflamment les stocks et raffineries de pétrole. Puis viennent des mouvements horizontaux, des mouvements qui cisailleront même les murs. Les gratte-ciels vacillent et se tordent, des maisons s&amp;#8217;effondrent. Les enceintes de béton armé autour des réacteurs entament leur délabrement. Déjà, le décor se transforme et devient peu à peu méconnaissable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le même temps, au large, en face de la centrale, une vague se forme et se transforme peu à peu en un raz de marée. La vague de ce tsunami ne mesure pas encore 15&amp;#160;mètres de haut mais avance à grande vitesse. C’est à l’approche du rivage, là où le plancher sous la mer soudain s’élève que la vague prendra une ampleur inouïe, imprévue. Elle envahit et pénètre les cotes, balaye tout sur son passage, inexorablement, une fois par le flux puis une seconde fois par le reflux. Plus rien ne ressemble à rien. Les bâtiments réacteur de Fukushima Daiichi ne sont plus reliés au monde censé les contrôler. L&amp;#8217;irrémédiable est désormais une certitude.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;Les phénomènes naturels sont insondables pour le grand nombre&amp;#8230; comme la bêtise de l’Expert qui croit pouvoir toujours les dominer.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title=&quot;120311-abriantiatomique.jpg&quot; href=&quot;http://www.netoyens.info/public/antinucleaire/120311/120311-abriantiatomique.jpg&quot;&gt;&lt;img title=&quot;120311-abriantiatomique.jpg, mar. 2012&quot; style=&quot;float: left; margin: 0 1em 1em 0; width: 122px; height: 175px;&quot; alt=&quot;120311-abriantiatomique.jpg&quot; src=&quot;http://www.netoyens.info/public/antinucleaire/120311/.120311-abriantiatomique_s.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Le temps a passé, déjà une année révolue. Une année qui s&amp;#8217;est hâté de passer lentement à égrainer les heures et puis les jours à petit feu. Une année faite de questions douloureuses, sourdes un jour, lancinantes le lendemain qui se résume en une seule&amp;#160;: Que nous est-il donné encore d&amp;#8217;espérer&amp;#160;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors même que toutes les centrales ou presque ont été peu à peu arrêtées, alors que le quotidien reprend au fur et à mesure ses droits et surtout impose ses nouvelles contraintes, on découvre que le monde n&amp;#8217;est plus tout à fait le même&amp;#160;: il n&amp;#8217;est plus possible de sortir du nucléaire. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La radioactivité était enfouie au sein d&amp;#8217;une nature protectrice. Désormais elle est partout &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/11/03/2012/fukushima-pour-toujours#pnote-3&quot; id=&quot;rev-pnote-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;, diffuse, dans l’air et les sacs d&amp;#8217;aspirateur, dans les foins et sur la flore des cerisiers, dans l’eau et le lait des biberons, dans le riz quotidien. Inodore, incolore, imperceptible par nos sens, il n&amp;#8217;y a de réellement efficace que notre prise de conscience pour en révéler la présence et la dangerosité réelles. L&amp;#8217;invisible est devenu une étrange évidence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La paix n&amp;#8217;est plus. Il ne reste plus que l&amp;#8217;atome&amp;#8230; et nos chaînes qu&amp;#8217;il nous faut encore rompre.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;h4&gt;Notes&amp;#160;:&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/11/03/2012/fukushima-pour-toujours#rev-pnote-1&quot; id=&quot;pnote-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Dans le prolongement d&amp;#8217;Hiroshima et Nagasaki, la guerre «&amp;#160;froide&amp;#160;» fut d&amp;#8217;abord nucléaire par la multiplication des essais militaires et le déploiement électronucléaire (cf. &lt;a href=&quot;http://atomicpark.free.fr/&quot;&gt;Atomik park&lt;/a&gt;) puis ensuite - et en outre - elle fut et demeure encore à ce jour économique sans pour autant que les conflits armés aient disparus, bien au contraire. Nous n&amp;#8217;avons pas d&amp;#8217;autre monde mais le système lui doit être changé.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/11/03/2012/fukushima-pour-toujours#rev-pnote-2&quot; id=&quot;pnote-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;a href=&quot;http://www.dissident-media.org/infonucleaire/dossier_mox.html&quot;&gt;Dossier technique sur le MOX&lt;/a&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/11/03/2012/fukushima-pour-toujours#rev-pnote-3&quot; id=&quot;pnote-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;a href=&quot;http://fr.crms-jpn.com/&quot;&gt;http://fr.crms-jpn.com/&lt;br /&gt;&lt;/a&gt; &lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;div class=&quot;external-media&quot; style=&quot;margin: 1em auto; text-align: center;&quot;&gt;
&lt;iframe src=&quot;http://www.dailymotion.com/embed/video/xpce8e&quot; width=&quot;480&quot; height=&quot;269&quot; frameborder=&quot;0&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/11/03/2012/www.dailymotion.com/video/xpce8e_science-publique-un-an-apres-fukushima-9-mars-2012-entretien-avec-michael-ferrier_tech&quot;&gt;Un an après Fukushima - Entretien avec Michaël Ferrier&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;iframe width=&quot;640&quot; height=&quot;360&quot; src=&quot;http://www.youtube.com/embed/nwXyDUwLpyY?fs=1&amp;feature=oembed&quot; frameborder=&quot;0&quot; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.youtube.com/watch?v=nwXyDUwLpyY&quot;&gt;le Dr Hiroaki Koide, chercheur associé à l&amp;#8217;Institut de Recherche du Réacteur de l&amp;#8217;Université de Kyoto.&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;iframe width=&quot;560&quot; height=&quot;315&quot; src=&quot;http://www.youtube.com/embed/g9L02JKcFZc?rel=0&quot; frameborder=&quot;0&quot; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Mélenchon... faute de mieux ?</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/10/02/2012/melenchon-faute-de-mieux</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:ae2cf2ec66ab523a3631b1ced4b3d656</guid>
    <pubDate>Friday 10 February 2012</pubDate>
    <dc:creator>Éric Jousse</dc:creator>
        <category>Édito</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Au milieu de ce nuage opaque fait de pollutions blablatiques et des fumées toxiques de la crise, d&amp;#8217;autres thèmes plus certains mais aussi plus difficiles tentent de trouver leur place pour concrétiser un authentique débat politique. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En amont, &lt;em&gt;&lt;strong&gt;la dette écologique&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&amp;#160;: elle pèse déjà et pèsera de plus en plus lourd. En aval, une inquiétude de plus en plus prégnante&lt;em&gt; pour &lt;strong&gt;faits de pollution&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; incriminant notre mode de développement et partant, accusent les responsables politiques et les élus de &lt;em&gt;&lt;strong&gt;mises en danger de la vie d’autrui&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il nous faudra bien revenir à la question de fond et le plus tôt sera le mieux&amp;#160;: &lt;em&gt;comment allons-nous mieux répartir moins de richesse&amp;#160;? &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Cette question qui cherche à provoquer le débat, veut poser à la fois la
question de la méthode pour y répondre, celle de la justice globale à
rétablir et celle de l&amp;#8217;écologie au sens systémique et politique du
terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand précisément cette question a été posée en 2007&amp;#160;en marge de la «&amp;#160;&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/23/11/2008/vieilles-urgences&quot;&gt;campagne Bové&lt;/a&gt;&amp;#160;», il s&amp;#8217;est trouvé qu&amp;#8217;elle a été bien plus dénigrée que réellement critiquée et discutée. Je l&amp;#8217;ai reprise en 2008 dans une réflexion hélas inachevée &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/10/02/2012/melenchon-faute-de-mieux#pnote-1&quot; id=&quot;rev-pnote-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt; mais se trouve encore plus d&amp;#8217;actualité maintenant qu&amp;#8217;il y a 5ans même si le NPA a été entre temps siphonné par le candidat Mélenchon, jeu de triangulation désormais traditionnel lors des Présidentielles©.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un peu dans la même démarche que celle soutenue par Paul Ariès dans son édito &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/10/02/2012/melenchon-faute-de-mieux#pnote-2&quot; id=&quot;rev-pnote-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;  du dernier Sarkophage en date où il part en quête d&amp;#8217;une définition de la «&amp;#160;gauche&amp;#160;» et de la «&amp;#160;révolution&amp;#160;», il nous faudra montrer que «&amp;#160;mieux répartir&amp;#160;» comme le prône Jean-Luc Mélenchon avec apparemment de plus en plus de succès, non seulement ne sera pas suffisant mais, en l&amp;#8217;état, ne peut plus être ni révolutionnaire, ni de gauche. Et surtout, une telle proposition qui ne manque pas de donner le change, ne manquera pas non plus de nous emmener dans une impasse que peu d&amp;#8217;entre nous peuvent réellement appréhender dans la mesure où elle est occultée par une autre, à savoir celle qui fait tous les jours la Une des journaux et dont nous parlait ces jours-ci Paul Jorion &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/10/02/2012/melenchon-faute-de-mieux#pnote-3&quot; id=&quot;rev-pnote-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt; sur un ton particulièrement alarmiste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La croissance même traduite ou rabillée au forceps en une «&amp;#160;relance de l&amp;#8217;activité&amp;#160;» enchassée dans une «&amp;#160;planification écologique&amp;#160;» aux traits on ne peut plus productiviste sinon virido-croissanciste quoiqu&amp;#8217;en dise Jean-Luc Mélenchon pour s&amp;#8217;en défendre &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/10/02/2012/melenchon-faute-de-mieux#pnote-4&quot; id=&quot;rev-pnote-4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;, cette croissance est d&amp;#8217;ores et déjà - et sera à l&amp;#8217;avenir - d&amp;#8217;autant plus contrainte par le «&amp;#160;&lt;a rel=&quot;external&quot; href=&quot;http://www.dailymotion.com/video/xgoxe0_conference-de-paul-aries-sur-le-theme-de-la-decroissance_news&quot;&gt;retour des limites&lt;/a&gt;&amp;#160;» qu&amp;#8217;on persistera dans la même voie.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;«&amp;#160;Ce qui interdit finalement à la gauche d&amp;#8217;être révolutionnaire, résume fort justement Paul Ariès, c&amp;#8217;est qu&amp;#8217;elle oublie qu&amp;#8217;aucune exigence de gauche n&amp;#8217;est justifiable si elle ne va pas avec un autre projet de société, si elle se contente d&amp;#8217;exiger une plus grosse part du gâteau empoisonné.&amp;#160;»&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;Il faut savoir gré au candidat Mélenchon de mener un combat à rebrousse poil contre l&amp;#8217;extrême-droitisation pour ne pas dire la fascisation de l&amp;#8217;offre électorale. Ce travail est immense et il en va, à brève échéance, de l&amp;#8217;avenir même du projet démocratique alors qu&amp;#8217;il ne demande qu&amp;#8217;à être concrétisé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il nous faut en effet être à la fois vigilants, clairvoyants et fidèles à nos aspirations profondes de liberté, d&amp;#8217;égalité et de fraternité. En ce début de 21ème siècle, opter pour le retour à l&amp;#8217;offre républicaine radicale serait faire la moitié du chemin. Et quand bien même elle serait préférable au sarkozysme, cela équivaudrait à revenir à l&amp;#8217;étape historique des préconisations du Conseil National de la Résistance sans se garder de la part d&amp;#8217;anachronisme que cela comporte. En effet, s&amp;#8217;il faut sans aucun doute faire vivre coûte que coûte le désir profond de justice et de solidarité, d&amp;#8217;égalité dans la liberté et de fraternité entre nous et entre les peuples, les moyens pour y parvenir ne pourront plus exactement être les mêmes. C&amp;#8217;est là toute la difficulté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En économie comme en écologie et particulièrement à propos du projet de transition énergétique sans le nucléaire &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/10/02/2012/melenchon-faute-de-mieux#pnote-5&quot; id=&quot;rev-pnote-5&quot;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;, cette «&amp;#160;vraie gauche&amp;#160;» qui se présente comme une alternance voire comme une alternative manque tragiquement de profondeur sinon dans l&amp;#8217;analyse (de ce point de vue on a une certaine confiance dans la présence au sein du Parti de gauche du courant &lt;a titel=&quot;Utopia&quot; class=&quot;dcwikipedia&quot; href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvement_Utopia&quot;&gt;Utopia&lt;/a&gt;), mais bien plutôt dans la vision et les remèdes qu&amp;#8217;elle propose car elle s&amp;#8217;en tient malheureusement à ce qui fait de plus en plus figure de poncifs ouvriéristes qui auront certainement leur efficace électorale et, le cas échéant, apporteront comme le paracétamol, leurs effets analgésiques et antipyrétiques&amp;#8230; mais combien de temps et à quel prix&amp;#160;?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jean-Luc Mélenchon reconnaît qu&amp;#8217;il s&amp;#8217;était trompé en février 1992&amp;#160;en appelant à voter lors du référendum pour la ratification du Traité sur l&amp;#8217;Union dit Traité de Maastricht et avant cela, que le PS n&amp;#8217;avait pas vu venir le vent liberticide du néolibéralisme Reaganien et Thatchérien lors du premier septennat de Mitterrand. Sera t-il à nouveau, vingt ans après, sur des questions ici cardinales, encore à coté de la plaque alors qu&amp;#8217;il semble en si bonne voie depuis 2005 et plus récemment, par la révélation écologique qui se trouve parmi les fondements du Parti de gauche qu&amp;#8217;il a créé&amp;#8230; mais pour aller où&amp;#160;?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De la même manière, il reste au milieu du gué quand il pourfend fort justement la 5ème Rep&amp;#8217; et son monarque républicain. Il fait la moitié du chemin en proposant une 6ème République mettant l&amp;#8217;accent sur la représentation parlementaire, alors que le temps est sans doute venu de créer les conditions de la réalisation concrète des aspirations des mouvements citoyens planétaires que l&amp;#8217;on sait (anonymous, 99%, indignados, etc.) en commençant par souffler les premiers mots d&amp;#8217;une 1ère Démocratie qui pourrait advenir lors de la Constituante qu&amp;#8217;il nous promet pour cette année.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le jour où le candidat du Front de gauche sera élu, n&amp;#8217;oubliez pas de soutenir l&amp;#8217;homme qui dit à qui veut l&amp;#8217;entendre que &lt;a title=&quot;lhumain_dabord.jpg&quot; href=&quot;http://www.netoyens.info/public/livres/lhumain_dabord.jpg&quot;&gt;&lt;img title=&quot;lhumain_dabord.jpg, fév. 2012&quot; style=&quot;float: right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; alt=&quot;lhumain_dabord.jpg&quot; src=&quot;http://www.netoyens.info/public/livres/.lhumain_dabord_t.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;«&amp;#160;personnellement&amp;#160;» il veut sortir du nucléaire alors que &lt;a rel=&quot;external&quot; href=&quot;http://fdg-arpajonnais.fr/fichiers/public/humain_dabord.pdf&quot;&gt;le petit livre rouge&lt;/a&gt; qu&amp;#8217;il brandit et arbore fièrement le titre «&amp;#160;L&amp;#8217;humain d&amp;#8217;abord&amp;#160;», étrangement ne le veut pas&amp;#8230; comme d&amp;#8217;ailleurs le futur ex-Président Sarkozy&amp;nbsp;&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/10/02/2012/melenchon-faute-de-mieux#pnote-6&quot; id=&quot;rev-pnote-6&quot;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce jour là n&amp;#8217;oubliez pas les promesses de référendum et à défaut, organisez les. N&amp;#8217;oubliez pas non plus de prendre au mot le slogan qu&amp;#8217;eux-mêmes affichent partout&amp;#160;: &lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://www.dailymotion.com/video/xorvn1_ep-13-en-marche-l-affiche_news&quot;&gt;prenez le pouvoir&amp;#160;!&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;h4&gt;Notes&amp;#160;:&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/10/02/2012/melenchon-faute-de-mieux#rev-pnote-1&quot; id=&quot;pnote-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&amp;nbsp; &lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/07/10/2008/Relance-PA-PN-la-mission-du-NPA&quot;&gt;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/07/10/2008/Relance-PA-PN-la-mission-du-NPA&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/10/02/2012/melenchon-faute-de-mieux#rev-pnote-2&quot; id=&quot;pnote-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;]&amp;nbsp; «&amp;#160;&lt;a href=&quot;http://www.lesarkophage.com/f/index.php?sp=coll&amp;amp;collection_id=29&quot;&gt;Battre Sarkozy&amp;#8230; sans illusion&lt;/a&gt;&amp;#160;»&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/10/02/2012/melenchon-faute-de-mieux#rev-pnote-3&quot; id=&quot;pnote-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;]&amp;nbsp; &lt;a href=&quot;http://www.dailymotion.com/video/xohsvs_paul-jorion-le-temps-qu-il-fait-le-10-fevrier-2012_news&quot;&gt;http://www.dailymotion.com/video/xohsvs_paul-jorion-le-temps-qu-il-fait-le-10-fevrier-2012_news&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/10/02/2012/melenchon-faute-de-mieux#rev-pnote-4&quot; id=&quot;pnote-4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;]&amp;nbsp; notamment dans son discours en réponse à l&amp;#8217;Appel des 3000 lors du congrès de France Nature Environnement&amp;#160;:&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://www.dailymotion.com/video/xoamsf_jean-luc-melenchon-au-congres-de-fne_news&quot;&gt;http://www.dailymotion.com/video/xoamsf_jean-luc-melenchon-au-congres-de-fne_news&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/10/02/2012/melenchon-faute-de-mieux#rev-pnote-5&quot; id=&quot;pnote-5&quot;&gt;5&lt;/a&gt;]&amp;nbsp; L’abolition du nucléaire comme du gaspillage énergétique sont un seul et
même combat contre le dérèglement climatique et la prédation de la
planète par le système dominant, un «&amp;#160;&lt;a rel=&quot;external&quot; href=&quot;http://www.mediapart.fr/article/offert/bd17ea263aff57a30a21733184b5a31f&quot;&gt;système à bout de souffle&lt;/a&gt;&amp;#160;» (Y. Marignac). Nous en reparlerons bientôt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/10/02/2012/melenchon-faute-de-mieux#rev-pnote-6&quot; id=&quot;pnote-6&quot;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;a rel=&quot;external&quot; href=&quot;http://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20120212trib000682768/sarkozy-a-decide-de-prolonger-la-duree-de-vie-des-centrales-francaises.html&quot;&gt;Sarkozy a décidé de prolonger la durée de vie des centrales françaises&lt;/a&gt; - La Tribune - 12/02/2012 | 12:24&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://www.dailymotion.com/video/xin13w_conference-de-jean-luc-melenchon-1981-bilan-raisonne-des-lecons-dans-l-actualite_news&quot; title=&quot;Conférence de Jean-Luc Mélenchon 1981 : bilan raisonné, des leçons dans l'actualité&quot;&gt;Conférence de Jean-Luc Mélenchon 1981&amp;#160;: bilan raisonné, des leçons dans l&amp;#8217;actualité&lt;/a&gt; (vidéo)&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Triple D</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/22/01/2012/triple-d</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:1be725db08f52803b9465d78c188e9c4</guid>
    <pubDate>Sunday 22 January 2012</pubDate>
    <dc:creator>Yann Fiévet</dc:creator>
        <category>Édito</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Au commencement était le triple D. Pendant que le «&amp;#160;triple A&amp;#160;» occupe tant d’esprits conformistes et de discours convenus l’on oublie coupablement que ce «&amp;#160;machin&amp;#160;» si outrancier est la conséquence directe et fatale d’un autre triptyque conçu par les pouvoirs politiques du «&amp;#160;monde développé&amp;#160;» voilà trente ans déjà. Le triple A n’est rien d’autre qu’une note – au pouvoir certes démesuré – sanctionnant la capacité des instances politiques et économiques à bien faire vivre la croyance dans les bienfaits miraculeux du dieu Marché. Afin que le règne sans partage de ce dernier advint, des hommes à la fois suffisants et insuffisants inventèrent les trois D&amp;#8230;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Déréglementation, Décloisonnement, Désintermédiation, les trois verrous qui contenaient la finance dans des limites raisonnables sautèrent et l’on salua cet épisode, largement méconnu ou oublié par les peuples en souffrance, comme une libération trop longtemps attendue. Aujourd’hui, de trop nombreux témoins et acteurs de l’époque feignent l’étonnement. Le temps est donc venu de rafraîchir les mémoires afin de nourrir l’espoir de retrouver un jour la raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est au tournant des années 1980 que les chantres du néolibéralisme rongeant leur frein depuis quinze ans eurent gain de cause. On écouta leurs recettes prometteuses d’avenir radieux. Des assemblées démocratiquement élues mirent à bas les réglementations régissant la circulation de l’argent, firent tomber les cloisons séparant les divers marchés financiers, supprimèrent le recours obligatoire aux intermédiaires spécialisés en matière de transactions financières. On suscita ainsi un colossal appel d’air qui se concrétisa tout au long de la décennie 1980 par la création de «&amp;#160;nouveaux produits financiers&amp;#160;» toujours plus alléchants car toujours plus risqués. Des acteurs de plus en plus nombreux prirent l’habitude jouissive d’acheter à terme sans disposer, au moment de leur engagement, de l’argent nécessaire à la transaction et spéculant jusqu’au terme pour se procurer de quoi honorer leur promesse. Puis l’on se mit à spéculer sur les matières premières. Et même sur les denrées alimentaires. Une spirale délirante et incontrôlable était lancée. &lt;strong&gt;Bernard Liétard&lt;/strong&gt;, l’un des anciens responsables de la Banque centrale de Belgique, désormais reconverti dans la réflexion sur les monnaies non spéculatives, &lt;strong&gt;a estimé que 97% des mouvements de capitaux ne concernent pas l’économie réelle au sens strict c’est-à-dire celle de la production et des échanges commerciaux.&lt;/strong&gt; Le capitalisme monstrueusement spéculatif est une machine autonome fabriquant des bulles financières ou immobilières sans cesse plus volumineuses. Comme chacun le sait&amp;#160;: le propre d’une bulle est d’éclater un jour ou l’autre. Alors, l’économie réelle, où vivent et travaillent la plupart des individus aux revenus captifs, paie une addition toujours plus lourde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme tel qu’il est devenu est absurde à de nombreux égards et l’on a peine à croire qu’il ait encore des défenseurs au-delà de la minorité de nantis qui en profitent vraiment. &lt;strong&gt;Comment accepter comme une fatalité presque naturelle la «&amp;#160;guerre économique&amp;#160;» dans laquelle chaque salarié est désormais placé par les froids séides de la finance globalisée en compétition avec son semblable du bout du monde qu’il ne connaît pas et ne rencontrera évidemment jamais&amp;#160;? Quand 70% des ordres d’achat et de vente de la finance américaine sont déclenchés par des automates aux algorithmes «&amp;#160;infaillibles&amp;#160;» – 50% en Europe – comment ne pas être saisi d’effroi&amp;#160;? Est-il encore compréhensible que les hommes remettent ainsi le sort de l’Humanité aux décisions mécaniques de vulgaires robots&amp;#160;?&lt;/strong&gt; L’intelligence est ici en faillite. Ce ne sont pas les brillants mathématiciens s’étant prêtés à ce jeu fatidique qui nous persuaderons du contraire. La finance ne connaît que deux états&amp;#160;: l’euphorie et la dépression. Elle étend dramatiquement, par son emprise exorbitante, ces pathologies contradictoires à l’économie toute entière.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les agences de notation financière et l’importance que les acteurs du «&amp;#160;capitalisme de casino&amp;#160;» leur accordent sont donc l’avatar on ne peut plus logique du monstre engendré conjointement par les pouvoirs politiques et économiques au cours du dernier quart de siècle. On ne peut pas tout à la fois défendre le système de l’économie «&amp;#160;totalitaire&amp;#160;» dans laquelle la finance est devenue une fin en soi et s’effrayer de la stratégie dangereuse de &lt;em&gt;Standard and Poor&amp;#8217;s&lt;/em&gt;. Le système et ses arbitres sont les deux faces de la même créature dévorante. Certes, ces arbitres ne sont pas même fiables&amp;#160;: ils validèrent en leurs temps les comptes d’Enron, de Lehmann Brothers et la pratique des subprimes. Les agences de notation n’en sont pas moins les garantes obligées d’une économie pathogène. On ne peut dénoncer leur existence sans dénoncer dans le même mouvement le système qui les justifie pleinement. &lt;strong&gt;«&amp;#160;À mal nommer les choses, on ne fait qu’aggraver les malheurs du Monde&amp;#160;», disait Camus. Deux mots de notre vocabulaire on la même origine&amp;#160;: crédit et crédulité. La gigantesque crise du crédit que nous vivons doit maintenant être rejointe par une crise massive de la crédulité des hommes. Le système tombera lorsque nous n’y croirons plus.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faisons un rêve. Si les hommes inventaient demain une nouvelle notation dans laquelle ils maintiendraient, en guise de pied de nez à leurs défaillants prédécesseurs, le «&amp;#160;triple A&amp;#160;». Un A pour l’efficacité de l’économie enfin au service des hommes quand elle les asservit aujourd’hui, un A pour la qualité du lien social quand celui-ci est aujourd’hui sacrifié sur l’autel du Marché, un A pour l’attention soutenue aux écosystèmes aujourd’hui saccagés par la démesure. Ils sont bien là les vrais défis&amp;#160;: &lt;strong&gt;la crise financière, en partie artificielle, nous détourne des trois crises véritables&amp;#160;: crise du partage des richesses, crise du vivre ensemble, crise écologique. Le tocsin devrait sonner enfin.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Affaires de clan, clan des affaires</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/14/01/2012/affaires-de-clan-clan-des-affaires</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:33a6453c1cb32575cffa59a0ffaeb7c5</guid>
    <pubDate>Saturday 14 January 2012</pubDate>
    <dc:creator>Yann Fiévet</dc:creator>
        <category>Édito</category>
        <category>Sarkozisme</category>    
    <description>&lt;p&gt;L’heure n’est pas encore venue de dire si le sarkozysme n’aura été
qu’une parenthèse dans l’histoire politique de la France. En revanche,
nous pouvons d’ores et déjà affirmer que de tous les présidents de la
cinquième République M. Nicolas Sarkozy est celui qui est allé le plus
loin dans l’étroite imbrication de la vie politique et du monde des
affaires. &lt;/p&gt;    &lt;div style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;«&amp;#160;&lt;em&gt;Pendant que l’élite poursuit son voyage vers une destination imaginaire,&lt;/em&gt;&lt;br style=&quot;font-style: italic;&quot; /&gt;&lt;em&gt;quelque part au sommet du monde, les pauvres sont pris dans la spirale du crime et du chaos.&lt;/em&gt;&amp;#160;» &lt;br /&gt;Zygmunt Bauman, sociologue&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;En guise de consolation facile nous pourrions constater que d’autres pays – la Russie de Poutine, l’Italie de Berlusconi – ont connu le même excessif mélange des genres. Nous pouvons même pousser jusqu’à la crainte d’avoir affaire là à une tendance lourde de l’évolution du monde dès lors que ce que l’on nomme pudiquement «&amp;#160;la mondialisation&amp;#160;» n’est rien d’autre au fond que la prédation progressive de l’économique sur toute autre considération. S’il en est ainsi, nous ne tarderons pas à voir les «&amp;#160;révolutions arabes&amp;#160;» se confronter tragiquement au diktat du Marché. En France, ce fatalisme nourrit l’absence d’espoir de lendemains meilleurs pour la démocratie bafouée et l’existence difficile des citoyens les plus modestes – de plus en plus nombreux – après cinq ans de gouvernement calamiteux de notre pays. M. Sarkozy avait promis d’être le Président du pouvoir d’achat et voulait une République irréprochable. Cette double promesse était impossible à tenir. Elle était impossible parce qu’elle était tenue précisément par M. Sarkozy. C’est là qu’intervient la spécificité de ce que nous nommons sarkozysme. La cohérence en partie cachée de cette manière originale de gouverner les hommes et les choses d’une nation particulière devra être minutieusement décortiquée par qui voudra vraiment comprendre, lorsque nous en aurons terminé avec elle, l’antidémocratie sarkozienne. Nous ne pourrons ici qu’en dessiner quelques traits car l’histoire n’est pas finie. Ces traits sont pourtant à eux seuls déjà éminemment édifiants.
