Les codes ves­ti­men­tai­res n’étant que les sym­bo­les des grou­pes, de leurs prin­ci­pes, morale, tra­di­tions, habi­tu­des. Ils ne ser­vent qu’à nous dif­fé­ren­cier les uns des autres et par là même à mieux nous sépa­rer, nous divi­ser, nous gou­ver­ner, nous mani­pu­ler ; l’autre, le dif­fé­rent dési­gné comme ennemi poten­tiel, moins humain que notre groupe, bar­bare, esclave, femme…

Nous subis­sons ces divi­sions car nous vivons sous le joug de hié­rar­chis­mes puis­sants où les plus forts s’impo­sent aux autres, où ils divi­sent pour mieux régner, riches con­tre pau­vres, reli­gion con­tre reli­gion, classe con­tre classe et plus grave que tout, puis­que ça tra­verse tous les milieux, hom­mes con­tre fem­mes, ils sont les grands gagnants et, com­ble de notre alié­na­tion, nous ne la voyons même plus !

Le NPA se tar­gue de lut­ter con­tre le capi­ta­lisme, pour­quoi pas, encore que ça pour­rait se dis­cu­ter, mais là n’est pas le pro­pos. Se dire fémi­niste, sans se con­ten­ter d’ajou­ter fémi­nisme à son « cata­lo­gue » c’est aussi lut­ter con­tre le patriar­cat. Pré­sen­ter une jeune femme d’obé­dience musul­mane ne pose aucun souci, nous som­mes dans un pays laïc, juste qu’il n’y a pas lieu d’affi­cher sa reli­gion; voi­lée c’est encore autre chose, c’est une atta­que con­tre tou­tes les fem­mes.

Laï­cité ne signi­fie ni sans reli­gion, ni impo­ser l’athéisme, mais de per­met­tre à cha­cun(e) de vivre sa foi libre­ment sans faire de pro­sé­ly­tisme.
Je suis outrée quand un pré­si­dent de la Répu­bli­que se signe devant les camé­ras, ce geste est déplacé dans un État laïc, qui plus est et plus rare, séparé de l’Église. Il n’y a pas à faire état de ses croyan­ces dans le débat public, c’est la solu­tion actuel­le­ment pro­po­sée pour pou­voir vivre ensem­ble. Or, quoi de plus public qu’une élec­tion?
Les élu(e)s et/ou can­di­dat(e)s se doi­vent d’être les garant(e)s de ce res­pect de la laï­cité et des droits fon­da­men­taux dont fait par­tie, dans notre pays, l’éga­lité de droits entre fem­mes et hom­mes.

Ces hié­rar­chis­mes nous sont impo­sés, tou­jours grâce à dif­fé­ren­tes for­mes de coer­ci­tions. Qu’y a-t-il de plus coer­ci­tif que le voile du dogme jeté sur la bru­ta­lité des rela­tions socia­les ?

Il ne s’agit pas que d’un sym­bole reli­gieux, ce qui déjà est déplacé lors d’une élec­tion dans un état laïc, il s’agit d’une insulte faite aux fem­mes à tou­tes les fem­mes mais aussi aux hom­mes.

  • Insulte car encore une fois plus dési­gnées comme objet de désir, que comme humai­nes com­po­sant la moi­tié de l’huma­nité.
  • Insulte car pré­su­mées cou­pa­bles d’être ce que nous som­mes.
  • Insulte car ce voile nous relè­gue tou­jours à une con­di­tion de sous huma­nité.
  • Insulte faite aux hom­mes ainsi con­si­dé­rés comme escla­ves de leurs pul­sions.
  • Insulte, car c’est faire bien peu de cas de la vie de mil­lions de fem­mes qui par­tout dans le monde se voit impo­ser ces lois patriar­ca­les par la force et qui lut­tent pour leur liberté, sou­vent au prix de leur vie !

Les reli­gions ont tou­jours per­mis aux hié­rar­chis­mes comme au patriar­cat et au capi­ta­lisme de main­te­nir leur ordre à moin­dre coût. Le voile est plus qu’un sym­bole reli­gieux. Il est le sym­bole de l’oppres­sion des fem­mes, impu­res à jamais. Il est la menace qui pèse sur nous tou­tes, nous rabais­sant que nous le por­tions ou pas.

  • Avec : comme objet à dis­si­mu­ler, à pro­té­ger de la con­cu­pis­cence des hom­mes.
  • Sans : comme pro­vo­ca­tri­ces donc con­som­ma­bles.

Dans tous les cas, pri­son­niè­res de désirs qui ne sont pas les nôtres, dépos­sé­dées de nos corps qui ne peu­vent nous appar­te­nir et dont nous ne pou­vons dis­po­ser libre­ment dans ces con­di­tions.

Trots­kys­tes !… auriez-vous perdu votre âme ?

Défen­dre le pro­sé­ly­tisme clé­ri­cal au nom de la liberté de s’habiller, c’est comme défen­dre le droit d’exploi­ter au nom d’une Pari­sot pour cent patrons mâles !

Auriez-vous pré­senté une nonne ?

Même porté par une femme, un sym­bole reli­gieux reste sym­bole de trop nom­breux siè­cles d’obs­cu­ran­tis­mes théo­cra­ti­ques.

Si on peut être “fémi­niste, laï­que et voi­lée” c’est à s’inter­ro­ger si on peut encore être trots­kyste et sérieux…