Les vac­cins ache­tés par la Minis­tre B [15] :

Labo­ra­toire
Vac­cin
Type
Adju­vants [17]
Nom­bre de doses com­man­dées
Novar­tis
Foce­tria
Mock-up H5N1 [18]
Anti­gè­nes de sur­face
MF59, Squa­lène (9,75 mg), Poly­sor­bate 80 (1,175 mg), Trio­leate de sor­bi­tane (1,175 mg)
16 mil­lions de doses
GlaxoS­mi­thK­line
Pan­dem­rix
Mock-up H5N1
virion frag­menté
AS03, Squa­lène (10,69 mg), DL-α-toco­phé­rol (11,86 mg) Poly­sor­bate 80 (4,86 mg)
50 mil­lions de doses
Bax­ter AG
Cel­va­pan
Mock-up H5N1
virion entier
sans
50 000 doses
Sanofi-Pas­teur
Humenza
virion frag­menté
(pas d’AMM avant fin 2009)
28 mil­lions de doses
Sanofi-Pas­teur
Panenza
virion frag­menté
sans (AMM annon­cée vers le 15 novem­bre 2009)

Ces vac­cins ont étés auto­ri­sés à la vente par la com­mis­sion euro­péenne le 29 sep­tem­bre et le 2 octo­bre 2009. Ils avaient étés com­man­dés au mois de juillet. “750 mil­lions d’euros ont étés con­sa­crés à l’achat des vac­cins. Leur prix uni­taire est varia­ble en fonc­tion des four­nis­seurs et s’éta­blit en moyenne à un peu moins de 8€ HT.”

Voici l’avis de la revue “Pres­crire” sur les 4 vac­cins ache­tés par la France [18] :

“Plu­sieurs vac­cins grip­paux mono­va­lents inac­ti­vés con­tre le virus H1N1v sont auto­ri­sés ou annon­cés d’ici la fin de l’année 2009. Ils dif­fè­rent sur plu­sieurs cri­tè­res, tels que : type de vac­cin (virus entier, frag­menté, ou à “sous-uni­tés”), pré­sence ou non d’adju­vant lipi­di­que (visant à ampli­fier la réponse immu­ni­taire et à aug­men­ter le ren­de­ment de pro­duc­tion), pré­sen­ta­tion uni­dose ou mul­ti­do­ses, con­ser­va­teur ou non. […] Une pré­sen­ta­tion uni­dose en serin­gue pré­rem­plie prête à l’emploi est pré­fé­ra­ble pour met­tre à l’abri d’une con­ta­mi­na­tion micro­bienne et des ris­ques liés à un con­ser­va­teur. En pra­ti­que, bien qu’encore par­cel­lai­res, les don­nées dis­po­ni­bles au 30 sep­tem­bre 2009 jus­ti­fient une vac­ci­na­tion des per­son­nes à ris­que élevé de com­pli­ca­tion grave de la grippe H1N1v, et aussi de cel­les qui les entou­rent et qui les soi­gnent. Plu­sieurs vac­cins sont pro­po­sés. Le vac­cin doit être choisi, selon les dis­po­ni­bi­li­tés, pour réduire au mini­mum les ris­ques d’effets indé­si­ra­bles, notam­ment chez les nour­ris­sons et les fem­mes encein­tes jugés à ris­que : c’est-à-dire de pré­fé­rence un vac­cin à virus frag­menté sans adju­vant.”

Fort bien … L’ennuyeux c’est que les vac­cins ache­tés par la minis­tre “B” ne sont PAS pro­po­sés en serin­gues pré­rem­plies prê­tes à l’emploi, et qu’aucun d’entre eux n’est à la fois à virus frag­menté et sans adju­vants. La revue “Pres­crire” recom­mande ainsi d’autres vac­cins que ceux com­man­dés par la minis­tre “B”, et un autre con­di­tion­ne­ment, plus sûr

Les mas­ques

Il en existe dif­fé­rents types : les mas­ques anti-pro­jec­tions, dits “chi­rur­gi­caux”, qui lais­sent pas­ser les virus, et les mas­ques de pro­tec­tion de type FFP2 et FFP3, qui peu­vent pro­té­ger des virus [19]. L’INRS indi­que tou­te­fois qu’un mas­que FFP2 mal ajusté ou mal uti­lisé ne pro­tège pas plus qu’un mas­que anti-pro­jec­tions. En rai­son de leur fil­tra­tion plus fines, ces mas­ques sont incon­for­ta­bles s’ils ne sont pas munis d’une sou­pape.

