Frac­ture.
 
Entre deux mon­des écar­te­lée
L’océan comme une frac­ture
Mon cœur déchiré.
Pas pré­pa­rée, pas prête
Sur­prise d’être émue
Par un sou­rire, un regard
Par tant d’atten­tion rete­nue
De ten­dresse en retard.
Les années de brouillard
Ont déposé un voile gris
Pro­vi­den­tielle anes­thé­sie
Dres­sée face aux cau­che­mars
Pro­té­gée des idées noi­res
Immu­ni­sée, aveu­glée
Inca­pa­ble d’aper­ce­voir
A la lumière d’un été
L’étin­celle au fond des yeux
D’un homme cha­leu­reux
L’accueil récon­for­tant
De bras ami­caux ten­dus.
Bles­sée, je n’ai pas vu
Pas senti immé­dia­te­ment
Renaî­tre les sen­sa­tions oubliées
Déchi­rer le voile terne
Enve­lop­pant mes pen­sées
Qu’enfin je dis­cerne
A nou­veau le fris­son
Déli­cieu­se­ment exci­tant
Du désir nais­sant
Au plai­sir de l’aban­don.
Rejaillir la con­fiance
En des moments par­ta­gés
Refluer la méfiance
Envers l’autre ins­tal­lée
Prise au dépour­vue
Très fort, trop tard
Émo­tion sus­pen­due
Et déjà de l’avion le départ.