&lt;p&gt;Affirmons-le d’emblée&amp;#160;: au regard de l’idée et des valeurs républicaine le sarkozysme est un énorme mensonge, M. Sarkozy est le mensonge fait homme. Son ascension vers le pouvoir et son incarnation de celui-ci sont étroitement marquées par de nombreuses et troubles affaires tantôt initiées par lui-même, tantôt échafaudées par d’autres à son profit. Un truisme circule depuis longtemps&amp;#160;: aujourd’hui, pour accéder au pouvoir suprême il faut se constituer de longue date un réseau d’hommes et de femmes influents. Ainsi, M. Sarkozy ne serait rien d’autre qu’un homme politique moderne ayant eu l’habileté de tisser pendant près d’un quart de siècle des relations plus ou moins intimes avec des grands patrons, des banquiers, des&amp;nbsp;journalistes en vue. Ceci n’est en fait qu’une partie de la vérité et probablement pas la plus importante. L’essentiel tient plutôt en ceci&amp;#160;: c’est un clan, au sens véritable du terme, que l’actuel Président de la République, a construit autour de sa personne et cela, en effet, de logue date. Un clan pour le montage d’affaires occultes en marge du monde des affaires. Seuls l’atonie ou la cécité de médias peu regardants et la défaillance de la Justice expliquent qu’il ait été possible d’aller aussi loin dans la transgression de la loi en de multiples domaines. Cela tombait très bien&amp;#160;: les médias ne font que trop rarement leur travail d’informer vraiment et la Justice manque cruellement de moyens d’investigation ou bien est aux ordres du pouvoir politique en place.&amp;nbsp;Non respect du code des marchés publics au profit de firmes dirigées par des amis, favoritisme fiscal envers les plus nantis crachant régulièrement au bassinet, rétro commissions sur les ventes d’armes, circulation de mallettes bien garnies pour financement de campagnes ou partis politiques, et «&amp;#160;accessoirement&amp;#160;» pour enrichissement personnel, utilisation des fonds publics à des fins de propagande politique, écoutes commanditées par un Procureur de la République à l’encontre de journalistes enquêtant sur «&amp;#160;les affaires sensibles&amp;#160;», tout cela a démarré plusieurs années avant l’entrée de M. Sarkozy à l’Elisée et a prospéré depuis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et nous n’avons probablement pas encore tout vu&amp;#160;: à chaque jour suffit son affaire&amp;#160;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fort heureusement, pour tenter de sauver l’honneur de la démocratie, il existe quelques médias aux «&amp;#160;méthodes fascistes&amp;#160;» qui font courageusement les poubelles nauséabondes de la République souillée par de curieux serviteurs de l’État. Fort heureusement encore, il existe des juges qui ne s’en laissent pas conter et osent ouvrir des dossiers qu’ils garnissent consciencieusement de pièces à conviction accablantes. Dans ces affaires des noms reviennent souvent et ce sont très souvent des proches de l’hôte du Château qui sont cités, des membres du Clan. La fréquence des occurrences détruit la présomption de coïncidence. Se côtoient en ces dossiers des marchands d’armes, des ministres ou d’anciens ministres, des avocats entremetteurs, des conseillers payés sur deniers publics pour développer des activités où l’on cherche en vain la défense de l’intérêt général, des milliardaires renvoyant facilement l’ascenseur, etc. Tout un aréopage de gens bien comme il faut qui n’hésitent pas à l’occasion, peut-être pour cacher ce qu’ils savent être leurs turpitudes, à faire aux humbles, toute honte bue, la morale. Un oxymore nous vient presque naturellement&amp;#160;: marécageuse probité. Afin de la faire vivre un peu nous allons servir ici quelques-uns de ses meilleurs ragoûts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grosse affaire est celle des ventes d&amp;#8217;armes à l&amp;#8217;Arabie saoudite et au Pakistan où l’un des principaux protagonistes est le marchand d’armes Ziad Takieddine. Des pièces saisies par la police montrent que M. Takieddine a utilisé, en 2005, sa relation avec le ministre du budget de l’époque dans les dossiers fiscaux d&amp;#8217;autres hommes d&amp;#8217;affaires, dont Gérard Achcar, le patron d&amp;#8217;un puissant groupe agroalimentaire, notamment implanté au Mali. Le Ministre du Budget de l’époque n’était autre que M. Jean-François Copé, l’actuel Secrétaire général de l’UMP. La comptabilité de M. Takieddine fait apparaître des «&amp;#160;largesses&amp;#160;» dont aurait bénéficié M. Copé, entre 2003 et 2005, alors qu&amp;#8217;il était ministre et porte-parole du gouvernement Raffarin. Rappelons que M. Copé était devenu, en mars 2004, ministre délégué à l&amp;#8217;intérieur, auprès de M. Sarkozy, puis en novembre 2004, ministre du budget. Les «&amp;#160;cadeaux&amp;#160;» reçus de M. Takieddine sont des invitations et des déplacements au cap d’Antibes (dans une propriété appartenant à M. Takieddine), à Londres, à Venise ou à Beyrouth. Ces dépenses pourraient faire partie du périmètre du recel» d&amp;#8217;abus de biens sociaux reprochés à M. Takieddine sur les sommes obtenues dans les marchés d&amp;#8217;armement. Dans cette affaire, MM. Thierry Gaubert et Nicolas Bazire, deux proches de M. Copé,&amp;nbsp;&amp;nbsp; ont été mis en examen par le juge Renaud Van Ruymbeke. Possédant un patrimoine estimé à plus de 100 millions d&amp;#8217;euros, M. Takieddine ne payait ni l&amp;#8217;impôt sur le revenu, ni l&amp;#8217;impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Alors qu&amp;#8217;il fréquentait assidûment ses diverses propriétés, M. Copé aurait tout ignoré de la situation fiscale de ce magnat. Qui peut croire à une telle fadaise&amp;#160;? &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thierry Gaubert, ami personnel de M. Sarkozy, sera jugé prochainement à Nanterre pour une autre affaire&amp;#160;: un important scandale immobilier. Sa&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; vie «professionnelle&amp;#160;» est faite de missions financières occultes. Son épouse a parlé à la Justices de ses voyages en Suisse avec le marchand d&amp;#8217;armes Ziad Takieddine, des remises de fonds en espèces à M. Nicolas Bazire, actuel n°2 du géant du luxe LVMH, durant la campagne présidentielle d&amp;#8217;Edouard Balladur, en 1995. Elle a aussi rappelé que lorsqu&amp;#8217;il se rendait en Suisse avec M. Takieddine&amp;#160;», son mari travaillait au ministère du budget sous les ordres de M. Sarkozy.&amp;nbsp; En 2001, Thierry Gaubert a fait construire à Nilo, petit village colombien situé à 150&amp;#160;km de Bogota et 9.000&amp;#160;km de Paris, «&amp;#160;la villa de ses rêves&amp;#160;», la finca Cactus. Pourquoi si loin des regards indiscrets&amp;#160;? Du beau monde fréquente cette villa colombienne&amp;#160;: M. Takieddine a deux reprises au moins et En 2002, pour les fêtes de Noël, un autre homme clé du réseau politique sarkozien, Olivier Dassault, fils du célèbre avionneur, député UMP de l&amp;#8217;Oise et administrateur de la Socpresse, société éditrice du Figaro. Cette affaire est sans doute loin d’avoir révélée tous ses secrets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grosse affaire est au centre d’une constellation. Contemplons-en deux astres radieux. Dans l&amp;#8217;affaire du futur siège du ministère de la défense, prévu dans le quartier Balard à Paris,&amp;nbsp; l’opacité est aussi de mise. Cette nouvelle affaire fait l&amp;#8217;objet d&amp;#8217;une information judiciaire pour corruption et trafic d&amp;#8217;influence. Les conditions d&amp;#8217;attribution du chantier sont en effet pour le moins «&amp;#160;troublantes&amp;#160;». Le dossier de l’entreprise Bouygues n&amp;#8217;est pas conforme au plan local d&amp;#8217;urbanisme (PLU) de la Ville de Paris. L&amp;#8217;Etat a pourtant retenu ce projet, alors que d&amp;#8217;autres offres respectaient le PLU. Par ailleurs, où est l’intérêt BUDGÉTAIRE DE CE «&amp;#160;BALARDGONE&amp;nbsp;»&amp;#8221; qui devrait coûter à l&amp;#8217;Etat la bagatelle de 4,2 milliards d&amp;#8217;euros. On est très loin de «&amp;#160;la règle d&amp;#8217;or&amp;#160;»&amp;nbsp;brandie par le Président de la République et ses principaux ministres&amp;#160;!&amp;nbsp; Dans l’affaire des concessions portuaires d’Afrique de l’Ouest, l&amp;#8217;homme d&amp;#8217;affaires franco-espagnol Jacques Dupuydauby, président du groupe portuaire Progosa, dénonce les pressions de M. Sarkozy sur plusieurs chefs d&amp;#8217;Etat de cette partie de l&amp;#8217;Afrique afin que l&amp;#8217;industriel Vincent Bolloré, ami intime du président français, décroche de très profitables concessions. Ainsi, la société Progosa qui avait remporté en 2001 la concession du port de Lomé au Togo, l’a brutalement perdue en 2009 au profit du groupe Bolloré. M. Dupuydauby parle d’une véritable spoliation orchestrée par le Président du Togo. Le soir de son élection, M. Nicolas Sarkozy avait fait, juste avant de rejoindre la bande du Fouquet’s, une autre promesse&amp;#160;: les relations entre la France et l’Afrique allaient profondément changer. Le lendemain il partait se reposer en Méditerranée sur le yacht de son ami Vincent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous aurions pu revenir sur l’affaire Woerth-Bettencourt qui n’en finit pas de rebondir, sur l’affaire Lagarde qui finira par être jugée un jour, sur l’affaire Giacometti qui n’éclatera peut-être jamais… Il y en a tant&amp;#160;! Il faut savoir s’arrêter avant la nausée. La nausée&amp;#160;? Oui, car dans le même temps où le Clan tripatouille, les «&amp;#160;gens de peu&amp;#160;» sont matraqués à grands coups de plans d’austérité successifs. Quand la fiscalité des plus riches a été divisé par trois en cinq ans, la «&amp;#160;France d’en bas&amp;#160;» s’enfonce un peu plus chaque jour dans son mal de vivre. La clientèle désespérée de l’extrême-droite va encore enfler. Et le corps social de se disloquer davantage. &lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &lt;br /&gt;À paraître dans &lt;a rel=&quot;external&quot; href=&quot;http://www.lesarkophage.com&quot;&gt;&lt;em&gt;Le Sarkophage&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; – 15 janvier 2012</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Quels enseignements tirer de la catastrophe atomique de Fukushima ?</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/09/01/2012/quels-enseignements-tirer-de-la-catastrophe-atomique-de-fukushima</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:d525094d222046e4bae7e422f59eaaf7</guid>
    <pubDate>Monday  9 January 2012</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Luc Pasquinet</dc:creator>
        <category>Édito</category>
        <category>Chroniques_anti_nucleaires</category><category>Japon</category>    
    <description>&lt;p&gt;Voilà&amp;#160;! Ce qui devait arriver est arrivé&amp;#8230; il y a 9 mois déjà. Après &lt;a titel=&quot;Kychtym&quot; class=&quot;dcwikipedia&quot; href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Kychtym&quot;&gt;Kychtym&lt;/a&gt;, après &lt;a titel=&quot;Three Mile Island&quot; class=&quot;dcwikipedia&quot; href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Centrale_nucl%C3%A9aire_de_Three_Mile_Island&quot;&gt;Three Mile Island&lt;/a&gt;, après &lt;a titel=&quot;Tchernobyl&quot; class=&quot;dcwikipedia&quot; href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Cons%C3%A9quences_de_la_catastrophe_de_Tchernobyl_en_France&quot;&gt;Tchernobyl&lt;/a&gt;, voici une autre catastrophe nucléaire civile, celle de &lt;a titel=&quot;Fukushima&quot; class=&quot;dcwikipedia&quot; href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Accident_nucl%C3%A9aire_de_Fukushima&quot;&gt;Fukushima&lt;/a&gt; au Japon. Cela fait quand même 4 réacteurs qui ont
explosé en 25 ans.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Le 11 mars 2011&amp;nbsp;les éléments se sont déchaînés. D’abord un tremblement de terre de force 9 sur l’échelle de Richter - sans doute le plus violent séisme que le Japon ait enduré de mémoire d’hommes - suivi d’un tsunami dont les vagues ont atteint et parfois dépassé les 10&amp;#160;mètres. Face à ce déchainement des éléments, la centrale nucléaire de Fukushima n’a pas pu résister.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon la chaîne japonaise NHK, le système de refroidissement de la centrale nucléaire de Fukushima aurait été endommagé par le séisme&amp;nbsp;&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/09/01/2012/quels-enseignements-tirer-de-la-catastrophe-atomique-de-fukushima#pnote-1&quot; id=&quot;rev-pnote-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;, avant même que le tsunami ne déferle dévastant la région. Il semblerait qu’un «&amp;#160;condensateur de secours n’aurait fonctionné que dix minutes après le tremblement de terre.&amp;#160;». Durant les trois heures qui ont suivi, la panne n’a pas été réparée de peur qu’une baisse de pression dans le réacteur se produise. «&amp;#160;La compagnie présume que les ouvriers ont coupé manuellement le système, craignant que la pression dans le réacteur devienne trop basse et l&amp;#8217;endommage&amp;#160;», peut-on lire sur le site de la chaîne NHK.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les coupures d’électricité ayant suivi le tremblement de terre auraient provoqué un arrêt prolongé des pompes du système de refroidissement d’un ou de plusieurs des cœurs. Les équipes techniques de la centrale de Fukushima Daiichi tentèrent alors d’utiliser l’alimentation de secours. Mais une heure après, la centrale est atteinte par le «&amp;#160;&lt;a titel=&quot;Tsunami&quot; class=&quot;dcwikipedia&quot; href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Tsunami&quot;&gt;Tsunami&lt;/a&gt;&amp;#160;». La hauteur de la vague était de 14&amp;#160;mètres alors que les deux centrales ont été bâties pour résister à une vague de 5,7&amp;#160;mètres pour Fukushima Daiichi et de 5,2&amp;#160;mètres pour Fukushima Daiini . Les pompes du circuit secondaire sont alors endommagées ce qui interdit d&amp;#8217;évacuer la chaleur des réacteurs dans l&amp;#8217;eau de mer suivant le circuit normal. &lt;br /&gt;À Fukushima Daiichi, les groupes diesel de secours s’arrêtent brusquement une heure plus tard. Le réacteur n°2 et, plus encore, le n°1, connaissent immédiatement des problèmes de refroidissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les heures suivant le séisme, le personnel tente d’installer en série des générateurs mobiles d’urgence transportés à la centrale pour redémarrer les pompes mais ils n’ont pas pu être connectés faute de câbles appropriés.&lt;br /&gt;Finalement, trois réacteurs vont exploser et trois cœurs vont entrer en fusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-delà des conséquences au Japon, quel bilan peut-on faire de cette catastrophe nucléaire&amp;#160;?&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;L’ «&amp;#160;accident majeur&amp;#160;» devient la cause principale de l’opposition au nucléaire.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Rappelons qu’une des causes de l’échec du mouvement antinucléaire c’est le fait de n’avoir pas assez insisté sur l’accident nucléaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les années 70, dans chaque numéro du journal &lt;strong&gt;&lt;a titel=&quot;La Gueule Ouverte&quot; class=&quot;dcwikipedia&quot; href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Gueule_ouverte&quot;&gt;La Gueule Ouverte&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, il y avait une page entière de &lt;a rel=&quot;external&quot; href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Marc_Reiser&quot;&gt;Reiser&lt;/a&gt; sur le solaire, le vent, mais peu de références à la catastrophe nucléaire. Globalement l’essentiel n’était pas le désastre possible d’un accident nucléaire qui avait pourtant été bien analysé aux États-Unis en février 1957 par des scientifiques de Brookhaven dans le rapport WASH 740 et qui donnait une vue d’ensemble de l’ampleur de la catastrophe assez voisine de Tchernobyl.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parler d’un désastre nucléaire dans une réunion antinucléaire des Amis de la Terre, du PSU, de la CFDT ou autres, était très mal vu, on se faisait traiter de «&amp;#160;catastrophiste&amp;#160;» et accuser violemment de rendre le mouvement «&amp;#160;incrédible&amp;#160;» . L’échec de l’antinucléaire en France ce n’est pas d’avoir été incapable de bloquer la nucléarisation mais de ne pas avoir développé dans la population la conscience des dangers inacceptables de l’énergie nucléaire qui aurait permis de la bloquer&amp;#160;»&amp;nbsp;&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/09/01/2012/quels-enseignements-tirer-de-la-catastrophe-atomique-de-fukushima#pnote-2&quot; id=&quot;rev-pnote-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;  . &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or depuis Tchernobyl et surtout depuis Fukushima, les choses sont en train de changer.&lt;br /&gt;Le Rézo&amp;nbsp;&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/09/01/2012/quels-enseignements-tirer-de-la-catastrophe-atomique-de-fukushima#pnote-3&quot; id=&quot;rev-pnote-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;   évoque maintenant beaucoup plus «&amp;#160;l’accident majeur&amp;#160;» comme cause d’opposition au nucléaire. Sur son site on trouve même l’expression autrefois bannie de «&amp;#160;catastrophe nucléaire majeure&amp;#160;». Si le Rézo devient lui aussi «&amp;#160;catastrophiste&amp;#160;» où allons-nous&amp;#160;? Que vont dire Les amis de la Terre&amp;#160;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les amateurs de mathématiques probabilistes&amp;nbsp;&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/09/01/2012/quels-enseignements-tirer-de-la-catastrophe-atomique-de-fukushima#pnote-4&quot; id=&quot;rev-pnote-4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;  , comme Bernard Laponche, il est même question d’une augmentation inquiétante de la probabilité de l’accident en Europe. On serait passé d’une chance sur 1 million après Tchernobyl à une chance sur 100 après Fukushima&amp;#160;: pas de chance, il y a plus de 100 réacteurs en Europe (cf. Global Chance). Néanmoins, bien que montrant l’inéluctabilité de l’accident majeur en Europe, Global Chance prône une sortie en… 20 ans (!)&amp;#160;:&lt;strong&gt; si on peut en sortir en 20 ans c&amp;#8217;est que le nucléaire n’est pas si dangereux que ça&amp;#160;! On voudrait pouvoir comprendre&amp;#160;!&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la bouche du Directeur de l&amp;#8217;Autorité de Sûreté Nucléaire, André-Claude Lacoste&amp;nbsp;&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/09/01/2012/quels-enseignements-tirer-de-la-catastrophe-atomique-de-fukushima#pnote-5&quot; id=&quot;rev-pnote-5&quot;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;  , même «&amp;#160;les Officiels&amp;#160;» le reconnaissent&amp;#160;: &lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;«&amp;#160;On ne peut garantir qu&amp;#8217;il n&amp;#8217;y aura jamais d&amp;#8217;accident grave en France&amp;#160;», en admettent par ailleurs que «&amp;#160;des problèmes nouveaux se posent&amp;#160;»&amp;#160;!&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;Il est loin le temps où l’on déniait que Tchernobyl était une catastrophe nucléaire et où l’on affirmait qu’il s’agissait d’un accident soviétique.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;En réalité, la relance de l’électronucléaire a échoué
&lt;/h3&gt;
&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Après 25 années de croissance très rapide, l’industrie nucléaire a connu au début des années quatre-vingt un recul plus rapide encore, avant une véritable traversée du désert. &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Le nombre de réacteurs en chantier, après avoir culminé à 233 unités en 1979 était retombé en 1985 à moins de 35 unités, niveau sous lequel il s’est maintenu jusqu’en 2007.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Les données par le CEA sont à ce sujet très éclairantes. Le tableau «&amp;#160;elecnuc&amp;#160;»&amp;nbsp;&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/09/01/2012/quels-enseignements-tirer-de-la-catastrophe-atomique-de-fukushima#pnote-6&quot; id=&quot;rev-pnote-6&quot;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;  situe précisément une pointe de construction en 1985, soit un an avant Tchernobyl, année durant laquelle on construisit 33 réacteurs. Ce nombre s’effondre dès 1986 (24 réacteurs) pour ne plus dépasser la dizaine annuelle à partir de 1991 (4 réacteurs, comme en 2005). Elecnuc annonce aussi qu’à partir de 2008, la capacité électronucléaire aurait diminué pour la première fois de son histoire.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Avec l’arrivée de G.W. Bush en 2000, une tentative de relance a eu lieu, relayée en France par Sarkozy qui est devenu «&amp;#160;responsable&amp;#160;» non seulement du nucléaire militaire mais aussi du nucléaire civil suite à un arrêté d’avril 2008&amp;nbsp;&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/09/01/2012/quels-enseignements-tirer-de-la-catastrophe-atomique-de-fukushima#pnote-7&quot; id=&quot;rev-pnote-7&quot;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;.&lt;br /&gt;Cependant, si on considère le nombre de commandes prévues et le nombre de réacteurs qui atteindront l’âge respectable de 40 ans, il n’y a pas de compensation quantitative. On notera toutefois, que les exploitants envisagent de plus en plus ouvertement de prolonger à 60 ans l’exploitation des réacteurs les plus anciens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2005, 361 des 439 réacteurs en service avaient entre 17 et 40 ans. C’est ainsi qu’environ 300 réacteurs seront mis hors service à partir de 2025. Même si 40 réacteurs&amp;nbsp;&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/09/01/2012/quels-enseignements-tirer-de-la-catastrophe-atomique-de-fukushima#pnote-8&quot; id=&quot;rev-pnote-8&quot;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;  sont actuellement en construction dans le monde, au rythme de 3 à 4 réacteurs livrés par an, il y aura une perte nette de 240 réacteurs d’ici 2025&amp;nbsp;&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/09/01/2012/quels-enseignements-tirer-de-la-catastrophe-atomique-de-fukushima#pnote-9&quot; id=&quot;rev-pnote-9&quot;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En prenant ainsi en compte l’espérance de vie des réacteurs, nous voyons donc un effondrement du potentiel énergétique nucléaire dès 2016 si l’on considère la durée de vie de 30 ans ou dès 2026 pour un prolongement à 40 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand aux 200 «&amp;#160;projets&amp;#160;» en cours d’étude plus ou moins avancées, il est important de préciser que leur nombre a été évalué avant l’accident de Fukushima &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/09/01/2012/quels-enseignements-tirer-de-la-catastrophe-atomique-de-fukushima#pnote-10&quot; id=&quot;rev-pnote-10&quot;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces données confirment que la part du nucléaire dans le «&amp;#160;mix&amp;#160;» énergétique est nettement en train de diminuer.&lt;br /&gt;Peut-on d’ailleurs vraiment construire tous ces réacteurs en «&amp;#160;projet&amp;#160;», alors que pour exploiter toutes ces centrales il faudra produire de plus en plus d’uranium, fossile dont l’extraction est de plus en plus difficile&amp;nbsp;et la disparition annoncée dans une perspective de 40 à 60 ans en fonction de la demande mondiale&amp;#160;?&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;a title=&quot;nuc_nbre_react_construct_65-04.png&quot; href=&quot;http://www.netoyens.info/public/nuke/jlp38/nuc_nbre_react_construct_65-04.png&quot;&gt;&lt;img title=&quot;nuc_nbre_react_construct_65-04.png, janv. 2012&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;nuc_nbre_react_construct_65-04.png&quot; src=&quot;http://www.netoyens.info/public/nuke/jlp38/.nuc_nbre_react_construct_65-04_m.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;En 2005, la moyenne d’âge des centrales était ainsi de 22 ans.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;En France, pays le plus nucléarisé au monde, le déclin s’annonce encore plus rapide&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Même avec l’EPR, en maintenant les réacteurs en fonctionnement durant 40 ans, la puissance disponible est divisée par 2 dès 2025 pour plonger à une division par 4 dès 2030 (cf. graphique).&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;a title=&quot;nuc_40ans_evol_puissance.png&quot; href=&quot;http://www.netoyens.info/public/nuke/jlp38/nuc_40ans_evol_puissance.png&quot;&gt;&lt;img title=&quot;nuc_40ans_evol_puissance.png, janv. 2012&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;nuc_40ans_evol_puissance.png&quot; src=&quot;http://www.netoyens.info/public/nuke/jlp38/.nuc_40ans_evol_puissance_m.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;D’une façon globale, si l’on regarde l’évolution de la part du nucléaire dans la production mondiale d’électricité, ont constate ainsi qu’elle ne fait que diminuer. Alors qu’elle avait représenté jusqu’à 18&amp;#160;% dans les années quatre-vingts, elle s’établit à 13,6&amp;#160;% en 2009 et continue de suivre une courbe descendante de plus en plus raide &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/09/01/2012/quels-enseignements-tirer-de-la-catastrophe-atomique-de-fukushima#pnote-11&quot; id=&quot;rev-pnote-11&quot;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Après Fukushima, la situation est encore plus catastrophique pour l’industrie nucléaire&amp;nbsp;:&amp;nbsp; l’Allemagne a décidé d’arrêter, idem la Suisse, le Japon de réduire ses commandes après avoir arrêté 45 réacteurs sur 54&amp;#160;&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/09/01/2012/quels-enseignements-tirer-de-la-catastrophe-atomique-de-fukushima#pnote-12&quot; id=&quot;rev-pnote-12&quot;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;, l’Italie de ne pas relancer le nucléaire, la grande Bretagne de fermer son unité de production de Mox&amp;#8230; Le contrecoup pour l’industrie nucléaire est ainsi une réalité quelques mois à peine après cette dernière catastrophe.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;La droite devient-elle «antinucléaire»&amp;#160;?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le plus «&amp;#160;comique&amp;#160;», si tant est que l’on puisse utiliser ce terme après Fukushima, c’est le revirement des droites dans le monde. La droite allemande a accepté de sortir en 20 ans du nucléaire, la droite Suisse en 2034, la droite japonaise a pu évoquer la sortie du nucléaire par la bouche de l’ex-Premier Ministre Naoto Kan, certes il a vite été «&amp;#160;licencié&amp;#160;», mais il n’empêche qu’il représente une tendance (habatsu) importante au sein du PLD, enfin la droite berlusconnienne a pris acte du vote référendaire rejetant massivement le retour du nucléaire en Italie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, les droites ont pris acte de la pression populaire, et lorsqu’elles sont antinucléaires c’est d’abord pour des raisons financières.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais lorsqu’on voit les bilans d’EDF et surtout d’Areva dangereusement mis en péril par l’explosion des coûts du nucléaire&amp;nbsp;&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/09/01/2012/quels-enseignements-tirer-de-la-catastrophe-atomique-de-fukushima#pnote-13&quot; id=&quot;rev-pnote-13&quot;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt; et par la baisse des commandes on ne peut que se demander où est passé la droite française&amp;#160;? elle en théorie (mais en théorie seulement) si soucieuse d’économiser les deniers publics quand va-t’elle faire comme avec la Grèce et accepter la faillite non point de l’Etat grec, mais du nucléaire en France&amp;#160;?&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt;&lt;h3&gt;Notes&amp;#160;:&lt;/h3&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/09/01/2012/quels-enseignements-tirer-de-la-catastrophe-atomique-de-fukushima#rev-pnote-1&quot; id=&quot;pnote-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] NDLR&amp;#160;: &lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/09/01/2012/index.php/contrib/29/12/2011/chroniques-anti-nucleaires-un-beau-sujet-pour-les-presidentielles-&quot;&gt;un séisme bien plus faible de niveau 6 a t&amp;#8217;on appris récemment&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/09/01/2012/quels-enseignements-tirer-de-la-catastrophe-atomique-de-fukushima#rev-pnote-2&quot; id=&quot;pnote-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] Roger Belbéoch bulletin du Comité Stop Nogent&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/09/01/2012/quels-enseignements-tirer-de-la-catastrophe-atomique-de-fukushima#rev-pnote-3&quot; id=&quot;pnote-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;] Réseau Sortir du Nucléaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/09/01/2012/quels-enseignements-tirer-de-la-catastrophe-atomique-de-fukushima#rev-pnote-4&quot; id=&quot;pnote-4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;] Bien entendu, nous ne partageons pas ces thèses probabilistes, car les causes de catastrophes majeures sont infinies. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/09/01/2012/quels-enseignements-tirer-de-la-catastrophe-atomique-de-fukushima#rev-pnote-5&quot; id=&quot;pnote-5&quot;&gt;5&lt;/a&gt;] Le Monde 31/03/11&amp;#160;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/09/01/2012/quels-enseignements-tirer-de-la-catastrophe-atomique-de-fukushima#rev-pnote-6&quot; id=&quot;pnote-6&quot;&gt;6&lt;/a&gt;] ELECNUC «les centrales nucléaires dans le monde&amp;#160;» édition 2006 voir tableau en annexe &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/09/01/2012/quels-enseignements-tirer-de-la-catastrophe-atomique-de-fukushima#rev-pnote-7&quot; id=&quot;pnote-7&quot;&gt;7&lt;/a&gt;] Le décret n°2008-378 du 21 avril 2008 institue un conseil de
politique nucléaire. Le mot «&amp;#160;extérieure&amp;#160;» a disparu de la politique
nucléaire du conseil. L&amp;#8217;article 1er de ce décret précise&amp;#160;: &lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;«&amp;#160;Il est
institué un conseil de politique nucléaire présidé par le président de
la République. Le conseil définit les grandes orientations de la
politique nucléaire et veille à leur mise en oeuvre, notamment en
matière d&amp;#8217;exportation et de coopération internationale, de politique
industrielle, de politique énergétique, de recherche, de sûreté, de
sécurité et de protection de l&amp;#8217;environnement&amp;#160;».&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt; Ainsi ce décret concerne
toute la politique nucléaire française tant internationale que
nationale et c&amp;#8217;est le Président de la République qui s&amp;#8217;occupe de tout,
y compris de la recherche, de la sûreté, de la radioprotection et de
l&amp;#8217;environnement. D’après la
&lt;a rel=&quot;external&quot; href=&quot;http://www.dissident-media.org/stop_nogent/Lettre_CSN_118.pdf&quot;&gt;lettre d&amp;#8217;information n°118 de juin 2009&lt;/a&gt; du &lt;a rel=&quot;external&quot; href=&quot;http://www.dissident-media.org/stop_nogent&quot;&gt;comité Stop Nogent-sur-Seine&lt;/a&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/09/01/2012/quels-enseignements-tirer-de-la-catastrophe-atomique-de-fukushima#rev-pnote-8&quot; id=&quot;pnote-8&quot;&gt;8&lt;/a&gt;] En fait, il y a bien eu une «&amp;#160;relance&amp;#160;» entre 2005 et 2011, puisque le
numéro spécial du journal Le Monde indique que 65 réacteurs étaient en
constructions durant cette période, mais la plupart se trouvaient
concentrés dans quatre pays&amp;#160;: 20&amp;#160;en République Populaire de Chine, 7&amp;#160;en
Russie, 6&amp;#160;en Corée du Sud et 2&amp;#160;en Inde, et c’était avant l’accident de
Fukushima. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/09/01/2012/quels-enseignements-tirer-de-la-catastrophe-atomique-de-fukushima#rev-pnote-9&quot; id=&quot;pnote-9&quot;&gt;9&lt;/a&gt;] Paul Chefurka «énergies et population mondiales&amp;#160;» &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/09/01/2012/quels-enseignements-tirer-de-la-catastrophe-atomique-de-fukushima#rev-pnote-10&quot; id=&quot;pnote-10&quot;&gt;10&lt;/a&gt;] Le «&amp;#160;courrier international&amp;#160;» n°956 février 2009&amp;#160;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/09/01/2012/quels-enseignements-tirer-de-la-catastrophe-atomique-de-fukushima#rev-pnote-11&quot; id=&quot;pnote-11&quot;&gt;11&lt;/a&gt;] Stéphane Lhomme dans le numéro 75 de «&amp;#160; Journal de la décroissance et de la joie de vivre&amp;#160;» décembre 2010&amp;#160;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/09/01/2012/quels-enseignements-tirer-de-la-catastrophe-atomique-de-fukushima#rev-pnote-12&quot; id=&quot;pnote-12&quot;&gt;12&lt;/a&gt;] En Octobre 2011&amp;#160;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/09/01/2012/quels-enseignements-tirer-de-la-catastrophe-atomique-de-fukushima#rev-pnote-13&quot; id=&quot;pnote-13&quot;&gt;13&lt;/a&gt;] AREVA mis en difficulté&amp;#160;? (Le Figaro 12/12/2011)&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Dérapage du cout de l’EPR&amp;#160;: de 4 à 6 milliards&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Baisse des commandes&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;2&amp;#160;700 à 2&amp;#160;900 licenciements annoncés.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Conflit avec EDF au sujet de l’EPR.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Le cours des actions EDF et Areva ont été divisées par plus de quatre depuis 2007.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;h3&gt;Post-Scriptum&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;[NDLR] En hommage à Roger Belbéoch décédé le 27 décembre 2011.&lt;br /&gt;
merci au &lt;a href=&quot;http://groix.revolublog.com/roger-belbeoch-laisse-un-grand-vide-mais-beaucoup-de-traces-a29381682&quot; rel=&quot;external&quot;&gt;groupe GROIX&lt;/a&gt; pour cette vidéo&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://vimeo.com/34537589&quot;&gt;Roger Belbéoch, scientifique anti-nucléaire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;iframe src=&quot;http://player.vimeo.com/video/34537589?title=0&amp;amp;byline=0&amp;amp;portrait=0&quot; width=&quot;400&quot; height=&quot;320&quot; frameborder=&quot;0&quot; webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowFullScreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://vimeo.com/34537589&quot;&gt;Roger Belbéoch, scientifique anti-nucléaire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Vers la fin de la société ?</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/21/12/2011/vers-la-fin-de-la-societe</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:69789a44f4886b6b224de1fa2fdf0f34</guid>
    <pubDate>Wednesday 21 December 2011</pubDate>
    <dc:creator>Yann Fiévet</dc:creator>
        <category>Édito</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Nous acceptons difficilement de regarder la réalité en face. Nous
préférons souvent nous persuader, sans en être totalement convaincus,
que tout ce à quoi nous avons été attaché dans le passé est toujours
présent et le sera encore demain. Ainsi, nous croyons que ce que nous
nommons communément société existe encore.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Bien sûr, nous entendons dire que nous sommes gouvernés désormais par une oligarchie, que l’État partout se désengage de ses missions traditionnelles, que les citoyens ne sont pas consultés à propos des affaires sérieuses de la Cité. Mais, sous ces arguments pertinents nous espérons pouvoir encore distinguer une société attendant son heure pour redevenir pleinement elle-même. Affirmons-le enfin&amp;#160;: cet espoir n’est plus de mise. La société est en voie de disparition. Le principal agent de cette disparition est l’abandon de l’intérêt général au profit de la satisfaction d’intérêts particuliers à la puissance chaque jour renforcé. &lt;ins&gt;Lutter contre la disparition de la société devrait être la seule préoccupation de la prochaine élection présidentielle&lt;/ins&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La société est un corps éminemment complexe se dotant, tout au long d’une histoire mouvementée, d’organes de gouvernement et de régulation normalement chargés de renforcer la cohésion sociale. L’idée de société s’oppose donc à celle de la simple addition d’individus occupés à la seule recherche de satisfaction de leur intérêt personnel ou de celui de leurs proches. Les sociétés dignes de cette définition – qu’il est erroné de croire trop ambitieuse – sont celles qui réussissent à &lt;ins&gt;développer le «&amp;#160;vivre ensemble&amp;#160;»&lt;/ins&gt;, ce concept si facilement méprisé par les chantres de l’autorégulation sociale. Pour satisfaire une telle exigence encore faut-il que la société soit capable de faire vivre &lt;ins&gt;un principe fondamental&amp;#160;: l’intérêt général&lt;/ins&gt;. C’est à l’État de le définir et de le faire accepter par le corps social dans son entier. Deux conditions au moins sont nécessaires à cela&amp;#160;: &lt;ins&gt;que l’État dispose de toute sa légitimité&lt;/ins&gt; auprès du corps social et que celui-ci ait gardé en lui &lt;ins&gt;la volonté de solidarité envers les plus démunis&lt;/ins&gt;. Le moins que l’on puisse dire est que &lt;ins&gt;ces deux conditions ne sont plus remplies en France aujourd’hui&lt;/ins&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que l’on pouvait nommer hier, avec une certaine fierté, &lt;ins&gt;«&amp;#160;le modèle social français&amp;#160;» est désormais attaqué de toutes parts&lt;/ins&gt;. Construit pour l’essentiel au sortir de la Seconde Guerre mondiale, il reposait sur des politiques publiques se donnant les moyens de leur ambition. C’était avant l’avènement du néolibéralisme, avant que la plupart des hommes politiques ne décident que le Marché devait s’emparer progressivement de bon nombre des anciennes prérogatives de l’État, pour une meilleure efficacité économique et financière comme ils s’en disent convaincus. Au bout de trente années de ce glissement – longtemps sournois, maintenant débridé- le monde politique est devenu impuissant, otage qu’il est de la dictature des marchés financiers. Nous rendons-nous réellement compte de la folie qui tourmente notre société&amp;#160;: les agences de notation nord-américaines évaluent désormais jusqu’aux performances financières de la Sécurité Sociale et de la plupart de ce qu’il nous reste de services publics&amp;#160;! Retirer à notre système de protection sociale son «&amp;#160;triple A&amp;#160;» relèverait de la triple C. Et triplera la misère&amp;#160;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De «&amp;#160;providentiel&amp;#160;» l’État est devenu répressif et destructeur. On ne pousse pas dans l’insécurité sociale les moins armés pour affronter «&amp;#160;la compétition de tous contre tous&amp;#160;» sans faire naître des risques de délits intrinsèquement liés à cette insécurité, lien que l’on fait mine d’ignorer. On réprimera de plus en plus durement ces délits «&amp;#160;socialement déclenchés&amp;#160;» d’autant plus facilement que l’on en dissimule la cause et qu’il faut bien tenir en respect tous ceux que l’on suspecte de pouvoir passer à l’acte un jour prochain. &lt;strong&gt;L’État social fait place petit à petit à l’État pénal&lt;/strong&gt;. Pour donner libre cours à sa nouvelle «&amp;#160;vocation destructrice&amp;#160;» &lt;ins&gt;l’État s’est doté d’une machine de guerre nommée RGPP&lt;/ins&gt;. Cette &lt;em&gt;Révision Générale des Politiques Publiques&lt;/em&gt; est en réalité un rabougrissement généralisé des prérogatives publiques. La volonté affichée d’évaluer les politiques publiques pour les rendre plus efficaces est une mascarade, n’est qu’une opération de communication pour citoyens non avertis. L’impact social de ces politiques n’est plus mesuré depuis longtemps. Le bilan n’est pas fait des nombreuses réformes successives engagées dans les divers domaines d’intervention de l’État. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des cabinets d’audit privés évaluent financièrement – avec les critères que l’on imagine - chaque mission pour les décréter trop coûteuses le plus souvent. On confie ensuite ces missions à des agences de droit privé, telle l’Agence du médicament, chargées de «&amp;#160;réguler&amp;#160;» grâce à leurs experts inféodés aux firmes privés, le domaine qui leur a été concédé. &lt;ins&gt;Il existe aujourd’hui en France près de 650 agences de ce type&lt;/ins&gt;. Le scandale du Médiator devrait pourtant inciter à une remise en cause de cette façon qu’a la puissance publique d’abdiquer de ses missions d’intérêt général.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partout on casse ce que la société avait patiemment bâti pour atténuer ou compenser les effets pervers du fonctionnement de l’économie. Une idéologie mortifère est à l’œuvre où les victimes de &lt;ins&gt;la sauvagerie du système économico-financier &lt;/ins&gt;deviennent coupables. Coupables d’être trop coûteux pour la collectivité que l’on ne se donne plus la peine de définir autrement qu’en termes strictement budgétaires. Les pauvres et les chômeurs sont dénoncés comme les premiers responsables de leur pauvreté et de leur chômage. &lt;ins&gt;L’État et la société telle qu’elle devient n’aiment plus les fonctionnaires&lt;/ins&gt;. Grâce à la loi «&amp;#160;mobilité&amp;#160;» on va enfin «&amp;#160;dégraisser le mammouth&amp;#160;»&amp;#160;: le licenciement des fonctionnaires sans motif est désormais possible. Demain le fonctionnaire ne sera plus attaché à un corps et pourra être déplacé au gré de l’évolution capricieuse des besoins définis budgétairement. Ainsi, les enseignants ne resteront pas nécessairement enseignants. Bientôt ils ne seront plus évalués sur leurs qualités pédagogiques mais sur leur capacité à entrer dans un cadre de compétences définies en dehors de la nécessité absolue de dispenser dans les meilleures conditions possibles leurs connaissances acquises au cours d’un long parcours. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N’est-il pas temps de sortir de cette spirale infernale par laquelle sont broyées des vies et des volontés. La Droite ne le fera évidemment pas. La Gauche «&amp;#160;de gouvernement&amp;#160;» ne semble pas s’apprêter à le faire. Sombre perspective&amp;#160;!&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Triple A – mon amour</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/25/11/2011/triple-a-mon-amour</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:1f165635d87970e45e9542f0569bb795</guid>
    <pubDate>Friday 25 November 2011</pubDate>
    <dc:creator>Edrobal</dc:creator>
        <category>Édito</category>
            
    <description>&lt;p lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;strong&gt;Un amour de dette&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;Et voici le feuilleton de l&amp;#8217;année – une sitcom
dirait-on sur TF1 – qui risque bien de continuer en 2012.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Le titre en a été donné par les médias&amp;#160;: «&amp;#160;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;la crise de la dette&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&amp;#160;» et le scénario en a été écrit par la finance internationale. La trame en est très simple – voire simpliste – en apparence&amp;#160;: un pays voit sa dette extérieure enfler, les instituts de notation jouent les pères fouettards, les marchés s’affolent, les taux d&amp;#8217;intérêt grimpent ce qui fait enfler d&amp;#8217;autant plus la dette et la spirale infernale est enclenchée. Ensuite, dans un réflexe quasiment pavlovien, les gouvernements reculent l&amp;#8217;âge de la retraite, réduisent les dépenses sociales, diminuent le nombre de fonctionnaires etc. (Lisez votre quotidien préféré ou regardez le 20H à la TV pour la liste exhaustive).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La version française est juste un peu différente&amp;#160;: les banques françaises s&amp;#8217;étant largement gavée avec les emprunts d&amp;#8217;États aujourd&amp;#8217;hui en difficulté, certaines risquent la banqueroute pure et simple. Heureusement, le Nain est là et joue les Zorros pour les sauver sous prétexte de sauver l&amp;#8217;€uro, l&amp;#8217;Europe et même le Monde. En fait, le Nain pense que son destin – et quoi donc l&amp;#8217;intéresse plus que cela – est lié au triple A de la