Dans tous les cas, ils doi­vent être chan­gés sou­vent, car ils peu­vent deve­nir un vec­teur de con­ta­mi­na­tion lorsqu’ils ont été con­ta­mi­nés par le virus. Les sim­ples mas­ques anti-pro­jec­tions, en par­ti­cu­lier, sont tra­ver­sés par l’humi­dité et les virus. Tous les mas­ques doi­vent être chan­gés tou­tes les 4 heu­res ou dès que l’on a toussé ou éter­nué dedans. Le site www.infir­miers.com publie un docu­ment illus­trés de pho­tos pour mon­trer leur bon usage. Mais même dans le cas idéal, un mas­que appli­qué sur le visage n’est pas un sca­phan­dre : il y a des fui­tes.

Bref, mal­gré les cen­tai­nes de mil­lions de mas­ques ache­tés par les pou­voirs publics et les entre­pri­ses, il sem­ble donc très peu pro­ba­ble que ces mas­ques soient tous uti­li­sés dans les con­di­tions stric­tes où ils peu­vent ser­vir, lues dans leurs noti­ces …

Cer­tains mas­ques seront mal uti­li­sés par man­que d’habi­tude, d’autres por­tés trop long­temps et d’autres encore jetés “n’importe où” avec leur charge virale.

Enfin, rap­pe­lons-le, le gou­ver­ne­ment sar­ko­zyste a fait pas­ser un décret inter­di­sant de por­ter un mas­que … aux mani­fes­tants ! Or, nous étions tout de même plus de 3 200 000 le 19 mars 2009 … Fau­drait savoir, bri­ga­dier !

Les gels hydro-alcoo­li­ques

Avec cette pan­dé­mie est apparu cette année un nou­veau pro­duit de con­som­ma­tion “in-dis-pen-sa-ble” : les solu­tions et les gels hydro-alcoo­li­ques. Les stra­tè­ges du mar­ke­ting nous avaient déjà fait un coup de ce genre pour Hal­lo­ween : four­guer un truc qui ne sert à rien et ses pro­duits déri­vés.

L’Afssaps recom­mande :

  • de tou­jours pri­vi­lé­gier la lavage des mains avec de l’eau et un savon, de ne réser­ver les gels et solu­tions hydro-alcoo­li­ques que dans les cas où aucun point d’eau ne serait dis­po­ni­ble; 
  • de ne pas uti­li­ser les gels hydro-alcoo­li­ques chez les enfants : le lavage des mains au savon liquide avec la pré­sence d’un adulte reste la meilleure solu­tion.

Bref, pour les gens qui se lavent les mains avec de l’eau et du savon, les auto­ri­tés recom­man­dent de ne sur­tout rien chan­ger : les gad­gets hydro-alcoo­li­ques sont à réser­ver aux adul­tes sou­vent éloi­gnées d’un point d’eau.

Il existe peut-être tout de même une cible pour ces pro­duits ? Ce sont les hom­mes poli­ti­ques qui trem­pent leurs pat­tes dans les billets de ban­que [20] et pas­sent ensuite des jour­nées à ser­rer des lou­ches sans jamais se laver les mains …

Les anti­vi­raux

Pen­dant long­temps, le corps médi­cal était un peu impuis­sant et disait qu’une grippe mal soi­gnée dure une semaine, alors qu’une grippe bien soi­gnée ne dure pas plus de huit jours …

Et puis sont appa­rus de nou­vel­les famil­les de médi­ca­ments, des anti­vi­raux, qui sont effi­ca­ces con­tre les virus grip­paux en géné­ral et con­tre le A/H1N1 2009 en par­ti­cu­lier. Les avis sont par­ta­gés. Cer­tains spé­cia­lis­tes pen­sent que c’est le moment ou jamais de s’en ser­vir, d’autres pen­sent qu’il vaut mieux les réser­ver pour lut­ter con­tre des virus encore plus dan­ge­reux. D’autres encore expri­ment des dou­tes sur leur effi­ca­cité.

La France en pos­sède des stocks impor­tants, ache­tés en pré­vi­sion d’une vaste pan­dé­mie de grippe “aviaire” H5N1. Il existe une date limite à leur uti­li­sa­tion.

L’Orga­ni­sa­tion Mon­diale de la Santé les recom­mande sans réserve dans les cas gra­ves, et insiste sur l’impor­tance de les pres­crire tôt, “de pré­fé­rence dans les 48 heu­res sui­vant l’appa­ri­tion des symp­tô­mes”, car celà “amé­liore l’issue cli­ni­que” [21]. “Les don­nées exa­mi­nées par les experts indi­quent que, pres­crit à bon escient, l’osel­ta­mi­vir peut réduire sen­si­ble­ment le ris­que de pneu­mo­nie (une des pre­miè­res cau­ses de décès pour la grippe pan­dé­mi­que comme sai­son­nière) et la néces­sité d’hos­pi­ta­li­ser.”

