Dans l’arène poli­ti­que, le pré­sumé gogo a sou­vent pra­ti­qué l’embar­dée, le virage à 90°, voire le tête-à-queue, dans le seul but d’avan­cer vers le pou­voir.

Je rends jus­tice à mes cama­ra­des de la gau­che radi­cale (NPA et FdeG) dont je ne par­tage pas le goût pour les aga­pes élec­to­ra­les mais dont je recon­nais la cons­tance en matière de dénon­cia­tion des dif­fé­rents trai­tés de l’Europe capi­ta­liste, auto­ri­taire, con­ser­va­trice et machiste.

A con­tra­rio, l’enga­ge­ment vis­cé­ral de l’émi­nence du Modem pour les Trai­tés euro­péens et pour les éco­les pri­vées n’a jamais varié.

Fran­çois Bay­rou, qu’on se le dise, adore l’Europe. L’Europe sociale bien sûr ! Sur­tout depuis qu’il a com­pris que pour pren­dre des élec­teurs au PS, il fal­lait affi­cher une cer­taine « mol­li­tude » dans sa pas­sion pour les dif­fé­rents trai­tés : Maas­tricht le verni, TCE le honni et Lis­bonne le déni…

Rap­pe­lons pour mémoire que Fran­çois Bay­rou fut un député euro­péen quasi absent de l’hémi­cy­cle stras­bour­geois, les Gui­gnols de l’Info se sont réga­lés, pen­dant des mois, à lis­ter les bon­nes rai­sons qu’il avan­çait pour ne pas y aller.

Fran­çois Bay­rou, qu’on se le dise, adore la Laï­cité. Sur­tout depuis un cer­tain 16 jan­vier 1994 ! Ce jour-là, plus d’un mil­lion de Fran­çais excé­dés des­cen­dent dans la rue pour le faire recu­ler sur l’igno­mi­nieux « amé­na­ge­ment » de la  loi Fal­loux.

Fran­çois Bay­rou, alors minis­tre de l’Edu­ca­tion natio­nale, venait de faire adop­ter, en cati­mini, pen­dant les vacan­ces de Noël, un amen­de­ment auto­ri­sant les col­lec­ti­vi­tés loca­les à sub­ven­tion­ner les éta­blis­se­ments pri­vés sous con­trat. 

Sous la  pres­sion de la rue, Bay­rou, le calo­tin, ne bou­gea point mais le Con­seil cons­ti­tu­tion­nel clô­tura le débat en décla­rant non con­forme à la cons­ti­tu­tion la dis­po­si­tion essen­tielle du texte : le prin­cipe d’éga­lité s’oppo­sant à ce que, dans cer­tai­nes com­mu­nes, cer­tains éta­blis­se­ments pri­vés puis­sent être dans une situa­tion plus favo­ra­ble que les éco­les publi­ques ou d’autres éco­les pri­vées.

Fran­çois Bay­rou adore les gueux. Dom­mage qu’en 2007, Edouard Fillias, pré­si­dent d’Alter­na­tive libé­rale, ait cru bon de le sou­te­nir eu égard à sa grande ouver­ture d’esprit façon Gor­bat­chev ! Ce n’est pas moi qui le dis, c’est Edouard. Quand on sait ce que recou­vre cette think tank ultra libé­rale, nous pou­vons rai­son­na­ble­ment nous inquié­ter de ce flirt entre gens du milieu, milieu de l’échi­quier poli­ti­que s’entend.

Sur son site, voici ce qu’Alter­na­tive libé­rale pro­pose pour réduire la dette sociale : « La retraite par répar­ti­tion est pro­fon­dé­ment iné­ga­li­taire en exi­geant la même durée de coti­sa­tion à des sala­riés à l’espé­rance de vie fort dif­fé­rente, en n’offrant aucun capi­tal aux héri­tiers et ne per­met­tant aucune modu­la­tion au cours de l’exis­tence. Alors qu’un jeune actif sou­hai­te­rait con­sa­crer natu­rel­le­ment l’équi­va­lent de cette con­tri­bu­tion for­cée au rem­bour­se­ment d’un cré­dit immo­bi­lier pour un pre­mier achat, il est con­traint de coti­ser lour­de­ment au sys­tème pour payer les retrai­tes en cours de ses aînés. »

Fran­çois Bay­rou adore la Pré­si­den­tielle. Il accu­mule bourde et lap­sus sur le thème : l’Europe c’est super mais vive­ment qu’on passe aux cho­ses sérieu­ses : les élec­tions natio­na­les. Son der­nier lap­sus en plein mee­ting euro­péiste a pro­vo­qué un ton­nerre d’applau­dis­se­ments. Ces par­ti­sans ont déjà un coup d’avance. Aux échecs, on appelle ça la prise en pas­sant. Les Euro­péen­nes, Bay­rou s’en fout. Il veut être pré­si­dent de la France.

“C’est un illu­miné, il pense que le doigt de Dieu l’a tou­ché lorsqu’il est né pour qu’il devienne un jour pré­si­dent de la Répu­bli­que”. De qui ces pro­pos incen­diai­res ? De Simone Veil, sa vieille copine qui le con­naît mieux que per­sonne.

Non, déci­dé­ment, Bay­rou n’est pas un plouc dans l’arène poli­ti­que, il pour­suit son che­min égo­tiste, égo­cen­tri­que et égoïste.

Le plus inquié­tant est qu’il fait le spec­ta­cle depuis que les par­tis de gau­che ont décidé de se bouf­fer entre eux. Son der­nier opus con­tre Sar­kozy inti­tulé « Abus de pou­voir » achève de le pré­sen­ter comme le défen­seur de la veuve et de l’orphe­lin. Veuve et orphe­lin de la gau­che per­due.

Bay­rou, le plouc de l’arène ? Non, plu­tôt un pur pro­duit du mar­ke­ting : l’inté­rieur ne vaut pas l’embal­lage et encore moins l’embal­le­ment.