Une femme sur dix de 20 à 59 ans a subi des vio­len­ces de la part de son com­pa­gnon.
Une femme en meurt tous les deux jours en France.
Ici, main­te­nant, en France : hors ménage
260000 fem­mes vic­ti­mes de vio­len­ces sexuel­les dont 130000 ont été vio­lées.


Les vio­len­ces con­ju­ga­les ont causé en 2007 la mort de 166 fem­mes en France, soit près d’une vic­time tous les deux jours. En 2005 ou 2006, en France, 65 000 fem­mes et fillet­tes ont été muti­lées ou mena­cées de l’être, et 410 000 fem­mes ont déclaré avoir été vic­ti­mes de vio­len­ces de la part d’un con­joint ou d’un ex-con­joint. Hors ménage, ce sont 260 000 fem­mes qui ont été vic­ti­mes de vio­len­ces sexuel­les en 2005 ou 2006, dont 130 000 d’un viol, chif­fre extrait d’un rap­port de l’Obser­va­toire natio­nal de la délin­quance (OND).

Pou­voir, car il s’agit bien de pou­voir, du pou­voir qu’une per­sonne veut pren­dre sur une autre, du déni de l’autre devant se con­for­mer à ses désirs, volon­tés, fan­tas­mes ; du pou­voir de domi­ner, de sou­met­tre pour mieux s’appro­prier.
C’est le ” droit du plus fort” droit qu’exer­cent majo­ri­tai­re­ment les hom­mes sur les fem­mes, leur refu­sant le droit d’exis­ter par elles-mêmes, d’être libres même aiman­tes, d’être auto­no­mes, majeu­res et res­pon­sa­bles de leurs choix, de leur vie, d’être tout sim­ple­ment humai­nes.

Com­ment se con­si­dé­rer comme humaine quand un autre a droit de vie et de mort sur vous, quand l’autre décide à votre place de vos acti­vi­tés, de vos ren­con­tres, de vos ami­tiés, de votre emploi du temps ; quand déro­ger à sa règle, une règle du moment pul­sion­nelle, arbi­traire, injuste qui vous atteint le plus sou­vent par sur­prise, fait peser sur vous la peur des insul­tes, des humi­lia­tions, des coups, du viol, de la mort.

Com­ment se con­si­dé­rer comme humaine quand les hom­mes qui vivent à nos côtés ne nous con­çoi­vent pas ainsi, on n’inflige pas de tels trai­te­ments à son égale, on ne s’empare pas, par la force de sa liberté la pla­çant dans la posi­tion de l’esclave sur laquelle le ” maî­tre ” a tous les droits, où nous ne som­mes rien d’autre que sa pro­priété, où nous ne nous appar­te­nons même plus à nous même.

Com­ment se con­si­dé­rer comme humaine au sein d’une société prô­nant l’assou­vis­se­ment immé­diat et à tout prix des désirs, de tous les désirs. Une société qui induit, tolère, favo­rise ces vio­len­ces sexis­tes, cette néga­tion de notre huma­nité. Quand notre corps est exposé, pla­cardé, comme n’importe quel objet con­som­ma­ble, ache­ta­ble, pre­na­ble. Tou­tes som­mes avant tout cou­pa­bles d’être femme ; que nous soyons voi­lées ou en mini jupe n’y change rien ; nous som­mes tou­jours ren­voyées à la con­di­tion d’objet de désir avant d’être con­si­dé­rées comme humai­nes, éga­les et libres.

Nous som­mes tou­tes des Chah­ra­zad, mais nous som­mes AUSSI tou­tes des Cathe­rine, des Anne, des Marie… Cel­les d’entre nous qui y ont laissé leur huma­nité, leur vie le savent bien, comme leurs bour­reaux, elles ne vivaient pas tou­tes dans de ” mau­vais ” quar­tiers, ne subis­saient pas tou­tes le joug d’une reli­gion ou d’une autre, n’étaient pas tou­tes pau­vres ni peu ins­trui­tes, n’étaient pas tou­tes issues d’un ” ailleurs ” déni­gré par igno­rance.

Ces­sons de tou­jours ren­voyer cette hor­reur à ceux dési­gnés d’office comme pire encore, pour mieux fer­mer les yeux sur nos tabous, nos “trous noirs ” ina­voua­bles.

NON ! Tou­tes les fem­mes, indif­fé­rem­ment de leur milieu de vie, de leur cul­ture, de leur tra­vail, de leur niveau d’ins­truc­tion, de leur auto­no­mie… sont expo­sées, ici, main­te­nant, en France… non-humai­nes parmi les (in?)humains.
    
Ni géné­ti­que, ni mala­die men­tale, ni décou­lant d’une  soi-disant ” loi natu­relle ” c’est toute notre société : Pou­voir social, moral et poli­ti­que, reli­gions, tra­di­tions,  édu­ca­tion, répar­ti­tion des tâches, con­som­ma­tion… qui porte la res­pon­sa­bi­lité de ce sexisme. Il n’est pas accep­ta­ble que les fem­mes se sen­tent mena­cées en per­ma­nence juste pour ce qu’elles sont : des fem­mes.

PS : l’agres­seur de Chah­ra­zad a été con­damné à 20 ans de pri­son, c’est jus­tice mais et tous les autres ? 


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