L’ose­tal­mi­vir a été déve­loppé un peu avant 1996 par Gilead Scien­ces [22] qui pos­sède le bre­vet et vend la molé­cule (pour 50 mil­lions de dol­lars et 10 % du chif­fre d’affai­res) au groupe suisse Hoff­man La Roche qui pos­sède la licence exclu­sive sous la mar­que com­mer­ciale Tami­flu.

La Minis­tre B

La minis­tre “B” avait tout prévu (“Ah bon ?”). Elle a com­mandé dès juillet 94 mil­lions de doses de vac­cins et des cen­tai­nes de mil­lions de mas­ques. Elle a ser­monné les pré­fets et mis les ser­vi­ces de l’Etat en alerte : ils ont étés som­més de recen­ser les moyens funé­rai­res dépar­te­ment par dépar­te­ment et d’orga­ni­ser un plan d’urgence pour pou­voir enter­rer ou inci­né­rer vite et bien. Un mil­liard et demi d’euros auraient déjà été enga­gés, au total, dans le plan de lutte con­tre la grippe “A”.

On peut com­pren­dre, après la vache folle et le sang con­ta­miné, que la minis­tre “B” n’ait cette fois pas voulu pren­dre de ris­que, sur­tout après le facheux pré­cé­dent d’un de ses pré­dé­ces­seurs qui avait eu un mal fou à essayer de met­tre sur le dos du soleil une sur­mor­ta­lité de 70% en 15 jours liée au déla­bre­ment de notre sys­tème de santé, en 2003.

Mais c’est jus­te­ment là où le bât blesse : notre sys­tème de santé, pri­va­tisé et déman­telé par pans entiers, n’a depuis long­temps déjà plus de mar­ges de manoeu­vre, il fonc­tionne “à flux ten­dus”. La moin­dre péca­dille suf­fit désor­mais à engor­ger les ser­vi­ces d’urgence. Les “patients” patien­tent de lon­gues heu­res, en souf­frant. Quand ils sur­vi­vent ! Dans l’Ain, une femme est morte faute de soin, le 28 sep­tem­bre 2009, après avoir poi­reauté trois heu­res aux urgen­ces. “C’était une sage-femme retrai­tée, qui avait par­fai­te­ment diag­nos­ti­qué qu’elle souf­frait d’un infarc­tus”, dit son mari qui l’avait con­duite aux urgen­ces, et qui “s’étonne que son épouse ait été lais­sée sur un bran­card pen­dant deux ou trois heu­res avant que quelqu’un ne vienne s’occu­per d’elle. Trop tard”.

De même, si la grippe “A” tue peu, elle entraîne quel­ques rares cas gra­ves, et pour cer­tains mor­tels. Selon un repor­tage télé­visé, hier (11/11/2009), il n’y aurait qu’une tren­taine de pla­ces de réa­ni­ma­tion avec res­pi­ra­tion extra-cor­po­relle pour toute la France !!! Et déjà (selon le site du gou­ver­ne­ment) “31 patients pré­sen­tant un syn­drome de détresse res­pi­ra­toire aiguë”. Dom­mage pour le trente-et-unième …

En fait, si les labo­ra­toi­res phar­ma­ceu­ti­ques, les fabri­cants de mas­ques et les “hydro-alcoo­lo­gues” peu­vent remer­cier la minis­tre, les hôpi­taux et la méde­cine en zones défa­vo­ri­sées (ban­lieues et cam­pa­gnes) sont les grands per­dants du plan à “B”. En zones urbai­nes, où les grands hôpi­taux sont déjà “à flux ten­dus”, une meilleure qua­lité de soins sera pos­si­ble de manière dras­ti­que­ment limi­tée par les res­sour­ces dis­po­ni­bles : 30 res­pi­ra­teurs extra-cor­po­rels pour toute la France, pour déjà 31 patients en détresse res­pi­ra­toire aigüe.

C’est LE gros ris­que qui menace les per­son­nes vic­ti­mes des for­mes gra­ves de la grippe “A” : cre­ver à l’hôpi­tal faute de maté­riels, ou même aux urgen­ces faute d’avoir pu ren­trer. Et con­tre ce ris­que-là, la minis­tre “B” n’a pas fait grand chose : dès la semaine der­nière, les médias ont rap­por­tés que les ser­vi­ces d’urgence satu­raient déjà.

