Le Pion de fer copie la Dame de fer
- Article par Geneviève Confort-Sabathé
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Posted 投稿日: 土曜日 21 3月 2009, 06:00 - updated on 21/03/09 - Édito - パーマリンク
Juste après la manif du 29 janvier, Nicolas Sarkozy feignait de s’interroger sur son positionnement face au mouvement social. Le président, conscient de son impopularité, hésitait encore entre deux stratégies : le raidissement, façon Thatcher ou la retraite en rase campagne, façon Chirac-Juppé.
Cette fois, il a choisi. Avant de connaître l’ampleur exacte de la manifestation du 19 mars (trois millions quand même !), il a annoncé qu’il ne céderait sur rien, ni sur le bouclier fiscal, ni sur les heures supplémentaires, ni sur le coup de pouce au SMIC, ni sur les lois Pécresse (mort de l’université), Bachelot (mort de l’hôpital), Dati (mort de la justice des mineurs), Darcos (mort de l’école publique).
Le soir même, il a dépêché, sur TF1, François Fillon, le Premier ministre le plus mutique de l’histoire de la cinquième République. Il n’avait rien à dire, Fillon, que nous ne sussions déjà. La révolution ultra-libérale, aura bien lieu. Les électeurs (et les repentis ?) de Sarkozy 1er ne seront pas déçus. Sarkozy a donc décidé d’emboîter le pas à la très efficace Margareth Thatcher. Pour distraire les esprits, Maggie avait les terroristes de l’IRA, Sarko n’a pas grand-chose en terme de menace sur le territoire. Il y a bien cette ultra-gauche du plateau des Millevaches mais ils ont l’air aussi dangereux qu’une boîte d’allumettes, posée sur un camembert. Au lait cru, bien sûr !
Ah, l’efficacité, c’est une bien belle chose quand il s’agit de justifier l’injustifiable. Jetons justement un œil chez nos cousins anglo-saxons. Pendant près de trente ans, au nom de l’E-FFI-CA-CI-TE, Thatcher puis Blair, établirent un processus de dérèglementation des marchés financiers qui mit l’Angleterre à genoux.
La révolution ultra-libérale détruisit nombre d’acquis sociaux : la sécurité sociale, les soins de santé publique et la garantie des pensions de la population.
A la destruction massive des acquis sociaux, il faut ajouter les effets de la « révolution thatchérienne » sur l’emploi. La « Dame de Fer », tant admirée de ce côté-ci de la Manche, parvint à détruire plus d’emplois en Grande-Bretagne que la crise financière en 2009. Elle mit un peu plus de temps mais à peine. Le pays perdit toutes ses infrastructures industrielles et fut livrée aux appétits des financiers. Le pire fut le sort que Margareth Thatcher, l’amie de Pinochet, réserva aux mineurs anglais qui devinrent des chômeurs, des hooligans, des dealers et des loqueteux. Le football et les chippendales ne sauraient constituer autre chose que des pis-aller.
Nos cousins grands-bretons se battirent avec la rage du désespoir mais ils perdirent tout. Pourquoi, parce qu’ils avaient été trop longs à dégainer ensemble. Tous ensemble !
La Dame de Fer avait compris qu’il fallait diviser pour régner, elle s’en était, d’abord, pris aux salariés du privé, aux ouvriers, aux ruraux, sans que le reste de la population ne s’en émeuve. Puis, la révolution néo-libérale avait gangréné la société tout entière. Ceux qui avaient cru passer entre les gouttes, se sont retrouvés trempés comme des soupes… et à fréquenter la soupe populaire.
Aujourd’hui, selon les dernières estimations de l’Union Européenne, l’économie britannique est sur le point de subir la chute la plus abrupte depuis 1946. On prévoit que le Royaume-Uni subira la pire récession de toute l’Union européenne, les anciennes républiques de l’Est comprises.
Le chômage devrait s’étoffer de plus de 900.000 personnes au cours des 12 prochains mois, poussant le total des chômeurs à 2,55 millions à la fin de l’année, soit 8,2 pour cent de la main-d’œuvre, contre 5,3 pour cent actuellement. Sans compter tous les « oisifs » qui ne sont pas comptabilisés par les chiffres officiels. Certains se cachent des services sociaux, d’autres ne voient pas l’intérêt de « pointer » aux Assedic car la plupart ne peuvent prétendre à aucune indemnisation.
Sarkozy a choisi le modèle Thatcher, il veut faire plier les Français, les obliger à courber l’échine. Les commentateurs de l’actualité sociale commencent à parler d’une crise morale. C’est bien de cela qu’il s’agit, et encore une fois, comme avec l’OTAN, Sarkozy est en retard. Le modèle ultra-libéral ne fait plus recette, il a pu illusionner dans les années 80, les années paillettes, mais il constitue aujourd’hui un véritable repoussoir. Les Français haïssent ceux qui les ont mis dans la panade et qui en profitent encore, ces riches prédateurs assoiffés de dividendes, si bien représentés par les descendants békés des départements d’Outre mer.
Le Pion de fer et ses nanoconseillers semblent avoir mal interprété l’embellie du tourisme hexagonal. Loin de constituer une affirmation d’abondance économique, cette ruée vers les pistes de ski ou la Bretagne ou le cinéma est au contraire une confirmation de l’angoisse diffuse des familles.
« Craignons de nous réveiller morts avant que d’avoir assez joui de tout » chantait François Béranger, dans les années 70. Les Français semblent l’avoir entendu, ils grillent leurs dernières cartouches avant de partir au front ou d’en finir. Cette embellie c’est un peu comme la dernière cigarette… mêmes les non-fumeurs la grille.
La grève générale reconductible n’est donc pas une alternative, elle est la seule défense contre la charge ultra-libérale qui fond sur la société française. Rappelons que ce sont les services publics qui sont les premiers dans le collimateur des capitalistes qui dirigent le pays et l’Europe. Ces services publics, au dire même des économistes libéraux, permettent encore, malgré les attaques systématiques dont ils sont l’objet, de protéger notre pays d’une véritable dépression.
La grève générale reconductible est une arme de légitime défense. Utilisons-là ! Les syndicats ont une responsabilité énorme. Qu’ils renoncent à se battre et nous paierons tous leur pusillanimité.
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C.Laborde · 22 3月 2009, 13:04
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Excellent article gâché par une conclusion erronée due à une erreur flagrante d’analyse. Si les travailleurs anglais ont perdu contre la “dame de fer”, c’est qu’ils se sont cantonnés à l’arme de la grève sans développer de projet alternatif. Finalement Mme Thatcher les a eu à l’usure et c’est ce qui arriverait si cette idée de grève générale reconductible était appliquée.
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Geneviève Confort-Sabathé · 23 3月 2009, 19:23
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L’erreur est bien dans ton camp. Tous les analystes anglo-saxons disent que la révolution de la Dame de fer s’est imposé à cause de la tiéditude des syndicats qui ont eu peur de lancer toutes leurs troupes ensemble dans une bagarre généralisée. On peut y ajouter la débandade du parti travailliste déjà “travaillé” par la social-démocratie.
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