Cer­tes, des gens d’âge avancé, d’âge mûr, par­vien­nent par­fois à met­tre fin à leurs jours pour des rai­sons qui leur appar­tien­nent, comme André Gorz par exem­ple, parce que la vie ne cher­che plus qu’à s’éva­der, parce qu’elle ne vaut plus tout à fait d’être vécue, parce que l’être aimé n’est plus.

D’autres s’en remet­tent à l’entou­rage et aux cou­tu­mes. D’autres encore ne veu­lent rien en savoir et lais­sent faire le des­tin ou la fata­lité mépri­sant même par­fois les iné­ga­li­tés subies et les injus­ti­ces endu­rées. Fati­gués par trop de com­bats, ils font mine d’igno­rer la mor­gue des puis­sants.

Ceux-ci pas­se­ront de vie à tré­pas, de toute manière, bien qu’ils aient tout pour s’en défen­dre jusqu’à la der­nière absur­dité que leur donne la peur des autres et leur offre encore l’argent. Ceux-là, à tort ou à rai­son, s’en remet­tront et fina­le­ment con­sen­ti­ront sans le dire à ce qu’un gou­ver­ne­ment, à ce que la gou­ver­nance invi­si­ble, les tue déli­bé­ré­ment d’une manière ou d’une autre. De loin et par­fois de haut mais sur­tout par la sta­tis­ti­que puis par ce qui appa­raî­tra comme une négli­gence ou un acci­dent, tout aura été géré au moin­dre ris­que d’encou­rir la res­pon­sa­bi­lité et pour inter­dire la cul­pa­bi­lité.

Et c’est sur­tout, con­tre toute attente et tout prin­cipe - même cons­ti­tu­tion­nel - que l’incu­rie et l’impu­nité est désor­mais mise en oeu­vre comme le plus grand cir­que du monde doit faire mou­rir de rire, sans com­plexe aucun, sans aucune rete­nue, sans vigi­lance ni aucune pré­cau­tion.

Quelle dif­fé­rence fina­le­ment entre l’os qui étouffe, la cani­cule qui déshy­drate ou le vac­cin qui tue ? Elle est énorme. Elle se nomme la vie, le res­pect de la vie et de la dignité. “Mou­rir, la belle affaire !” disait mon­sieur Jac­ques Brel tout en posant le pro­blème là où la vieillesse demeure l’ultime dif­fi­culté. Elle peut, en effet, être plus ou moins dif­fi­cile à vivre cette vieillesse qui con­duit à l’iné­vi­ta­ble inu­ti­lité sociale d’ailleurs plus ou moins mar­quée socia­le­ment.

Mais, plus que ren­dre l’âme au milieu des siens, il est bien plus sinis­tre de finir seul et des­sé­ché sous les toits d’un immeu­ble pari­sien en plein cagnard esti­val et bien plus lugu­bre de périr noyé d’un œdème pul­mo­naire dans un cor­ri­dor d’hôpi­tal quasi désaf­fecté, par la cause d’un vac­cin qu’ont sait depuis le début plus mor­tel que le virus, ce virus bre­veté qui maraude encore plu­sieurs dizai­nes de morts plus tard dans cet ima­gi­naire pro­créé par M. Poli­tico et Mme Média­ti­que.

Ils ne man­quent pas d’air ces deux là pour vou­loir encore nous pren­dre jusqu’à l’ultime dignité.


Bonne vie ! Bonne vie à tous !