Il tra­vaillait dans le bâti­ment, à l’épo­que, sans pro­tec­tion, tombé gra­ve­ment malade il décè­dera à l’âge de 43 ans (les pou­mons)… La vie con­ti­nue dans la dou­leur, je ne suis pas né sous une bonne étoile, mes fils sont grands et je suis seule avec ma fille.

Je vais per­dre à la même épo­que ma mère repar­tie en Polo­gne.

Quel­ques années plus tard, bien­tôt quin­qua­gé­naire, je vais ren­con­trer un homme, nous nous marions pour ne pas finir seuls l’un et l’autre, plus de ten­dresse que d’amour.
Une vie nor­male, pour une fois ! Banale et clas­si­que… Je deviens assis­tante mater­nelle, je vais éle­ver une tren­taine d’enfants de l’assis­tance publi­que pour le Compte de la DDASS du Val d’Oise.

1988 mon mari tombe malade : Alz­hei­mer, ten­sion et dia­bète, dix années avant sa libé­ra­tion défi­ni­tive où avec le der­nier enfant resté en notre com­pa­gnie, nous avons gérés les hauts et les bas de ses patho­lo­gies, à cette période (1988) la mala­die d’Alz­hei­mer n’était pas encore bien cana­li­sée et con­nue… D’hos­pi­ta­li­sa­tions mul­ti­ples aux pro­blè­mes de fui­tes, de per­tes de con­nais­san­ces… Nous étions deve­nus ces infir­miers… 1998 il nous quitte.

1993 dans l’inter­valle de notre vie com­pli­quée, ma fille décède à l’âge de 34 ans d’une embo­lie pul­mo­nai­re  à la suite d’une inter­ven­tion béni­gne de la jambe…

De 2000 à aujourd’hui mon pre­mier fils, lui aussi est décédé, il avait à peine 50 ans et l’a suivi son père, mon pre­mier mari.
Je vous passe tant de détails, mais les gros­ses lignes, les plus lour­des sont là !!!
Lors de la période de mala­die de mon der­nier mari il m’a fal­lut faire face à de nom­breu­ses dif­fi­cul­tés finan­ciè­res, nous avions con­trac­tés des cré­dits pour payer de lourds frais médi­caux non recon­nus pour mon mari malade, payer notre lourd loyer, nous n’avions pas le droit à un loge­ment social.

C’est à la com­mis­sion de suren­det­te­ment de la ban­que de France à laquelle j’ai fais appel il y a 3 ans, à la suite de l’étude du dos­sier, mise en place d’un mora­toire de 36 mois, ce der­nier vient d’arri­ver à terme.
Le dos­sier est donc en ce moment en ré étude,  mes det­tes se mon­tent à hau­teur d’envi­ron 15.000 euros.
J’addi­tionne à nou­veau des det­tes incroya­bles, puis­que je ne peux plus rien payer du tout :
   1. Mon loyer
   2. Ma Mutuelle
   3. Mes assu­ran­ces

Je suis non impo­sa­ble, avec le peu que je gagne, en payant ce que je dois cou­ram­ment, je ne peux déjà à peine me nour­rir alors avec rien, j’addi­tionne de nou­vel­les det­tes et la famine est reve­nue dans ma vie en 2008 à l’âge de 83 ans.
A mon âge, là pour une fois je n’ai pas où plus la force de lut­ter.
Je ne pars jamais en vacan­ces, je ne peux jamais me faire un petit plai­sir… en me ser­rant la cein­ture je sur­vie et la on m’achève.
J’avais besoin d’un lit et c’est mon der­nier fils de cœur âgé de 32 ans qui me l’a offert, j’ai pleu­rée.

Mon­sieur, Madame, j’ai connu la guerre, les camps de tra­vaux for­cés en Alle­ma­gne, la faim déjà, le mal­heur… la honte d’être étran­gère en étant née en France.
J’ai été au ser­vice de l’état en étant Assis­tante mater­nelle…
Ici où là, les ser­vi­ces sociaux eux même m’ont humi­liés, en me don­nant des tickets repas de 4 euros pour aller dans le petit super­mar­ché de la ville, trai­tée comme un ani­mal, je suis aussi vic­time d’un racisme anti-vieux.

Je viens d’avoir 83 ans le 28 août der­nier, je suis dimi­nué par une chute faite en avril der­nier, je n’ai plus les moyens de vivre, j’avais juste besoin de le dire, le faire savoir.

Merci pour votre lec­ture.
Marie Hélène B