France. Donc, toute la politique économique est orientée vers ce seul but – le Graal de cette époque – conserver le «&lt;strong&gt; Triple A &lt;/strong&gt;» de la France. Le budget de la France n&amp;#8217;est plus rédigé par le gouvernement ni voté par le parlement, il est dicté par les agences de notation. Comme dit le &lt;strong&gt;Canard Enchaîné&lt;/strong&gt;, on ne dit plus «&amp;#160;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;a voté&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&amp;#160;» mais «&amp;#160;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;a noté&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&amp;#160;».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est bien possible que vous n&amp;#8217;ayez pas vraiment compris cette histoire, qui est une vraie prise de dette. Ou alors, vous pensez avoir compris, mais seulement ce que l&amp;#8217;on voulait vous faire croire. Il faut bien comprendre, en effet, que la crise que l&amp;#8217;on agite tant et plus n&amp;#8217;est pas une affaire de gros sous mal dépensés par des pouvoirs publics incompétents comme on veut nous le faire admettre pour faire passer la potion amère d&amp;#8217;une politique d&amp;#8217;austérité déguisée. Nous sommes, en fait, devant l&amp;#8217;aboutissement d&amp;#8217;une politique menée de main de maître et de longue date. Oui ce que certains à gauche appelle une crise du capitalisme n&amp;#8217;en est pas une. Ce n&amp;#8217;est pas un accident de l&amp;#8217;histoire mais une démarche voulue et programmée. La reprise par une oligarchie de tous les acquis sociaux que la classe ouvrière avait conquis au cours d&amp;#8217;un siècle de luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette histoire commence dans les années 1970. On assiste dans ces années à ce que &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Susan_George&quot;&gt;Susan Georges&lt;/a&gt; appelle&amp;#160;: «&amp;#160;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;un glissement tellurique de la pensée américaine vers la droite&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&amp;#160;». Depuis les années 1930, ce sont les idées économiques de &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/John_Maynard_Keynes&quot;&gt;John Maynard Keynes&lt;/a&gt; qui ont dominé non seulement la théorie mais aussi la pratique, à commencer par le &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/New_Deal&quot;&gt;New Deal&lt;/a&gt; de &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Franklin_Delano_Roosevelt&quot;&gt;Franklin D. Roosevelt&lt;/a&gt; et ses interventions gouvernementales volontaristes pour surmonter la Grande Dépression. Alors, sous l&amp;#8217;influence des économistes de l&amp;#8217;&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89cole_de_Chicago_%28%C3%A9conomie%29&quot;&gt;école de Chicago&lt;/a&gt; inspirés par les écrits de &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Friedrich_Hayek&quot;&gt;Friedrich Hayek&lt;/a&gt;, la doctrine néolibérale va petit à petit s&amp;#8217;imposer dans les classes dirigeantes. Cette doctrine peut se résumer en quelques points&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Les mécanismes du marché sont toujours préférables à la régulation et à l&amp;#8217;intervention étatiques.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;L&amp;#8217;entreprise privée est supérieure au secteur public en termes d&amp;#8217;efficacité, de qualité et de prix.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Le libre-échange sera toujours en définitive avantageux pour l&amp;#8217;ensemble de la population par rapport au protectionnisme.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Il est normal et souhaitable que les activités de service publique y compris les soins médicaux ou l&amp;#8217;éducation appartiennent au secteur marchand et génèrent du profit.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Une fiscalité allégée, en particulier pour les riches, garantira un investissement supérieur et par là même une plus grande prospérité.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Les inégalités sont un fait intrinsèque à toute société et, en conséquence, doivent être acceptées.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Si certaines personnes sont pauvres, elles ne peuvent s&amp;#8217;en prendre qu&amp;#8217;à elles-mêmes car le travail est toujours récompensé.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Une société vraiment libre ne peut exister sans libre marché&amp;#160;; il s&amp;#8217;ensuit que capitalisme et démocratie se soutiennent mutuellement.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Il est clairement avéré qu&amp;#8217;aujourd&amp;#8217;hui, dans les démocraties occidentales, tout ou partie de ce dogme a été intégré par la classe politique tant dans les partis de droite que dans les partis sociaux-démocrates. La France fait encore un peu «&amp;#160;exception culturelle&amp;#160;» en ayant des partis de gauche refusant ces dogmes tout en ayant un poids électoral non négligeable bien qu&amp;#8217;en diminution. Pire encore, grâce à la main-mise de l&amp;#8217;oligarchie néolibérale sur les médias, cette pensée est quasiment devenue la pensée dominante à tel point que beaucoup de nos concitoyens ont admis que nous n&amp;#8217;avons plus les moyens de financer nos dépenses sociales et acceptent la politique de rigueur comme étant inéluctable.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;La «&amp;#160;Loi n°73-7&amp;#160;», la «&amp;#160;Loi Rotschild&amp;#160;»&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Revenons à l&amp;#8217;année 1973. &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Pompidou&quot;&gt;Georges Pompidou&lt;/a&gt; est Président de la République et &lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Val%C3%A9ry_Giscard_d%27Estaing&quot;&gt;Valéry Giscard d&amp;#8217;Estaing&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;, ministre de l&amp;#8217;Économie et des Finances. La «&amp;#160;&lt;strong&gt;Loi n°73-7&amp;#160;»&lt;/strong&gt;&amp;nbsp;sur la «&amp;#160;&lt;strong&gt;Banque de France&amp;#160;»&lt;/strong&gt;
(aussi appelée «&amp;#160;&lt;strong&gt;loi Pompidou-Giscard&amp;#160;»&lt;/strong&gt;, et parfois, péjorativement, «&amp;#160;&lt;strong&gt;loi Rothschild&amp;#160;»&lt;/strong&gt;, allusion au fait que &lt;strong&gt;Pompidou&lt;/strong&gt; fut directeur général de la &lt;strong&gt;Banque Rothschild&lt;/strong&gt;), est votée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette loi modifie l&amp;#8217;organisation de la «&amp;#160;&lt;strong&gt;Banque de France&amp;#160;»&lt;/strong&gt; et affaiblit les droits du «&amp;#160;&lt;strong&gt;Trésor Public&amp;#160;»&lt;/strong&gt; par rapport à celle-ci. L&amp;#8217;article 25 interdit en effet au «&amp;#160;&lt;strong&gt;Trésor Public&amp;#160;»&lt;/strong&gt; d&amp;#8217;emprunter directement à la «&amp;#160;&lt;strong&gt;Banque de France&amp;#160;»&lt;/strong&gt; à un taux d&amp;#8217;intérêt faible ou nul (par création monétaire), comme il en avait jusqu&amp;#8217;alors le droit. Cet article stipule&amp;#160;: «&amp;#160;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l&amp;#8217;escompte de la Banque de France &amp;#160;».&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette formule assez obscure pour le commun des mortels, interdit en fait à la Banque de France de faire crédit à l’État, condamnant la France à se tourner vers des banques privées et à payer des intérêts&amp;#160;; alors qu’avant cette loi, quand l’État empruntait de l’argent, il le faisait auprès de la banque de France qui, lui appartenant, lui prêtait sans intérêt.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, avant cette loi de 1973, l’État français avait le droit de battre monnaie pour financer ses dépenses. Avec cette nouvelle loi, l’État français perd ce droit qu&amp;#8217;il lègue aux banques privées qui en profitent pour s’enrichir à ses dépends en lui prêtant - avec intérêt - l’argent dont il a besoin pour financer ses politiques publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interrogé en 2008, &lt;em&gt;Valéry Giscard d&amp;#8217;Estaing&lt;/em&gt; déclare sur son site internet&amp;#160;: «&amp;#160;&lt;em&gt;La réforme des statuts de la &lt;/em&gt;Banque de France, &lt;em&gt;adoptée sous le mandat de&lt;/em&gt; Georges Pompidou&lt;em&gt; et lorsque j&amp;#8217;étais ministre des Finances, est une réforme moderne qui a transposé en France la pratique en vigueur dans tous les grands pays&amp;#160;: il s&amp;#8217;agissait à l&amp;#8217;époque de constituer un véritable marché des titres à court, moyen et long terme, qu&amp;#8217;il soit émis par une entité privée ou publique&amp;nbsp;&lt;/em&gt;». Quel aveu cynique que cette loi était bien destinée à permettre à la finance de s&amp;#8217;enrichir sur le dos de l&amp;#8217;État et des contribuables. Rappelons que dans le même temps, &lt;em&gt;Valéry Giscard d&amp;#8217;Estaing&lt;/em&gt; lancera  «&amp;#160;l&amp;#8217;&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Emprunt_Giscard&quot;&gt;Emprunt Giscard&lt;/a&gt;&amp;#160;», emprunt national à un &lt;ins&gt;taux d&amp;#8217;intérêt de 7%&lt;/ins&gt; qui s’avérera particulièrement ruineux pour la France puisque pour &lt;ins&gt;7,5 milliards de francs emprunté pour 15 ans&lt;/ins&gt;, &lt;ins&gt;l’État dut rembourser&lt;/ins&gt; (en intérêts et capital) plus de &lt;ins&gt;90 milliards de francs&lt;/ins&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 1981 le «&amp;#160;programme commun&amp;#160;» aurait dû se réapproprier le droit gouvernemental de créer la monnaie. &lt;/strong&gt;Mais au lieu de saisir cette chance la gauche a, en 1992, abdiqué encore plus en signant le &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9_sur_l%27Union_europ%C3%A9enne&quot;&gt;traité de Maastricht&lt;/a&gt; (et tout particulièrement l&amp;#8217;&lt;a href=&quot;http://www.dailymotion.com/video/x5xwcv_etienne-chouard-article-104-du-trai_news&quot;&gt;article 104&lt;/a&gt;  — devenu article 123 du &lt;a href=&quot;http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:C:2008:115:0047:0199:fr:PDF&quot;&gt;traité de Lisbonne&lt;/a&gt; —  et l&amp;#8217;article 107).&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;L’article 123 du traité de Lisbonne&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cet article stipule que&amp;#160;: «&amp;#160;&lt;em&gt;Il est interdit à la Banque centrale européenne et aux banques centrales des États membres, ci-après dénommées «&amp;#160;banques centrales nationales&amp;#160;», d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions, organes ou organismes de l’Union, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres&amp;#160;; l’acquisition directe, auprès d’eux, par la Banque centrale européenne ou les banques centrales nationales des instruments de leur dette est également interdite&lt;/em&gt;&amp;#160;».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En clair les États signataires s’interdisent de se financer directement à taux zéro auprès de leur banque centrale ou de la BCE. Ils sont obligés de s’adresser aux banques privées qui leur proposent les taux qu’elles décident tout en se finançant actuellement elles-mêmes à un taux quasi nul auprès de la BCE. En
empruntant aux banques privées ou en lançant des emprunts nationaux (dernièrement le «&amp;#160;&lt;a titel=&quot;grand emprunt&quot; class=&quot;dcwikipedia&quot; href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Grand_emprunt_de_la_France_en_2010&quot;&gt;grand emprunt&lt;/a&gt;&amp;#160;» lancé par NS), les gouvernements surenchérissent mécaniquement le financement des politiques publiques car, redisons le tant &lt;strong&gt;c&amp;#8217;est l&amp;#8217;endroit précis où tout se joue&lt;/strong&gt;, là où la banque centrale de France prêtait directement à l’État à des taux faibles ou nuls, les banques privées appliquent des taux variables pour une part fonction du «&amp;#160;sérieux&amp;#160;» de l&amp;#8217;État emprunteur. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et qui en juge&amp;#160;? Non pas notre Parlement ou la Cours des comptes ni même la BCE ou le Parlement européen mais les trois fameuses agences de notation, parties intégrantes de cette manigance, de cette machinerie, de ce système. Elles sont aujourd&amp;#8217;hui détentrices de fait d&amp;#8217;un monopole de l&amp;#8217;appréciation de la politique des États. Elles se nomment Moody&amp;#8217;s, Standards &amp;amp; Poor&amp;#8217;s mais aussi la très française Fitch Ratings, certes basée à Londres, mais contrôlée par Marc Eugène Charles Ladreit de Lacharrière via une holding française (Fimalac) dont il est le principal actionnaire&amp;#8230; toutes plus ou moins sous la coupe réglée de la banque «&amp;#160;d&amp;#8217;affaires&amp;#160;», Goldman Sachs &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/25/11/2011/triple-a-mon-amour#pnote-1&quot; id=&quot;rev-pnote-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;Inflation – BCE – politique monétaire et croissance&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il faut maintenant revenir sur la question de l&amp;#8217;inflation. Rappelons que la BCE a pour unique mandat de lutter contre l&amp;#8217;inflation. La gauche quant à elle, dès 1982 sous l&amp;#8217;influence d&amp;#8217;un &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Delors&quot;&gt;Jacques Delors&amp;nbsp;&lt;/a&gt; aussi initiateur du &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Tournant_de_la_rigueur&quot;&gt;tournant de la rigueur&lt;/a&gt;, va aussi diaboliser l&amp;#8217;inflation sous prétexte de défendre le pouvoir d&amp;#8217;achat des travailleurs. Rappelons quand même qu&amp;#8217;avec l&amp;#8217;indexation des salaires et des retraites justement sur l&amp;#8217;inflation&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/25/11/2011/triple-a-mon-amour#pnote-2&quot; id=&quot;rev-pnote-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;, ce pouvoir d&amp;#8217;achat se portait bien mieux qu&amp;#8217;aujourd&amp;#8217;hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit bien ici comment la main de la finance parvient à imposer son diktat&amp;#160;: si l&amp;#8217;inflation n&amp;#8217;est pas en réalité un préjudice pour les salariés, elle provoque en revanche une érosion de la valeur de la rente et du capital. Dès lors l&amp;#8217;inflation est inacceptable pour un capitalisme qui est en train de changer de paradigme. En effet, sous l&amp;#8217;influence néolibérale, le capitalisme entrepreneurial va être supplanté par un capitalisme financier nécessairement de plus en plus spéculatif. Pour ce capitalisme, la monnaie devient une marchandise que l&amp;#8217;on échange et dont la valeur doit être maintenue – sauf si la spéculation y trouve son intérêt – quel qu&amp;#8217;en soit le coût social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour bien comprendre la puissance de ce capitalisme spéculatif, il suffit de savoir que la &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Banque_des_r%C3%A8glements_internationaux&quot;&gt;Banque des règlements internationaux&lt;/a&gt; fait état d&amp;#8217;échanges sur le marché des changes atteignant 4 trilliards (ou 4000 milliards) de dollars par jour en avril 2010. Le montant total des transactions interbancaires était de 3&amp;#160;478 trillions de dollars ou 3&amp;#160;478&amp;#160;000 milliards de dollars en 2008. Sur ce chiffre, seulement 1,6% portent sur les biens et les services, ce que l&amp;#8217;on appelle par ailleurs, l&amp;#8217;économie réelle. Le reste, soit plus de 98% de cette somme surréaliste, représente ce «&amp;#160;Big casino&amp;#160;» où les gagnants empochent leurs gains et où les gros perdants se voient rembourser leur mise&amp;#160;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous comprenez donc que la lutte contre l&amp;#8217;inflation n&amp;#8217;est pas l&amp;#8217;intérêt premier de la France et des Français, mais qu&amp;#8217;elle est dictée par des considérations étrangères à l&amp;#8217;économie.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;Le rôle de la croissance &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Croissance, c&amp;#8217;est ce mot que l&amp;#8217;on trouve dans tous les discours politiques de droite ou de gauche. C&amp;#8217;est l&amp;#8217;alpha et l&amp;#8217;oméga de leur programme économique. À les entendre, sans croissance pas de solution. Il est facile de comprendre que dans un monde fini, la croissance éternelle n&amp;#8217;existe pas et donc que
cette solution ne peut être qu&amp;#8217;à court terme. Mais voyons plutôt le vice fondamental de la politique monétaire menée ces dernières décennies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne peut y avoir de croissance économique sans croissance de la masse monétaire. En effet, n&amp;#8217;importe qui peut comprendre que si les échanges économiques augmentent en quantité et/ou en valeur, il faut bien que le quantité d&amp;#8217;argent en circulation augmente. Or, comme avec les règles édictées par la &lt;strong&gt;Loi n°73-7 ou le traité de Lisbonne, seule les banques peuvent mettre de la monnaie en circulation, la croissance économique ne peut plus se faire qu&amp;#8217;avec une croissance de l&amp;#8217;endettement. Parallèlement et inéluctablement, il se produit une concentration de la propriété dans les mains d&amp;#8217;une oligarchie. Mais, ne serait-ce pas là la finalité de la doctrine néolibérale&amp;#160;?&amp;lt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;«Laissez-moi émettre et contrôler la monnaie d’une nation, et je me fiche de qui fait ses lois.»&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/25/11/2011/triple-a-mon-amour#pnote-3&quot; id=&quot;rev-pnote-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, vous commencez, peut-être, à comprendre le piège dans lequel sont enfermées les démocraties occidentales et la France en particulier. Ne comptons pas, pour en sortir, sur le duo Sarkozy-Hollande. Ces deux-là que les médias ont déjà adoubés comme seuls présidentiables et qualifiés d&amp;#8217;avance pour le second tour de l&amp;#8217;élection de 2012 sont les candidats du système car il n&amp;#8217;ont aucune intention de le mettre en cause. Et nous voilà peuple héritier de 1789 nous retrouvant en proie au bon vouloir du système financier et bancaire international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi voter si nous acceptons par notre vote la confiscation de notre liberté&amp;#160;? Car ne nous le cachons pas, c&amp;#8217;est bien la démocratie et, à terme, notre liberté qui est en jeu. Il n&amp;#8217;est qu&amp;#8217;à voir les réactions scandalisées qui ont accueilli la décision de Papandréou d&amp;#8217;organiser un référendum sur le plan d&amp;#8217;aide de l&amp;#8217;Union Européenne. La démocratie n&amp;#8217;est pas compatible avec le néolibéralisme, le fascisme oui. Faisons le parallèle avec une sombre période de notre histoire&amp;#160;: la montée du nazisme. Les démocraties ont refusé l&amp;#8217;affrontement jusqu&amp;#8217;au moment où il ne pouvait plus que tourner à la catastrophe. Ne refaisons pas la même erreur. Ne suivons pas les &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org%20wiki/Arthur_Neville_Chamberlain&quot;&gt;Chamberlain&lt;/a&gt; dans un nouveau &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Accords_de_Munich&quot;&gt;Munich&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voter pour le sarkozisme pur jus ou pour le sarkozisme vaseliné c&amp;#8217;est la même chose au final. D&amp;#8217;ailleurs, ils ont tous deux tellement peu d&amp;#8217;arguments à faire valoir qu&amp;#8217;ils sont en train de nous faire un remake de la dernière campagne et cela finira par l&amp;#8217;argument choc du «&amp;#160;vote utile&amp;#160;». Un vote utile qu&amp;#8217;un média se prétendant de «&amp;#160;gauche&amp;#160;» a même osé qualifié d&amp;#8217; «&amp;#160;impératif moral&amp;#160;». Jusqu&amp;#8217;où descendront-ils dans l&amp;#8217;abject mépris d&amp;#8217;un électorat considéré comme une simple cible marketing&amp;#160;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et bien non&amp;#160;! Le vote utile c&amp;#8217;est de lutter contre la finance apatride, c&amp;#8217;est le patriotisme économique. Voter utile c&amp;#8217;est voter pour les candidats qui refusent le déclin que l&amp;#8217;on nous annonce inéluctable et qui acceptent d&amp;#8217;affronter la bête&amp;#160;: les marchés. Allons-nous faire comme les Espagnols qui, déçus par la rigueur de gauche, se sont jetés dans la rigueur de droite comme on se jetterais à l&amp;#8217;eau pour ne pas être mouillé par la pluie&amp;#160;? Voter pour un autre candidat que les deux «&amp;#160;présidentiables&amp;#160;» serait un risque&amp;#160;? Allons donc. Le vrai risque sera de ne pas prendre de risque.&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Doit-on rembourser la dette et comment&amp;#160;? Le calcul est simple si on ne laisse pas les économistes la compliquer&amp;#160;: entre 1979 et 2010, la dette a augmenté de 1348 milliards d’euros et nous avons payé 1408 milliards d’euros d’intérêts.[&lt;a href=&quot;http://monnaie.wikispaces.com/Arnaque&quot;&gt;*&lt;/a&gt;] Conclusion&amp;#160;: nous avons largement payé. Cessons d&amp;#8217;engraisser le cochon. Il est temps de le tuer.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Comment lutter contre le chômage sans retrouver la croissance&amp;#160;? Cessons d&amp;#8217;exporter nos postes de travail et relocalisons. Pour cela, il faut combattre le dogme de la concurrence libre et non faussée. Bien sûr, il faut abandonner les règles de l&amp;#8217;OMC, revenir sur le libre-échange et mettre en vigueur un protectionnisme social et environnemental. Recréons des services publiques, des hôpitaux, des écoles de qualité. Mettons en chantier une politique active de protection de l&amp;#8217;environnement … Cela devrait largement suffire à retrouver le plein emploi.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Où trouver l&amp;#8217;argent pour faire tout cela&amp;#160;? L&amp;#8217;argent n&amp;#8217;est pas le problème que l&amp;#8217;on voudrait nous faire croire. À condition que la monnaie retrouve son rôle premier de moyen d&amp;#8217;échange. Lisez à ce propos «&amp;#160;&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/17/07/2009/Les-chroniques-de-la-monnaie-1&quot;&gt;Les chroniques de la monnaie&lt;/a&gt;&amp;#160;». Le seul facteur limitatif, ce sont les ressources&amp;#160;: énergie, matières premières, main d’œuvre. L&amp;#8217;énergie, les matières premières on les gaspille. Économisons, recyclons le problème se réglera. Pour la main d’œuvre, il y a des millions de chômeur qui ne demande qu&amp;#8217;à travailler. Utilisons-les, formons-les si nécessaire.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;On ne peut agir seuls. Il faut agir dans le cadre de l&amp;#8217;UE. Bon cela, c&amp;#8217;est l&amp;#8217;argument massue de ceux qui ne veulent pas agir. Si on attend que les autres se décident, comme ils risquent d&amp;#8217;en faire autant, on va tous se regarder et compter les crises jusqu&amp;#8217;à la crise finale. Est-ce que nos ancêtres de 1789 ont attendu que d&amp;#8217;autres fassent la révolution pour commencer&amp;#160;? Agissons et si d&amp;#8217;autres veulent nous suivre, tant mieux. N&amp;#8217;est-il pas préférable d&amp;#8217;être une locomotive plutôt qu&amp;#8217;un wagon&amp;#160;?&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;La mondialisation est un fait accompli, comment pourrait-on, nous petit pays, revenir en arrière&amp;#160;? Voilà un autre argument de la pensée unique. En 1940 on aurait dit «&amp;#160;défaitisme&amp;#160;» aujourd&amp;#8217;hui, on dit «&amp;#160;déclinisme&amp;#160;». On voit où nous ont mené les politiques du passé. Aucun des deux candidats que l&amp;#8217;on nous présente comme seuls «&amp;#160;présidentiables&amp;#160;» n&amp;#8217;ont d&amp;#8217;alternative à nous proposer. Renvoyons-les à leurs études. Essayons autre chose.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;On dit qu&amp;#8217;au premier tour de l&amp;#8217;élection on élimine et qu&amp;#8217;au second, on choisit. Et bien, éliminons au premier tour les candidats du système que les médias veulent nous imposer pour avoir un vrai choix d&amp;#8217;avenir au second&amp;#160;:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;«&amp;#160;&lt;em&gt;La désertion du terrain des&lt;/em&gt; «&amp;#160;valeurs&amp;#160;», &lt;em&gt;le travail méprisé, la laïcité trahie, le largage de la morale et le bradage de la raison, la soumission à tous les oukases culturels d&amp;#8217;une nomenklatura autoproclamée, la restauration d&amp;#8217;une aristocratie possédante légitimée par une cléricature cooptée font immanquablement le jeu des néostalinismes et des néofascismes. Il s&amp;#8217;agit donc de réapprendre à penser librement.&lt;/em&gt;&amp;#160;» - &lt;em&gt;La pensée unique&lt;/em&gt;, Jean-François Kahn - 1995&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;h4&gt;Notes&amp;#160;:&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/25/11/2011/triple-a-mon-amour#rev-pnote-1&quot; id=&quot;pnote-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]
&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a rel=&quot;external&quot; href=&quot;http://www.youtube.com/watch?v=MW9zxFXj-IE&amp;amp;&quot;&gt;Goldman Sachs&amp;#160;: Les nouveaux maîtres du monde&lt;/a&gt; - Canal plus&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a rel=&quot;external&quot; href=&quot;http://www.liberation.fr/economie/0101620473-grece-goldman-prise-la-main-dans-le-sachs&quot;&gt;Grèce&amp;#160;: Goldman, prise la main dans le Sachs&lt;/a&gt; - Libération&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a rel=&quot;external&quot; href=&quot;http://www.marianne2.fr/La-Grece-est-endettee-mais-surarmee-Cherchez-l-erreur_a207086.html&quot;&gt;La Grèce est endettée mais surarmée. Cherchez l&amp;#8217;erreur!&lt;/a&gt; - Marianne2&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a rel=&quot;external&quot; href=&quot;http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/11/14/goldman-sachs-le-trait-d-union-entre-mario-draghi-mario-monti-et-lucas-papademos_1603675_3214.html&quot;&gt;Goldman Sachs, le trait d&amp;#8217;union entre Mario Draghi, Mario Monti et Lucas Papadémos&lt;/a&gt; - Le Monde&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/25/11/2011/triple-a-mon-amour#rev-pnote-2&quot; id=&quot;pnote-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] Et non pas sur la croissance comme le gouvernement actuel veut le mettre en place&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/25/11/2011/triple-a-mon-amour#rev-pnote-3&quot; id=&quot;pnote-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;strong&gt;Mayer Amschel Bauer&lt;/strong&gt; &lt;em&gt;alias&lt;/em&gt; &lt;a rel=&quot;external&quot; href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Mayer_Amschel_Rothschild&quot;&gt;Mayer Amschel Rothschild&lt;/a&gt;, père fondateur de la finance internationale et fondateur de la Réserve Fédérale États-Unienne (banque centrale des Etats-Unis)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>De radieux criminels</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/19/04/2010/De-radieux-criminels</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:2657795a976e820a967f85c6479b0a97</guid>
    <pubDate>Tuesday 22 November 2011</pubDate>
    <dc:creator>Yann Fiévet</dc:creator>
        <category>Édito</category>
        <category>Nucléaire</category>    
    <description>&lt;a title=&quot;perso/D_Mitterrand-VigiesDhyppocrate.jpg&quot; href=&quot;http://www.netoyens.info/public/perso/D_Mitterrand-VigiesDhyppocrate.jpg&quot;&gt;&lt;img title=&quot;perso/D_Mitterrand-VigiesDhyppocrate.jpg, avr. 2010&quot; style=&quot;float: left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; alt=&quot;perso/D_Mitterrand-VigiesDhyppocrate.jpg&quot; src=&quot;http://www.netoyens.info/public/perso/D_Mitterrand-VigiesDhyppocrate.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;L’une des manières de percevoir l’inconséquence de notre monde et des hommes qui le font pourrait être le dévoilement de crimes de masse que la Justice ignore en renonçant encore à les qualifier. Ces crimes sont perpétrés, au nom d’organisations légales puissantes, par des hommes au pouvoir d’autant plus exorbitant qu’il est non démocratique. Des hommes tantôt persuadés d’agir pour la défense de l’intérêt général, tantôt agissant pour la sauvegarde d’intérêts particuliers inavoués. Il n’est pas très difficile, à partir de l’exemple du complexe nucléaire mondial, de comprendre que l’intérêt de l’Humanité est menacé par ces formes méconnues du crime organisé.
&lt;p&gt;&lt;em&gt;[NDLR] Hommage à Mme Danielle Mitterrand - première publication le 19/04/2010&amp;#160;18:00&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Depuis 1959, un accord «&amp;#160;secret&amp;#160;» passé entre l’OMS (Organisation mondiale de la santé) et l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique)&amp;#160;; appartenant toutes deux à l’ONU, empêche toute prise de position officielle sur le sujet du nucléaire qui ne serait pas avalisée conjointement par les deux organisations. C’est ainsi que l’OMS s’interdit de faire réaliser des études scientifiques permettant de mesurer l’impact sanitaire de l’exposition des hommes aux radionucléides et se dispense également de rendre publics les résultats d’études partielles pourtant nombreuses existant sur le sujet. Pour l’OMS, la catastrophe de Tchernobyl n’a fait que 56 morts parmi les liquidateurs et 4&amp;#160;000 morts au sein des populations voisines de la centrale dont l’un des réacteurs a explosé en avril 1986. Des études scientifiques indépendantes estiment quant à elles que 10% des liquidateurs sont morts dans les années qui ont suivi l’accident et que 30% d’entre eux sont désormais invalides. Des estimations crédibles chiffrent à un million le nombre de ces liquidateurs, surtout de jeunes hommes, envoyés sur les lieux de la catastrophe afin d’arrêter l’incendie, d’enfouir le réacteur sous des milliers de tonnes de sable, de décontaminer la zone. Ce serait donc 100&amp;#160;000 de ces hommes qui auraient péri en raison directe de l’accident. S’agissant des populations exposées sur un périmètre étendu toujours contaminé aujourd’hui, le décalage entre les chiffres officiels de l’OMS et la réalité du drame humain est, lui aussi, immense. Ces populations consomment des denrées alimentaires produites dans ce périmètre et continuent ainsi de s’empoisonner au quotidien vingt-cinq ans après la catastrophe. Que la vie de millions d’hommes, de femmes et d’enfants soit sacrifiée sur l’autel des intérêts du lobby nucléaire est intolérable. Qu’en l’occurrence l’OMS ne s’acquitte pas de la mission pour laquelle elle fut créée est assurément criminel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis cinquante ans, ce deal incroyable entre deux organisations supranationales majeures empêche la première nommée – au moins dans le domaine concerné ici – de remplir la mission qui fonde son existence, à savoir la santé des populations exposées à des risques avérés, tandis que la seconde dispose de toute la latitude voulue pour défendre les intérêts du complexe nucléaire tant civil que militaire. Le double objectif non avoué de l’AIEA est de dissimuler le désastre sanitaire du recours au nucléaire – comme moyen d’armement ou comme source d’énergie – et d’entraver toute possibilité de débat sur la pertinence du développement de cette «&amp;#160;surpuissance&amp;#160;» beaucoup moins bien maîtrisée qu’on ne le prétend. Ainsi, on ne connaît pas l’impact réel des essais atomiques perpétrés en divers points du Globe durant des décennies. Les «&amp;#160;irradiés du Pacifique&amp;#160;» ne sont pas dupes mais officiellement toutes les mesures de protection maximale avaient été mises en œuvre. Une autre précaution avait été prise comme un aveu caché&amp;#160;: la Polynésie a bénéficié de subsides compensatoires de l’État afin de favoriser son développement économique de l’époque. Ainsi encore, on se garde bien de mesurer l’impact sanitaire sur les travailleurs exposés dans l’exploitation par Areva des mines d’uranium du Niger. On pourrait dresser une liste longue des occasions nécessitant la constatation du malheur que constitue la rencontre des hommes avec diverses applications nucléaires. Au sein de l’AIEA, trois pays exercent une influence majeure&amp;#160;: les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France. Ce socle paraît pour le moment inébranlable. C’est toute la crédibilité de l’énergie d’origine nucléaire qui en dépend.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis trois ans des hommes et des femmes se postent par groupes de trois, de 8 heures à 18 heures les jours de travail, été comme hiver, devant le bâtiment de l’OMS à Genève. Ils réclament la rupture du scandaleux contrat afin de délivrer l’OMS de son silence et de son impuissance criminelle. Ils se nomment &lt;a href=&quot;http://www.independentwho.info/actions_FR.php&quot;&gt;les vigies d’Hippocrate&lt;/a&gt;. Certains salariés de l’organisation leur demandent de tenir bon&amp;#160;; beaucoup semblent indifférents. Tous les voient, jour après jour, avec leurs pancartes explicites. Le geste opiniâtre de ces lanceurs d’alerte est évidemment beaucoup plus que symbolique. Un jour viendra où la duperie monstrueuse sciemment organisée sera officiellement dénoncée. Ils en sont convaincus ces citoyens éveillés. Ne les laissons pas seuls.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Arrogance et mensonges</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/01/11/2011/arrogance-et-mensonges</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:962c47e63dc84b547c1eb8e894241c40</guid>
    <pubDate>Tuesday  1 November 2011</pubDate>
    <dc:creator>Yann Fiévet</dc:creator>
        <category>Édito</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Quand l’Égypte et Israël signèrent la paix à la fin des années soixante-dix on savait que la pacification complète du proche Orient prendrait du temps, que le problème palestinien restait entier. Mais on osait croire que les deux décennies à venir suffiraient à régler des questions exacerbées depuis 1948. Ces vingt années se sont écoulées laissant intacte la question du retour des Palestiniens sur leur terre. Pire, Israël est aujourd’hui menacée par la guerre civile entre juifs et Arabes israéliens.&lt;/p&gt;    &lt;h3&gt;Funeste perte de crédit&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L’histoire des vingt-cinq dernières années est celle de la perte de crédit d’Israël auprès de larges pans des opinions publiques occidentales. Ce petit pays de six millions d’habitants, grandi par la forte symbolique de son origine, a vécu durant plusieurs décennies sur l’aura légitime que confère à un peuple encerclé d’autres peuples plus hostiles les uns que les autres la maîtrise sans failles de sa souveraineté. La Guerre des Six Jours en 1967 et celle de Kippour en 1973 contribuèrent beaucoup à asseoir ce capital de sympathie. Mais, depuis ces évènements marquants, d’autres évènements tout aussi importants bien que moins spectaculaires ont redéfinis le contexte politique de la région. Deux traités de paix entre Israël et deux de ses voisins, l’Égypte puis la Jordanie, ont affaibli la portée du concept de l’encerclement et de la nécessité d’y faire face à n’importe quel prix. Progressivement, l’idée que la plupart des pays arabes ne tenaient plus à faire la guerre et finiraient par signer la paix fit son chemin en dévoilant sans cesse davantage le seul véritable problème non résolu&amp;#160;: le droit du peuple palestinien symbolisé par la reconnaissance d’un État à côté de celui d’Israël.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la signature des accords d’Oslo en 1992, le problème connut sur le papier un début de résolution. On ne parlait pas d’État palestinien, on se gardait bien d’envisager le statut de Jérusalem mais on programmait le retrait des Israéliens des territoires occupés car conquis par la guerre&amp;#160;: Gaza et Cisjordanie. Et c’est là que commence l’arrogance et les mensonges grignotant chaque jour un peu plus le crédit chèrement et fièrement acquis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dès lors, la stratégie d’Israël, au-delà des discours lénifiants, est de faire traîner en longueur le processus menant vers la paix tout en poursuivant les implantations juives dans les territoires occupés (50&amp;#160;000 nouveaux colons depuis 1993) afin de rendre impossible une véritable restitution le jour venu. Le rideau de fumée est tellement efficace que l’on a réussi à persuader les opinions publiques que c’est la droite israélienne qui est responsable du renforcement de la colonisation alors que depuis Oslo les travaillistes sont à l’origine d’un nombre d’implantations illégales au moins aussi important que celui du au Likoud. C’est une arme de plus contre les Palestiniens dans le chantage devenu quotidien&amp;#160;: si vous n’êtes pas gentils, vous aurez la droite. Chantage dont seule la communauté internationale peut se rendre dupe. Car sur le terrain…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que révèle-t-il le terrain&amp;#160;? Un million de personnes vivent sur les 350 km2 de la bande de Gaza. Des routes stratégiques, protégées par des barbelés sillonnent en tous sens les territoires occupés pour joindre les poches de colons plus ou moins importantes truffant l’espace déjà exigu. Sur cette terre en lambeaux et sous tutelle, une économie exsangue tente de produire quelques fruits pour une population très jeune qui ne peut qu’être gagnée par l’impatience. Et on a l’outrecuidance de crier au loup&amp;#160;! Ces gens n’ont que des pierres et quelques fusils quand en face se dressent chars, hélicoptères et armements légers variés et sophistiqués, enfin bref… la quatrième armée du monde&amp;#160;! Et l’on a la malhonnêteté de reprocher à Yasser Arafat de ne pas maintenir l’ordre «&amp;#160;chez lui&amp;#160;» comme le ferait un chef d’État alors que l’on ne veut surtout pas lui donner la possibilité d’acquérir&amp;nbsp; cette qualité&amp;#160;!&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;Lieux saints, lieux malsains&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;Toute situation explosive est destinée à exploser un jour. On le savait&amp;#160;! Qui dit le contraire est un menteur ou un irresponsable. Au choix. Il fallait un détonateur. Un autre irresponsable joua ce rôle. En se rendant sur l’esplanade des Mosquées avec la bénédiction d’Ehoud Barak, Ariel Sharon ne pouvait ignorer que son acte était susceptible d’allumer un brasier difficile à éteindre et qui laisserait des traces ineffaçables. En même temps il rappelait toute la dimension religieuse du conflit israélo-palestinien. Quand certains affirment qu’il ne s’agit pas d’une guerre de religion, on est contraint, à tout le moins, de sourire. Si nombreux que soient les Israéliens à souhaiter la paix mais le système démocratique de ce pays est vicié par le verrouillage des petits partis, notamment religieux orthodoxes avec lesquels les grands doivent composer pour constituer une majorité à la Knesset.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le statut de Jérusalem n&amp;#8217;était pas envisagé lors des accords d’Oslo c’est bien à cause des lieux saints qui s’y trouvent. Cette ville est divisé en quatre quartiers sur une base religieuse&amp;#160;: juif, musulman, chrétien, arménien. L’homme a toujours eu le don d’ériger des totems dont il est ensuite prisonnier. Les totems que l’on protège d’autrui n’allant pas sans tabous, on comprend aisément l’impossibilité des hommes à se parler et à s’écouter. Les habitants du quartier ultra-orthodoxe de Mea Shearim pourront-ils jamais côtoyer les partisans de l’islamisme palestinien&amp;#160;? On sait la réponse. Doit-on rêver à nouveau d’un statut international pour Jérusalem comme cela était envisagé en 1947 avec le corpus separatum&amp;#160;? Cela ils n’en veulent pas. On n’est pas près de sortir du guêpier&amp;#160;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les répercussions mondiales de ce conflit géographiquement localisé dans un minuscule périmètre sont surdimensionnées. Aucun conflit touchant directement dix millions de personnes n’a jamais vu une telle débauche d’énergie diplomatique, médiatique et idéologique. Pendant ce temps-là d’autres guerres sont superbement ignorées ou vite réglées. Le gendarme du monde ne veille pas au grain partout avec la même vigilance&amp;#160;! Parfois, il s’assoupit pendant son tour de garde&amp;#160;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fond, la vraie question qui se pose est la suivante&amp;#160;: a-t-on vraiment le droit d’être antisioniste&amp;#160;? Probablement, non. Immédiatement, on est soupçonné d’antisémitisme larvé qui n’attendrait que le premier prétexte pour se donner libre cours. Qui n’est pas d’accord avec la politique d’Israël est contre les juifs, et partout dans le monde puisqu’il semble qu’Israël parle et agit au nom de tous les juifs passés, présents et à venir. C’est bien cela qui a motivé les nombreux signataires du texte «&amp;#160;En tant que juifs&amp;#160;»&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/01/11/2011/arrogance-et-mensonges#pnote-1&quot; id=&quot;rev-pnote-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;&amp;#160;: «&amp;#160;Ainsi, le chantage à la solidarité communautaire, servant à légitimer la politique d’union sacrée des gouvernants israéliens, nous est-il intolérable.&amp;#160;» Fort heureusement, tous les hommes et toutes les femmes de confession juive ne se sentent pas humiliés quand le président de la République – laïque, rappelons-le – se permet une critique, somme toute mesurée, de la dérive actuelle de l’État hébreu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Formons un vœu pieu&amp;#160;: la paix viendra quand deux états laïcs sauront vivre l’un à côté de l’autre et quand les croyants auront compris que la politique est trop sérieuse pour se mêler de religion. C’est pas pour demain matin&amp;#160;!&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;h4&gt;Notes&amp;#160;:&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/01/11/2011/arrogance-et-mensonges#rev-pnote-1&quot; id=&quot;pnote-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] – Le Monde, mercredi 18 octobre 2000.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Irrespirable !</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/24/10/2011/irrespirable</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:35d33cd9555de3cd6353dcba8f6f247c</guid>
    <pubDate>Monday 24 October 2011</pubDate>
    <dc:creator>Yann Fiévet</dc:creator>