Il faut dire que ce gou­ver­ne­ment détruit métho­di­que­ment tout ce qui peut encore res­sem­bler de près ou de loin à un ser­vice public, y com­pris les ser­vi­ces publics de santé. Sur­tout à la cam­pa­gne, et en ban­lieues.

Der­nier “détail” piquant. La minis­tre “B”, doc­teure en phar­ma­cie, a tra­vaillé au moins 20 ans pour l’indus­trie phar­ma­ceu­ti­que en qua­lité de visi­teuse médi­cale puis de char­gée des rela­tions publi­ques.

Plan T !

Le pré­si­dent du CA de l’AP-HP (Hôpi­taux de Paris) dénonce “le bide” de la cam­pa­gne de vac­ci­na­tion. Il juge “tout à fait préoc­cu­pant” ce rejet de la vac­ci­na­tion et demande la créa­tion d’une mis­sion par­le­men­taire à ce sujet. Cette cam­pa­gne se passe “dans un cli­mat détes­ta­ble”, estime t-il, citant “l’absence de trans­pa­rence de l’infor­ma­tion, des mala­dres­ses dans la com­mu­ni­ca­tion et donc une méfiance de la popu­la­tion”. Il rap­pelle qu’il dénon­çait depuis plu­sieurs mois “le mythe d’une cam­pa­gne de vac­ci­na­tion géné­rale”, “très lourde et peu cré­di­ble”. “Le béné­fice/ris­que de cette vac­ci­na­tion n’est tou­jours pas avéré pour le tout venant”, sou­li­gne t-il. Il défend en revan­che une poli­ti­que vac­ci­nale “rai­son­na­ble”, ciblée vers les per­son­nes les plus expo­sées, tels les per­son­nels médi­caux, et les plus fra­gi­les, comme les fem­mes encein­tes, les gens ayant une mala­die car­dio-pul­mo­naire, les dia­bé­ti­ques, les enfants … Sou­li­gnant que la cam­pa­gne vac­ci­nale était actuel­le­ment “un gigan­tes­que bide”, il se dit “inquiet de la sous-vac­ci­na­tion” des gens les plus con­cer­nés, esti­mant que ce rejet est “tout à fait préoc­cu­pant” et “dan­ge­reux pour la santé publi­que”. Pour lui, le gou­ver­ne­ment devrait “chan­ger de com­mu­ni­ca­tion, ins­tau­rer un vrai dia­lo­gue avec les Fran­çais et four­nir toute la trans­pa­rence dans l’infor­ma­tion”.

Bref, c’est désor­mais clair, le virus est là, les citoyens ne font aucune con­fiance à ce gou­ver­ne­ment : ils l’ont pris en grippe, et le plan Bache­lot est planté !

Enfin, pas pour tous le monde : les cours bour­siers des labo­ra­toi­res con­cer­nés se por­tent bien, merci. En fait, les bour­ses qui plon­geaient inexo­ra­ble­ment depuis mi-2007 ont cessé de plon­ger, et sont repar­ties à la hausse, à par­tir du 9 mars 2009.

Et encore : “on ne nous dit pas tout” ….

revol­tes.net, Minga, 2009



Notes

[15] Minis­tère de la Santé Les vac­cins : ques­tions-répon­ses - 20 octo­bre 2009

[16] AFSSAPS Fiche vac­cins - Vac­cins béné­fi­ciant d’une opi­nion favo­ra­ble du CHMP : PAN­DEM­RIX, FOCE­TRIA et CEL­VA­PAN

[17] Mock-up H5N1 : “vac­cins-maquet­tes” déve­lop­pés à par­tir de tra­vaux anté­rieurs sur un vac­cin con­tre le virus H5N1 et modi­fiés pour le virus H1N1

[18] Vac­cins grip­paux H1N1v (Cel­va­pan°, Foce­tria°, Pan­dem­rix°, Panen­za°) : l’avis de la revue “Pres­crire”

[19] INRS Ques­tions-répon­ses sur la pan­dé­mie grip­pale

[20] Influenza virus is infec­tious for days on bank­no­tes : le virus reste infec­tieux pen­dant des jours sur des billets de ban­que.

[21] OMS : Usage recom­mandé pour les anti­vi­raux

[22] Gilead Scien­ces est l’entre­prise qui a créé le “Tami­flu”.  Elle compte parmi ses action­nai­res et anciens Chair­man… Donald Rum­sfeld.