        <category>Édito</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Il est des déclarations de responsables politiques qui nous laissent pantois. Il en va ainsi d’une déclaration récente de M. Brice Hortefeux, désormais conseiller spécial du Président de la République. Quand les hommes importants ont un message important à asséner au peuple ils s’invitent au «&amp;#160;20 heures&amp;#160;». Le plus souvent c’est celui de TF1, la chaîne passée maîtresse dans l’art d’attaquer «&amp;#160;les cerveaux disponibles&amp;#160;». Ce soir-là ce fut pourtant le JT de France 2. Le thème de l’intervention de l’homme du président&amp;#160;? Le climat des Affaires&amp;#160;!&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Il est sans doute temps pour le sommet de l’État mis en cause dans plusieurs affaires de corruption ou de financement occulte d’envoyer au feu ses fidèles lieutenants. L’heure étant à l’indignation il fallait bien que M. Hortefeux nous serve son petit couplet en cette matière. «Trop c’est trop&amp;#160;! Cette avalanche de boules puantes allant toutes dans la même direction, pour affaiblir le Président de la République, produit une atmosphère irrespirable pour les Français.&amp;#160;» Ainsi, pour le contre-feux télévisé d’un soir ordinaire les Affaires, dont la Justice semble enfin vouloir s’occuper sérieusement, doivent être considérées comme de vulgaires boules puantes que quelques mauvais garnements auraient lancées pour empoisonner l’atmosphère. Nous n’aurions donc affaire qu’à une péripétie insignifiante comme il en existe tant dans les cours de récréation ou les salles de classe accueillant de joyeux potaches. Cette atténuation des faits est évidemment grotesque et ne mérite pas que l’on s’y attarde plus longtemps. C’est ailleurs que s’exprime le culot du laquais empressé d’embobiner l’opinion publique&amp;#160;: à cause du tapage médiatico-judiciaire l’atmosphère est irrespirable pour les Français. Voilà les Français brutalement regardés – et instrumentalisés – comme une totalité évidente. Des Français qui subitement auraient du mal à respirer parce que l’on embête le président avec des peccadilles. Eh bien, vous avez raison, M. Hortefeux, l’atmosphère est vraiment irrespirable. Non pas à cause du tapage médiatique ou de l’avalanche de boules puantes dont vous parlez mais en raison de la conception que vous avez, vous et vos semblables, de la manière de gouverner notre pays. Oui, trop c’est trop.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Irrespirable&amp;#160;? Irrespirable, le climat de suspicion et de peur dont les vôtres, M. Hortefeux, ont recouvert avec ardeur notre pays au fil des dix dernières années. Votre manie du fichage est issue à l’évidence de votre sentiment intime que chacun de nous est un suspect à surveiller. Pardon, corrigeons vite cet excès de langage&amp;#160;: vous savez préserver de votre maladive attention les potentiels délinquants en col blanc. C’est la France d’en bas qui vous préoccupe au plus haut poing&amp;#160;! Vous voyez en chacun des quatre millions et demi d’assujettis à la CMU – un exemple parmi tant d’autres - un fraudeur possible alors même que les tricheurs ne représentent que 0,1% de cette population déshéritée que votre politique économique néolibérale ne cesse de faire grossir. Oui, ce climat de suspicion générale nous asphyxie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Irrespirable&amp;#160;? Irrespirable, l’enfermement de la France dans ses frontières que les vôtres, M. Hortefeux, ont sinistrement organisé afin de surfer sur la vague lepéniste. On enferme, on enferme, on enferme à tour de bras musclés, des hommes et des femmes dont le seul crime est de ne pas avoir de papiers, des enfants alors que c’est interdit, des malades au lieu de les soigner. On expulse, on expulse, on expulse à tour d’avions réguliers, des hommes et des femmes menacées dans leur pays d’origine, des enfants scolarisés dans nos écoles où ils font leur la langue française. Oui, la traque à grande échelle que vous menez étouffe la générosité foncière de la plupart des Français.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Irrespirable&amp;#160;? Irrespirable, le développement de la xénophobie d’État dont les vôtres, M. Hortefeux se sont rendus coupables depuis cinq ans et qui a contribué à exacerber la parole raciste pour laquelle vous avez vous même été condamné par la Justice de notre pays. Les tracasseries administratives à l’encontre des étrangers «&amp;#160;légaux&amp;#160;» se multiplient, les formalités à remplir et les documents à fournir lors de la moindre demande adressé à une préfecture deviennent démesurées comme les queues durant des nuits entières marquées par l’espoir de pouvoir enfin être reçu au sein des services préfectoraux. Nous n’hésiterons plus à parler de l’Administration de la honte qui se double, comprenons-le bien, de la honte administrée aux étrangers par les procédures minables que vous avez mises en oeuvre depuis votre ministère de l’immigration et de l’identité nationale, ministère de funeste mémoire. Oui, de tout cela aussi nous suffoquons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Irrespirable&amp;#160;? Irrespirable, la kyrielle de pressions que le pouvoir exécutif tenu par les vôtres, M. Hortefeux, exerce sur la magistrature de notre pays par l’intermédiaire de procureurs serviles placés au bon endroit. Les Français que vous semblez appeler à la rescousse devraient unanimement s’étonner que vous soyez si bien informé du contenu de certain dossier quand le juge vient tout juste de s’en saisir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et que penser de ces écoutes illégales de journalistes enquêtant sur les affaires sensibles que vous prétendez dérisoires&amp;#160;? Le chef du Renseignement vient d’être mis en examen pour de tels faits à l’encontre d’un journaliste du Monde couvrant l’affaire Woerth-Bettencourt. À qui obéissait-il&amp;#160;? Qui l’a nommé à ce poste stratégique, M. Hortefeux&amp;#160;? Oui, votre conception de la justice et de la police nous incommode gravement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la République que vous êtes censé servir pouvait parler, M. Hortefeux, elle vous rétorquerait&amp;#160;: Atmosphère&amp;#160;! Atmosphère&amp;#160;! Est-ce que j’ai une gueule d’atmosphère&amp;#160;? La République est assurément bien autre chose que l’atmosphère de vos troubles manigances.&lt;br /&gt;Vous la salissez. Elle est là la vraie puanteur. La République ne peut plus vous reconnaître. Vous ne la méritez pas.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Primaire</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/26/09/2011/primaire</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:932a764acb3b9f33a1fc1916add071f0</guid>
    <pubDate>Monday 26 September 2011</pubDate>
    <dc:creator>Yann Fiévet</dc:creator>
        <category>Édito</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Il est un fait qui ne finit pas de nous étonner quand il ne nous agace pas profondément&amp;#160;: le discours dominant des hommes et des femmes détenteurs du pouvoir politique ou économique est de plus en plus souvent primaire. Primaire dans le double sens où il est simpliste et manichéen. Cela contraste à l’évidence avec la réalité du monde à laquelle ces hommes et ces femmes sont confrontés quotidiennement, réalité qui a au contraire tendance à se complexifier.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Alors qu’il conviendrait d’affronter la complexité du monde travaillé par de multiples crises, l’on préfère se réfugier dans le confort trompeur de vieux schémas de pensée et d’action ou caricaturer la réalité sociale pour en faire surgir des ennemis imaginaires sur lesquels il sera commode de rejeter la responsabilité des défaillances de toute une époque. Après trente ans de  néolibéralisme le discours primaire se fait océan. C’est en effet peu dire qu’il nous submerge désormais. Mais s’il n’était qu’un discours on pourrait encore en rire. Et nous n’aurions pas à nous forcer beaucoup tant il est maintes fois risible. Cependant, il se traduit en actes aujourd’hui mortifères pour l’intérêt général comme pour l’intégrité physique et morale des
individus, en particulier les plus fragiles d’entre eux. Voyageons en trois étapes sur l’étrange et dangereuse planètes du primaire exacerbé.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Primaire d’abord, la manière dont les sociétés dites modernes traitent le travail et, par voie de conséquence inéluctable, les travailleurs que l’on préfère le plus souvent nommer salariés. Alors que le travail, qu’il soit contraint par le respect d’un contrat du même nom ou librement consenti comme dans les sphères du bénévolat ou des activités domestiques, est la toute première des richesses des hommes vivant en société, le capitalisme néolibéral n’y voit qu’une source de profit financier immédiat. Il remet en cause petit à petit et dans une indifférence de plus en plus large les conquêtes sociales du passé qui étaient autant de protections des travailleurs contre les appétits «&amp;#160;naturels&amp;#160;» des patrons. L’emploi stable et à durée indéterminée se fait rare, le pouvoir d’achat du salaire s’érode pour la plupart des salariés, les conditions de travail se détériorent à mesure que progresse l’individualisation de «&amp;#160;la gestion des postes et des carrières&amp;#160;». Cette dégringolade vertigineuse possède son alibi commode&amp;#160;: la compétition internationale que «&amp;#160;nous&amp;#160;» sommes bien obligés de soutenir. L’alibi est tellement commode qu’il est utilisé pour «&amp;#160;moderniser&amp;#160;»
l’organisation du travail d’entités en rien exposées à une quelconque concurrence étrangère – ou même intérieure – tels les services publics. Les critères de gestion et le vocabulaire de l’entreprise privée capitaliste envahissent l’administration et les lieux culturels. Ainsi, dans certaines bibliothèques publiques on parle à propos de la mise en valeur des livres de têtes de gondoles et de &lt;em&gt;packaging&lt;/em&gt;. Désormais, le travail et les salariés sont bel et bien considérés comme les ennemis de la course prétendument légitime à la productivité. Pire, nous sommes tous mis dans le même sac, tous suspectés pareillement de chercher à entraver cette course quand nous ne sommes pas tout bonnement déclarés coupables d’une telle obstruction. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Primaire ensuite, le jugement porté sur la nébuleuse nommée mondialisation. Elle serait un phénomène inéluctable puisque provoqué par des mutations technologiques irréversibles, celles du porte-conteneurs et de l’Internet comme le martèle Pascal Lamy. Seule la &amp;#8220;régulation&amp;#8221; permettrait de maîtriser ses excès. Les décideurs politiques ne seraient donc pour rien dans cette évolution&amp;#160;: elle n’est que fatale. Bien sûr, cette vision théologique du monde tourne le dos à la raison même de l’Homme. La fable est commode qui cache la réalité affreuse de la surconcentration des pouvoirs et les enjeux de la lutte des classes toujours si présentes derrière les écrans de fumée de la médiacratie. Les grands prêtres de «&amp;#160;la mondialisation fatale mais heureuse&amp;#160;» n’ont probablement pas lu Rawi Abdelal. Eux n’ont pas besoin de le lire&amp;#160;; il leur décrit le monde tel qu’ils l’ont façonné. Mais nous… Ce professeur à la Harvard Business School nous révèle dans «&amp;#160;&lt;em&gt;Capital Rules&amp;#160;: The Construction of Global Finance&lt;/em&gt;&amp;#160;» ce que le pékin moyen n’a pas à savoir pour survivre en ce bas monde. Il y apprendrait que &lt;strong&gt;les hommes influents qui ont fait basculer l’économie d’hier dans la cupidité triomphante d’aujourd’hui&lt;/strong&gt; - selon le jugement avisé de Josef Stiglitz - &lt;strong&gt;sont souvent français et se disent de gauche&amp;#160;: &lt;strong&gt;Jacques Delors,
Pascal Lamy, Michel Camdessus&lt;/strong&gt;. &lt;/strong&gt;Après trente ans de libéralisation des marchés par les gourous du «&amp;#160;consensus de Paris&amp;#160;» les flux financiers tyrannisent l’économie et tétanisent les hommes politiques. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Primaire enfin, les Primaires. Comme elles portent bien leur nom&amp;#160;! En les affublant du qualificatif «&amp;#160;à l’américaine&amp;#160;» on ne fait évidemment que renforcer le sentiment que la classe politique ne fait plus de politique. Du moins si l’on continue de se faire une idée noble de la chose politique, à savoir une émanation du peuple appréhendé dans ses aspirations profondes non instrumentalisées. Le nouveau mode de désignation du candidat d’un camp est essentiellement une affaire de Communication – un petit monde dans le grand qui a aussi ses gourous – et a quelque chose de pathétique mesuré à l’aune des terrifiants périls qui guettent nos sociétés. Quelles sont les priorités qui devraient tenailler tout postulant à la magistrature suprême&amp;#160;? La Santé, l’Éducation, la Justice et le Logement devraient assurément être les quatre points cardinaux d’un engagement politique véritable au service de l’intérêt général et de la justice sociale. Lors du récent débat ayant confronté les six candidats de la Primaire du Parti socialiste ces questions fondamentales n’ont été au mieux qu’évoquées. Voilà bien où mènent plusieurs décennies de détachement progressif d’un parti de gauche vis-à-vis de sa base naturelle. C’est tragique tant la réconciliation des moins favorisés avec la nécessité du politique semble être un pari impossible.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Lagarde rapprochée du Président</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/12/08/2011/lagarde-rapprochee-du-president</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:a8e973441220946da76218cb9f7e4793</guid>
    <pubDate>Friday 12 August 2011</pubDate>
    <dc:creator>Yann Fiévet</dc:creator>
        <category>Édito</category>
        <category>Albert Frère</category><category>Bernard Arnault</category><category>Bolloré</category><category>Dassault</category><category>Dominique Desseigne</category><category>François de La Brosse</category><category>Minc</category><category>Pierre Giacometti</category><category>Proglio</category><category>Tapie</category><category>Vianney Mulliez</category><category>Woerth</category>    
    <description>&lt;p&gt;En plein été maussade, l’affaire Tapie change de look. Elle devient, par la décision de la Cour de Justice de la République d’ouvrir une enquête pour détournement de fonds publics et usage de faux, l’affaire Lagarde. Elle va rapidement se révéler comme le plus grand scandale politico-financier de la Vème
République. Pourtant, elle n’est que la partie émergée de l’iceberg régulièrement consolidé depuis plus de vingt ans par de douteuses pratiques politiques que le sarkozysme a grandement banalisées. La crise politique qui est d’abord la perte de confiance des citoyens envers la classe politique doit beaucoup à l’abandon coupable des représentants de l’Etat aux sollicitations appuyées des intérêts privés dominants. Pour restaurer la démocratie ainsi sacrifiée il ne suffira pas que Mme &lt;strong&gt;Christine Lagarde&lt;/strong&gt; aille au tapis. L’arbre abattu découvrira une forêt profonde à éclaircir. N’oublions pas qu’un été plus tôt M. &lt;strong&gt;Éric Woerth&lt;/strong&gt; était sur la sellette.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;L’accession au pouvoir politique est elle-même devenue une grande affaire nécessitant la constitution d’un solide réseau imbriquant étroitement personnalités politiques éminentes, dignes représentants des «&amp;#160;milieux d’affaires&amp;#160;», membres les plus visibles ou lisibles des médias influents. Cette nécessité cardinale a été puissamment renforcée depuis que l’économique a pris le pas sur le politique. La conséquence essentielle de ce changement fondamental de l’organisation des sociétés humaines réside dans le brouillage croissant de la frontière entre la sphère des activités privées et celle des préoccupations publiques du service de l’intérêt général. L’abolition progressive de la frontière public/privé permet la vulgarisation du renvoi d’ascenseurs, sport désormais favori des élites politico-économiques. Je finance ta campagne, tu soigneras mon impôt et m’ouvriras des marchés. Gageons que les débats actuels autour de la notion de conflit d’intérêts ne sont pas près de trouver une concrétisation mettant fin à un mélange des genres clairement antidémocratique. Le projet de loi en matière de «&amp;#160;gestion du médicament&amp;#160;» n’est qu’un exemple, parmi de nombreux autres domaines, du manque de volonté politique de rétablir des frontières étanches entre intérêt général et intérêts particuliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour donner de la chair au calamiteux constat il convient de pénétrer les arcanes du sarkozysme. Au cœur du réseau tissé bien avant l’élection du 6 mai
2007 on trouve la déjà légendaire «&amp;#160;bande du Fouquet’s&amp;#160;». Ce n’est pas tant la victoire d’un homme que l’on arrosa ce soir-là en ce lieu symbolique du «&amp;#160;bling-bling&amp;#160;» que les fructueuses retombées à venir induites par ce succès tant escompté. Jetons pêle-mêle quelques exemples du fric-à-frac qui
annonça très vite sa couleur. Le sondeur &lt;strong&gt;Pierre Giacometti&lt;/strong&gt; bénéficie&amp;nbsp;de contrats à l&amp;#8217;année avec la présidence de la République et Matignon. Le publicitaire &lt;strong&gt;François de La Brosse&lt;/strong&gt; a récupéré une partie des commandes concernant la stratégie internet de l&amp;#8217;Elysée et de l&amp;#8217;UMP. &lt;strong&gt;Alain Minc&lt;/strong&gt;, conseiller du Président et de nombreux PDG du CAC 40, est peut-être le plus symptomatique de l’affairisme ambiant&amp;#160;: il a défendu l&amp;#8217;ouverture des jeux en ligne et la limitation de la publicité à la télévision, deux dossiers dont certains de ses clients ont tenté de tirer parti. Entremetteur de haute volée, Alain Minc a plaidé à l&amp;#8217;Elysée en faveur de la fusion GDF-Suez, dont l&amp;#8217;un des principaux bénéficiaires financiers fut le milliardaire belge &lt;strong&gt;Albert Frère&lt;/strong&gt;. &lt;strong&gt;Henri Proglio&lt;/strong&gt; a été nommé en novembre 2009 à la tête d&amp;#8217;EDF en obtenant même, dans un premier temps, de pouvoir garder parallèlement sa casquette de président du conseil de surveillance de Veolia, avec des émoluments annuels de 450&amp;#160;000 euros. M. Nicolas Sarkozy a également aidé indirectement nombre de ses amis PDG&amp;#160;: il a joué les VRP pour l&amp;#8217;avionneur &lt;strong&gt;Serge Dassault&lt;/strong&gt; dans tous les pays où il s&amp;#8217;est rendu, a reçu dignement M. Evo Morales afin que &lt;strong&gt;Vincent Bolloré&lt;/strong&gt; puisse discuter avec lui de l&amp;#8217;exploitation des gisements de lithium destiné à alimenter les batteries de ses voitures électriques. Les casinos du groupe Barrière – dont le Fouquet&amp;#8217;s fait partie – dirigé par &lt;strong&gt;Dominique Desseigne&lt;/strong&gt;, ont bénéficié d&amp;#8217;autorisations d&amp;#8217;installation de machines à sous et se sont alliés à la Française des jeux pour le poker en ligne. La fondation Louis Vuitton pour l&amp;#8217;art contemporain (émanation du groupe LVMH dirigé par &lt;strong&gt;Bernard Arnault&lt;/strong&gt;) a été reconnue d&amp;#8217;utilité publique afin de faciliter son installation à Paris. Le groupe Bouygues ne pouvait échapper à la distribution des prix&amp;#160;: il a été choisi pour construire le futur «&amp;#160;Pentagone français&amp;#160;» dans le 15ème arrondissement de Paris. Enfin, ce n’est pas moins d’une vingtaine de convives de la soirée du Fouquet’s qui furent depuis décorées de la légion d’honneur. Copinage et barbotage sont bien les deux mamelles du sarkozysme avide. Sur cet arrière-fond à peine voilé de la politique officielle qui peut croire sérieusement que Mme Lagarde a agi de son propre chef dans l’affaire qui désormais intéresse la justice&amp;#160;? Son affaire n’est que l’un des fragments – certes de belle taille&amp;#160;! – d’une vaste mosaïque dont la vie politique aura du mal à se départir. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mme Martine Aubry&lt;/strong&gt; prépare ardemment l’après-sarkozysme. La maire de la capitale du&amp;nbsp;Nord a rassemblé récemment plus d&amp;#8217;une vingtaine de grands dirigeants du privé de l&amp;#8217;agglomération lilloise, de &lt;strong&gt;Maxime Holder&lt;/strong&gt; (boulangeries Paul) à &lt;strong&gt;Vianney Mulliez&lt;/strong&gt; (Auchan), en passant par le président du Medef régional, &lt;strong&gt;Jean-Pierre Guillon&lt;/strong&gt;. Ils ont tous accepté de retrousser leurs manches à ses côtés pour l&amp;#8217;emploi des jeunes, première préoccupation des grands patrons comme chacun le sait. Si, grâce à ces soutiens précieux, Mme Aubry entrait à l’Elysée il serait bon qu’elle convainque la famille Mulliez, l’une des premières fortunes de France, domiciliée fiscalement en Belgique, de revenir chez nous payer ses impôts. Sinon, l’air du soupçon se lira encore longtemps sur les lèvres de nombreux citoyens définitivement perdus pour la chose politique. Patience&amp;#160;!&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Avec toutes nos excuses</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/27/06/2011/avec-toutes-nos-excuses</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:94b9964088063879615ac74179f5a156</guid>
    <pubDate>Monday 27 June 2011</pubDate>
    <dc:creator>Yann Fiévet</dc:creator>
        <category>Édito</category>
        <category>Bachelot</category><category>Education</category><category>Handicap</category><category>Luc Ferry</category>    
    <description>&lt;p&gt;Le Monde gronde. Un peu partout des peuples se lèvent que l’on opprime. Le Nucléaire explose. Partout, les peuples se demandent si leurs dirigeants vont avoir le courage politique d’en sortir ou de ne pas y entrer. Le Climat s’emballe. Les peuples savent qu’ils en pâtiront et n’en peuvent mais. Le Marché tue. Et les peuples de trinquer pour le maintien d’un système moribond aux mains d’oligarchies aveugles. Ces quatre maîtres mots et la cohorte des maux qui les accompagnent emplissent les colonnes de nos journaux et saturent les canaux de l’information audiovisuelle. C’est dans ce terrible paysage que de timides voix isolées tentent de se faire entendre en France pour soulever un problème minuscule&amp;#160;: la défaillance crasse de l’État quant à l’intégration des professeurs et élèves handicapés dans l’École de la République. Crasse&amp;#160;? Oui&amp;#160;! Et le mot est faible.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Il nous faut bien nous excuser de vouloir, avec des moyens dérisoires, construire une revendication sur un thème si fastidieux quand tant de choses plus importantes sont ignorées de la puissance publique. Défendre les retraites est plus important. S’attaquer aux règles mortifères de la finance internationale est plus important. Réclamer la fermeture des paradis fiscaux est plus important. Lutter contre le réchauffement climatique est plus important. Colmater les brèches que les politiques néolibérales creusent dans notre société déjà si fragmentée est plus important. Endiguer la vague xénophobe et raciste qui submerge progressivement notre pays est plus important. Tout est donc plus important que le confort des professeurs et élèves handicapés. Ils sont pourtant tous capables de dispenser leur enseignement pour les premiers, de suivre une scolarité heureuse pour les seconds, pourvu que l’on consente à leur attribuer les moyens techniques et humains nécessaires à une intégration réussie dans les établissements scolaires qui les accueillent. Cependant, à l’heure où les progrès de la Technique sont si formidables et les déclarations gouvernementales sur le handicap si tonitruantes, l’incurie règne encore pour l’essentiel de ce problème comme dans la plupart des domaines où des luttes citoyennes portent aujourd’hui des revendications légitimes au nom du bien commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une grand-messe vient encore de se tenir à Paris en la matière. Le 8 juin dernier, Mme Roseline Bachelot, notre ministre de la Solidarité, organisait au Centre Beaubourg une nouvelle Conférence nationale sur le handicap. On avait convoqué pour cette manifestation fermée au public 750 représentants officiels du «&amp;#160;monde du handicap&amp;#160;». La journée d’intense cogitation a été clôturée comme il se doit par M. Nicolas Sarkozy soi-même. Il y fut décidé courageusement de ne pas changer grand-chose au sort des handicapés. On leur concède tout au plus quelques broutilles dont il conviendra de surveiller encore la mise en œuvre future. Notamment, on se garde bien de créer enfin l’indispensable statut d’assistant de professeur ou d’élève handicapé. Le désastreux bricolage qui prévaut en ce domaine depuis des années va demeurer&amp;#160;: assistants non qualifiés car non formés préalablement ou en cours de route, apprenant sur le tas ce que la personne pour laquelle ils ont été recruté attend de cette collaboration, rémunérés au SMIC pour une durée ne pouvant excéder six ans, obtenant comme validation d’acquis professionnels, à l’issue de ces six longues années riches de contenu, le titre suprême de… moniteur de colonie de vacances. Pourtant, nous tenons là un vrai métier&amp;#160;: ce n’est pas parce que les «&amp;#160;autorités compétentes&amp;#160;» ne le reconnaissent pas qu’il n’existe pas. Un nombre très élevé d’élèves attendent leur hypothétique AVS (Auxiliaire de vie scolaire) bien que la loi de février 2005 affirme la volonté d’intégrer le plus grand nombre possible d’enfants handicapés dans des établissements scolaires non spécialisés. Nombre de professeurs ou de candidats professeurs renoncent à ce métier – pour lequel ils disposent pourtant de toutes les qualités humaines sans doute même renforcées par leur handicap – faute du confort suffisant permettant de donner libre cours à ces qualités. Seulement voilà&amp;#160;: notre société ne parvient pas à construire une représentation positive du handicap, à voir ce moins apparent comme un plus évident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Citoyens, engagés à fond dans de grands combats ou simplement attentifs à la marche du monde, vous devez bousculer, si ce n’est déjà fait, la table de vos diverses négociations et la perception de votre environnement immédiat. C’est à sa capacité à porter vraiment attention aux plus fragiles des siens que l’on juge une société. Il ne vous servira de rien que tous vos combats soient victorieux si la victoire est au prix du mépris de la richesse en humanité de tous ceux que la vie en société ou l’inégale distribution de la bonne santé a fragilisés. Un autre monde est possible mais n’est pas souhaitable sans eux. Osons un lien que vous ne ferez pas tant que vous ne changerez pas de lunettes&amp;#160;: combien d’assistants de professeurs ou d’élèves handicapés pourrait-on recruter et rémunérer décemment avec le salaire que M. Luc Ferry a abusivement perçu pour un emploi imaginaire de professeur d’université&amp;#160;? Il paraît qu’ils sont des milliers dans son cas. Ça fait des sous&amp;#160;! Où sont les profiteurs dénoncés récemment par un éminent représentant de l’UMP&amp;#160;? Du côté de ceux qui n’ont que le RSA pour survivre&amp;#160;? Du côté des professeurs handicapés qui souhaitent poursuivre honnêtement leur mission éducative et à qui on reproche leur ténacité à réclamer ce qui leur est légitimement dû&amp;#160;? Non, les profiteurs sont ceux qui piquent allègrement dans la caisse commune à la première occasion. Non, la notoriété n’autorise pas tout, surtout quand il s’agit par contrecoup de causer préjudice à d’autres qui travaillent discrètement dans l’ombre, à l’abri des feux de l’actualité. M. Ferry est philosophe et ancien ministre de l’Éducation nationale. À ce double titre il pourrait s’autoriser à prendre la parole pour défendre notre  juste cause. Il semble affectionner les plateaux de télévision&amp;#160;: que ne s’en sert-il pas à meilleur escient&amp;#160;? À son corps défendant, soyons réaliste&amp;#160;: notre cause, hélas, ne fait pas recette. Ceux qui devraient parler ne le faisant pas, nous continuerons sans eux. On ne nous fera pas taire car nous sommes dans notre bon droit. Et nous n’accepterons jamais que l’on nous dise, quand notre pays compte autant de chômeurs, que le ministère de l’Éducation nationale n’a pas le droit de créer des emplois stables d’assistants de professeurs. Cet argument est tout bonnement minable. Que pensez alors de ceux qui le profèrent&amp;#160;?
&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt;
Lire aussi&amp;#160;:&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&amp;nbsp;&lt;a href=&quot;http://www.marianne2.fr/Moi-Yann-Fievet-qui-ne-peut-plus-enseigner-sans-assistante_a206873.html&quot; rel=&quot;external&quot;&gt;«&amp;#160;Moi, Yann Fiévet, qui ne peux plus enseigner sans assistante»&lt;/a&gt; - &lt;a rel=&quot;external&quot; href=&quot;http://www.christian-jacquiau.fr/&quot;&gt;Christian Jacquiau&lt;/a&gt; - Lundi 6 Juin 2011 - Marianne&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a rel=&quot;external&quot; href=&quot;http://www.cyberacteurs.org/cyberactions/presentation.php?id=309&quot;&gt;Pétition&amp;#160;: Soutien urgent à un binôme «&amp;#160;PROFESSEUR HANDICAPÉ/ASSISTANTE&amp;#160;» EFFICACE MAIS MENACÉ&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Pucez-les tous !</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/29/05/2011/pucez-les-tous</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:15db8de029f6e3feeb5b5d0d8fb4c723</guid>
    <pubDate>Sunday 29 May 2011</pubDate>
    <dc:creator>Yann Fiévet</dc:creator>
        <category>Édito</category>
        <category>RFID</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;a title=&quot;Grain de riz et puce RFID&quot; href=&quot;http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/c7/Microchip_rfid_rice.jpg&quot;&gt;&lt;img title=&quot;Grain de riz et puce RFID&quot; alt=&quot;Grain de riz et puce RFID&quot; style=&quot;width: 109px; height: 104px; margin: 0 1em 1em 0; float: left;&quot; src=&quot;http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/c7/Microchip_rfid_rice.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Le désir de l’omni surveillance des sociétés encore dénommées démocratiques et la volonté de mettre en fiches tout ce qui bouge en leur sein vont bon train. Certes, les prouesses de la Technique ont toujours devancé la nécessaire adaptation du Droit et la plus lointaine résignation des mentalités qui en découlent. Néanmoins, il semble qu’autrefois des penseurs reconnus prenaient le temps d’envisager l’impact du possible avant sa concrétisation dans l’arsenal juridique et
l’espace social. Mais, quand la loi d’airain de l’économie et la croyance sans failles dans le Progrès domine toute autre considération, l’indispensable temps de la réflexion se réduit comme peau de chagrin. Agissons d’abord, nous réfléchirons plus tard. Et tant pis si plus tard peut rimer avec trop tard. &lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Et c’est ainsi que nos sociétés perdent doucement le sens profond de leur raison d’être pour s’enfoncer dans la barbarie douce du calcul omniprésent et réputé infaillible. Le dernier avatar de cette fatale dérive, en apparence anodine, laisse songeur les citoyens non encore totalement anesthésiés par les sirènes de la post-modernité médiacratisée. L’obligation de pucer les animaux d’élevage suscite en leur esprit éveillé des questions que la grande masse des adaptés satisfaits ou contraints a définitivement renoncé à se poser. La puce minuscule cache pourtant bien des monstruosités.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle formidable invention que la possibilité d’avoir un panorama instantané de la répartition territoriale des nombreux troupeaux que compte notre bel hexagone&amp;#160;! Un simple survol des zones appropriées à l’aide d’un aéronef muni d’un détecteur de puces électroniques relèvera l’identité de chaque animal et dressera le tableau général du troupeau de tel ou tel propriétaire. Depuis le 1er juillet dernier les éleveurs ont l’obligation d’affubler l’oreille des caprins et ovins nouveaux-nés de la miraculeuse boucle contenant une puce de type &lt;a title=&quot;RFID&quot; class=&quot;dcwikipedia&quot; href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Radio-identification&quot;&gt;RFID&lt;/a&gt; (radio frequency identification data). Dans quelques temps viendra le tour des bovins. Les porcins, pour la plupart enfermés désormais, semblent pour le moment épargnés par la frénésie de l’implacable comptage. Dans quelques mois la seule identification valable des animaux sera celle-là, y compris pour ceux à usage domestique. La France ne fait qu’appliquer là une directive européenne destinée à rationaliser le système des aides de la PAC, dit-on officiellement. Chaque éleveur ne recevra ses subventions que pour des animaux précisément identifiés. Finie la vache corse fantôme grassement rémunérée, se félicite le technocrate bruxellois assis devant son écran plat et lisse comme ne l’est jamais le travail de l’éleveur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vision bureaucratique de l’agriculture «&amp;#160;moderne&amp;#160;» est en effet aux antipodes de la réalité du métier d’éleveur de brebis. Ce n’est pas parce que ses animaux sont destinés à terme à nourrir les hommes que le paysan considère son élevage comme une usine à viande à l’instar du technocrate qui n’hésite pas, quant à lui, à parler dans des rapports officiels de minerai viande à propos de la ressource que constituent les troupeaux. L’éleveur digne de ce nom observe son cheptel au quotidien, l’écoute attentivement afin de détecter le moindre son inhabituel, touche chacune de ses bêtes qu’il est ensuite capable de reconnaître au premier coup d’œil. Bref, il vit au contact permanent de son troupeau, il vit son troupeau. À quoi pourrait donc bien servir la détection électronique des animaux dans cette harmonie aux racines ancestrales&amp;#160;? À rien&amp;#160;! Que pourrait-elle entraîner si on ne lui résiste&amp;#160;? La disparition d’un métier, ni plus ni moins. Et c’est probablement le but inavoué – car sans doute difficilement avouable – de cet excès de rationalisation. Ce n’est pas un hasard si les éleveurs qui refusent ce stade ultime de la standardisation de leur activité et qui se regroupent au sein du collectif «&amp;#160;Faut pas pucer&amp;#160;» &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/29/05/2011/pucez-les-tous#pnote-1&quot; id=&quot;rev-pnote-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt; sont ceux qui n’ont jamais vraiment accepté la perte d’autonomie que l’intégration progressive de leur travail dans le système froid de l’agrobusiness a provoquée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Force est de constater qu’ils ne sont pas les plus nombreux quand la majorité de la profession des agriculteurs a depuis longtemps rejeté jusqu’au mot paysan qui rattache pourtant à un sol vivant avant de signifier une chose à exploiter. Nous devons cependant les soutenir car leur résistance dépasse de très loin le cadre de leur activité d’éleveurs. Nous devons les soutenir à un double titre. En tant que consommateurs désireux d’éviter l’alimentation industrielle aseptisée. Que les paysans souhaitant vivre de la vente directe du produit de leur élevage et non de subventions européennes ne soient pas contraints au puçage de leurs animaux, voilà qui nous concerne particulièrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant que citoyens conscients que le puçage complet des troupeaux n’est probablement pas la dernière étape sur le chemin menant nos sociétés vers un funeste horizon tout à la fois hyper hygiéniste et omni sécuritaire. Les paysans ont encore les pieds sur terre. Gardons avec eux la tête sur les épaules.&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;br /&gt;
&lt;hr&gt;&lt;strong&gt;Notes&amp;#160;:&lt;/strong&gt;&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/contrib/29/05/2011/pucez-les-tous#rev-pnote-1&quot; id=&quot;pnote-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&amp;nbsp; Faut pas pucer&amp;#160;: Le Batz 81140 Saint-Michel-de-Vax - &lt;a href=&quot;mailto:fautpaspucer@laposte.net&quot;&gt;fautpaspucer@laposte.net&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Le travail ou la vie</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/09/05/2011/le-travail-ou-la-vie</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:d9d9f57864dff02ad3a1c0b0a6b2a317</guid>
    <pubDate>Monday  9 May 2011</pubDate>
    <dc:creator>Edrobal</dc:creator>
        <category>Édito</category>
            
    <description>&lt;p&gt;À une certaine époque, les bandits de grands chemins rançonnaient
les voyageurs en leur offrant le choix&amp;#160;: «&amp;#160;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;la bourse
ou la vie&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&amp;#160;»&amp;#160;; c&amp;#8217;est à dire qu&amp;#8217;il fallait choisir
de perdre l&amp;#8217;un ou l&amp;#8217;autre&amp;#8230;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Aujourd&amp;#8217;hui, les néo-féodaux qui mènent le monde avec leurs
laquais nous offrent un autre choix&amp;#160;: «&amp;#160;le travail ou la
vie&amp;#160;». C&amp;#8217;est ce que vient de nous montrer notre nabot de
Président à Gravelines où il est allé apporter son soutien à ses
amis les nucléocrates. Pour une fois, il avait la certitude d&amp;#8217;être
bien accueillis. Car pour les travailleurs du nucléaire venus
l&amp;#8217;écouter, le choix est là&amp;#160;: garder son travail au risque de
sa santé et de sa vie, ainsi que celle de sa famille, de ses
voisins, de toute une région. Alors, on veut être rassuré comme le
confie un salarié de GDF-Suez à un journaliste&amp;#160;: «&amp;#160;&lt;em&gt;Moi
je suis là, pour entendre le Président nous dire que le nucléaire
ça marche, car c’est notre gagne-pain&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;».&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;Le &lt;/span&gt;gagne-pain&lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;
voilà la chaîne qui nous attache sur ce Titanic qui fonce vers le
naufrage. Et les deux mâchoires de la machine à broyer les
résistances sont le travail et le chômage. Le travail que l&amp;#8217;on
craint de perdre et qui oblige à défendre même l&amp;#8217;indéfendable et
le chômage qui fait peur et qui asservi encore plus. C&amp;#8217;est pourquoi
les habitants de Louisiane pollués par BP défendent l&amp;#8217;industrie
pétrolière, que les travailleurs du nucléaire défendent l&amp;#8217;énergie
atomique – on pourrait multiplier les exemples – car il faut
vivre et le système est bien verrouillé.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;Donc, il faut casser ce
système qui peut obliger quelqu&amp;#8217;un à gagner sa vie au détriment de
sa vie, de sa santé ou de celles des autres ou de l&amp;#8217;environnement.
Un revenu doit être la compensation d&amp;#8217;un travail socialement utile
et non dommageable. Le mot d&amp;#8217;ordre doit être&amp;#160;: «&amp;#160;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;le
travail et la vie&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;&amp;#160;».&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;Seulement, pour imposer ce
nouveau paradigme, il ne faut pas compter sur la dyarchie UMPS.
Gouvernant tour à tour pendant trente ans, ces deux partis ont
contribué activement à la main-mise de l&amp;#8217;idéologie néolibérale
sur l&amp;#8217;économie française. Ils sont en cela solidairement
responsables de la dés-industrialisation, des délocalisations, de
la primauté de la finance sur la politique et l&amp;#8217;économie, de
l&amp;#8217;abandon de souveraineté au profit de l&amp;#8217;UE et de son illégitime
commission et au final de la paupérisation d&amp;#8217;une majorité de la
population pour le plus grand bénéfice d&amp;#8217;une oligarchie mondialiste
qui se gave à nos dépens.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Ils vont encore attiser le feu</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/25/03/2011/ils-vont-encore-attiser-le-feu</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:9c74f6805a66c47b3a938703815331e8</guid>
    <pubDate>Sunday 27 March 2011</pubDate>
    <dc:creator>Yann Fiévet</dc:creator>
        <category>Édito</category>
        <category>immigration</category><category>Racisme</category><category>République</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il leur reste douze mois&lt;/strong&gt;. Douze mois pour sauver
leurs meubles vermoulus, ceux d’une République redéfinie à
l’aune d’un passé mythifié et forcément révolu, d’une
République qu’ils refusent de faire vivre par tous et pour
tous . Douze mois à durcir le ton, la loi, le mépris à
l’égard des humbles, la férule des patrons. Et tout cela
dans l’espoir de reconquérir leur électorat privilégié qui
s’en va vers l’extrême droite ou prendre à l’extrême droite
tout ou partie de son électorat de prédilection. Les naïfs
de mai 2007 depuis longtemps cocufiés sont perdus d’avance
pour cette droite extrême. On tentera bien d’empoigner
quelques bonnes grosses ficelles pour les rattraper mais
sans y croire vraiment. Oui, leur seule chance, croient-ils,
c’est le pied de fer dans la botte de velours.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous parlons de la France.&lt;/strong&gt; Comment pourrait-on ne
pas la reconnaître, même en usant de mots couverts comme
pour conjurer l’effroi qui nous gagne. Nous parlons de la
clique sarkozienne à la morgue teintée de racisme ordinaire.
Comment pourrait-on ne pas les reconnaître puisqu’ils ne
s’embarrassent même plus des masques de la prudence. La
stratégie gagnante est dirigée par le quatuor de choc
Besson-Guéant-Hortefeux-Guaino. Bien sûr, rien ne sera
possible sans la fidélité du vaste deuxième cercle, celui
des séides qui doivent tant au Prince et que l’on trouve
tantôt au gouvernement tantôt au parlement. Rien ne sera
possible encore sans la servilité de médias depuis longtemps
complaisants avec des mœurs politiques devenues clairement
antidémocratiques. Soyons-en persuadés, l’enjeu de la
victoire espérée lors de la Présidentielle de 2012&amp;#160;en notre
beau pays, vous savez, celui des droits de l’Homme, tient en
ceci&amp;#160;: la frontière est si ténue désormais entre la droite
extrême au pouvoir et l’extrême droite montante que seule
l’enflure sécuritaire outrancièrement médiatisée permettra
de départager les candidats de la «&amp;#160;France perdue&amp;#160;».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ici, comme un peu partout en Europe, l’étranger est
sur la sellette&lt;/strong&gt;. Existe-t-il beaucoup de nations sur le
point de voter une cinquième loi relative à l’immigration en
sept ans&amp;#160;? Par bonheur la France a la chance de compter Éric
Besson parmi ses citoyens inventifs quant aux moyens à
mettre en œuvre afin de contenir les hordes de nouveaux
barbares fabriqués pour les besoins de la cause populiste.
Dans sa rhétorique dénuée de toute espèce de générosité, la
sécurité de la France et la restauration de sa dignité
perdue ont un prix. La «&amp;#160;loi Bessin sur l’immigration&amp;#160;»
arrive donc au Parlement. Son adoption sera sans surprises
sauf par quelques détails émergeant de l’écume de ses
articles les plus nauséabonds. Dresser le florilège des
«&amp;#160;apports&amp;#160;» de cette prochaine loi serait hélas trop long.
Trois éléments suffiront à en dépeindre la sale ambiance. Le
projet de loi prévoit qu&amp;#8217;avant même d&amp;#8217;être présentés à un
juge, les sans-papiers pourront être enfermés cinq jours,
c&amp;#8217;est-à-dire plus longtemps que les assassins ou les
terroristes. Les enfants d&amp;#8217;immigrés en situation irrégulière
pourront être enfermés en centres de rétention avec leurs
parents jusqu’à quarante-cinq jours avant que l&amp;#8217;un de ces
derniers ne soit expulsé. Un bannissement de deux à cinq ans
sera prononcé pour les étrangers à qui un titre de séjour
aura été refusé. Oui, nous sommes toujours en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour justifier l’injustifiable de tous ces reculs
vis-à-vis de la loi commune la seule présence physique
d’étrangers épars sur notre territoire ne suffisait pas&lt;/strong&gt;. Si
l’on pouvait convaincre «&amp;#160;la communauté nationale&amp;#160;» qu’elle
est moralement menacée dans ses fondements culturels et
historiques les plus intimes les choses seraient plus
faciles. À situation exceptionnelle, lois et procédures
d’exception&amp;#160;! Et quand l’exceptionnel n’existe pas de fait,
on l’invente. C’est ainsi que l’on gonfle démesurément la
baudruche islamiste. Certes, il existe un mouvement
islamiste – du reste multiforme et à audience maigrichonne&amp;nbsp;–
rejetant les principes fondamentaux de la République, en
particulier la laïcité. Mais de là à faire de ce phénomène
contrôlable une menace réelle pour la France et son identité
nécessairement enrichie d’apports réguliers, il y a un fossé
que les droites prêtes à en découdre n’hésitent pas à
franchir d’un bond unanime. Les révoltes populaires en cours
dans le monde arabe apportent opportunément de l’eau à ce
délirant moulin à paroles vénéneuses. Ces révoltes vont
inéluctablement provoquer des déferlantes d’immigration vers
l’Europe nous dit la prédiction concurrentielle. Les
meilleurs spécialistes du monde arabe peuvent bien démentir
cette baliverne, rien ne semble en mesure d’en interrompre
l’amplification. La peur est devenue l’arme favorite des
pouvoirs politiques sans imagination.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;La parole circule et c’est là l’un de ses plus
beaux avantages.&lt;/strong&gt; Le revers de sa médaille est que son
maniement par des individus malveillants autorise des
dérapages indignes. Ainsi, M. François Fillon, juché sur la
tribune de l’Assemblée nationale, s’est autorisé à parler le
1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; mars dernier de “citoyens français d’origine
musulmane”. Quand le Premier ministre de la France lui-même
oublie que selon le premier article de notre Constitution
tous les Français sont égaux devant la loi sans distinction
d’origine, ne doit-on pas considérer que l’on s’apprête à
commettre des actes irréparables&amp;#160;? L’intelligence et la
générosité, deux qualités rares ces temps-ci, commandent
d&amp;#8217;arrêter au plus vite la spirale débridée que des ténors
politiques décidément bien peu catholiques nourrissent de
leur verve inepte. Notre conscience est ici sollicitée.
Va-t-on faillir comme d’autres l’ont fait hier en de sombres
heures de notre Histoire&amp;#160;?&lt;br /&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Résignez-vous !</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/24/01/2011/resignez-vous-</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:7d21b48fb0d483aba703f696a3a0b4df</guid>
    <pubDate>Monday 24 January 2011</pubDate>
    <dc:creator>Yann Fiévet</dc:creator>
        <category>Édito</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Les tenants de la Droite extrême qui gouverne la France aujourd’hui et
la grande majorité des intellectuels qu’il nous reste après la
disparition au cours de la dernière décennie de plusieurs figures
remarquables du discours critique susurrent quotidiennement aux oreilles
du citoyen souvent déjà assoupi la même petite musique lancinante.
C’est l’air de la résignation
que tous nous fredonnent à l’unisson. Le chœur de la Gauche que l’on ne
peut même plus nommer réformiste et les solos opportunément promus par
la médiacratie ronronnante accompagnent harmonieusement l’orchestre. Ce
bel ensemble se trompe cependant quant à son audience réelle&amp;#160;: si une
partie du peuple semble attentive, bercée qu’elle est par les langueurs
sirupeuses de la symphonie jouée par la «&amp;#160;révolution conservatrice&amp;#160;»,
l’autre partie du peuple est tristement engluée dans son désarroi duquel
lui parviennent quelques sonorités généralement agaçantes. On a donc
grand tort de prendre pour une écoute soutenue ce qui est un sentiment
d’impuissance partagée par nombre de spectateurs
désarçonnés par l’œuvre – de destruction massive – que les musiciens
chevronnés prétendent donner pour le bien de tous.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;À en croire les compositeurs et mélomanes du temps, nous serions condamnés à accepter certaines évolutions fatales et à les accélérer pour espérer résoudre les multiples crises qui frappent nos sociétés. Pour résoudre la crise écologique, il faut laisser les Multinationales grossir encore et s’emparer du développement durable dont le sort passe inéluctablement par le Marché totalisant. Pour résoudre la crise financière, faisons confiance au sens moral des banquiers renfloués par l’argent public pour qu’ils produisent enfin un capitalisme vertueux. Pour résoudre la crise sociale, comptons sur la générosité des nantis grâce (!) à laquelle ils sauront inventer les formes modernes de la bienfaisance à usage des démunis. Pour résoudre la crise politique, renforçons le maillage des réseaux de la communication décérébrante et panoptique faisant ainsi vivre enfin pleinement l’idée que la politique n’est plus qu’une affaire
d’image. Pour résoudre la crise identitaire, il suffit de ne plus laisser entrer «&amp;#160;chez nous&amp;#160;» tous ceux qui n’y sont pas officiellement invités et d’expulser ceux qui, tous comptes faits, n’étaient que tolérés à condition de se tenir bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un dogme gouverne la volonté d’imposer à tous la résignation&amp;#160;: le Dieu capitalisme est indépassable et pour durer il doit croître toujours. Une fois épuisées les réserves de pétrole conventionnel, il va dévorer d’autres entrailles de la Terre afin d’en extraire de quoi alimenter ses exigeants foyers. C’est le prix à payer pour Sa survie. La malbouffe industrielle et l’agriculture chimique provoquent l’explosion du nombre de cancers dans les pays riches et inversent déjà la courbe de l’espérance de vie aux États-Unis. C’est le prix à payer pour Sa survie. Chez l’oncle Sam les 20% des habitants les plus riches possèdent 84% de la richesse tandis que les 40% les plus pauvres n’en possèdent que… 0,5%. Et l’Europe est sur ses traces. C’est le prix à payer pour Sa survie. Pour que l’Hôpital et l’École deviennent rentables, ces lieux jusqu’ici protégés ne doivent plus être respectivement l’affaire des soignants et des professeurs mais celle des commerçants. C’est le prix à payer pour Sa survie. Tous ces dégâts collatéraux sont criminels, le résultat d’une fuite en avant mortifère, probablement consciente désormais. C’est le prix obligé du Progrès, nous serine-t-on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Las&amp;#160;! Décrétons que tout cela est parfaitement idiot, d’une idiotie crasse même. Qu’il n’est pas dans l’intérêt de l’Humanité de poursuivre sa route sur ce chemin somme toute si fragile. Que nous voulons une économie du partage en lieu et place de l’économie de la confiscation qui chaque jour gagne du terrain. Osons proclamer partout comme le faisait «&amp;#160;l’homme qui rit&amp;#160;» de Victor Hugo que «&amp;#160;c’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches&amp;#160;». Ne nous laissons pas intimider par les laudateurs de la
Croissance comme unique moyen de notre salut. Raillons ceux qui voient dans la surconsommation le maintien d’une identité digne que la destruction du lien social ne permet plus. Réclamons moins de biens mais plus de liens. Les défenseurs du vieux monde ont des armes&amp;#160;? Oui, et ils s’en serviront quand ils ne s’en servent pas déjà. Nous en avons d’autres, et
autrement plus convaincantes à bien y réfléchir. Appelons encore La Boétie à notre rescousse&amp;#160;: ils sont grands car nous sommes à genoux. Oui, indignons-nous&amp;#160;! Et marchons.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>L'empreinte écologique produite par les banques</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/03/01/2011/l-empreinte-ecologique-que-produisent-les-banques</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:0b229de53b5d953448c3938400941e1c</guid>
    <pubDate>Monday  3 January 2011</pubDate>
    <dc:creator>Netoyens.info</dc:creator>
        <category>Édito</category>
            
    <description>    &lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;
&lt;iframe id=&quot;iCalculette&quot; src=&quot;http://www.epargneclimat.fr/gadget-200.html&quot; scrolling=&quot;no&quot; frameborder=&quot;0&quot; style=&quot;border:none; overflow:hidden; width:200px; height:531px;&quot; &gt;&lt;/iframe &gt;
&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Quand la police veut faire la loi</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/20/12/2010/quand-la-police-veut-faire-la-loi</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:e3dfbfd98fce40fd4fa4db9a60598488</guid>
    <pubDate>Monday 20 December 2010</pubDate>
    <dc:creator>Yann Fiévet</dc:creator>
        <category>Édito</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Le processus de transition autoritaire, à l’œuvre en France, affiche
chaque jour davantage l’évidence de sa sombre réalité. Celle-ci vient de
prendre un tour des plus dangereux&amp;#160;: la contestation ouverte d’une
décision de justice par la hiérarchie de la police et par le ministre de
l’Intérieur lui-même. Le politique semble ainsi ne plus se contenter
d’entraver en amont «&amp;#160;la marche de la justice&amp;#160;» mais s’autoriserait
désormais, en aval des jugements rendus, à jeter le discrédit sur des
magistrats accusés de préférer la fidélité à leurs convictions
politiques plutôt que l’application «&amp;#160;raisonnable&amp;#160;» de la loi. Nous ne
sommes plus dès lors dans la simple transgression – consommée depuis
longtemps – du principe de la séparation des pouvoirs chère à
Montesquieu. Nous sommes entrés dans l’ère de l’intimidation publique de
la Justice et du soutien inconditionnel accordé à la Police. Notre pays
sort définitivement de la démocratie pour un ailleurs qu’il est permis
de prédire funeste.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Rendez-vous compte&amp;#160;: le tribunal de Bobigny a osé condamné à des peines de prison ferme sept policiers s’étant rendus coupables de pratiques fort peu conformes au code de déontologie de leur profession. Le tohu-bohu déclenché par ce jugement ne concerne pas la culpabilité des «&amp;#160;représentants de l’ordre&amp;#160;» qui ne fait pas de doute mais en ceci&amp;#160;: l’ampleur des peines prononcées devrait entraîner la radiation des fonctionnaires incriminés. Pourtant, le magistrat n’a en rien outrepassé ses prérogatives puisqu’il est resté dans les limites des peines encourues en pareille affaire. Une peine de six à douze mois de prison, pour des policiers qui, en produisant de manière délibérée et concertée un faux témoignage sur un accident causé en réalité par un des leurs, ont fait accuser un innocent et lui ont fait encourir la prison – ferme – à perpétuité avec, au passage, un tabassage en règle pendant la garde à vue. Quelques mois de prison pour avoir tenté de faire emprisonner à vie un innocent&amp;#160;: nous sommes loin de la peine maximale prévue par la loi pour un «&amp;#160;faux en écriture publique commis par une personne dépositaire de l’autorité agissant dans l’exercice de ses fonctions&amp;#160;», à savoir quinze ans de réclusion criminelle et 225&amp;nbsp;000&amp;nbsp;€ d’amende.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le juge a peut-être été cependant agacé par la manifestation, durant trois heures devant le tribunal le jour de l’audience, de deux cents collègues des prévenus. On ne saurait tout de même reprocher au juge de ne pas considérer ce soutien maladroit, bruyant et autorisé (&amp;#160;!) d’une partie de la profession se sentant attaquée comme une circonstance atténuante susceptible de profiter aux coupables. Sitôt prononcé, le jugement déclencha l’ire de plusieurs syndicats de policiers. Et du ministre de l’Intérieur qui parla «&amp;#160;de sanctions disproportionnées&amp;#160;». On parla abondamment «&amp;#160;des juges beaucoup trop complaisants à l’égard des délinquants&amp;#160;» comme pour justifier que la police, énervée par ce laxisme supposé, se laisse aller à des dérapages finalement bien excusables. Le ministre de la Justice tarda à apporter un démenti à cette suspicion des plus populistes si conforme à l’air du temps. On accusa le magistrat de Bobigny d’avoir rendu «&amp;#160;un jugement politique au mépris de la nécessaire efficacité sociale des décisions de justice&amp;#160;». Enfin, on oublia superbement que depuis une petite dizaine d’années le contexte politique – justement – est au durcissement conjoint de la Justice et de la Police faisant entrer notre pays dans une transition autoritaire liberticide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parlons donc un peu de l’efficacité sociale des sanctions. Cette question est, n’en déplaise à certains syndicalistes de la police, éminemment politique. L’instauration des «&amp;#160;peines planchers&amp;#160;» est un impératif ordonné au juge de condamner systématiquement à une peine d’emprisonnement tout délinquant et empêche d’envisager de possibles alternatives à la prison. C’est peut-être pour épargner aux juges la recherche individuelle de solutions adaptées que l’on durcit et uniformise le code pénal. L’arsenal des peines de substitutions tels les travaux d’intérêt général, est si dérisoire qu’il est sans doute préférable de réduire à l’extrême le nombre des éventuels bénéficiaires. Les trois-quarts des détenus n’ont rien à faire en prison, du moins dans sa conception inamovible depuis plusieurs siècles en France. Des rapports internationaux stigmatisent régulièrement le lamentable état de nos prisons desquelles le moindre des petits délinquants risque de ne pas sortir indemne. Alors, qui fait de la mauvaise politique&amp;#160;? Qui n’est pas efficace socialement&amp;#160;? Les juges qui punissent des policiers devenus criminels ou les artisans d’un ordre pénal aveugle aux souffrances d’une société fracturée&amp;#160;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes ici désormais&amp;#160;: Brice Hortefeux s’est rendu complice d’un crime en témoignant du haut de sa fonction son soutien indéfectible aux sept policiers condamnés. En déclarant que ce sont «&amp;#160;les délinquants qu’il faut poursuivre et non les policiers&amp;#160;» il place ces derniers au-dessus de la loi et considère qu’ils ne sauraient être des délinquants. Cela revient à dire que la police peut aujourd’hui faire la loi. Pourtant, il ne faut pas se tromper de cible&amp;#160;: c’est la France qui est malade et non son seul ministre de l’Intérieur. Ainsi, plusieurs dignitaires du Parti Socialiste ont dit comprendre les policiers dans cette affaire. Et que dire de l’opinion publique…&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Populisme, quand tu nous tiens&amp;#160;!&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Europa City ou la mégalomanie anachronique d’un maire de « gauche »</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/19/12/2010/europa-city-ou-la-megalomanie-anachronique-dun-maire-de-gauche-</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:488b4ec61d2f0da6db44571250985c23</guid>
    <pubDate>Friday 17 December 2010</pubDate>
    <dc:creator>Yann Fiévet</dc:creator>
        <category>Édito</category>
        <category>EuropaCity</category>    
    <description>&lt;p&gt;La ville de Gonesse dirigée par Jean-Pierre Blazy et le groupe Auchan viennent de lancer le projet «&amp;#160;Europa City&amp;#160;», gigantesque complexe mercantilo-culturel implanté dans «&amp;#160;le triangle&amp;#160;» situé aux confins des départements du Val d’Oise, de la Seine-Saint-Denis et de la Seine-et-Marne. Ce projet délirant pose de multiples questions graves que le maire PS de Gonesse a depuis longtemps cessé d’envisager pour
leur préférer les réponses démagogiques de l’air du temps.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Plantons le décor de ce machin si conforme au manque d’imagination qui caractérise la décision politique de notre époque. Le monstre, conçu pour accueillir entre 25 et 40 millions de visiteurs chaque année à partir de 2020, occupera le tiers d’une vaste zone de 200 hectares, en cours d’urbanisation et d’aménagement, proche des aéroports de Roissy-CDG et du Bourget. Concrètement, il s’agira «&amp;#160;de faire le tour de l’Europe en une journée&amp;#160;», proclame Vianney Mulliez, Président du groupe Auchan. En profitant de 250&amp;#160;000 m2 de commerces et restaurants, avec des enseignes «&amp;#160;haut de gamme&amp;#160;» représentant «&amp;#160;toutes les couleurs du continent&amp;#160;». «&amp;#160;Comme les Galeries Lafayette pour la France, ou Harrods, symbolisant la Grande-Bretagne…&amp;#160;» S’émerveille Jean-Pierre Blazy. Sont également prévus 160&amp;nbsp;000&amp;nbsp;m2 consacrés au divertissement&amp;#160;: un parc nautique, une piste de ski indoor (&amp;#160;!), un parc de loisirs. On n’oubliera pas le space music de 30&amp;nbsp;000&amp;nbsp;m2, avec salles de concerts ou encore studios dévolus aux cultures urbaines. Et, pourquoi pas «&amp;#160;des institutions d’art contemporain à l’étroit à Paris&amp;#160;», se prend à rêver Jean-Pierre Blazy. Les deux protagonistes de l’affaire, supposée juteuse, souhaitent de concert attirer les touristes du monde entier qui sauront trouver là, n’en doutons pas un instant, ce qu’ils trouvent partout ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous l’imaginez aisément, on a tendu à la population le miroir aux alouettes désormais habituel en la matière. Le complexe génèrerait la création de 20&amp;nbsp;000 emplois. «&amp;#160;Une bonne nouvelle&amp;#160;» pour les habitants de l’est du Val-d’Oise et des départements limitrophes particulièrement touchés par le chômage. «&amp;#160;Nous allons créer 10&amp;nbsp;000 à 12&amp;nbsp;000 emplois sur trois ans pour réaliser cet équipement, assure Christophe Dastein, directeur du développement à Immochan, la filiale immobilière du groupe Auchan. Ensuite, l’ouverture d’Europa City entraînerait quelques 8&amp;nbsp;000 emplois directs et de nombreux emplois indirects dans les domaines de l’hôtellerie, des transports et des services. Nos recrutements favoriseront les candidats vivant à proximité.&amp;#160;» Pour faciliter le déploiement de ce nouveau temple de la surconsommation agrémenté habilement de quelques atours pseudo culturels et permettre son accès, Auchan comme la ville de Gonesse comptent sur les aménagements prévus dans le cadre du Grand Paris, notamment afin d’améliorer les transports en commun. «&amp;#160;Le métro automatique en particulier, ajoute le maire de Gonesse. La desserte du triangle de Gonesse et le secteur d’Aulnay-sous-Bois feront l’objet d’importants travaux.&amp;#160;» L’investissement — sans ces dernières infrastructures — culmine à 1,5 milliard d’euros, pour une ouverture «&amp;#160;avant 2020&amp;#160;», espère Jean-Pierre Blazy. Et même 2018, selon Auchan, si les aménagements du Grand Paris – en douterait-on&amp;#160;? - sont bien lancés.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement aux apparences – souvent si trompeuses – Europa City est une idée du passé. Les soigneuses plaquettes de la communication convenue parleront de concept nouveau – ni Disney, ni hypermarché – et sans doute d’architecture futuriste à propos de la configuration du lieu mêlant harmonieusement activités trivialement commerciales, activités ludiques dûment tarifées, activités culturelles sournoisement encadrées. L’officielle présentation en trompe-l’oeil qui est faite du projet ne saurait contenter le citoyen curieux. Ce dernier a entendu dire que la crise écologique dont les dégâts ont pu être longtemps cachés sous le tapis de la Croissance éternelle fait rage désormais et que ses congénères n’ont plus qu’une seule chose à faire pour sauver la planète&amp;#160;: tourner le dos aux schémas croissansistes qui ont pris en quelques années un sacré coup de vieux. Il a aussi entendu dire que la crise financière dont il ne croit pas une seconde qu’elle est terminée pourrait, entre autres désastres pour l’économie réelle dans laquelle il vit et travaille, emporter l’Euro sur sa route. Il sait également – car il sait énormément de choses le citoyen curieux – qu’à quelques encablures de ce paradis destiné d’abord aux touristes argentés se trouve l’enfer du plus grand centre français – quelle gloire&amp;#160;! - de rétention pour d’autres étrangers dont le seul crime est de ne pas posséder de papiers reconnus par son pays. Et on vient lui causer, en pleine tourmente multiforme, de piste de ski d’intérieur énergétivore, d’investissements somptuaires et probablement hasardeux, d’étalages ostentatoires du luxe… Et c’est un maire de Gauche qui, toute honte bue, lui en cause. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On vient donc une fois encore de célébrer le mariage de la carpe et du lapin. Que le groupe Auchan, famille Mulliez en tête, souhaite poursuivre sa course éperdue vers le «&amp;#160;toujours plus grand&amp;#160;» n’étonne pas grand monde. Que son développement s’accompagne et se nourrisse forcément – c’est la loi du capitalisme – de l’intégration de nouvelles activités à son empire est tristement logique. En revanche, qu’une commune dirigée par une alliance PS-PC succombe tellement facilement aux sirènes d’un capitalisme financiarisé à bout de souffle laisse pantois les citoyens épris de justice sociale ou attachés à la défense du bien commun. Au moment où de plus en plus de gens semblent prêts à contester les stratégies bancaires mortifères il ne reste qu’une chose à espérer&amp;#160;: que le monstre Europa City – le si mal nommé – ne sorte pas de terre, privé qu’il serait du nerf de la guerre… économique. Alors, un autre espoir pourrait vivre&amp;#160;: que la classe politique cesse d’être à la remorque des tenants de l’économie capitaliste dominante et de ses plus grosses fortunes. On ferait de nouveau de la politique, au service de l’intérêt général. On réconcilierait ainsi les citoyens avec la Gauche. Bref, on (re)construirait la Gauche.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Sarko le braqueur</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/10/11/2010/sarko-le-braqueur</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:348111da3826fad61c8062499e465ee9</guid>
    <pubDate>Wednesday 10 November 2010</pubDate>
    <dc:creator>Yann Fiévet</dc:creator>
        <category>Édito</category>
        <category>AEC Partners</category><category>Bio Alliance Pharma</category><category>Kessler</category><category>Les 3 frères Sarkozy</category><category>Malakoff-Médéric</category><category>Parisot</category><category>Pervenche Berès</category><category>Retraites</category><category>SANOFI</category><category>Thesmar</category><category>Todd</category><category>Woerth</category>    
    <description>&lt;p&gt;Il aura fallu la réforme des retraites cuvée 2010 pour que tombent enfin
les dernières indulgences naïves quant à la réalité profonde du
sarkozysme. Ce régime – sec&amp;#160;! – caractérisé par la double posture du
respect des forts et du mépris des faibles a décidément comme fonction
essentielle la défense ou le renforcement des privilèges des nantis.
D’une certaine manière, c’est de bonne guerre&amp;#160;: la Droite a toujours
fait ce qu’elle pouvait pour accroître les inégalités en faveur des
possédants. Pourtant, au-delà de la légalité d’une politique fiscale
très orientée – paquet et bouclier fiscaux adoptés dès le début du
quinquennat – les arcanes de l’affaire Woerth et la réforme des
retraites tiennent littéralement du hold up sur le bien public. Cet
«&amp;#160;au-delà&amp;#160;» de la démocratie ne semble plus avoir de limites. Et si le
problème n’était pas tant la Droite – qui pour une bonne part est dans
son rôle – que la Gauche «&amp;#160;de gouvernement&amp;#160;» si défaillante quant à ses
idéaux naturels&amp;#160;? &lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Il est dit que nous devrons boire le calice jusqu’à la lie des Présidentielles 2012. En cinq années, M. Sarkozy aura commis des dégâts immenses. Des dégâts qui ne seront pas tous réparables, loin s’en faudra quand son successeur reprendra le lourd héritage. Nous n’avons, il faut l’admettre, aucune excuse à faire valoir en ce qui concerne d’imaginaires difficultés à cerner les périls réels du sarkozysme. La «&amp;#160;clique&amp;#160;» au pouvoir par «&amp;#160;la volonté du peuple&amp;#160;» a joué cartes sur table, ne s’est pas cachée derrière le petit doigt vengeur de &lt;strong&gt;Laurence Parisot&lt;/strong&gt;. &lt;strong&gt;Denis Kessler &lt;/strong&gt;nous a très tôt édifiés quant au dessein mortifère de la Droite extrême toute rassemblée derrière le chef suprême. Fort bien placé au sein du &lt;strong&gt;Medef&lt;/strong&gt; dont il fut un temps le vice-président, cet ultralibéral invétéré annonçait la couleur et la presse s’en était fait l’écho&amp;#160;: ce qui est en jeu n’est rien moins que l’héritage du Conseil National de la Résistance&amp;#160;; il faut en détricoter toutes les mailles afin que la France entre enfin dans la Modernité économique. S’il était besoin de traduire cet avertissement sans frais, il conviendrait de préciser que selon les revanchards bravaches, notre pays est depuis trop longtemps handicapé par les désuets principes de l’État-providence. Disons au passage que ce dernier vocable nous sert bien mal aujourd’hui&amp;#160;: ce que la Providence nous a donné un jour, elle peut le reprendre un autre jour sans que nous n’en puissions mais&amp;#160;! À cette vision biblique de ce qui survient aux hommes à leur corps défendant, il faut préférer celle du &lt;em&gt;welfare state anglo-saxon&lt;/em&gt; fait de la volonté des hommes. Car, évidemment, ce qui nous arrive est le fruit de stratégies ne laissant rien au hasard, patiemment mûries en attendant le moment propice de leur réalisation. La protection sociale comme système républicain de solidarité doit progressivement s’effacer devant la nécessaire efficacité marchande de l’assurance individuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s’agit en effet de stratégies peaufinées de longue date dont les idéologues sont promus par leurs pairs, et supportées sans vergogne par les plus beaux fleurons des médias dominants. Le 24 février 2007, l’économiste &lt;strong&gt;David Thesmar&lt;/strong&gt; répondait aux questions d’une journaliste du quotidien Le Monde. À la question «&amp;#160;Quelle serait donc la solution pour réconcilier les Français avec les profits&amp;#160;?&amp;#160;» il asséna&amp;#160;: «&amp;#160;Infléchir le système de retraite. Raboter le système par répartition pour les Français ayant un certain niveau de revenu. Cotisant moins, récupérant moins, ils seraient incités à acheter des actions, ce qui permettrait de développer des fonds de pensions français.&amp;#160;» Nous n’avons pas affaire ici à n’importe quel économiste jugeant les difficultés de son époque en toute indépendance d’idées. David Thesmar est connu dans le «&amp;#160;milieu&amp;#160;» comme chantre des marchés financiers spéculatifs. «&amp;#160;Meilleur jeune économiste de France&amp;#160;» en 2007, Prix HEC du chercheur de l’année 2007, Prix 2008 de l’Institut Manpower pour l’Emploi, il est membre du CAE (Conseil d’analyse économique, aréopage d’économistes auprès du premier ministre) et directeur scientifique du BNP Paribas Hedge Fund Center. Ce gourou de la libération totale des marchés, outrancièrement chaperonné, n’a jamais caché son aversion pour les conquêtes sociales issues de la Résistance qui ont marqué les Trente Glorieuses. Du reste l’entretien qu’il donna au Monde fut publié sous le titre sans la moindre ambiguïté «&amp;#160;L’hostilité des Français aux profits est récente&amp;#160;» et fut paré du surtitre&amp;#160;: «&amp;#160;Capitalisme – L’instauration d’une «&amp;#160;économie centralisée et planifiée&amp;#160;» après 1945 a créé cette aversion&amp;#160;». Février 2007, c’était avant la débâcle financière et quelques semaines avant l’entrée de Nicolas Sarkozy à l’Elysée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La préparation du braquage perpétré contre le bien commun a donc fourbi ses armes idéologiques bien avant que les principaux individus concernés, à savoir les ayant droits de la protection sociale, ne commencent à prendre conscience de la réalité du péril qui les menace. Mais les armes idéologiques ne sauraient suffire. Elles doivent être accompagnées des armes juridiques nécessaires à la transformation des structures économiques permettant notamment un meilleur transfert de la richesse née du travail vers la propriété du capital. Sans modifications décisives de la loi rien n’est vraiment possible. La réforme 2010 du système des retraites s’inscrit dans cette stratégie en organisant – sans le dire – la baisse future des pensions issues de la répartition solidaire. Au-delà du vaste champ des retraites, c’est la non moins vaste question de la santé qui est en jeu. &lt;strong&gt;Un trio familial de choc va courageusement s’emparer de ces fardeaux «&amp;#160;devenus trop lourds pour la Nation&amp;#160;»&lt;/strong&gt;. Une fois &lt;strong&gt;Nicolas Sarkozy&lt;/strong&gt; à l’Elysée, il n’aura pas fallu attendre longtemps pour voir entrer en scène le frère aîné de l’heureux élu. &lt;strong&gt;Guillaume Sarkozy&lt;/strong&gt; sera bientôt – nul besoin d’être grand clerc pour le comprendre dès à présent – l’un des grands manitous des bénéfices de la destruction du régime de retraites par répartition grâce à la société Malakoff-Médéric qu’il dirige désormais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faisons un petit détour vers une opération en apparence sans rapport avec le braquage à mains puissamment armées qui nous occupe ici. Le Pôle Emploi, né de la fusion – idée de Nicolas Sarkozy – de l’ANPE et de l’ASSEDIC (50&amp;nbsp;000 salariés) et la «&amp;#160;Sécu&amp;#160;», comprenant l’Assurance Maladie, l’Assurance Vieillesse et les URSSAF (120&amp;nbsp;000 salariés au total) sont directement touchés par une disposition de la réforme des retraites 2003 (dite réforme Fillon) relative aux «&amp;#160;Complémentaires Santé&amp;#160;». Ainsi, depuis le 1er janvier 2009, 170&amp;nbsp;000 salariés ont été contraints de résilier le contrat qui les liait à leur mutuelle pour adhérer à une «&amp;#160;mutuelle employeur obligatoire&amp;#160;». C’est &lt;strong&gt;le groupe Malakoff-Médéric&lt;/strong&gt; qui a remporté les deux marchés. Ses 170&amp;nbsp;000&amp;nbsp;nouveaux adhérents forcés seront bientôt rejoints par les 800&amp;nbsp;000 salariés des cafés-hôtels-restaurants qui entreront dans le bain en janvier 2011. La fusion de Malakoff et de Médéric est intervenue le 30 juin 2008, soit 6 mois avant la mise en place du dispositif «&amp;#160;mutuelle employeur obligatoire» pour la Sécurité Sociale et le Pôle Emploi. Dès le 1er Juillet 2008, Guillaume Sarkozy prend la direction du nouveau groupe. On parle moins du troisième larron. Et pourtant… &lt;strong&gt;François Sarkozy&lt;/strong&gt;. Autre frère du Premier, Pédiatre de formation, a abandonné la pratique médicale pour se consacrer à l’industrie pharmaceutique, principalement orientée vers la gériatrie, depuis 2001. Il siège au conseil de surveillance de Bio Alliance Pharma et est devenu le président d’AEC Partners dont une des missions est le conseil aux fonds d’investissement. Par ailleurs, il a lancé une chaîne de télévision sur Internet spécialisée sur la santé financée par le laboratoire Sanofi. On le voit&amp;#160;: l’homme a tissé sa toile&amp;#160;; il appartient désormais au rang des puissants lobbyistes de l’industrie pharmaceutique. À ce titre, le «&amp;#160;grand&amp;#160;» plan Alzheimer voulu par Nicolas Sarkozy n’est-il pas un opportun pactole pour la gériatrie «&amp;#160;moderne&amp;#160;»&amp;#160;?&lt;br /&gt;Ces grandes manœuvres tramées dans les coulisses que la plupart des médias se gardent bien d’aller visiter nous éloignent singulièrement des raisons affichées pour justifier les réformes de la santé et des retraites, à commencer par l’épouvantail démographique. Et la Gauche dans tout cela&amp;#160;?&amp;nbsp;N’a-t-elle rien à dire&amp;#160;?&amp;nbsp;Non&amp;#160;! L’article 32 du titre V de la réforme des retraites ne l’a guère mobilisée. Cet article de cinq pages va pourtant permettre le dynamitage du système par répartition et ouvrir un boulevard aux assureurs privés. Si les députés et sénateurs du PS ne s’agitèrent pas sur cette question, c’est qu’elle ne les choque pas le moins du monde. La preuve&amp;#160;? Le 5 octobre 2010, plus de deux semaines avant l&amp;#8217;adoption par le Sénat français de la loi «&amp;#160;portant réforme des retraites&amp;#160;», l&amp;#8217;élue «&amp;#160;socialiste&amp;#160;» française Pervenche Berès déposait au Parlement Européen un rapport soutenant un projet de résolution intitulée «&amp;#160;Crise financière, économique et sociale: recommandations concernant les mesures et initiatives à prendre&amp;#160;», adoptée le 20 octobre (soit, deux jours avant l&amp;#8217;adoption par le Sénat français de «&lt;strong&gt;&amp;nbsp;la loi Woerth&lt;/strong&gt;&amp;#160;») avec le soutien d&amp;#8217;une large majorité des parlementaires français de «&amp;#160;gauche&amp;#160;». On peut y lire, par exemple au point 77 que le Parlement Européen «&amp;#160;prend acte de ce que le grand krach éclaire d&amp;#8217;un jour nouveau le défi démographique et celui du financement des retraites&amp;#160;; considère que le financement des pensions ne peut être entièrement laissé au secteur public, mais doit reposer sur des systèmes à trois piliers, comprenant des régimes de retraite publics, professionnels et privés, dûment garantis par une réglementation et une surveillance spécifiques destinées à protéger les investisseurs.&amp;#160;» Tout est dit&amp;#160;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment où le présent article est rédigé l’ouvrage publié en 2008 par &lt;strong&gt;Emmanuel Todd&amp;nbsp;, «&amp;#160;&lt;em&gt;Après la démocratie&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;em&gt;&amp;#160;»&lt;/em&gt;&amp;nbsp;, sort en livre de poche. L’accélération dramatique de la casse sociale – le casse du siècle nouveau&amp;#160;! – ne fait que conforter son analyse&amp;#160;: nous sommes bel et bien au-delà de la démocratie et la plupart des hommes politiques qui comptent (&amp;#160;!) font désormais semblant de jouer à la démocratie. Les peuples européens tolèreront-ils longtemps ce simulacre&amp;#160;? À suivre…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(*) Auteur du livre «&amp;#160;Le monde en pente douce&amp;#160;», Editions Golias, 2009.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Bangsters !</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/25/10/2010/bangsters</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:c6694d71b2e72f9a722f620f76e5997e</guid>
    <pubDate>Monday 25 October 2010</pubDate>
    <dc:creator>Yann Fiévet</dc:creator>
        <category>Édito</category>
        <category>AZF</category><category>Erika</category><category>Greenspan</category><category>Kerviel</category><category>Société Générale</category><category>Trichet</category>    
    <description>&lt;p&gt;Le capitalisme financier est sorti indemne des tempêtes qu’il a ourdies en 2008. Indemne mais fragilisé. D’une fragilité inquiétante qui augure toujours de la crise fatale une fois encore repoussée. Toutes les analyses possibles ont été conduites qui dévoilèrent les véritables raisons des tempêtes récentes&amp;#160;; aucune leçon sérieuse n’en a été tirée. Les banques, une fois renflouées avec l’argent public, ont repris le cours cupide de leurs affaires. Parmi elles, celle de la Société Générale est des plus édifiantes quant à l’administration de la preuve de l’impossible moralisation du capitalisme. Les bangsters sont désormais au pouvoir.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Après trente ans de gestion néo-libérale de l’économie nous savons définitivement que le capitalisme et la démocratie sont inconciliables. À la délirante concentration du capital – tendance séculaire du capitalisme – s’ajoute désormais la concentration du pouvoir que l’on peine pour le coup à nommer encore politique. Fatalement, ces deux concentrations majeures de notre temps sont de plus en plus fréquemment en collusion étroite. Le scandale que constitue le jugement de «&amp;#160;l’affaire Kerviel&amp;#160;» est l’un des meilleurs révélateurs de cette collusion avérée, avec le surcroît d’intensité que l’allégeance sans failles de la Justice donne à la collusion. Ce n’est évidemment pas la condamnation de Jérôme Kerviel en elle-même qui est choquante. Les traders francs-tireurs ne sauraient nous émouvoir par leur déni de responsabilité que provoquerait, selon eux, l’implication des individus dans un système qui les grise. À moins de plaider la folie, ces flambeurs de la roulette financière ne doivent pas pouvoir échapper à la Justice quand ils sont pris la main dans le sac de nœuds des montages sophistiqués auxquels ils collaborent. Personne n’est obligé d’exercer ce métier-là. Des métiers plus nobles, plus altruistes existent où exercer ses talents. Seule la cupidité déraisonnable attire en ces lieux de perdition de l’intérêt général que sont les mythiques salles de marché des jeunes hommes et des jeunes femmes sans le moindre scrupule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que Jérôme Kerviel ait le temps de méditer tout cela en prison n’est donc en rien scandaleux. Tout autre est l’incroyable blanchiment de la banque employant le condamné au moment des faits incriminés, en l’occurrence la Société Générale. Alors que de nombreux faits prouvaient que ladite banque couvrait les agissements du trader imprudent, seule la culpabilité de ce dernier fut prononcée. Jérôme Kerviel étant l’unique coupable des pertes que ses hasardeuses spéculations ont occasionnées à la Société Générale, il est condamné à rembourser à son ancienne banque… 5 milliards d’euros. La facture est à l’échelle de la démesure des bulles spéculatives de la finance internationale débridée par trente années de dérégulation. Pour des faits autrement plus graves et que nous pourrions sans mal qualifier de criminels les condamnations prononcées par les tribunaux français ont été d’une grande légèreté. Ainsi, la Marée noire de l’Erika a coûté à Total 92 petits millions d’euros d’indemnités, la Catastrophe d’AZF Toulouse a représenté 2 milliards d’indemnités et aucune condamnation pénale malgré son lourd bilan de 31 morts. Seul le fonds d’indemnisation de la multitude de  travailleurs forcés du nazisme a atteint les 5 milliards d’euros, dont la moitié seulement à la charge des groupes industriels et bancaires allemands (1). Les banques internationales, en provoquant la crise financière récente, ont coûté, par les plans de sauvetage, des milliers de milliards d’euros aux contribuables et font peser sur les peuples le coût de la récession avec sa flambée du chômage et de l’austérité en Europe comme aux États-Unis. Aucun des banquiers, des patrons de fonds spéculatifs, des «&amp;#160;régulateurs&amp;#160;» tels MM. Greenspan, Trichet et consorts n’a été inquiété. Tous bénéficient encore de leurs bonus, stock-options, parachutes dorés et, après leur coupable activité, de leurs retraites chapeaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, dévoilons le pot aux roses de l’affaire Société Générale, comme il conviendrait de la dénommer mieux. Sur les 5 milliards de pertes estimées la banque en a déjà récupéré le tiers, soit 1,7 milliard d’euros qui lui ont été versés par l’État. En effet, dans l’opération de renflouement des banques françaises, l’État s’était engager à éponger les pertes subies par elles  sur des opérations évidemment jamais appelées spéculatives. Il y fallait une condition&amp;#160;: que la banque concernée ne soit pas responsable des pertes encourues. Dans «&amp;#160;l’affaire Kerviel&amp;#160;» il fallait donc absolument que la Société Générale soit réputée judiciairement innocente du «&amp;#160;crime&amp;#160;» imputé. Il fallait aussi que la Justice soit associée à la combine. Le verdict est alors sans surprise. Le citoyen qui y croit encore un soupçon n’a plus qu’à ravaler son écœurement légitime. Et la démocratie de rouler définitivement dans le caniveau&amp;#160;! &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) – Faits et chiffres cités par &lt;a href=&quot;http://www.france.attac.org/&quot;&gt;Attac-France&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Le social est dans l’écologie</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/02/10/2010/le-social-est-dans-lecologie</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:e89ba2f549e7009360264187ada68f26</guid>
    <pubDate>Sunday  3 October 2010</pubDate>
    <dc:creator>Yann Fiévet</dc:creator>
        <category>Édito</category>
        <category>FMI</category>    
    <description>&lt;p&gt;Les hommes vont mal et pourraient aller encore plus mal demain,
incapables qu’ils sont de sortir des impasses qu’ils ont eux-mêmes
fabriquées. Ce que nous révèle la marche du monde en ces temps de
dégradation massive de l’environnement - tant écologique que social -
tient en ceci&amp;#160;: l’écologie et ses acteurs continuent d’être envisagés –
souvent à juste titre - comme les ennemis du progrès social. On ne
sortira de cette impasse qu’au prix d’une articulation solide entre le
social et l’écologique. Mais, il faudra d’abord abandonner les
définitions étriquées de ces deux faces d’un même problème. Le social et
l’écologique méritent mille fois mieux que les caricatures que l’on en
fait si souvent.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Quelques naïfs superbes ont cru un temps que le Grenelle de l’environnement marquerait en France – et en Europe tant qu’on y était – un tournant décisif dans le rapport de la société à «&amp;#160;la chose écologique&amp;#160;». Près de trois ans après cette pitoyable mascarade ils en sont bien sûr tous revenus. A les entendre ils y étaient tous allés en sachant que cela ne servirait à rien. Cette naïveté manifeste du moment travestie a posteriori en clairvoyance avisée révèle que pour nombre d’ONG environnementales l’action écologique n’a d’égale que leur méconnaissance – voire leur mépris - de la question sociale. Pour que la société dans son ensemble s’empare avec sérieux du credo écologique, l’élargissant bien au-delà du petit cercle des initiés, encore conviendra-t-il de persuader la part la plus modeste de ladite société que c’est surtout elle qui a le plus à gagner d’un changement de paradigme. C’est d’abord pour ce défaut-là qu’il ne fallait croire en rien à la sincérité affichée de M. Sarkozy. Comment «&amp;#160;le candidat des riches&amp;#160;» fraîchement élu au moment du Grenelle pouvait-il prôner une écologie soulageant d’abord les pauvres&amp;#160;? Accepter le dialogue dont il maîtrisait toutes les limites était forcément suspect aux yeux de qui considère qu’aucun autel ne justifie que l’on y sacrifie la question sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe donc un intégrisme écologique, frère jumeau de l’intégrisme économique. Tous deux croient pouvoir triompher en faisant fi de la réalité sociale ou en la faisant ployer sous le fardeau de leur exorbitante prétention. On ne sauvera pas la planète et l’humanité qu’elle porte sans remettre en cause le système économique totalitaire qui les ruine à grands feux désormais. Il apparaît de plus en plus abject de considérer que la crise écologique est prioritaire quand la crise sociale ne serait que secondaire. Il faut tenir les deux fers au feu pour forger un monde tout à la fois écologiquement et socialement vivable. Par les conditions matérielles de leur existence, par les lieux géographiques où ils vivent et travaillent, par le défaut de leur accès à l’information nécessaire, par le regard de plus en plus hostile qui leur est jeté, les pauvres sont partout les premières victimes des multiples dimensions de ce que l’on nomme intempestivement la crise écologique. Ils seront les derniers bénéficiaires de solutions asociales apportées illusoirement à cette crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Justice sociale plaide en faveur de l’écologie pour tous quand le règne sans partage du Marché écarte logiquement tous les fieffés insolvables. Le renoncement progressif des pouvoirs publics à jouer leur rôle de correction des méfaits du fonctionnement de l’économie sur les plus faibles est incompatible avec la nécessité de bâtir une écologie socialement responsable. Le constat est terrible&amp;#160;: nous sommes à des années-lumière de l’écologie sociale. Pour l’atteindre il faudra faire vivre la dialectique grâce à laquelle les hommes sauront mettre du social dans l’écologie et de l’écologie dans le social, et cela à tous les étages de l’édifice social. Ainsi, on remplacerait les définitions et les actions séparées du social et de l’écologique par une (ré)conciliation des actes aujourd’hui souvent inconciliables. Seuls la relocalisation de l’économie et le desserrement de l’emprise des machines mortifères que sont l’OMC ou le FMI permettront d’espérer réaliser cette gageure. C’est à ces conditions, que la pensée orthodoxe juge incongrues ou démesurées, que l’on obtiendra une autre réconciliation&amp;#160;: celle des acteurs œuvrant, tous sincèrement, dans des champs tenus souvent distincts artificiellement. Ecologistes et syndicalistes ne font que commencer de se parler. Il leur faut pour s’enfoncer dans un dialogue fécond un autre contexte, un autre monde à construire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, plus aucun responsable d’ONG soucieux du sort des générations à venir et de la planète ne pourra encore dire demain à un salarié qu’il le paie au SMIC car il n’a pas le droit de le payer moins. Que demain la planète n’ait plus jamais aussi bon dos soulagerait assurément la peine des hommes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Le petit baron du sarkozysme</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/16/09/2010/le-petit-baron-du-sarkozysme</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:85d3d10c4d62f83bd0753766aecf4d3d</guid>
    <pubDate>Thursday 16 September 2010</pubDate>
    <dc:creator>Yann Fiévet</dc:creator>
        <category>Édito</category>
            
    <description>&lt;p&gt;L’affaire W n’est pas qu’une affaire de plus sur le chemin fatal de la décomposition politique de la France. Elle révèle à elle seule tant de facettes de ladite décomposition que sa mise sous le boisseau – sort réservé depuis longtemps à nombre d’affaires troubles de la République – paraît décidément impossible. Il n’est même plus besoin de la nommer. Ici ou là, on ne parle déjà plus que de «&amp;#160;l’Affaire&amp;#160;». Elle n’est pas accidentelle. Elle est le régime sarkozyste dans son essence et ses outrances.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Le gaullisme avait ses «&amp;#160;grands barons&amp;#160;» tenant leur légitimité d’un engagement de jeunesse pour la patrie ou des idées neuves, d’une carrière au service de l’Etat incarnée dans la Nation, de compétences juridiques ou techniques précieuses pour la construction du système politico-administratif de la Vème République. Ils étaient de Droite et à ce titre étaient justement combattus par d’autres hommes aux idées «&amp;#160;progressistes&amp;#160;». Ils pouvaient être respectés pour ce qu’ils représentaient aux yeux du plus grand nombre&amp;#160;: une sincérité au service d’un projet pour leur pays. Les générations suivantes d’hommes politiques vécurent plus ou moins adroitement sur le capital légué par le gaullisme, l’érodant et le dévoyant tout à la fois à mesure que l’on s’éloignait du souvenir de la figure tutélaire originelle. Alors vint le sarkozysme par qui tout vola en éclats. Et l’on en arriva presque à cultiver une certaine nostalgie des anciens grands barons oubliant ainsi qu’ils étaient pourtant des adversaires au conservatisme honni.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Détruisons d’emblée toute forme de fausse naïveté tellement de mise au sein de la plupart des organes de presse alors qu’enfle l’Affaire. Ils minimisent. Ils jouent à merveille l’étonnement. Ils attendent les preuves. Ils ne voient là qu’un épiphénomène dans un système démocratique au demeurant inébranlé. Cela nous rappelle la posture de Serge July en 1997 dans le film «&amp;#160;Journal intime des affaires en cours&amp;#160;» de Pierre Carles et Denis Robert. Il y déclarait doctement que la démocratie, contrairement aux apparences, se renforce sans cesse. C’était avant que Denis Robert, ancien journaliste de Libération, s’intéresse de trop près à l’affaire Clearstream.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein de la sphère médiacratique les choses ont peu bougé depuis que trop d’affaires, à commencer par l’affaire Elf, ont accouché d’une souris. Pour la grande majorité des éditorialistes, l’absence de preuves constitue probablement la preuve de l’absence. Aujourd’hui, Jean-Marie Colombani, longtemps patron du remarquable «&amp;#160;quotidien de révérence&amp;#160;», semble raisonner comme Serge July hier. Un matin de juillet dernier, il commentait sur France Culture l’interview - convenu comme à l’accoutumée - du chef de l’Etat lors du journal de 20 heures de France 2 diffusé la veille. Il déclara de sa voix monocorde et apaisante que David Pujadas avait été très bien et qu’il ne voyait pas quelles autres questions il aurait pu poser à M. Nicolas Sarkozy au sujet de son ministre des «&amp;#160;affaires sociales&amp;#160;». Dans ce climat de dénégation fébrile mâtinée de prudence servile comment s’étonner que l’on traite de fascistes les quelques organes de presse qui s’honorent à exercer le métier fondant leur existence&amp;#160;? L’accompagnement du pouvoir n’est pas leur préoccupation. Ils savent que l’ivresse du pouvoir doit incessamment être combattue et qu’ils se doivent de participer à bâtir les frontières entre l’exercice contrôlé de la vie publique et la tentation de satisfaire des intérêts privés multiples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’affaire W est un système dans le système. Un système qui dépasse de loin la personne même de celui qui lui donne son nom bien malgré lui. Qu’y aurait-il d’incongru en effet à soupçonner que «&amp;#160;la pompe à fric&amp;#160;» amorcée à grands coups de largesses fiscales ne concerne qu’une seule des fortunes de France&amp;#160;? Il est plus que probable que d’autres grosses enveloppes sont manipulées par d’autres mains que celles des protagonistes de l’affaire en cours de traitement légitime par la presse d’investigation. On ne peut pas toujours compter sur les indiscrétions d’un majordome ou sur une riche héritière potentielle craignant d’être mal servie le moment venu. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui frappe chez W c’est qu’il occupait – depuis peu il semble que l’on doive parler partiellement au passé – plusieurs positions clés du système bâti pour l’accession au trône élyséen de M. Sarkozy. Dans la politique d’autrefois, les grands barons étaient serviteurs de l’Etat. Dans la politique «&amp;#160;moderne&amp;#160;», renforcée par la rupture sarkozyste, les petits barons servent d’abord un homme réputé providentiel. Depuis des années notre serviteur zélé cumulait divers maroquins ministériels successifs avec la fonction officielle de trésorier de l’UMP et avec le rôle d’animateur du Cercle des plus gros donateurs de l’Ump. La presse en voie de «&amp;#160;pipolisation&amp;#160;» qui affectionne les portraits sans trop de reliefs de nos stars politiques a plusieurs fois salué l’ardeur au travail de W. On veut bien l’en croire.! Occuper trois emplois – tout en veillant à l’avenir professionnel de son épouse – ne vous laisse assurément que fort peu de loisirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le système occulte patiemment édifié ne fait pas que servir l’ascension d’un homme. Certes, la politique spectacle est hors de prix et visiblement hors des limites fixées par les règles officielles du financement des partis politiques. L’autre grand mérite du discret système, moins facilement avoué, est le tissage de relations étroites entre gens de la «&amp;#160;bonne&amp;#160;» société comme &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Monique_Pin%C3%A7on-Charlot&quot;&gt;Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot&lt;/a&gt; se plaisent à nous les dépeindre au cours de leurs voyages dans &lt;a href=&quot;http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1236&quot;&gt;«&amp;#160;les ghettos du gotha&amp;#160;»&lt;/a&gt;. S’y côtoient les meilleurs représentants des mondes politique, économique et judiciaire&amp;#160;; s’y agrège quelques penseurs et éditorialistes mondains faiseurs de l’opinion. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À l’heure où l’économique commande au politique sous le prétexte commode de l’impitoyable compétition internationale, quand la société est travaillée par l’individualisme forcené, un groupe social continue de se comporter indéfectiblement en classe au vrai sens du terme&amp;#160;: la bourgeoisie. On y fonctionne en réseau quand dans le reste de la société l’essentiel des relations sont de vis-à-vis. Le plus beau trait d’intelligence de M. Sarkozy est d’avoir compris très tôt que pour atteindre le sommet il fallait d’abord construire un réseau ténu et multifonctionnel. La bourgeoisie a probablement un mépris dissimulé pour ce Président et ses petits barons à la culture douteuse et aux manières approximatives. Elle s’en sert pour tenir en main le politique, facilitant ainsi le maintien de ses privilèges. Une société dans la société. On pourrait nommer cela fracture sociale. Elle était dénoncée dès 1995. Et par un homme de Droite. Elle a été depuis largement consommée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce petit monde opulent est tellement coupé de la réalité sociale qu’il peut, sans craindre le ridicule, plaider son innocence. W a certainement été imprudent, encouragé en cela par l’ambiance de la nouvelle façon de faire la politique. Cependant, c’est par son impudence qu’il nous sidère le plus. De cette impudence qui le conduisit à camper le rôle de l’offensé à une heure de grande écoute télévisuelle. Il pourra jouer ce rôle sans crainte d’un contredit sérieux tant que la courroie de transmission du parquet de Nanterre jouera de son côté son rôle protecteur. Le déni de démocratie réside essentiellement là&amp;#160;: le refus de désigner un juge pour instruire l’affaire dans ses diverses dimensions est insupportable au regard de la loi commune. Les hommes sont faillibles, le défaut de justice pour peser leurs fautes ne peut que les encourager à faillir. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux yeux de l’opinion l’affaire est entendue, le discrédit total. Si l’on ne doit ni gouverner ni juger à partir de l’opinion dans son état brut, il demeure que la morale doit avoir toute sa place en matière d’administration des hommes et des choses. Ici, la morale est superbement piétinée. La justice est de plus en plus impitoyable pour la délinquance ordinaire, de moins en moins regardante pour la délinquance en col blanc. Les inspecteurs du fisc vont enquêter sur «&amp;#160;les grosses berlines&amp;#160;» des gens du voyage quand ils ne sont pas fichus de démasquer les fraudes de l’héritière la plus célèbre de France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Désormais, «&amp;#160;le petit baron&amp;#160;» est le moins qualifié des ministres pour mener la réforme des retraites ou toute autre réforme d’intérêt général. Il doit partir. Puis, être jugé en citoyen ordinaire aux droits respectés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(*) Yann Fiévet est aussi l&amp;#8217;auteur du livre «&amp;#160;Le monde en pente douce&amp;#160;», Éditions &lt;a href=&quot;http://www.golias-editions.fr/spip.php?rubrique154&quot;&gt;Golias&lt;/a&gt;, 2009.&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt;Article paru dans &lt;a href=&quot;http://www.lesarkophage.com/&quot;&gt;&lt;em&gt;Le Sarkophage&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; – Numéro 20 - Septembre 2010</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Ord(u)re</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/31/08/2010/ordure</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:2a3f043c5c317ef877c56b807dc79523</guid>
    <pubDate>Tuesday 31 August 2010</pubDate>
    <dc:creator>Yann Fiévet</dc:creator>
        <category>Édito</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Le vrai franchissement de la ligne annoncé dès l’avènement du sarkozysme est désormais consommé. C’est arrivé en pleine torpeur estivale de «&amp;#160;l’opinion&amp;#160;». Cela faisait longtemps que la ligne des libertés républicaines était fréquemment mordue sans protestation suffisante du corps social. Pour satisfaire son désir maladif d’ordre M. Sarkozy choisit enfin de faire tomber la France dans l’ordure. Alors, tous les prétextes deviennent des aubaines. Ceux qui ne voient là qu’un calcul électoral se trompent dangereusement. C’est bien la nature profonde d’un lent effondrement des valeurs démocratiques orchestré de longue date qui se dévoile ici.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;La France est donc revenue à des heures sombres de son histoire. Cependant, n’oublions pas que les notions d’ordre et de désordre sont en large partie subjectives. Leurs représentations sont des constructions sociales où la dimension idéologique joue un rôle plus ou moins grand selon les époques. Objectivées par le Droit, ces questions n’en demeurent pas moins dépendantes de la pensée des hommes qui gouvernent et de l’état d’esprit d’une société prise dans son ensemble à un moment donné. Les périodes les plus noires dans l’histoire d’une nation sont celles où des catégories sociales sont volontairement dressées les unes contre les autres. Ainsi, ce que l’on nomme le sarkozysme est d’abord le recours systématique au jeu dangereux de la stigmatisation. La France qui se lève tôt contre celle qui ne se lève pas, les vrais jeunes contre «&amp;#160;la racaille&amp;#160;», les «&amp;#160;bons&amp;#160;» parents contre les parents indignes, autant d’exemples d’une posture adoptée par M. Sarkozy, d’abord comme ministre de l’Intérieur, puis comme Président de la République depuis mai 2007. Ce qui ne fut longtemps guère plus qu’une rhétorique – aux effets néanmoins dévastateurs à long terme – insuffisamment prise au sérieux, trouve logiquement son aboutissement en actions publiques ciblées en ce début de quatrième année du mandat présidentiel. Désormais, les esprits sont mûrs pour la mise en œuvre d’idées neuves, en fait exhumées du passé trop vite oublié. Le passage à l’acte n’est jamais soudain. Il est le résultat d’une lente maturation au cours de laquelle les esprits apprennent à accepter facilement ce qu’hier ils rejetaient sans efforts. Avant que l’on arrête en masse les Juifs dans l’indifférence quasi générale la rhétorique haineuse des années trente avait pris la peine d’en faire d’odieux profiteurs, des ennemis de l’intérieur. Les «&amp;#160;gens du voyage&amp;#160;», les roms et les mauvais «&amp;#160;Français de papier&amp;#160;» semblent devoir les remplacer aujourd’hui dans des amalgames indignes d’une démocratie se prétendant savante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet automne le Parlement pourrait faire évoluer le Droit français vers des horizons funestes, des lois particulières visant certaines catégories de Français pourraient être adoptées. Il faut remonter à Juin 1940 pour rencontrer pareille ignominie avec les dispositions législatives frappant les Juifs, les Tziganes, les homosexuels. Si le pire devait advenir en un tel retour actif à notre honteux passé les historiens de demain, à l’instar de Marc Bloch en son temps avec son «&amp;#160;étrange défaite&amp;#160;», se pencheront sur le tissu des responsabilités ayant conduit au désastre. Oui, nous sommes en train de vivre une nouvelle défaite, défaite des idées, de la République, de l’Homme. S’il s’avère de façon de plus en plus certaine que le sarkozysme est très marqué par l’état pathologique de son acteur principal on ne saurait réduire le présent effondrement à la seule volonté d’un homme. M. Sarkozy est l’homme d’une époque. Le terrain de sa dramaturgie lui a été préparé de longue date par une suite interminable de renoncements aux idéaux légués par le Conseil National de la Résistance et tout ce que le modèle social français lui doit. Le néolibéralisme, en libérant essentiellement les forces de l’économie, a exacerbé toutes les tensions sociales et aggravé dramatiquement les inégalités socio-économiques. Le patronat revanchard, tellement apprécié de M. Woerth, a recouvré toute sa capacité de soumission du salariat. La société est disloquée, les frustrations immenses. Les boucs émissaires n’ont plus qu’à entrer en scène.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Déjà les vieux démons se déchaînent. D’abord par la surenchère verbale à laquelle se sont livrés tout l’été «&amp;#160;les petits barons&amp;#160;» du sarkozysme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À propos, entre autres incongruités, de la dénaturalisation des «&amp;#160;français récents&amp;#160;». Ensuite par la sauvagerie d’une police conditionnée et se sachant désormais à l’abri de toute enquête objective sur ses agissements. De l’évacuation tragique d’une barre de la cité des Quatre Mille de La Courneuve au guet-apens plus que violent tendu à une manifestation bon enfant des pompiers niçois en passant par le siège quasi militaire de la Villeneuve à Grenoble, le mois de juillet fut le mois de la police débridée. Mais, si la police est malade, c’est que la société qui la porte l’est avant elle. Ne nous habituons pas à cette barbarie d’Etat en milieu démocratique. Démocratique&amp;#160;? Il est probable qu’au cours des deux ans qui viennent ce mot ne perde encore de son contenu. Bientôt, nous devrons nous compter, contraints que nous serons de choisir notre camp. Celui de la Résistance aux nouveaux barbares.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>40 ans...  et après ?</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/21/07/2010/40-ans...-et-apres</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:494e3de3337097de231f84e1a86ca649</guid>
    <pubDate>Wednesday 21 July 2010</pubDate>
    <dc:creator>Collective d'auteures</dc:creator>
        <category>Édito</category>
        <category>Femmes</category><category>Féminisme</category><category>Hommes</category><category>Politique</category><category>Pouvoirs</category>    
    <description>&lt;h2&gt;&lt;strong&gt;40 ans de mouvement féministe. &lt;/strong&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;
Apparus longtemps déjà avant Mai 68, les mouvements féministes ont pris
de l’ampleur entre les années 1960/70 aux Etats-Unis, en Grande
Bretagne, au Danemark, aux Pays-Bas…Un peu plus tard en France&amp;#160;: en
1970. En Espagne comme au Portugal il faudra attendre le mouvement
démocratique. &lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Le quarantième anniversaire de Mai 68&amp;#160;en France a été l’occasion d’une polémique entre Nicolas Sarkozy prônant la liquidation de l’héritage de Mai 68 et les défenseurs de cet héritage&amp;#160;; il semble cependant y avoir consensus au sujet de l’émancipation des femmes obtenue grâce aux luttes qu’elles ont menées après Mai 68. &lt;br /&gt;Ne nous y trompons pas, dans une société où croît le &lt;a href=&quot;http://www.ladominationmasculine.net/home.html&quot;&gt;&lt;em&gt;masculinisme &lt;/em&gt;&lt;/a&gt;cette vision apparaît en «&amp;#160;trompe l’œil&amp;#160;» il existe une contradiction entre la reconnaissance affichée du rôle positif du féminisme et la persistance d’un antiféminisme séculaire. Comme si le féminisme d’hier était le «&amp;#160;bon&amp;#160;» féminisme&amp;#160;; alors que celui d’aujourd’hui est présenté comme un danger pour les relations harmonieuses entre les sexes. En réalité le féminisme connaît un reflux dans tous les pays, parfois violent comme aux Etats-Unis, plus insidieux en France&amp;#160;; partout le «&amp;#160;backlash&amp;#160;» s’exprime par le dénigrement des féministes.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;h3 style=&quot;font-weight: bold;&quot;&gt;Le bel Après Mai des femmes.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C’est à la lumière de ce paradoxe qu’il faut regarder le mouvement féministe&amp;#160;; héritier de Mai 68, mouvement d’émancipation mais aussi critique du &lt;em&gt;gauchisme&lt;/em&gt;, remise en cause du modèle révolutionnaire classique.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec Simone de Beauvoir s’affirme la conscience d’une inégalité sociale entre les sexes&amp;#160;; après Mai 68, dans des luttes collectives, de style joyeux, provocateur, insolent et spectaculaire s’affiche la volonté de «&amp;#160;Changer la vie&amp;#160;», de produire du bonheur individuel, du bonheur général pour les deux parties du genre humain.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;«&amp;#160;Tout est politique&amp;#160;» entendait-on en 68, la politique n’est pas un domaine séparé du reste de la vie, ni l’affaire de professionnels de la politique&amp;#160;; tout pouvait être remis en question&amp;#160;: la politique, les rapports sociaux, mais aussi la vie quotidienne, la culture, la philosophie de&amp;nbsp; la vie…La démocratie ne se concevait que directe, immédiate, excluant toute idée de représentation. Cette conception était aussi celle du &lt;a href=&quot;http://8mars-online.fr/en-france-le-mlf-n-emerge-qu-a-partir-de&quot;&gt;MLF&lt;/a&gt;&amp;#160;: «&amp;#160;Le personnel est aussi politique&amp;#160;» c&amp;#8217;est-à-dire que les rapports privés, domestiques, affectifs et sexuels sont aussi des rapports sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;Marx, déjà disait que la libération viendrait du changement des relations entre les hommes et les femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partout les mouvements de femmes ont eu des caractéristiques communes&amp;#160;: Partir de la base, animer des groupes de paroles, développer une conscience collective… En France, avec l’héritage révolutionnaire il a pris une dimension plus radicale, plus politique.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mai 68&amp;#160;: Les femmes sont partout&amp;#160;! Personne n’en parle&amp;#160;! La direction du mouvement est prise par les hommes, les femmes n’en sont que des porte-drapeaux. &lt;br /&gt;La contestation de l’ordre établi par les hommes se manifestait aussi par la critique des organisations de gauche. Celles-ci reproduisant en leur sein délégation de pouvoir, hiérarchie, division sexuelle du travail, supériorité de déclarés spécialistes-théoriciens sur celles et ceux qui subissent l’oppression «&amp;#160;Nous sommes les opprimées, vous êtes les oppresseurs&amp;#160;!&amp;#160;»&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l’essentiel, les femmes du mouvement viennent des groupes militants,&amp;nbsp; lasses des allers-retours entre cafetière et ronéo&amp;#160;; en mai-juin 1970, à l’université de Vincennes elles décident de se réunir seules, transgression&amp;#160;! Rébellion&amp;#160;! Les leaders&amp;#160;: des hommes&amp;nbsp; le prennent très mal&amp;#160;: «&amp;#160;Mal baisées&amp;#160;!&amp;#160;» «&amp;#160; A qui la faute&amp;#160;?&amp;#160;» leur est-il répondu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://ballonsonde.org/wikiSonde/videos/Femmes_Debout.htm&quot;&gt;La perspective était radicale&amp;nbsp;&lt;/a&gt;: Il ne s’agissait pas seulement d’améliorer la condition féminine&amp;#160;; mais de changer la société reconnue comme se&amp;nbsp; reposant sur l’oppression et l’exploitation des femmes. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si la Loi Veil reste la plus connue des victoires des luttes féministes, il ne faut pas oublier l’importance de ces luttes sur la législation&amp;#160;: le viol est reconnu comme crime, l’inceste&amp;nbsp; prohibé, les violences conjugales dénoncées tout comme l’enfermement et l’exploitation des femmes au sein des familles.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le regard sur le travail des femmes change, le regard des femmes sur leur travail aussi, toutes ces questions soulevées ont été entendues par beaucoup de femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd’hui encore ces questions ne sont pas ou peu prises en compte dans la réflexion générale, reléguées dans des commissions dont la parité n’existe que sur le papier, dont les rapports ne sont trop souvent&amp;nbsp; lus que s’il y a le temps…&amp;nbsp; Alors que les rapports sociaux de sexe devraient concerner toutes et tous, c’est au quotidien qu’il faut «&amp;#160;genrer&amp;#160;» les questions.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis toujours les valeurs du féminisme sont au cœur du désir de transformation sociale, affirmons, réaffirmons les dans l’immense chantier de reconscientisation politique qui s’ouvre à nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous aurions souhaité l’image des femmes profondément et durablement transformée, tendre vers un nouveau modèle familial et sexuel, vers plus de partage et d’égalité. Il n’en est rien ou presque, le patriarcat sévit toujours&amp;#160;!&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Osons le féminisme&amp;#160;!&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le &lt;a href=&quot;http://www.annuaire-au-feminin.net/assoMFPF.html&quot;&gt;MFPF&lt;/a&gt; ( Mouvement Français Pour le Planning Familial ), un mouvement qui date de 1956&amp;#160;:&lt;br /&gt;1956&amp;#160;: L&amp;#8217;association &amp;#8220;Maternité Heureuse&amp;#8221; se crée. Son but est de proposer la contraception en France et de faire modifier la loi de 1920 qui l&amp;#8217;interdit. L&amp;#8217;objectif humanitaire d&amp;#8217;alors est limité à l&amp;#8217;enfant désiré et à la lutte contre l&amp;#8217;avortement clandestin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1960&amp;#160;: L&amp;#8217;Assemblée Générale ajoute à &amp;#8220;Maternité Heureuse&amp;#8221;, le sous titre &amp;#8220;Mouvement français pour le Planning Familial &amp;#8220;.&lt;br /&gt;1961&amp;#160;: Les premiers centres d&amp;#8217;accueil s&amp;#8217;ouvrent à la population. dans une illégalité qui durera plus de six ans. En apprenant à écouter les demandes, les hôtesses d&amp;#8217;alors commencent à entrevoir le poids de l&amp;#8217;ignorance et du silence sur les comportements sexuels des hommes et des femmes.&lt;br /&gt;1971&amp;#160;: Le MFPF est agréé comme mouvement d&amp;#8217;éducation populaire.&lt;br /&gt;1967&amp;#160;: vote de la loi Neuwirtz à propos de la contraception.&lt;br /&gt;1970&amp;#160;: début des luttes pour la libéralisation de l’avortement, texte des «&amp;#160;343 &amp;nbsp;salopes&amp;#160;» déclarant&amp;#160;: «&amp;#160;Je me suis fait avorter&amp;#160;!&amp;#160;»&lt;br /&gt;1971&amp;#160;: Marche du 21 novembre&lt;br /&gt;1972&amp;#160;: Journée de dénonciation des crimes contre les femmes. Procès de Bobigny détourné en procès de la loi 1920 anachronique, hypocrite, inégalitaire…&lt;br /&gt;1973&amp;#160;: le &lt;a href=&quot;http://clio.revues.org/index624.html&quot;&gt;MLAC&lt;/a&gt; et 331&amp;#160;médecins reconnaissant pratiquer des interruptions volontaires de grossesse, organiser des départs pour l’étranger au grand jour.&amp;nbsp; ( Mouvement pour la Liberté de l’Avortement et de la Contraception )&lt;br /&gt;1974&amp;#160;: Loi Veil votée, à l’essai pour 5 ans.&lt;br /&gt;1979&amp;#160;: Vote définitif de la loi.&lt;br /&gt;1981&amp;#160;: Remboursement de L’IVG. &lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Les jeux sans le pain</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/21/06/2010/Les-jeux-sans-le-pain</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:41b1a4c465d3080fffac35f6dc40f2cf</guid>
    <pubDate>Monday 21 June 2010</pubDate>
    <dc:creator>Yann Fiévet</dc:creator>
        <category>Édito</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Le capi&amp;shy;ta&amp;shy;lisme et les hom&amp;shy;mes qui le font vivre n’en sont plus depuis long&amp;shy;temps à un para&amp;shy;doxe près. Quand la crise affame – et affa&amp;shy;mera plus encore demain – une mul&amp;shy;ti&amp;shy;tude d’hom&amp;shy;mes, de fem&amp;shy;mes et d’enfants par&amp;shy;tout dans le monde l’éco&amp;shy;no&amp;shy;mie des jeux pros&amp;shy;père sans ver&amp;shy;go&amp;shy;gne. Du pain et des jeux pro&amp;shy;cla&amp;shy;mait Jules César pour cal&amp;shy;mer la plèbe. Il est pro&amp;shy;ba&amp;shy;ble que pour lui le pain comp&amp;shy;tait avant les jeux du cir&amp;shy;que. Deux mille ans après JC, les jeux sont pla&amp;shy;né&amp;shy;tai&amp;shy;res et la mal&amp;shy;nu&amp;shy;tri&amp;shy;tion – entre autres maux de la misère – frappe un mil&amp;shy;liard d’êtres humains. L’exu&amp;shy;toire des jeux hyper média&amp;shy;ti&amp;shy;sés et archi mer&amp;shy;can&amp;shy;ti&amp;shy;li&amp;shy;sés est par&amp;shy;tout uti&amp;shy;lisé pour détour&amp;shy;ner l’atten&amp;shy;tion et le désir des peu&amp;shy;ples. À l’heure de l’endor&amp;shy;mis&amp;shy;se&amp;shy;ment géné&amp;shy;ra&amp;shy;lisé, la France ne sau&amp;shy;rait déro&amp;shy;ger à la règle vul&amp;shy;gaire.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Dans le sport tout explose&amp;#160;: la pub, le dopage, les paris, les temps d’antenne, les salai&amp;shy;res des dieux du stade, etc. L’acti&amp;shy;vité édi&amp;shy;to&amp;shy;riale aussi qui n’a jamais connu une paru&amp;shy;tion de livres si flo&amp;shy;ris&amp;shy;sante qu’à l’occa&amp;shy;sion de l’actuelle coupe du Monde de foot&amp;shy;ball.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;His&amp;shy;to&amp;shy;riens, socio&amp;shy;lo&amp;shy;gues et phi&amp;shy;lo&amp;shy;so&amp;shy;phes s’en mêlent – et s’emmê&amp;shy;lent par&amp;shy;fois les con&amp;shy;cepts – pour parer la tri&amp;shy;via&amp;shy;lité du sport busi&amp;shy;ness des atours les plus cha&amp;shy;toyants. Et tant pis pour l’affai&amp;shy;blis&amp;shy;se&amp;shy;ment – quand il ne s’agit pas de sa dis&amp;shy;pa&amp;shy;ri&amp;shy;tion pure et sim&amp;shy;ple – de l’ana&amp;shy;lyse cri&amp;shy;ti&amp;shy;que d’un objet monu&amp;shy;men&amp;shy;tal méri&amp;shy;tant mieux que son com&amp;shy;men&amp;shy;taire déma&amp;shy;go&amp;shy;gi&amp;shy;que. Il est peut-être temps de se poser les ques&amp;shy;tions essen&amp;shy;tiel&amp;shy;les, cel&amp;shy;les qui à l’évi&amp;shy;dence gênent aux entour&amp;shy;nu&amp;shy;res les obser&amp;shy;va&amp;shy;teurs aveu&amp;shy;glés par leur pas&amp;shy;sion au point de ne pas même voir les ficel&amp;shy;les les plus gros&amp;shy;siè&amp;shy;res ou de ne plus cher&amp;shy;cher ce qui se cache der&amp;shy;rière les appa&amp;shy;ren&amp;shy;ces trom&amp;shy;peu&amp;shy;ses. Com&amp;shy;ment expli&amp;shy;quer que l’audience des sup&amp;shy;por&amp;shy;ters aug&amp;shy;mente pro&amp;shy;por&amp;shy;tion&amp;shy;nel&amp;shy;le&amp;shy;ment à la gan&amp;shy;grène du sport par l’argent et par les tech&amp;shy;ni&amp;shy;ques de dopage les plus sophis&amp;shy;ti&amp;shy;quées&amp;#160;? Com&amp;shy;ment com&amp;shy;pren&amp;shy;dre que les émo&amp;shy;lu&amp;shy;ments astro&amp;shy;no&amp;shy;mi&amp;shy;ques des vedet&amp;shy;tes de l’exer&amp;shy;cice phy&amp;shy;si&amp;shy;que n’émeu&amp;shy;vent pra&amp;shy;ti&amp;shy;que&amp;shy;ment per&amp;shy;sonne, à com&amp;shy;men&amp;shy;cer par les pau&amp;shy;vres, quand pro&amp;shy;gresse par&amp;shy;tout la misère&amp;#160;? Pour&amp;shy;quoi nos socié&amp;shy;tés accep&amp;shy;tent-elles si faci&amp;shy;le&amp;shy;ment que leurs diri&amp;shy;geants englou&amp;shy;tis&amp;shy;sent la fonc&amp;shy;tion poli&amp;shy;ti&amp;shy;que dans cet océan nau&amp;shy;séa&amp;shy;bond qui mal&amp;shy;mène dra&amp;shy;ma&amp;shy;ti&amp;shy;que&amp;shy;ment les valeurs éthi&amp;shy;ques prô&amp;shy;nées à la fin du dix-neu&amp;shy;vième siè&amp;shy;cle par les pro&amp;shy;mo&amp;shy;teurs de l’olym&amp;shy;pisme moder&amp;shy;nes&amp;#160;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est que tout cela est mar&amp;shy;qué du sceau de la fata&amp;shy;lité. Tou&amp;shy;tes les sco&amp;shy;ries géné&amp;shy;rées par la méga machine du sport mon&amp;shy;dia&amp;shy;lisé seraient le prix à payer pour que la dis&amp;shy;trac&amp;shy;tion atten&amp;shy;due par les fou&amp;shy;les ras&amp;shy;sem&amp;shy;blées en des lieux clos ou épar&amp;shy;pillées devant la myriade des écrans domes&amp;shy;ti&amp;shy;ques – de la domes&amp;shy;ti&amp;shy;ca&amp;shy;tion&amp;#160;! – puisse con&amp;shy;ti&amp;shy;nuer tou&amp;shy;jours. Mar&amp;shy;quons au pas&amp;shy;sage que la dis&amp;shy;trac&amp;shy;tion est uti&amp;shy;li&amp;shy;sée en effet dans&amp;nbsp; sa dou&amp;shy;ble fonc&amp;shy;tion d’amu&amp;shy;se&amp;shy;ment et de détour&amp;shy;ne&amp;shy;ment. Comme on ne peut rien con&amp;shy;tre les ava&amp;shy;tars de la mon&amp;shy;dia&amp;shy;li&amp;shy;sa&amp;shy;tion éco&amp;shy;no&amp;shy;mi&amp;shy;que, on ne peut rien non plus con&amp;shy;tre les déri&amp;shy;ves des jeux glo&amp;shy;baux. Du reste les pre&amp;shy;miers ont pro&amp;shy;duit les secon&amp;shy;des pour une bonne part. Dès lors, les vio&amp;shy;len&amp;shy;ces fai&amp;shy;tes à la mora&amp;shy;lité de cha&amp;shy;que citoyen par les pra&amp;shy;ti&amp;shy;ques illé&amp;shy;ga&amp;shy;les des clubs de foot&amp;shy;ball, le finan&amp;shy;ce&amp;shy;ment par blan&amp;shy;chi&amp;shy;ment d’argent sale comme dans la For&amp;shy;mule 1 ou la con&amp;shy;duite répré&amp;shy;hen&amp;shy;si&amp;shy;ble des spor&amp;shy;tifs eux-mêmes sont aisé&amp;shy;ment excu&amp;shy;sés par les fans – quand ils ne sont pas fana&amp;shy;ti&amp;shy;ques – sur l’autel de la plus impo&amp;shy;sante des reli&amp;shy;gions désor&amp;shy;mais. Oui, on nous enjoint de com&amp;shy;mu&amp;shy;nier tous avec la même fer&amp;shy;veur. Ceci sup&amp;shy;pose de ne plus se poser les ques&amp;shy;tions qui fâchent. Ainsi, les fras&amp;shy;ques rou&amp;shy;tiè&amp;shy;res ou noc&amp;shy;tur&amp;shy;nes de Ribéri ne sont que brou&amp;shy;tilles pour le sup&amp;shy;por&amp;shy;ter décons&amp;shy;cien&amp;shy;tisé au regard des dimen&amp;shy;sions de l’icône fabri&amp;shy;quée par les médias avec bien sûr la com&amp;shy;pli&amp;shy;cité du public si prompt à l’enthou&amp;shy;siasme. Le moin&amp;shy;dre petit caïd de ban&amp;shy;lieue est en pré&amp;shy;ven&amp;shy;tive pour moins que ça&amp;#160;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il était donc grand temps que la France léga&amp;shy;lise les paris en ligne sur l’Inter&amp;shy;net. Ça existe ailleurs, pour&amp;shy;quoi pas chez nous&amp;#160;! Si la lutte con&amp;shy;tre la pau&amp;shy;vreté ne va rien y gagner, l’État en reti&amp;shy;rera des fruits qui, en temps de marée basse des finan&amp;shy;ces publi&amp;shy;ques, faute de pren&amp;shy;dre l’argent dans la poche des riches, seront bons à recueillir. Plus de jeux, moins de pain&amp;#160;: telle est la devise dis&amp;shy;si&amp;shy;mu&amp;shy;lée du parieur pris au piège de son addic&amp;shy;tion. Les parieurs impé&amp;shy;ni&amp;shy;tents vont for&amp;shy;cé&amp;shy;ment pro&amp;shy;li&amp;shy;fé&amp;shy;rer puisqu’on les en prie en haut lieu. Ils seront légion et mécham&amp;shy;ment accro&amp;shy;chés en 2016 pour miser gros sur la vic&amp;shy;toire de l’équipe de France dis&amp;shy;pu&amp;shy;tant chez elle l’Euro de foot&amp;shy;ball. M. Sar&amp;shy;kozy leur a fait un autre beau cadeau en allant lui-même récem&amp;shy;ment en Suisse dis&amp;shy;pu&amp;shy;ter le bout de gras et reve&amp;shy;nir avec la déci&amp;shy;sion défi&amp;shy;ni&amp;shy;tive que l’Euro 2016 se tien&amp;shy;dra en France. Il donne l’exem&amp;shy;ple, il mouille le maillot, il se bat pour la France. Com&amp;shy;bien de sup&amp;shy;por&amp;shy;ters se sont éton&amp;shy;nés qu’à l’heure des mena&amp;shy;ces d’implo&amp;shy;sion de la zone de l’autre Euro, le Pré&amp;shy;si&amp;shy;dent de la Répu&amp;shy;bli&amp;shy;que n’ait pas mieux à faire que de s’occu&amp;shy;per en per&amp;shy;sonne d’un dos&amp;shy;sier aussi peu brû&amp;shy;lant&amp;#160;? Demain les retrai&amp;shy;tes fon&amp;shy;dront comme neige au soleil, notam&amp;shy;ment pour les plus modes&amp;shy;tes d’entre nous, mais nous aurons de nou&amp;shy;veaux et super&amp;shy;bes sta&amp;shy;des dans les&amp;shy;quels bati&amp;shy;fo&amp;shy;le&amp;shy;ront nos ido&amp;shy;les richis&amp;shy;si&amp;shy;mes.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>L’Islande protège Julian Assange (WikiLeaks)</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/20/06/2010/L-Islande-protege-Julian-Assange-WikiLeaks</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:33ee887443c7fddbdd8da9e7d8c20f0d</guid>
    <pubDate>Sunday 20 June 2010</pubDate>
    <dc:creator>Netoyens.info</dc:creator>
        <category>Édito</category>
        <category>Liberté d expression</category>    
    <description>&lt;p&gt;Le fon&amp;shy;da&amp;shy;teur de &lt;strong&gt;Wiki&amp;shy;Leaks&lt;/strong&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.nacionred.com/censura/el-fundador-de-wikileaks-advierte-al-pentagono-desde-twitter&quot;&gt;Julian Assange&lt;/a&gt;, passé à la clan&amp;shy;des&amp;shy;ti&amp;shy;nité dans la crainte d’une arres&amp;shy;ta&amp;shy;tion immi&amp;shy;nente par les auto&amp;shy;ri&amp;shy;tés états-unien&amp;shy;nes, trouve encore en Islande un sou&amp;shy;tien judi&amp;shy;ciaire et poli&amp;shy;ti&amp;shy;que qui ne se mani&amp;shy;feste ailleurs dans le monde que par le silence et par des obs&amp;shy;ta&amp;shy;cles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dépu&amp;shy;tée islan&amp;shy;daise &lt;a href=&quot;http://joyb.blogspot.com/&quot;&gt;Bir&amp;shy;gitta Jons&amp;shy;dot&amp;shy;tir&lt;/a&gt;, prin&amp;shy;ci&amp;shy;pale pro&amp;shy;mo&amp;shy;teur de la con&amp;shy;ver&amp;shy;sion de son pays en un &lt;a href=&quot;http://www.nacionred.com/censura/wikileaks-ya-tiene-un-refugio-y-la-libertad-de-expresion-un-paraiso&quot;&gt;refuge pour la liberté d’expres&amp;shy;sion&lt;/a&gt; et en l&amp;#8217;occur&amp;shy;rence pour Wiki&amp;shy;leaks, a informé, quand c’était pos&amp;shy;si&amp;shy;ble, des der&amp;shy;niè&amp;shy;res péri&amp;shy;pé&amp;shy;ties d’un homme dis&amp;shy;posé à pren&amp;shy;dre tous les ris&amp;shy;ques comme lors des révé&amp;shy;la&amp;shy;tions prou&amp;shy;vant &lt;a href=&quot;http://www.wired.com/politics/onlinerights/news/2007/11/gitmo&quot;&gt;les abus com&amp;shy;mis à Guan&amp;shy;ta&amp;shy;namo&lt;/a&gt;, les &lt;a href=&quot;http://theblackcampaign.org/?p=101&quot;&gt;assas&amp;shy;si&amp;shy;nats extra&amp;shy;ju&amp;shy;di&amp;shy;ciai&amp;shy;res au Kenya&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;http://www.guardian.co.uk/world/2007/aug/31/kenya.topstories3&quot;&gt;la cor&amp;shy;rup&amp;shy;tion&lt;/a&gt; ou les opé&amp;shy;ra&amp;shy;tions peu éthi&amp;shy;ques de la &lt;a href=&quot;http://www.guardian.co.uk/world/2007/aug/31/kenya.topstories3&quot;&gt;ban&amp;shy;que suisse&lt;/a&gt; dans les para&amp;shy;dis fis&amp;shy;caux ou plus récem&amp;shy;ment la &lt;a href=&quot;http://www.nacionred.com/censura/arrestado-el-oficial-que-filtro-el-video-de-wikileaks&quot;&gt;vidéo mon&amp;shy;trant des ima&amp;shy;ges de tue&amp;shy;rie&lt;/a&gt;, trans&amp;shy;for&amp;shy;mée en bla&amp;shy;gue cruelle pour les vic&amp;shy;ti&amp;shy;mes, plus de onze civils dont le pho&amp;shy;to&amp;shy;gra&amp;shy;phe de Reu&amp;shy;ters, &lt;a href=&quot;http://theonlinephotographer.typepad.com/the_online_photographer/2010/04/namir-nooreldeen-19842007.html&quot;&gt;Namir Noor-Eldeen&lt;/a&gt; et son chauf&amp;shy;feur &lt;a href=&quot;http://www.thebaron.info/namirnooreldeenandsaeedchmagh.html&quot;&gt;Saeed Chmagh&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;    «Ils -&amp;nbsp; &lt;strong&gt;les ser&amp;shy;vi&amp;shy;ces secrets des États-Unis&lt;/strong&gt; - ont tout fait pour le cap&amp;shy;tu&amp;shy;rer», affirme &lt;strong&gt;Bir&amp;shy;gitta Jons&amp;shy;dot&amp;shy;tir&lt;/strong&gt;, dans une inter&amp;shy;view accor&amp;shy;dée a &lt;a href=&quot;http://www.hulu.com/abc-brian-ross-investigates&quot;&gt;ABC News y Hulu.com&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pen&amp;shy;dant ce temps, le lieu de rési&amp;shy;dence d’Assange reste un «mys&amp;shy;tère» même pour la
dépu&amp;shy;tée islan&amp;shy;daise qui cepen&amp;shy;dant reste en con&amp;shy;tact tous les jours avec
lui. Lorsqu’on l’inter&amp;shy;roge afin de savoir si le fon&amp;shy;da&amp;shy;teur de &lt;a href=&quot;http://www.wikileaks.org/&quot;&gt;Wiki&amp;shy;Leaks&lt;/a&gt; a peur d’être arrêté, Jons&amp;shy;dot&amp;shy;tir répond&amp;#160;: «&lt;strong&gt;Oui, très peur&lt;/strong&gt;».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Jons&amp;shy;dot&amp;shy;tir&lt;/strong&gt; aussi a con&amp;shy;tri&amp;shy;bué à créer le sus&amp;shy;pens autour de la publi&amp;shy;ca&amp;shy;tion immi&amp;shy;nente d’une vidéo con&amp;shy;te&amp;shy;nant des ima&amp;shy;ges prou&amp;shy;vant &lt;a href=&quot;http://www.nacionred.com/censura/wikileaks-se-prepara-para-publicar-un-video-que-prueba-una-matanza-de-ninos-en-afganistan&quot;&gt;le mas&amp;shy;sa&amp;shy;cre de civils afghan au cours d’une atta&amp;shy;que aérienne par les États-Unis&lt;/a&gt;. Elle même l&amp;#8217;a qua&amp;shy;li&amp;shy;fie de «pire que la vidéo ira&amp;shy;quienne» qui a pro&amp;shy;vo&amp;shy;qué un scan&amp;shy;dale inter&amp;shy;na&amp;shy;tio&amp;shy;nal.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
«Nous espé&amp;shy;rons» qu&amp;#8217;elle sera ren&amp;shy;due publi&amp;shy;que «très rapi&amp;shy;de&amp;shy;ment», déclare Jons&amp;shy;dot&amp;shy;tir. «Mais pour des rai&amp;shy;sons de sécu&amp;shy;rité nous avons décidé de ne pas don&amp;shy;ner l’heure à laquelle nous espé&amp;shy;rons la voir &lt;strong&gt;publiée&lt;/strong&gt;».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
«Nous allons bien voir ce qui va se pas&amp;shy;ser», déclare t-elle, et «s’il ne se passe «rien», elle sera publiée très vite». Dans un récent cour&amp;shy;riel envoyé à ses par&amp;shy;ti&amp;shy;sans, Assange pré&amp;shy;ci&amp;shy;sait que «&amp;#160;le mas&amp;shy;sa&amp;shy;cre de Garani, sur lequel nous tra&amp;shy;vaillons encore avant sa dénon&amp;shy;cia&amp;shy;tion, a tué plus de 100 per&amp;shy;son&amp;shy;nes, &lt;strong&gt;prin&amp;shy;ci&amp;shy;pa&amp;shy;le&amp;shy;ment des enfants&lt;/strong&gt;. Jons&amp;shy;dot&amp;shy;tir a rap&amp;shy;pelé que le Par&amp;shy;le&amp;shy;ment islan&amp;shy;dais a voté cette semaine «à l’una&amp;shy;ni&amp;shy;mité» pour que son pays devienne un «refuge inter&amp;shy;na&amp;shy;tio&amp;shy;nal» per&amp;shy;met&amp;shy;tant d’aider à pro&amp;shy;té&amp;shy;ger les voix et sour&amp;shy;ces qui dénon&amp;shy;cent les abus com&amp;shy;mis au nom de la sécu&amp;shy;rité natio&amp;shy;nale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;hr /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Source&lt;/strong&gt;&amp;#160;:
&lt;a href=&quot;http://www.nacionred.com/derechos-humanos/islandia-protege-a-julian-assange-wikileaks-y-prepara-el-terreno-para-el-nuevo-video&quot;&gt;http://www.nacion&amp;shy;red.com/&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Arti&amp;shy;cle daté du 19-06-2010 et Illus&amp;shy;tré par &lt;a href=&quot;http://www.youtube.com/watch?v=CGacAhPbx5M&quot;&gt;une vídeo de Demo&amp;shy;cracy Now!&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
Tra&amp;shy;duc&amp;shy;tion par EJ et MA&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://wikileaks.org/&quot;&gt;Le site Wiki&amp;shy;leaks&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>De la caco-télé-phonie</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/06/06/2010/De-la-caco-tele-phonie-a-l-ecole</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:d6318beda6018b4760b29b35b87c2e83</guid>
    <pubDate>Sunday  6 June 2010</pubDate>
    <dc:creator>Éric Jousse</dc:creator>
        <category>Édito</category>
        <category>Brouilleurs</category><category>Ecole</category><category>Telephonie-mobile</category>    
    <description>&lt;p&gt;Il fallait s’y attendre. La téléphonie mobile en France, plus que dans bien d’autres pays «civilisés», est un tel fléau qu’elle est devenue une aliénation. Aliénation parce qu’elle contribue à la réclusion des utilisateurs-consommateurs dans un univers de communications tordues par les appareils, détournées par les écrans et les écouteurs. Quelque soit l&amp;#8217;endroit, quelque soit l&amp;#8217;instant qui mérite pourtant d&amp;#8217;être vécu pour ce qu&amp;#8217;il est, on préfère l&amp;#8217;illusion de l&amp;#8217;ubiquité, le blabla téléphoné et le SMS, pour un oui, pour un non&amp;#8230; et tirer la langue en fin de mois, étranglé par la corde mensuelle des forfaits de plus en plus ruineux. Le prix à payer sans doute pour être libre de rester en permanence…. pendu au téléphone.&lt;/p&gt;    &lt;h3&gt;L’engraissement des bourreaux&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Aux États-Unis, la même industrie est dépassée. Le phénomène est devenu une telle habitude que les réseaux saturent et ne suivent plus la demande tant et si bien que les opérateurs reviennent sur les contrats réglementant les forfaits «illimités» (la blague&amp;#160;!). Cette régulation par l’offre du marché ne tardera pas à venir en France. Vive le marché… de dupes&amp;#160;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le pire ce n’est pas tant l’obésité qui guette les actionnaires de plus en plus goinfrés par le produit de la traite assidue du capital réticulaire de la téléphonie mobile. Il faut bien plus craindre les effets socialement et psychiquement destructeurs d’une communication interpersonnelle qui se réduit aux échanges bidirectionnels et compulsifs, ceux-là même qui envahissent l’espace public au point de rendre invivable le moindre déplacement par les moyens d’un transport en commun ou un autre.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;La ménagère de moins de 50 ans…. ringardisée&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pire encore, c’est de comprendre que ce ping-pong communicationnel effréné qui donne l&amp;#8217;illusion d&amp;#8217;être informé, sur le coup et partant  l&amp;#8217;illusion de rester dans le coup (1), s’opère par de plus en plus de messages courts dans un charabia sans doute très inventif. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;140 caractères maximum&amp;#160;! C’est la limite imposée par le modèle du SMS que l’on pousse désormais sur le devant de la scène des pratiques pour des impératifs d’économie en arguant d’une très hypothétique gratuité. Il caractérise de plus en plus des usages reléguant la vie commune, la vie partagée, la vie collective aux chiottes de la ménagère de moins de 50 ans dont le lexique si précieux au modèle économique de TF1&amp;#160;s’avère désormais totalement dépassé, racorni, ratatiné. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TF1 est ringardisé et ses parts de marché plongent dans les tréfonds de l’audimat, faut-il s’en plaindre&amp;#160;? Certainement pas. Mais il eu fallu dans le même temps s’en méfier. Car la logique des affaires aux dents longues et aux appétits insatiables n’a pas d’autre borne que le coût de l’implantation d’un émetteur d’ondes carrées indispensable à la dernière mode - l’UMTS - qu’ils appellent le «3G» pour rendre la mauvaise blague plus sexy. Le consommateur maintenant, veut et exige, de l’interactif et du multimédia. C’est ce que les opérateurs disent et finissent par obtenir par la force d’un &amp;#8220;marketage&amp;#8221; toujours plus assidu, la coupe du monde de Coca Soda en ligne de mire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu’à cela ne tienne, la filiale télécom de Bouygues et ses principaux complices de la téléphonie mobile - SFR et &lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/post/18/11/2009/Le-syndrome-Orange&quot;&gt;Orange&lt;/a&gt; - sont là pour tirer les marrons de ce feu électromagnétique.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;Des micro-ondes que l’on ajoute aux micro-ondes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On pensait avoir fait le tour de la question et avoir décrit l’enfer social et la charge psychique qu’un lâché sauvage d’opérateurs de téléphonie mobile aura causé en à peine plus d’une décennie. Eh bien non, le marché toujours à l’affût observe maintenant les outrances de la caco-télé-phonie mobile ambiante et, pour en tirer un nouveau profit, l’industrie civile prend exemple sur l’industrie militaire pour fournir l’outil de contre-mesure qui va bien&amp;#160;: le brouilleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et aux excédés naïfs de tomber dans le panneau de la fuite en avant technophile. À l’heure de la sortie des classes, coincé derrière un 4x4 stationné en triple file devant l’école du coin, on préfèrera s’armer du «&amp;#160;tazer téléphonique&amp;#160;» et viser sans quitter son volant la malotrue de moins de 50 ans, le mobile calé sur l’oreille gauche et le clope, tour à tour, au bec ou au bout de la main droite. La com’ une fois interrompue, la ménagère étonnée voire énervée amusera le retraité impatient en offrant en prime le spectacle de son agacement. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tendance est lourde et vraiment fâcheuse. Comme il est acquis que les micro-ondes de la téléphonie mobile ne sont toujours pas officiellement nocives, il n’y a donc pas d’objection à laisser apparaître sur le marché un engin qui n’aurait aucune utilité si on avait un usage raisonné du téléphone et partant, si les gens trouvaient bien plus simple et bien moins couteux de se parler directement, sans artifice de médiation&amp;#8230; ce genre d&amp;#8217;artifice qui peut vous valoir 450 euros d&amp;#8217;amende si votre manie de brouiller venait à déranger le business des opérateurs. Au lieu de ça, les micro-ondes des «&amp;#160;cell phone jammers&amp;#160;» s’ajoutent aux micro-ondes des «&amp;#160;cell phones&amp;#160;» et le brouillard des radiations s’épaissit chaque jour un peu plus pour vous embrouiller la tête bien plus que pour la libérer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette modernité de la béquille technologique sur laquelle une industrie mortifère prélève sa dîme à chaque seconde qui passe, touchera comme d’autres auparavant, tôt ou tard, son point d’obsolescence et de ringardise. En attendant, comme devant l’école, dans les classes, on ne rigole plus, on s’électro-bastonne.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;L’école et le dernier cri technologique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Que sont devenus les adultes responsables de l’avenir du monde&amp;#160;? On ne sait plus trop. Épousant la doctrine bienfaitrice du consumérisme, ils ont trouvé que coller une laisse électronique à leurs enfants était «une bonne chose». Pour leur sécurité bien sûr, comme l’indiquaient les prospectus et la doxa journaleuse spécialisée dans le High-Tech nourrie par les commanditaires de ces mêmes prospectus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les adultes que sont censés être les parents trouvent ainsi la paix de l’âme, grand bien leur fasse. On est en droit d’en douter. La loi du boomerang et du retour de l’âne bâté que l’on croyait prodigue de la famille ne tardera pas à produire ses effets. Dans la classe, en effet, leur progéniture trouve dans le micro-onde portatif un dérivatif qui dilapide les énergies les plus positives et les chances qui nous restent de voir le monde sauvé un jour de la bêtise humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fatigués de devoir passer de plus en plus de temps à créer les conditions normales de l’étude en classe, un nombre croissant d’enseignants semble désormais refuser d’aller au conflit avec les élèves surtout s&amp;#8217;il est promis à la dérive physique. Le contraire leur vaudraient de toute manière les pires ennuis. Résignés devant tant d’aberrations, ils renoncent à l’acte éducatif élémentaire et finissent eux aussi par investir avec leur propre argent dans un brouilleur pour tenter de reprendre le cours normal de l’exercice de leur métier, celui pour lequel nous les payons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant cette nouvelle anomalie, que feront les autorités de l’Éducation Nationale et, au premier chef, le ministre Chatel ou son prochain successeur alors que le gouvernement est en train de supprimer 16&amp;#160;000 postes d’enseignants&amp;#160;? Puisera t-il en outre dans les caisses de nos impôts ou creusera t-il encore la dette de l’État pour financer de plus en plus de barbelés, de caméras de surveillance et de présences policières dans les écoles et, cette fois, en vue d’équiper chaque enseignant de «l’arme fatale anti-portables»&amp;#160;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La solution semble se trouver du coté des options choisies par l’administration pénitentiaire. Elle consiste à disposer un émetteur capable de brouiller - en continue - l’ensemble des communications passées dans tout l’établissement. Mais comme «&amp;#160;pour l&amp;#8217;instant personne ne sait ce qui se passe réellement avec les ondes&amp;nbsp;&amp;#160;», on préfère coupler l’émetteur à un détecteur d’appel qui déclenchera les fonctions de brouillage dès que nécessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant autant de précautions on rêverait presque du même traitement pour nos enfants si on ne comprenait pas dans le même temps que la motivation ici tient à ce qu’il serait préjudiciable qu’un détenu décède d’avoir trop reçu de radiations électromagnétiques. Préjudiciable certes, mais quand on voit l&amp;#8217;état des prisons et le taux de suicide des détenus, ce serait préjudiciable pour qui&amp;#160;?&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt;&lt;ol&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Brouilleurs&amp;#160;: l&amp;#8217;arme fatale antiportables&lt;/strong&gt; - &lt;a href=&quot;http://www.rue89.com/2008/01/19/brouilleurs-larme-fatale-antiportables&quot;&gt;rue89.com&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;À propos de «&lt;em&gt;la blessure d’information [ce] vieux mensonge qui se transmet depuis l’aube des civilisations&amp;#160;: Être informé modifierait le cours de la vie.&lt;/em&gt;» in &lt;strong&gt;Les médias et l’indifférence&lt;/strong&gt;,&amp;nbsp; Jacques Gonnet - PUF 1999&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ins&gt;&lt;strong&gt;Dernières nouvelles (04 août 2010&lt;/strong&gt;&lt;/ins&gt;)&amp;#160;:
&lt;br /&gt;&lt;ol&gt;&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://www.next-up.org/Newsoftheworld/Finance.php&quot;&gt;Téléphonie, la dure réalité du business&lt;/a&gt; - Next-Up.org&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>De la bancocratie en Europe</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/22/05/2010/De-la-bancocratie-en-Europe</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:478660865fde446e25458abdfaf3a437</guid>
    <pubDate>Saturday 22 May 2010</pubDate>
    <dc:creator>Yann Fiévet</dc:creator>
        <category>Édito</category>
        <category>Bancocratie</category><category>FMI</category><category>Grèce</category>    
    <description>&lt;p&gt;Plus per&amp;shy;sonne n’en doute désor&amp;shy;mais&amp;#160;: ce sont les pau&amp;shy;vres qui vont payer
l’addi&amp;shy;tion ver&amp;shy;ti&amp;shy;gi&amp;shy;neuse de la crise finan&amp;shy;cière. Addi&amp;shy;tion d’autant plus
salée que ladite crise est loin d’être ter&amp;shy;mi&amp;shy;née. Les riches, les vrais
sont d’ores et déjà à l’abri grâce à l’oppor&amp;shy;tun sau&amp;shy;ve&amp;shy;tage des ban&amp;shy;ques
qui gèrent leurs juteux avoirs. Le théâ&amp;shy;tre euro&amp;shy;péen de la crise est
par&amp;shy;ti&amp;shy;cu&amp;shy;liè&amp;shy;re&amp;shy;ment édi&amp;shy;fiant à tous égards. Si la crise de l’Euro n’est que
le pro&amp;shy;lon&amp;shy;ge&amp;shy;ment de la crise plus large de la finance mon&amp;shy;dia&amp;shy;li&amp;shy;sée, elle
nous révèle que la soli&amp;shy;da&amp;shy;rité des nations et des peu&amp;shy;ples euro&amp;shy;péens dont
on nous rebat les oreilles depuis cin&amp;shy;quante ans n’était guère plus
depuis long&amp;shy;temps qu’un mot. Ce n’est pas la Grèce qui menace l’Euro mais
l’Euro qui a fait tom&amp;shy;ber la Grèce si bas qu’elle ne s’en remet&amp;shy;tra
peut-être pas. Il est temps d’assé&amp;shy;ner quel&amp;shy;ques véri&amp;shy;tés, his&amp;shy;toire de se
per&amp;shy;sua&amp;shy;der défi&amp;shy;ni&amp;shy;ti&amp;shy;ve&amp;shy;ment que les éco&amp;shy;no&amp;shy;mis&amp;shy;tes de con&amp;shy;ni&amp;shy;vence et les
diri&amp;shy;geants poli&amp;shy;ti&amp;shy;ques ont piteu&amp;shy;se&amp;shy;ment choisi le camp des nan&amp;shy;tis et des
bri&amp;shy;gands.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Des nan&amp;shy;tis&amp;#160;? Il se dit pos&amp;shy;si&amp;shy;ble&amp;shy;ment que les 850 plus gros mil&amp;shy;liar&amp;shy;dai&amp;shy;res du Monde sont plus riches que l’Afri&amp;shy;que avec ces 850 mil&amp;shy;lions d’habi&amp;shy;tants. Des bri&amp;shy;gands&amp;#160;? Mau&amp;shy;rice Allais, Prix Nobel de scien&amp;shy;ces éco&amp;shy;no&amp;shy;mi&amp;shy;ques 1988, a écrit un jour que «&amp;#160;par essence, la créa&amp;shy;tion moné&amp;shy;taire ex nihilo que pra&amp;shy;ti&amp;shy;quent les ban&amp;shy;ques est sem&amp;shy;bla&amp;shy;ble, je n’hésite pas à le dire, pour que les gens com&amp;shy;pren&amp;shy;nent bien ce qui est en jeu ici, à la fabri&amp;shy;ca&amp;shy;tion de mon&amp;shy;naie par des faux-mon&amp;shy;nayeurs, si jus&amp;shy;te&amp;shy;ment répri&amp;shy;mée par la loi.&amp;#160;» Des chif&amp;shy;fres ver&amp;shy;ti&amp;shy;gi&amp;shy;neux&amp;#160;? Alors que Le new deal de Roo&amp;shy;se&amp;shy;velt en 1933 repré&amp;shy;sen&amp;shy;tait 50 mil&amp;shy;liards de dol&amp;shy;lars d’aujourd’hui, et le plan Mar&amp;shy;shall, 100 mil&amp;shy;liards de dol&amp;shy;lars, Le plan euro&amp;shy;péen adopté le 10 mai der&amp;shy;nier atteint quant à lui 750 mil&amp;shy;liards d’euros et ne repré&amp;shy;sente pour&amp;shy;tant qu’à peine plus de 10% de la dette de la zone euro grosse de 7000 mil&amp;shy;liards d’euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le ver&amp;shy;tige s’accen&amp;shy;tue quand à l’envo&amp;shy;lée des chif&amp;shy;fres s’ajoute la superbe incer&amp;shy;ti&amp;shy;tude du deve&amp;shy;nir de l’éco&amp;shy;no&amp;shy;mie euro&amp;shy;péenne. Sur la somme de 750 mil&amp;shy;liards d’euros, où l’inter&amp;shy;ven&amp;shy;tion du FMI est con&amp;shy;si&amp;shy;dé&amp;shy;rée comme com&amp;shy;plé&amp;shy;men&amp;shy;taire de l’inter&amp;shy;ven&amp;shy;tion euro&amp;shy;péenne, plus de la moi&amp;shy;tié, soit 440 mil&amp;shy;liards, sont con&amp;shy;si&amp;shy;dé&amp;shy;rés comme «&amp;#160;mobi&amp;shy;li&amp;shy;sa&amp;shy;bles&amp;#160;», c’est-à-dire qu’ils n’exis&amp;shy;tent tout sim&amp;shy;ple&amp;shy;ment pas à ce jour. Le plan de sau&amp;shy;ve&amp;shy;tage de l’Espa&amp;shy;gne, seul à avoir été estimé par Natixis, récla&amp;shy;me&amp;shy;rait entre 400 et 500 mil&amp;shy;liards d’euros. Alors, si on ajoute l’Ita&amp;shy;lie et l’Irlande… La crainte gran&amp;shy;dit encore quand on sait que ce ne sont plus les pro&amp;shy;duc&amp;shy;teurs de riches&amp;shy;ses maté&amp;shy;riel&amp;shy;les, sus&amp;shy;cep&amp;shy;ti&amp;shy;bles de nour&amp;shy;rir, loger, amé&amp;shy;lio&amp;shy;rer l’exis&amp;shy;tence des popu&amp;shy;la&amp;shy;tions, mais les spé&amp;shy;cu&amp;shy;la&amp;shy;teurs, au tra&amp;shy;vers des ban&amp;shy;ques et de leurs pro&amp;shy;duits finan&amp;shy;ciers tou&amp;shy;jours plus ris&amp;shy;qués, qui diri&amp;shy;gent l’éco&amp;shy;no&amp;shy;mie. Ils vam&amp;shy;pi&amp;shy;ri&amp;shy;sent l’éco&amp;shy;no&amp;shy;mie réelle dans son entier, et aussi désor&amp;shy;mais les res&amp;shy;sour&amp;shy;ces publi&amp;shy;ques des États. Ce déli&amp;shy;rant ren&amp;shy;ver&amp;shy;se&amp;shy;ment des rôles con&amp;shy;duit for&amp;shy;cé&amp;shy;ment à la spo&amp;shy;lia&amp;shy;tion des peu&amp;shy;ples, par le chô&amp;shy;mage, la misère, les reculs civi&amp;shy;li&amp;shy;sa&amp;shy;tion&amp;shy;nels…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise n’est pas non plus une crise du défi&amp;shy;cit bud&amp;shy;gé&amp;shy;taire de la Grèce, mais bel et bien une crise des ban&amp;shy;ques euro&amp;shy;péen&amp;shy;nes. Ainsi, l’opé&amp;shy;ra&amp;shy;tion de sau&amp;shy;ve&amp;shy;tage de la Grèce ne lui est pas des&amp;shy;ti&amp;shy;née, mais pro&amp;shy;fite aux ban&amp;shy;ques euro&amp;shy;péen&amp;shy;nes. Il s’agit d’un véri&amp;shy;ta&amp;shy;ble hold-up, au cré&amp;shy;dit de la spé&amp;shy;cu&amp;shy;la&amp;shy;tion et au débit de la dette publi&amp;shy;que, qui a été per&amp;shy;pé&amp;shy;tré. On assiste médusé à une per&amp;shy;mu&amp;shy;ta&amp;shy;tion de créan&amp;shy;cier&amp;#160;; les con&amp;shy;tri&amp;shy;bua&amp;shy;bles euro&amp;shy;péens se sub&amp;shy;sti&amp;shy;tuent aux ban&amp;shy;quiers qui récu&amp;shy;pè&amp;shy;rent ainsi leur mise. Le reste de l’Europe va emprun&amp;shy;ter pour «&amp;#160;sau&amp;shy;ver&amp;#160;» les ban&amp;shy;ques qui ont prêté à la Grèce qui ne peut pas rem&amp;shy;bour&amp;shy;ser&amp;#160;! L’éco&amp;shy;no&amp;shy;miste irlan&amp;shy;dais David McWilliams remar&amp;shy;que à quel point nous som&amp;shy;mes pas&amp;shy;sés de la démo&amp;shy;cra&amp;shy;tie à la «&amp;#160;ban&amp;shy;co&amp;shy;cra&amp;shy;tie&amp;#160;». Par le biais de l’État, en effet, les riches&amp;shy;ses sont trans&amp;shy;fé&amp;shy;rées des «&amp;#160;non-ini&amp;shy;tiés&amp;#160;», le peu&amp;shy;ple, vers les «&amp;#160;ini&amp;shy;tiés&amp;#160;» du sys&amp;shy;tème ban&amp;shy;caire. Il ajoute que l’on ne doit pas s’y trom&amp;shy;per&amp;#160;: ce que l’on a pré&amp;shy;senté comme le sau&amp;shy;ve&amp;shy;tage d’un État en fai&amp;shy;sant appel au sup&amp;shy;posé sen&amp;shy;ti&amp;shy;ment de soli&amp;shy;da&amp;shy;rité euro&amp;shy;péenne, n’est rien d’autre qu’un trans&amp;shy;fert direct d’argent de la poche des citoyens à celle des créan&amp;shy;ciers étran&amp;shy;gers de ban&amp;shy;ques fran&amp;shy;çai&amp;shy;ses et alle&amp;shy;man&amp;shy;des. On tient là la recette de la divi&amp;shy;sion et de l’ins&amp;shy;ta&amp;shy;bi&amp;shy;lité.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prix Nobel Joseph Sti&amp;shy;glitz dit à pro&amp;shy;pos de la crise finan&amp;shy;cière de 2008-2009 aux États-Unis que les ban&amp;shy;ques ont réussi à mutua&amp;shy;li&amp;shy;ser leur per&amp;shy;tes avec les con&amp;shy;tri&amp;shy;bua&amp;shy;bles mais qu’ils pri&amp;shy;va&amp;shy;ti&amp;shy;sent leurs béné&amp;shy;fi&amp;shy;ces au pro&amp;shy;fit des seuls action&amp;shy;nai&amp;shy;res. L’Europe aide aujourd’hui à faire de même. L’État n’est tout bon&amp;shy;ne&amp;shy;ment plus dans son rôle de défen&amp;shy;seur du bien com&amp;shy;mun appar&amp;shy;te&amp;shy;nant à tous les citoyens. En volant (&amp;#160;!) à la res&amp;shy;cousse des rufians et des rupins, l’État est devenu privé. Le règne tyran&amp;shy;ni&amp;shy;que des nou&amp;shy;vel&amp;shy;les féo&amp;shy;da&amp;shy;li&amp;shy;tés est advenu.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>«Le Monde a étalé son incompétence»</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/14/05/2010/Le-Monde-a-etale-son-incompetence</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:f0cd50fff5d386c828bed80f90b24082</guid>
    <pubDate>Friday 14 May 2010</pubDate>
    <dc:creator>Netoyens.info</dc:creator>
        <category>Édito</category>
        <category>Dettes</category><category>Faillite</category><category>Médias</category><category>Spéculation</category>    
    <description>&lt;p&gt;Les grands médias, une nou&amp;shy;velle fois, se dis&amp;shy;tin&amp;shy;guent par leur par&amp;shy;tia&amp;shy;lité au ser&amp;shy;vice des puis&amp;shy;sants, leur absence totale d’esprit cri&amp;shy;ti&amp;shy;que, leur
carac&amp;shy;tère mou&amp;shy;ton&amp;shy;nier et sou&amp;shy;vent leur incom&amp;shy;pé&amp;shy;tence. Des tom&amp;shy;be&amp;shy;reaux d’âne&amp;shy;ries s’abat&amp;shy;tent sur une popu&amp;shy;la&amp;shy;tion déso&amp;shy;rien&amp;shy;tée.&lt;/p&gt;
&lt;em&gt;Extrait de &amp;#8220;Ras&amp;shy;su&amp;shy;rer les mar&amp;shy;chés finan&amp;shy;ciers et les spé&amp;shy;cu&amp;shy;la&amp;shy;teurs ou les déman&amp;shy;te&amp;shy;ler&amp;#160;?&amp;#8221; - M&amp;#8217;PEP - 12 mai 2010&lt;/em&gt;    &lt;p&gt;Le lundi 10 mai 2010, au len&amp;shy;de&amp;shy;main de cette réu&amp;shy;nion de Bruxel&amp;shy;les, il était impos&amp;shy;si&amp;shy;ble de com&amp;shy;pren&amp;shy;dre quoi que se soit en écou&amp;shy;tant les émis&amp;shy;sions mati&amp;shy;na&amp;shy;les des radios ou des télé&amp;shy;vi&amp;shy;sions. La lec&amp;shy;ture des jour&amp;shy;naux ne fai&amp;shy;sait qu’aggra&amp;shy;ver le malaise. Qu’on en juge&amp;#160;:&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;&lt;li&gt;À la Une de Libé&amp;shy;ra&amp;shy;tion du 10 mai 2010&amp;#160;: «&amp;#160; L’Union a pro&amp;shy;posé hier soir un méga-plan de secours de 500 mil&amp;shy;liards d’euros&amp;#160;».&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;À la Une des Échos du 10 mai 2010&amp;#160;: «&amp;#160;Les minis&amp;shy;tres des Finan&amp;shy;ces prêts à mobi&amp;shy;li&amp;shy;ser 600 mil&amp;shy;liards d’euros pour cal&amp;shy;mer les mar&amp;shy;chés finan&amp;shy;ciers&amp;#160;».&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;À la Une du Figaro du 10 mai 2010&amp;#160;: «&amp;#160;Sar&amp;shy;kozy et Mer&amp;shy;kel ont pro&amp;shy;posé hier soir un plan d’aide d’au moins 500 mil&amp;shy;liards d’euros&amp;#160;».&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;À la Une du Monde daté du mardi 11 mai 2010&amp;#160;: «&amp;#160;Un fonds de 750 mil&amp;shy;liards&amp;#160;».&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Quel est le bon chif&amp;shy;fre&amp;#160;: 500, 600, 750 mil&amp;shy;liards d’euros&amp;#160;? Rap&amp;shy;pe&amp;shy;lons à ceux qui val&amp;shy;sent allè&amp;shy;gre&amp;shy;ment avec les mil&amp;shy;liards – l’écart entre le bas et le haut de la four&amp;shy;chette est de 250 mil&amp;shy;liards&amp;#160;!- que le finan&amp;shy;ce&amp;shy;ment d’un salaire moyen, coti&amp;shy;sa&amp;shy;tions socia&amp;shy;les inclu&amp;shy;ses, est de 40&amp;#160;000 euros par an. Avec 250 mil&amp;shy;liards d’euros il est donc pos&amp;shy;si&amp;shy;ble de finan&amp;shy;cer 6,25 mil&amp;shy;lions de salai&amp;shy;res&amp;#160;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Monde a étalé son incom&amp;shy;pé&amp;shy;tence, sur un sujet essen&amp;shy;tiel, dans son édi&amp;shy;to&amp;shy;rial de Une du numéro daté du mardi 11 mai 2010. On peut lire en effet que Jean-Claude Tri&amp;shy;chet, le pré&amp;shy;si&amp;shy;dent de la Ban&amp;shy;que cen&amp;shy;trale euro&amp;shy;péenne, «&amp;#160;a dû se résou&amp;shy;dre à ce que son ins&amp;shy;ti&amp;shy;tu&amp;shy;tion achète direc&amp;shy;te&amp;shy;ment des emprunts d’État – ce qui revient à ‘‘moné&amp;shy;ti&amp;shy;ser’’ la dette – après avoir tota&amp;shy;le&amp;shy;ment écarté cette éven&amp;shy;tua&amp;shy;lité trois jours aupa&amp;shy;ra&amp;shy;vant&amp;#160;».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais non&amp;#160;! Les auteurs de cet édi&amp;shy;to&amp;shy;rial con&amp;shy;fon&amp;shy;dent mar&amp;shy;ché pri&amp;shy;maire et mar&amp;shy;ché secon&amp;shy;daire des obli&amp;shy;ga&amp;shy;tions. Le mar&amp;shy;ché pri&amp;shy;maire est le mar&amp;shy;ché du neuf, comme pour les voi&amp;shy;tu&amp;shy;res neu&amp;shy;ves, où l’on émet les obli&amp;shy;ga&amp;shy;tions pour la pre&amp;shy;mière fois. Il y a «&amp;#160;moné&amp;shy;ti&amp;shy;sa&amp;shy;tion&amp;#160;» lors&amp;shy;que ce sont les ban&amp;shy;ques cen&amp;shy;tra&amp;shy;les et non les mar&amp;shy;chés finan&amp;shy;ciers qui achè&amp;shy;tent les obli&amp;shy;ga&amp;shy;tions direc&amp;shy;te&amp;shy;ment à l’État. C’est ce que font de nom&amp;shy;breu&amp;shy;ses ban&amp;shy;ques cen&amp;shy;tra&amp;shy;les aux États-Unis, Japon, Grande-Bre&amp;shy;ta&amp;shy;gne, Suisse… Sauf la BCE&amp;#160;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mar&amp;shy;ché secon&amp;shy;daire est celui des titres d’occa&amp;shy;sion, là aussi comme pour les voi&amp;shy;tu&amp;shy;res, où celui qui a acheté un titre neuf (sur le mar&amp;shy;ché pri&amp;shy;maire) peut le reven&amp;shy;dre (sur le mar&amp;shy;ché secon&amp;shy;daire) à celui qui vou&amp;shy;dra bien l’ache&amp;shy;ter. La déci&amp;shy;sion prise par la BCE n’est abso&amp;shy;lu&amp;shy;ment pas d’ache&amp;shy;ter les titres direc&amp;shy;te&amp;shy;ment aux États lors&amp;shy;que ces der&amp;shy;niers les émet&amp;shy;tent sur le mar&amp;shy;ché pri&amp;shy;maire, mais de les ache&amp;shy;ter aux ban&amp;shy;ques, sur le mar&amp;shy;ché secon&amp;shy;daire. Pas seu&amp;shy;le&amp;shy;ment pour aider les États, mais pour aider les ban&amp;shy;ques en leur évi&amp;shy;tant une déva&amp;shy;lo&amp;shy;ri&amp;shy;sa&amp;shy;tion de leurs créan&amp;shy;ces&amp;#160;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle erreur com&amp;shy;mise par un jour&amp;shy;nal qui se veut «&amp;#160;de réfé&amp;shy;rence&amp;#160;» tra&amp;shy;duit bien la con&amp;shy;fu&amp;shy;sion de la période. Elle est inex&amp;shy;cu&amp;shy;sa&amp;shy;ble. Elle jette le doute sur tout ce que peut écrire ce jour&amp;shy;nal qui s’est bruyam&amp;shy;ment réjouit de l’aus&amp;shy;té&amp;shy;rité et dont l’action mili&amp;shy;tante euro&amp;shy;péiste est bien con&amp;shy;nue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, ceux qui vou&amp;shy;laient se faire une idée des déci&amp;shy;sions pri&amp;shy;ses à Bruxel&amp;shy;les le week-end du 7 au 9 mai 2010 ne pou&amp;shy;vaient comp&amp;shy;ter pra&amp;shy;ti&amp;shy;quent sur per&amp;shy;sonne, ni sur les radios, ni sur les télé&amp;shy;vi&amp;shy;sions, ni sur les jour&amp;shy;naux. Pour com&amp;shy;pren&amp;shy;dre, il était néces&amp;shy;saire d’aller à la source, sur les sites Inter&amp;shy;net de la Com&amp;shy;mis&amp;shy;sion euro&amp;shy;péenne, de la Ban&amp;shy;que cen&amp;shy;trale euro&amp;shy;péenne, de la Pré&amp;shy;si&amp;shy;dence de la Répu&amp;shy;bli&amp;shy;que, du minis&amp;shy;tère des Finan&amp;shy;ces… En met&amp;shy;tant bout à bout des infor&amp;shy;ma&amp;shy;tions par&amp;shy;fois expri&amp;shy;mées dans un lan&amp;shy;gage obs&amp;shy;cur, et à con&amp;shy;di&amp;shy;tion de dis&amp;shy;po&amp;shy;ser de plu&amp;shy;sieurs heu&amp;shy;res, il n’était pas pos&amp;shy;si&amp;shy;ble de par&amp;shy;ve&amp;shy;nir à ses fins&amp;#160;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La matière brute dis&amp;shy;po&amp;shy;ni&amp;shy;ble, le mardi 11 mai 2010&amp;#160;en fin de mati&amp;shy;née, était insuf&amp;shy;fi&amp;shy;sante et ne per&amp;shy;met&amp;shy;tait pas de se faire une opi&amp;shy;nion pré&amp;shy;cise sur les détails des déci&amp;shy;sions pri&amp;shy;ses&amp;#160;:&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;&lt;li&gt;La «&amp;#160;Décla&amp;shy;ra&amp;shy;tion des chefs d’État ou de gou&amp;shy;ver&amp;shy;ne&amp;shy;ment de la zone euro&amp;#160;» du 7 mai 2010.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;La con&amp;shy;fé&amp;shy;rence de presse du Pré&amp;shy;si&amp;shy;dent de la Répu&amp;shy;bli&amp;shy;que fran&amp;shy;çaise tenue à Bruxel&amp;shy;les le 8 mai 2010.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Le compte rendu de la «&amp;#160;Par&amp;shy;ti&amp;shy;ci&amp;shy;pa&amp;shy;tion de la France au dis&amp;shy;po&amp;shy;si&amp;shy;tif de sou&amp;shy;tien aux États-mem&amp;shy;bres de la zone euro&amp;#160;» du minis&amp;shy;tère Finan&amp;shy;ces du 9 mai 2010.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Le com&amp;shy;mu&amp;shy;ni&amp;shy;qué de presse du Con&amp;shy;seil de l’Union euro&amp;shy;péenne du 10 mai 2010.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Le com&amp;shy;mu&amp;shy;ni&amp;shy;que de presse de la BCE, en anglais, du 10 mai 2010.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Le com&amp;shy;mu&amp;shy;ni&amp;shy;qué de presse du Con&amp;shy;seil extra&amp;shy;or&amp;shy;di&amp;shy;naire des 9 et 10 mai 2010.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Le compte rendu de la réu&amp;shy;nion ECO&amp;shy;FIN du 10 mai 2010 fait par la Com&amp;shy;mis&amp;shy;sion euro&amp;shy;péenne.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;hr /&gt;
Source&amp;#160;:  &amp;#8220;&lt;a href=&quot;http://www.m-pep.org/spip.php?article1689&quot;&gt;Ras&amp;shy;su&amp;shy;rer les mar&amp;shy;chés finan&amp;shy;ciers et les spé&amp;shy;cu&amp;shy;la&amp;shy;teurs ou les déman&amp;shy;te&amp;shy;ler&amp;#160;?&lt;/a&gt;&amp;#8221; - M&amp;#8217;PEP - 12 mai 2010</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>La soupe à l’aigre</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/20/03/2010/La-soupe-a-l-aigre</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:dc7ec4096204f1437d9f249d864bf90f</guid>
    <pubDate>Saturday 20 March 2010</pubDate>
    <dc:creator>Yann Fiévet</dc:creator>
        <category>Édito</category>
        <category>Allègre</category><category>Ariès</category><category>Consommationnisme</category>    
    <description>&lt;p&gt;La preuve de la per&amp;shy;ti&amp;shy;nence du dis&amp;shy;cours éco&amp;shy;lo&amp;shy;gi&amp;shy;que réside sans doute dans la mal&amp;shy;hon&amp;shy;nê&amp;shy;teté crasse de ses adver&amp;shy;sai&amp;shy;res les plus média&amp;shy;ti&amp;shy;sés. La manière dont les médias de masse se sont empa&amp;shy;rés, à quel&amp;shy;ques enca&amp;shy;blu&amp;shy;res des élec&amp;shy;tions régio&amp;shy;na&amp;shy;les, du der&amp;shy;nier recueil de sor&amp;shy;net&amp;shy;tes de M. Claude Allè&amp;shy;gre est à l’évi&amp;shy;dence symp&amp;shy;to&amp;shy;ma&amp;shy;ti&amp;shy;que d’une épo&amp;shy;que rechi&amp;shy;gnant à affron&amp;shy;ter les vrais périls depuis long&amp;shy;temps annon&amp;shy;cés. L’impos&amp;shy;ture édi&amp;shy;to&amp;shy;riale du géo&amp;shy;chi&amp;shy;miste sor&amp;shy;tant impru&amp;shy;dem&amp;shy;ment de sa spé&amp;shy;cia&amp;shy;lité pour&amp;shy;rait, à l’extrême rigueur, être l’occa&amp;shy;sion d’un débat au fond des cho&amp;shy;ses. Encore fau&amp;shy;drait-il alors oppo&amp;shy;ser à la cer&amp;shy;ti&amp;shy;tude de M. Allè&amp;shy;gre l’intel&amp;shy;li&amp;shy;gence de con&amp;shy;tra&amp;shy;dic&amp;shy;teurs à la hau&amp;shy;teur de l’enjeu. Et là on décou&amp;shy;vre avec éton&amp;shy;ne&amp;shy;ment que le pro&amp;shy;fes&amp;shy;seur devenu bate&amp;shy;leur d’estrade béné&amp;shy;fi&amp;shy;cie d’un trai&amp;shy;te&amp;shy;ment de faveur qui bafoue le droit à la qua&amp;shy;lité de l’infor&amp;shy;ma&amp;shy;tion.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Guillaume Durand, mau&amp;shy;vais jour&amp;shy;na&amp;shy;liste devenu médio&amp;shy;cre ani&amp;shy;ma&amp;shy;teur d’émis&amp;shy;sions de télé&amp;shy;vi&amp;shy;sion, ne l’entend hélas pas ainsi. Dans son émis&amp;shy;sion «&amp;#160;L&amp;#8217;Objet du Scan&amp;shy;dale&amp;#160;» – que vou&amp;shy;lez-vous, il faut faire choc pour cap&amp;shy;ti&amp;shy;ver les fou&amp;shy;les – Il rece&amp;shy;vait donc le mer&amp;shy;credi 10 mars der&amp;shy;nier le scan&amp;shy;da&amp;shy;leux pour&amp;shy;fen&amp;shy;deur des héré&amp;shy;sies moder&amp;shy;nes. Ini&amp;shy;tia&amp;shy;le&amp;shy;ment, le poli&amp;shy;to&amp;shy;lo&amp;shy;gue Paul Ariès devait être opposé à Claude Allè&amp;shy;gre. Il n’en fut rien. Deux jours avant l’émis&amp;shy;sion, on fit savoir à l’oppo&amp;shy;sant du Don Qui&amp;shy;chotte des pla&amp;shy;teaux que ce der&amp;shy;nier serait fina&amp;shy;le&amp;shy;ment con&amp;shy;fronté à des gens ordi&amp;shy;nai&amp;shy;res. L’élo&amp;shy;quence avé&amp;shy;rée de Paul Ariès, il est vrai, a de quoi effrayer celui dont les asser&amp;shy;tions sont assi&amp;shy;ses sur des sables pour le moins mou&amp;shy;vants. La per&amp;shy;ti&amp;shy;nence du der&amp;shy;nier ouvrage du direc&amp;shy;teur du &lt;a href=&quot;http://www.lesarkophage.com/&quot;&gt;Sar&amp;shy;ko&amp;shy;phage&lt;/a&gt;, «&amp;#160;la sim&amp;shy;pli&amp;shy;cité volon&amp;shy;taire con&amp;shy;tre le mythe de l’abon&amp;shy;dance&amp;#160;» (1) est sans doute inti&amp;shy;mi&amp;shy;dante pour qui ne sou&amp;shy;haite pas que les télé&amp;shy;vi&amp;shy;seurs ces&amp;shy;sent de ron&amp;shy;ron&amp;shy;ner en rond dans les chau&amp;shy;miè&amp;shy;res où l’on n’aime pas, paraît-il se pren&amp;shy;dre la tête avec des ques&amp;shy;tions com&amp;shy;pli&amp;shy;quées. La leçon à déduire de cet acte de cen&amp;shy;sure indé&amp;shy;nia&amp;shy;ble est que, lors&amp;shy;que Claude Allè&amp;shy;gre est invité dans une émis&amp;shy;sion de télé&amp;shy;vi&amp;shy;sion, c’est lui qui choi&amp;shy;sit les autres invi&amp;shy;tés et non le res&amp;shy;pon&amp;shy;sa&amp;shy;ble de ladite émis&amp;shy;sion. Faire de la mau&amp;shy;vaise télé&amp;shy;vi&amp;shy;sion n’est pas plus dif&amp;shy;fi&amp;shy;cile que ça. Guillaume Durand en maî&amp;shy;trise la recette depuis long&amp;shy;temps. Pour&amp;shy;tant, rap&amp;shy;pe&amp;shy;lons-nous que France 2&amp;#160;où sévit cet adver&amp;shy;saire de la
pen&amp;shy;sée vrai&amp;shy;ment déran&amp;shy;geante car posant les vrais enjeux du temps est une chaîne de ser&amp;shy;vice public. La mis&amp;shy;sion de celle-ci devrait être plus ambi&amp;shy;tieuse que de ser&amp;shy;vir la soupe des agents du con&amp;shy;for&amp;shy;misme pro&amp;shy;duc&amp;shy;ti&amp;shy;viste et scien&amp;shy;tiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-delà de l’anec&amp;shy;dote que cons&amp;shy;ti&amp;shy;tue l’évic&amp;shy;tion cava&amp;shy;lière d’un pen&amp;shy;seur déran&amp;shy;geant, une ana&amp;shy;lyse plus appro&amp;shy;fon&amp;shy;die du phé&amp;shy;no&amp;shy;mène est riche d’ensei&amp;shy;gne&amp;shy;ment. L’émis&amp;shy;sion de Guillaume Durand – et Guillaume Durand lui-même – est le pro&amp;shy;duit con&amp;shy;forme de notre société con&amp;shy;som&amp;shy;ma&amp;shy;tion&amp;shy;niste. Il n’est donc pas per&amp;shy;mis d’en atten&amp;shy;dre davan&amp;shy;tage que le strict mon&amp;shy;tage de fal&amp;shy;la&amp;shy;cieux débats trom&amp;shy;peu&amp;shy;se&amp;shy;ment éri&amp;shy;gés en débats essen&amp;shy;tiels. Cer&amp;shy;tes, Claude Allè&amp;shy;gre est inca&amp;shy;pa&amp;shy;ble de débat&amp;shy;tre avec des gens sérieux&amp;#160;; il le sait et choi&amp;shy;sit donc ses adver&amp;shy;sai&amp;shy;res d’un soir audi&amp;shy;ma&amp;shy;tisé et ses faire-valoir à la mai&amp;shy;gre enver&amp;shy;gure intel&amp;shy;lec&amp;shy;tuelle. Cepen&amp;shy;dant, l’impor&amp;shy;tant est ailleurs&amp;#160;: avec Paul Ariès, il n’aurait pas été ques&amp;shy;tion de can&amp;shy;ton&amp;shy;ner le débat à une sim&amp;shy;ple que&amp;shy;relle sur le degré de gra&amp;shy;vité de la crise cli&amp;shy;ma&amp;shy;ti&amp;shy;que. On eut mis en cause le déli&amp;shy;rant modèle pro&amp;shy;duc&amp;shy;ti&amp;shy;viste désor&amp;shy;mais à bout de souf&amp;shy;fle. Les crois&amp;shy;san&amp;shy;cis&amp;shy;tes se ser&amp;shy;rent à bord de ce radeau perdu voguant sur un océan social plus déla&amp;shy;bré à cha&amp;shy;que jour qui passe. Dans son livre, Paul Ariès mon&amp;shy;tre qu’il existe his&amp;shy;to&amp;shy;ri&amp;shy;que&amp;shy;ment deux gau&amp;shy;ches&amp;#160;: l’une pro&amp;shy;duc&amp;shy;ti&amp;shy;viste opti&amp;shy;miste qui échoue for&amp;shy;cé&amp;shy;ment en épou&amp;shy;sant les prin&amp;shy;ci&amp;shy;pes du capi&amp;shy;ta&amp;shy;lisme débridé&amp;#160;; l’autre anti&amp;shy;pro&amp;shy;duc&amp;shy;ti&amp;shy;viste pes&amp;shy;si&amp;shy;miste qui n’a jamais con&amp;shy;quis le pou&amp;shy;voir car elle est tou&amp;shy;jours enfer&amp;shy;mée dans le culte de sa défaite légen&amp;shy;daire. Le défi à rele&amp;shy;ver tient dans la cons&amp;shy;truc&amp;shy;tion d’une gau&amp;shy;che anti&amp;shy;pro&amp;shy;duc&amp;shy;ti&amp;shy;viste opti&amp;shy;miste. L’His&amp;shy;toire du capi&amp;shy;ta&amp;shy;lisme et des mou&amp;shy;ve&amp;shy;ments
qui s’y oppo&amp;shy;sè&amp;shy;rent nous apporte une autre leçon&amp;#160;; le peu&amp;shy;ple n’est pas fon&amp;shy;ciè&amp;shy;re&amp;shy;ment pro&amp;shy;duc&amp;shy;ti&amp;shy;viste pour peu qu’on lui laisse per&amp;shy;ce&amp;shy;voir les véri&amp;shy;ta&amp;shy;bles rai&amp;shy;sons de la mar&amp;shy;che des cho&amp;shy;ses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est de cela qu’il n’est pas per&amp;shy;mis de débat&amp;shy;tre aujourd’hui. Et M. Allè&amp;shy;gre n’est que l’une des figu&amp;shy;res emblé&amp;shy;ma&amp;shy;ti&amp;shy;ques, média&amp;shy;ti&amp;shy;que&amp;shy;ment choyée, du débat impos&amp;shy;si&amp;shy;ble.&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;(1)Aux édi&amp;shy;tions La Décou&amp;shy;verte, février
2010.</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Le Bilan... de Jean Ferrat</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/15/03/2010/Le-Bilan-de-Jean-Ferrat</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:e6b356330133fbf707f1e32b4d79bde2</guid>
    <pubDate>Monday 15 March 2010</pubDate>
    <dc:creator>Netoyens.info</dc:creator>
        <category>Édito</category>
            
    <description>Au nom de l’idéal qui vous fai&amp;shy;sait com&amp;shy;bat&amp;shy;tre
&lt;br /&gt;Et qui nous pousse encore à nous bat&amp;shy;tre aujourd’hui&amp;#8230;    Ah ils nous en ont fait ava&amp;shy;ler des cou&amp;shy;leu&amp;shy;vres&lt;br /&gt;De Pra&amp;shy;gue à Buda&amp;shy;pest de Sofia à Mos&amp;shy;cou&lt;br /&gt;Les sta&amp;shy;li&amp;shy;niens zélés qui met&amp;shy;taient tout en oeu&amp;shy;vre&lt;br /&gt;Pour vous faire signer les aveux les plus fous&lt;br /&gt;Vous aviez com&amp;shy;battu par&amp;shy;tout la bête immonde&lt;br /&gt;Des bri&amp;shy;ga&amp;shy;des d&amp;#8217;Espa&amp;shy;gne à cel&amp;shy;les des maquis&lt;br /&gt;Votre jeu&amp;shy;nesse était l&amp;#8217;his&amp;shy;toire de ce monde&lt;br /&gt;Vous aviez nom Kos&amp;shy;tov ou Lon&amp;shy;don ou Slansky&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au nom de l&amp;#8217;idéal qui nous fai&amp;shy;sait com&amp;shy;bat&amp;shy;tre&lt;br /&gt;Et qui nous pousse encore à nous bat&amp;shy;tre aujourd&amp;#8217;hui&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ah ils nous en ont fait applau&amp;shy;dir des inju&amp;shy;res&lt;br /&gt;Des com&amp;shy;plots déjoués des dénon&amp;shy;cia&amp;shy;tions&lt;br /&gt;Des traî&amp;shy;tres démas&amp;shy;qués des pro&amp;shy;cès sans bavu&amp;shy;res&lt;br /&gt;Des bagnes méri&amp;shy;tés des jus&amp;shy;tes pen&amp;shy;dai&amp;shy;sons&lt;br /&gt;Ah comme on y a cru aux dévia&amp;shy;tion&amp;shy;nis&amp;shy;tes&lt;br /&gt;Aux savants déca&amp;shy;dents aux écri&amp;shy;vains espions&lt;br /&gt;Aux sio&amp;shy;nis&amp;shy;tes bour&amp;shy;geois aux rené&amp;shy;gats titis&amp;shy;tes&lt;br /&gt;Aux calom&amp;shy;nia&amp;shy;teurs de la révo&amp;shy;lu&amp;shy;tion&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au nom de l&amp;#8217;idéal qui nous fai&amp;shy;sait com&amp;shy;bat&amp;shy;tre&lt;br /&gt;Et qui nous pousse encore à nous bat&amp;shy;tre aujourd&amp;#8217;hui&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ah ils nous en ont fait approu&amp;shy;ver des mas&amp;shy;sa&amp;shy;cres&lt;br /&gt;Que cer&amp;shy;tains con&amp;shy;ti&amp;shy;nuent d&amp;#8217;appe&amp;shy;ler des erreurs&lt;br /&gt;Une erreur c&amp;#8217;est facile comme un et deux font qua&amp;shy;tre&lt;br /&gt;Pour bar&amp;shy;rer d&amp;#8217;un seul trait des années de ter&amp;shy;reur&lt;br /&gt;Ce socia&amp;shy;lisme était une cari&amp;shy;ca&amp;shy;ture&lt;br /&gt;Si les temps on changé des ombres sont res&amp;shy;tées&lt;br /&gt;J&amp;#8217;en garde au fond du coeur la som&amp;shy;bre meur&amp;shy;tris&amp;shy;sure&lt;br /&gt;Dans ma bou&amp;shy;che à jamais la soif de vérité&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au nom de l&amp;#8217;idéal qui nous fai&amp;shy;sait com&amp;shy;bat&amp;shy;tre&lt;br /&gt;Et qui nous pousse encore à nous bat&amp;shy;tre aujourd&amp;#8217;hui&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais quand j&amp;#8217;entends par&amp;shy;ler de &amp;#8220;bilan&amp;#8221; posi&amp;shy;tif&lt;br /&gt;Je ne peux m&amp;#8217;empê&amp;shy;cher de pen&amp;shy;ser à quel prix&lt;br /&gt;Et ces mil&amp;shy;lions de morts qui for&amp;shy;ment le pas&amp;shy;sif&lt;br /&gt;C&amp;#8217;est à eux qu&amp;#8217;il fau&amp;shy;drait deman&amp;shy;der leur avis&lt;br /&gt;N&amp;#8217;exi&amp;shy;gez pas de moi une âme de comp&amp;shy;ta&amp;shy;ble&lt;br /&gt;Pour chan&amp;shy;ter au pré&amp;shy;sent ce siè&amp;shy;cle tra&amp;shy;gé&amp;shy;die&lt;br /&gt;Les acquis pro&amp;shy;po&amp;shy;sés comme des&amp;shy;sous de table&lt;br /&gt;Les cada&amp;shy;vres pas&amp;shy;sés en per&amp;shy;tes et pro&amp;shy;fits&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au nom de l&amp;#8217;idéal qui nous fai&amp;shy;sait com&amp;shy;bat&amp;shy;tre&lt;br /&gt;Et qui nous pousse encore à nous bat&amp;shy;tre aujourd&amp;#8217;hui&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C&amp;#8217;est un autre ave&amp;shy;nir qu&amp;#8217;il faut qu&amp;#8217;on réin&amp;shy;vente&lt;br /&gt;Sans idole ou modèle pas à pas hum&amp;shy;ble&amp;shy;ment&lt;br /&gt;Sans vérité tra&amp;shy;cée sans len&amp;shy;de&amp;shy;mains qui chan&amp;shy;tent&lt;br /&gt;Un bon&amp;shy;heur inventé défi&amp;shy;ni&amp;shy;ti&amp;shy;ve&amp;shy;ment&lt;br /&gt;Un ave&amp;shy;nir nais&amp;shy;sant d&amp;#8217;un peu moins de souf&amp;shy;france&lt;br /&gt;Avec nos yeux ouverts et grands sur le réel&lt;br /&gt;Un ave&amp;shy;nir con&amp;shy;duit par notre vigi&amp;shy;lance&lt;br /&gt;Envers tous les pou&amp;shy;voirs de la terre et du ciel&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au nom de l&amp;#8217;idéal qui nous fai&amp;shy;sait com&amp;shy;bat&amp;shy;tre&lt;br /&gt;Et qui nous pousse encore à nous bat&amp;shy;tre aujourd&amp;#8217;hui&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;hr /&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://www.youtube.com/watch?v=3hfYHLgqSZw&quot;&gt;À voir et écou&amp;shy;ter&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;À Lire&amp;#160;: J&amp;#8217;entends, j&amp;#8217;entends - Minga - &lt;a href=&quot;http://www.revoltes.net/spip.php?article1757&quot;&gt;Revol&amp;shy;tes.net&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Au rythme lent des élections</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/22/02/2010/Au-rythme-lent-des-elections</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:9af7260bf5dc9516bf8d3df22264a33c</guid>
    <pubDate>Monday 22 February 2010</pubDate>
    <dc:creator>Yann Fiévet</dc:creator>
        <category>Édito</category>
        <category>Alternatives démocratiques</category><category>Electoralisme</category><category>Marketing politique</category>    
    <description>&lt;p&gt;On vote ce mois-ci&amp;#160;! Les états-majors poli&amp;shy;ti&amp;shy;ques et leurs armées de mili&amp;shy;tants dévoués sont de nou&amp;shy;veau sur la brè&amp;shy;che depuis quel&amp;shy;ques semai&amp;shy;nes. On ira voter car on se sent encore au fond de soi une âme de démo&amp;shy;crate. Mais on a aussi un sacré blues. Le blues de la défaite. Pas la défaite élec&amp;shy;to&amp;shy;rale pos&amp;shy;si&amp;shy;ble du camp que l’on défend éven&amp;shy;tuel&amp;shy;le&amp;shy;ment. La défaite glo&amp;shy;bale du poli&amp;shy;ti&amp;shy;que réputé inca&amp;shy;pa&amp;shy;ble de trans&amp;shy;for&amp;shy;mer l’espoir des hum&amp;shy;bles en vic&amp;shy;toire sur leur sort funeste. Défaite encore du poli&amp;shy;ti&amp;shy;que refu&amp;shy;sant de pren&amp;shy;dre la pleine mesure de la crise éco&amp;shy;lo&amp;shy;gi&amp;shy;que. Quand il con&amp;shy;vien&amp;shy;drait de mener dans un même élan le com&amp;shy;bat social et le com&amp;shy;bat éco&amp;shy;lo&amp;shy;gi&amp;shy;que, on pré&amp;shy;fère la pru&amp;shy;dence du retran&amp;shy;che&amp;shy;ment sur des bas&amp;shy;tions émer&amp;shy;gés pour quel&amp;shy;que temps encore. Pour&amp;shy;tant, les fer&amp;shy;ments du pos&amp;shy;si&amp;shy;ble chan&amp;shy;ge&amp;shy;ment exis&amp;shy;tent. Can&amp;shy;ton&amp;shy;nés dans les mar&amp;shy;ges du champ poli&amp;shy;ti&amp;shy;que, ils déses&amp;shy;pè&amp;shy;rent de ne pas trou&amp;shy;ver de relais dignes de leur clair&amp;shy;voyance.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Les Régio&amp;shy;na&amp;shy;les ne feront pas un tabac. Il faut pro&amp;shy;ba&amp;shy;ble&amp;shy;ment le déplo&amp;shy;rer. Après coup l’abs&amp;shy;ten&amp;shy;tion éle&amp;shy;vée sera abon&amp;shy;dam&amp;shy;ment dis&amp;shy;cu&amp;shy;tée. Elle sera attri&amp;shy;buée comme à l’accou&amp;shy;tu&amp;shy;mée au défaut de com&amp;shy;mu&amp;shy;ni&amp;shy;ca&amp;shy;tion des gran&amp;shy;des for&amp;shy;ma&amp;shy;tions ayant pour&amp;shy;tant dépensé sans comp&amp;shy;ter dans le mar&amp;shy;ke&amp;shy;ting poli&amp;shy;ti&amp;shy;que. Une fois encore, on n’aura pas su se faire com&amp;shy;pren&amp;shy;dre. Les for&amp;shy;ma&amp;shy;tions plus modes&amp;shy;tes se rabat&amp;shy;tront sur le man&amp;shy;que de leurs moyens les sou&amp;shy;met&amp;shy;tant irré&amp;shy;mé&amp;shy;dia&amp;shy;ble&amp;shy;ment à la con&amp;shy;cur&amp;shy;rence déloyale des gros et main&amp;shy;te&amp;shy;nant ainsi l’élec&amp;shy;teur poten&amp;shy;tiel dans l’igno&amp;shy;rance de leurs idées pré&amp;shy;ten&amp;shy;du&amp;shy;ment neu&amp;shy;ves. La Gau&amp;shy;che se féli&amp;shy;ci&amp;shy;tera d’avoir gardé ses Régions et triom&amp;shy;phera si le grand che&amp;shy;lem con&amp;shy;voité est réa&amp;shy;lisé. La Droite dira qu’elle ne pou&amp;shy;vait gagner tant les oppo&amp;shy;sants à son essen&amp;shy;tiel débat sur l’Iden&amp;shy;tité natio&amp;shy;nale ont été déci&amp;shy;dé&amp;shy;ment trop mal&amp;shy;hon&amp;shy;nê&amp;shy;tes. Très vite la vie poli&amp;shy;ti&amp;shy;que ordi&amp;shy;naire, con&amp;shy;fi&amp;shy;nant sou&amp;shy;vent au vul&amp;shy;gaire, repren&amp;shy;dra son cours. On son&amp;shy;gera déjà aux pro&amp;shy;chai&amp;shy;nes. Élec&amp;shy;tions, bien sûr, mais on n’a même plus besoin d’en pro&amp;shy;non&amp;shy;cer le nom. Le rituel est bien ins&amp;shy;tallé, quasi immua&amp;shy;ble.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il va bien fal&amp;shy;loir un jour com&amp;shy;pren&amp;shy;dre enfin que le citoyen qui ne vote plus n’est en rien un imbé&amp;shy;cile. Admet&amp;shy;tre que celui ou celle qui ne va plus aux urnes régu&amp;shy;liè&amp;shy;re&amp;shy;ment dres&amp;shy;sées aspire pour&amp;shy;tant au chan&amp;shy;ge&amp;shy;ment nous aide&amp;shy;rait sur le che&amp;shy;min du redres&amp;shy;se&amp;shy;ment de la démo&amp;shy;cra&amp;shy;tie. Ce citoyen-là sait que depuis trente ans son pays glisse sur la pente mor&amp;shy;ti&amp;shy;fère du capi&amp;shy;ta&amp;shy;lisme néo&amp;shy;li&amp;shy;bé&amp;shy;ral. Il a cons&amp;shy;taté que ces der&amp;shy;niers temps la pente s’est accen&amp;shy;tuée sous le poids des réfor&amp;shy;mes d’un gou&amp;shy;ver&amp;shy;ne&amp;shy;ment ouver&amp;shy;te&amp;shy;ment réac&amp;shy;tion&amp;shy;naire. Il a assisté, un peu médusé, au sau&amp;shy;ve&amp;shy;tage des ban&amp;shy;ques pour que tout recom&amp;shy;mence comme avant la menace du krach défi&amp;shy;ni&amp;shy;tif. Il pour&amp;shy;rait assis&amp;shy;ter bien&amp;shy;tôt à l’implo&amp;shy;sion de l’Europe moné&amp;shy;ta&amp;shy;riste. Il tem&amp;shy;pête con&amp;shy;tre les chefs d’État res&amp;shy;pon&amp;shy;sa&amp;shy;bles du fiasco du som&amp;shy;met de Copen&amp;shy;ha&amp;shy;gue noyé dans la méses&amp;shy;ti&amp;shy;ma&amp;shy;tion cri&amp;shy;mi&amp;shy;nelle des périls cli&amp;shy;ma&amp;shy;ti&amp;shy;ques. Il a com&amp;shy;pris que le résul&amp;shy;tat du vote qu’il va sciem&amp;shy;ment boudé sera sans effet sur le train des réfor&amp;shy;mes détrui&amp;shy;sant l’École ou la Santé aux&amp;shy;quel&amp;shy;les, en bon répu&amp;shy;bli&amp;shy;cain, il est tant atta&amp;shy;ché. Le chô&amp;shy;mage et la pré&amp;shy;ca&amp;shy;rité vont pro&amp;shy;gres&amp;shy;ser. Le nom&amp;shy;bre de misé&amp;shy;reux et de tra&amp;shy;vailleurs pau&amp;shy;vres aussi. Les non ou mal logés vont res&amp;shy;ter non ou mal logés. Comme il con&amp;shy;ti&amp;shy;nue de s’infor&amp;shy;mer aux bon&amp;shy;nes sour&amp;shy;ces – qui heu&amp;shy;reu&amp;shy;se&amp;shy;ment exis&amp;shy;tent encore – notre citoyen perdu dans ses con&amp;shy;vic&amp;shy;tions mépri&amp;shy;sées sait que les mala&amp;shy;dies et la mor&amp;shy;bi&amp;shy;dité liées à la dégra&amp;shy;da&amp;shy;tion – elle aussi cri&amp;shy;mi&amp;shy;nelle – du milieu natu&amp;shy;rel vont croî&amp;shy;tre encore. Et tout cela parce que depuis trente ans les deux gran&amp;shy;des for&amp;shy;ma&amp;shy;tions occu&amp;shy;pant la scène poli&amp;shy;ti&amp;shy;que mènent, à cer&amp;shy;tai&amp;shy;nes dif&amp;shy;fé&amp;shy;ren&amp;shy;ces de style près, la même stra&amp;shy;té&amp;shy;gie de sou&amp;shy;mis&amp;shy;sion au Mar&amp;shy;ché dominé par les fir&amp;shy;mes et ban&amp;shy;ques mul&amp;shy;ti&amp;shy;na&amp;shy;tio&amp;shy;na&amp;shy;les.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La situa&amp;shy;tion est d’autant plus blo&amp;shy;quée que les peti&amp;shy;tes for&amp;shy;ma&amp;shy;tions négli&amp;shy;gent, elles aussi, la gra&amp;shy;vité des maux dont souf&amp;shy;frent les socié&amp;shy;tés moder&amp;shy;nes. Les orga&amp;shy;ni&amp;shy;sa&amp;shy;tions à domi&amp;shy;nante «&amp;#160;sociale&amp;#160;» n’intè&amp;shy;grent la crise éco&amp;shy;lo&amp;shy;gi&amp;shy;que à leurs préoc&amp;shy;cu&amp;shy;pa&amp;shy;tions que pour sacri&amp;shy;fier à l’air du temps. Elles res&amp;shy;tent le plus sou&amp;shy;vent arc-bou&amp;shy;tées sur les bien&amp;shy;faits sociaux, pour&amp;shy;tant désor&amp;shy;mais illu&amp;shy;soi&amp;shy;res, du pro&amp;shy;duc&amp;shy;ti&amp;shy;visme. Les orga&amp;shy;ni&amp;shy;sa&amp;shy;tions à domi&amp;shy;nante éco&amp;shy;lo&amp;shy;gi&amp;shy;que n’appré&amp;shy;hen&amp;shy;dent qu’en par&amp;shy;tie la crise sociale. Avez-vous déjà entendu Daniel Cohn-Ben&amp;shy;dit par&amp;shy;ler de la souf&amp;shy;france au tra&amp;shy;vail&amp;#160;? À ce jeu-là cha&amp;shy;cun garde son pré carré iden&amp;shy;ti&amp;shy;taire, gage d’un élec&amp;shy;to&amp;shy;rat fidèle non exten&amp;shy;si&amp;shy;ble. C’est donc ailleurs, en marge de la vie poli&amp;shy;ti&amp;shy;que tra&amp;shy;di&amp;shy;tion&amp;shy;nelle, que se cons&amp;shy;truit un nou&amp;shy;veau champ poli&amp;shy;ti&amp;shy;que qui n’ose pas tou&amp;shy;jours avouer son nom à cause du dis&amp;shy;cré&amp;shy;dit dont est atteint la «&amp;#160;vraie&amp;#160;» poli&amp;shy;ti&amp;shy;que. Par&amp;shy;tout nais&amp;shy;sent et se déve&amp;shy;lop&amp;shy;pent des alter&amp;shy;na&amp;shy;ti&amp;shy;ves bâties par des citoyens pre&amp;shy;nant en main leur des&amp;shy;ti&amp;shy;née. Du for&amp;shy;mi&amp;shy;da&amp;shy;ble déve&amp;shy;lop&amp;shy;pe&amp;shy;ment des cir&amp;shy;cuits courts ali&amp;shy;men&amp;shy;tai&amp;shy;res au renou&amp;shy;veau des Socié&amp;shy;tés coo&amp;shy;pé&amp;shy;ra&amp;shy;ti&amp;shy;ves ouvriè&amp;shy;res de pro&amp;shy;duc&amp;shy;tion (SCOP), con&amp;shy;som&amp;shy;ma&amp;shy;teurs et pro&amp;shy;duc&amp;shy;teurs au vrai sens du terme réin&amp;shy;ven&amp;shy;tent le poli&amp;shy;ti&amp;shy;que en ins&amp;shy;cri&amp;shy;vant l’acte de con&amp;shy;som&amp;shy;mer et l’acte de pro&amp;shy;duire dans une démar&amp;shy;che clai&amp;shy;re&amp;shy;ment poli&amp;shy;ti&amp;shy;que de dénon&amp;shy;cia&amp;shy;tion de l’ordre éco&amp;shy;no&amp;shy;mi&amp;shy;que exis&amp;shy;tant. Là est l’ave&amp;shy;nir, car là s’éta&amp;shy;blit la néces&amp;shy;saire jonc&amp;shy;tion du social et de l’éco&amp;shy;lo&amp;shy;gi&amp;shy;que. Les pro&amp;shy;fes&amp;shy;sion&amp;shy;nels de la poli&amp;shy;ti&amp;shy;que com&amp;shy;pren&amp;shy;dront-ils cet impé&amp;shy;ra&amp;shy;tif avant la pro&amp;shy;chaine&amp;#160;?&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Un voile jeté sur la laïcité</title>
    <link>http://www.netoyens.info/index.php/contrib/04/02/2010/Un-voile-jet%C3%A9-sur-la-la%C3%AFcit%C3%A9</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:0a6542c9962dc59b4789e531a19f27bd</guid>
    <pubDate>Thursday  4 February 2010</pubDate>
    <dc:creator>Anne Flambard</dc:creator>
        <category>Édito</category>
        <category>Féminisme</category><category>NPA</category><category>Religion</category>    
    <description>&lt;p&gt;Dans une société&amp;nbsp; rêvée, sans hié&amp;shy;rar&amp;shy;chisme d&amp;#8217;aucune sorte, donc sans
capi&amp;shy;ta&amp;shy;lisme ni patriar&amp;shy;cat si inti&amp;shy;me&amp;shy;ment mêlés, sans reli&amp;shy;gion, nous
pour&amp;shy;rions sans sou&amp;shy;cis nous mon&amp;shy;trer nu(e)s ou tota&amp;shy;le&amp;shy;ment dis&amp;shy;si&amp;shy;mulé(e)s
cela n&amp;#8217;aurait aucune con&amp;shy;sé&amp;shy;quence, ni d&amp;#8217;impor&amp;shy;tance, autre que d’attra&amp;shy;per
froid, chaud ou un coup de soleil sui&amp;shy;vant le temps.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Les codes ves&amp;shy;ti&amp;shy;men&amp;shy;tai&amp;shy;res n’étant que les sym&amp;shy;bo&amp;shy;les des grou&amp;shy;pes, de leurs prin&amp;shy;ci&amp;shy;pes, morale, tra&amp;shy;di&amp;shy;tions, habi&amp;shy;tu&amp;shy;des. Ils ne ser&amp;shy;vent qu’à nous dif&amp;shy;fé&amp;shy;ren&amp;shy;cier les uns des autres et par là même à mieux nous sépa&amp;shy;rer, nous divi&amp;shy;ser, nous gou&amp;shy;ver&amp;shy;ner, nous mani&amp;shy;pu&amp;shy;ler&amp;#160;; l’autre, le dif&amp;shy;fé&amp;shy;rent dési&amp;shy;gné comme ennemi poten&amp;shy;tiel, moins humain que notre groupe, bar&amp;shy;bare, esclave, femme…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous subis&amp;shy;sons ces divi&amp;shy;sions car nous vivons sous le joug de hié&amp;shy;rar&amp;shy;chis&amp;shy;mes puis&amp;shy;sants où les &lt;em&gt;plus forts&lt;/em&gt; s&amp;#8217;impo&amp;shy;sent aux autres, où ils divi&amp;shy;sent pour mieux régner, riches con&amp;shy;tre pau&amp;shy;vres, reli&amp;shy;gion con&amp;shy;tre reli&amp;shy;gion, classe con&amp;shy;tre classe et plus grave que tout, puis&amp;shy;que ça tra&amp;shy;verse tous les milieux, hom&amp;shy;mes con&amp;shy;tre fem&amp;shy;mes, ils sont les grands gagnants&amp;nbsp;et, com&amp;shy;ble de notre alié&amp;shy;na&amp;shy;tion, nous ne la voyons même plus&amp;#160;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le NPA se tar&amp;shy;gue de lut&amp;shy;ter con&amp;shy;tre le capi&amp;shy;ta&amp;shy;lisme, pour&amp;shy;quoi pas, &lt;a href=&quot;http://www.netoyens.info/index.php/post/07/10/2008/Relance-PA-PN-la-mission-du-NPA&quot;&gt;encore que ça pour&amp;shy;rait se dis&amp;shy;cu&amp;shy;ter&lt;/a&gt;, mais là n’est pas le pro&amp;shy;pos. Se dire fémi&amp;shy;niste, sans se con&amp;shy;ten&amp;shy;ter d’ajou&amp;shy;ter fémi&amp;shy;nisme à son «&amp;#160;cata&amp;shy;lo&amp;shy;gue&amp;#160;» c’est aussi lut&amp;shy;ter con&amp;shy;tre le patriar&amp;shy;cat. Pré&amp;shy;sen&amp;shy;ter une jeune femme d’obé&amp;shy;dience musul&amp;shy;mane ne pose aucun souci, nous som&amp;shy;mes dans un pays laïc, juste qu’il n’y a pas lieu d’affi&amp;shy;cher sa reli&amp;shy;gion; voi&amp;shy;lée c’est encore autre chose, c’est une atta&amp;shy;que con&amp;shy;tre tou&amp;shy;tes les fem&amp;shy;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laï&amp;shy;cité ne signi&amp;shy;fie ni sans reli&amp;shy;gion, ni impo&amp;shy;ser l’athéisme, mais de per&amp;shy;met&amp;shy;tre à cha&amp;shy;cun(e) de vivre sa foi libre&amp;shy;ment sans faire de pro&amp;shy;sé&amp;shy;ly&amp;shy;tisme. &lt;br /&gt;Je suis outrée quand un pré&amp;shy;si&amp;shy;dent de la Répu&amp;shy;bli&amp;shy;que se signe devant les camé&amp;shy;ras, ce geste est déplacé dans un État laïc,&amp;nbsp;qui plus est et plus rare, séparé de l&amp;#8217;Église. Il n’y a pas à faire état de ses croyan&amp;shy;ces dans le débat public, c’est la solu&amp;shy;tion actuel&amp;shy;le&amp;shy;ment pro&amp;shy;po&amp;shy;sée pour pou&amp;shy;voir vivre ensem&amp;shy;ble. Or, quoi de plus public qu&amp;#8217;une élec&amp;shy;tion? &lt;br /&gt;Les élu(e)s et/ou can&amp;shy;di&amp;shy;dat(e)s se doi&amp;shy;vent d’être les garant(e)s de ce res&amp;shy;pect de la laï&amp;shy;cité et des droits fon&amp;shy;da&amp;shy;men&amp;shy;taux dont fait par&amp;shy;tie, dans notre pays, l’éga&amp;shy;lité de droits entre fem&amp;shy;mes et hom&amp;shy;mes. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces hié&amp;shy;rar&amp;shy;chis&amp;shy;mes nous sont impo&amp;shy;sés, tou&amp;shy;jours grâce à dif&amp;shy;fé&amp;shy;ren&amp;shy;tes for&amp;shy;mes de coer&amp;shy;ci&amp;shy;tions. Qu’y a-t-il de plus coer&amp;shy;ci&amp;shy;tif que le voile du dogme jeté sur la bru&amp;shy;ta&amp;shy;lité des rela&amp;shy;tions socia&amp;shy;les&amp;#160;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s’agit pas que d’un sym&amp;shy;bole reli&amp;shy;gieux, ce qui déjà est déplacé lors d’une élec&amp;shy;tion dans un état laïc, il s’agit d’une insulte faite aux fem&amp;shy;mes à tou&amp;shy;tes les fem&amp;shy;mes mais aussi aux hom&amp;shy;mes.&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Insulte car encore une fois plus dési&amp;shy;gnées comme objet de désir, que comme humai&amp;shy;nes com&amp;shy;po&amp;shy;sant la moi&amp;shy;tié de l’huma&amp;shy;nité.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Insulte car pré&amp;shy;su&amp;shy;mées cou&amp;shy;pa&amp;shy;bles d’être ce que nous som&amp;shy;mes. &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Insulte car ce voile nous relè&amp;shy;gue tou&amp;shy;jours à une con&amp;shy;di&amp;shy;tion de sous huma&amp;shy;nité. &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Insulte faite aux hom&amp;shy;mes ainsi con&amp;shy;si&amp;shy;dé&amp;shy;rés comme escla&amp;shy;ves de leurs pul&amp;shy;sions.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Insulte, car c’est faire bien peu de cas de la vie de mil&amp;shy;lions de fem&amp;shy;mes qui par&amp;shy;tout dans le monde se voit impo&amp;shy;ser ces lois patriar&amp;shy;ca&amp;shy;les par la force et qui lut&amp;shy;tent pour leur liberté, sou&amp;shy;vent au prix de leur vie&amp;#160;! &lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Les reli&amp;shy;gions ont tou&amp;shy;jours per&amp;shy;mis aux hié&amp;shy;rar&amp;shy;chis&amp;shy;mes comme au patriar&amp;shy;cat et au capi&amp;shy;ta&amp;shy;lisme de main&amp;shy;te&amp;shy;nir leur ordre à moin&amp;shy;dre coût. Le voile est plus qu&amp;#8217;un sym&amp;shy;bole reli&amp;shy;gieux. Il est le sym&amp;shy;bole de l&amp;#8217;oppres&amp;shy;sion des fem&amp;shy;mes, &lt;em&gt;impu&amp;shy;res&lt;/em&gt; à jamais. Il est la menace qui pèse sur nous tou&amp;shy;tes, nous rabais&amp;shy;sant que nous le por&amp;shy;tions ou pas.&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Avec&amp;#160;: comme objet à dis&amp;shy;si&amp;shy;mu&amp;shy;ler, à pro&amp;shy;té&amp;shy;ger de la con&amp;shy;cu&amp;shy;pis&amp;shy;cence des hom&amp;shy;mes.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Sans&amp;#160;: comme pro&amp;shy;vo&amp;shy;ca&amp;shy;tri&amp;shy;ces donc con&amp;shy;som&amp;shy;ma&amp;shy;bles.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Dans tous les cas, pri&amp;shy;son&amp;shy;niè&amp;shy;res de désirs qui ne sont pas les
nôtres, dépos&amp;shy;sé&amp;shy;dées de nos corps qui ne peu&amp;shy;vent nous appar&amp;shy;te&amp;shy;nir et dont
nous ne pou&amp;shy;vons dis&amp;shy;po&amp;shy;ser libre&amp;shy;ment dans ces con&amp;shy;di&amp;shy;tions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trots&amp;shy;kys&amp;shy;tes&amp;#160;!&amp;#8230; auriez-vous perdu votre âme&amp;#160;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Défen&amp;shy;dre le
pro&amp;shy;sé&amp;shy;ly&amp;shy;tisme clé&amp;shy;ri&amp;shy;cal au nom de la liberté de s&amp;#8217;habiller, c’est comme
défen&amp;shy;dre le droit d&amp;#8217;exploi&amp;shy;ter au nom d&amp;#8217;une Pari&amp;shy;sot pour cent patrons
mâles&amp;#160;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Auriez-vous pré&amp;shy;senté une nonne&amp;#160;? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Même porté par une femme, un
sym&amp;shy;bole reli&amp;shy;gieux reste sym&amp;shy;bole de trop nom&amp;shy;breux siè&amp;shy;cles
d&amp;#8217;obs&amp;shy;cu&amp;shy;ran&amp;shy;tis&amp;shy;mes théo&amp;shy;cra&amp;shy;ti&amp;shy;ques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on peut être &amp;#8220;fémi&amp;shy;niste, laï&amp;shy;que et voi&amp;shy;lée&amp;#8221; c’est à s’inter&amp;shy;ro&amp;shy;ger
si on peut encore être trots&amp;shy;kyste et sérieux&amp;#8230; &lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
</channel>
</rss>