Lecteurs résidents à Nagano !
Posted on Tuesday 13 December 2011, 16:00 - updated on 13/12/11 - Chroniques_anti_nucleaires - Permalink
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Aujourd’hui, je me suis rendu avec ma fille de trois ans, comme je le fais plusieurs fois par semaine, à la salle municipale de jeux pour jeunes enfants de Nagano. Le personnel m’a remis l’imprimé jaune ci-contre :
« Réunion publique avec le préfet (gouverneur) de Nagano, M. ABE. Thème : penser un environnement sûr pour l’éducation des enfants ».
On m’a aussi remis le formulaire blanc qui figure sur la même illustration où nous sommes invité à rédiger une question pour qu’elle soit remise d’avance au préfet. Voici ma question :
Lecteurs du Japon, vous savez tous pourquoi j’évoque une nouvelle norme hypothétique de 40 bq/kg.« Pouvez-vous nous exposer de façon concrète le programme de mesures de radioactivité alimentaire, prévu par la Direction de l’éducation de la préfecture, en ce qui concerne les cantines scolaires ?
Je précise qu’une norme de 40 bq/kg serait déjà le double de la norme en Biélorussie et que tous les moniteurs-doseurs de radioactivité sur le marché sont capables de mesurer tout aliment au delà de 20 bq/kg »
Le 1er décembre dernier, la Vice-ministre de l’éducation - Yuko MORI - avait bien reconnu, devant les journalistes, que « nous ferons désormais en sorte de ne pas utiliser des aliments présentant plus que 40 bq au kilo, dans la confection des repas scolaires ».
Puis, dans la même journée, le même ministère s’est dédit, en envoyant la directive suivante aux administrations locales (kyoiku iinkai) :
« Il s’agissait uniquement d’une déclaration visant a donner un ordre de grandeur, en cas d’achat de matériel de mesure. Aucune nouvelle norme n’est fixée pour les repas scolaires »
On a appris, par la suite, grâce à quelques journalistes consciencieux [1], que les dites administrations locales s’étaient plaintes d’un manque de budget en cas d’achats de matériel de mesure, et que le Ministère de la santé n’était pas du tout d’accord pour rabaisser la fameuse « norme provisoire nationale » de 500 bq/kg. La situation est donc d’autant plus désespérée pour les crèches et écoles maternelles (hoikuen, où se trouve ma fille), qui dépendent du Ministère de la santé.
Mais quand même, mais quand même…
Que le Ministère de l’Éducation se rétracte lâchement parce que, comme d’habitude, il ne veut pas « contribuer à un climat de panique », c’est entendu… Mais de là à se justifier lourdement en mentant de la sorte ?
« le mot de la Vice-ministre sur les 40 bq/kg, en fait, nous ne parlions que de la sensibilité souhaitable des machines de mesure… »
Messieurs, vérifiez d’abord, avant de vous dédire ! Tous les doseurs de radioactivité alimentaire - même le moins onéreux – à 8000 euros pièce comme le LB200) font des mesures fiables au dessus de 20bq/kg.
Pour nous, le problème est ailleurs : même avec une limite de 20bq/kg, un pays comme la Biélorussie, 25 ans après la catastrophe de Tchernobyl, voit 98% de ses enfants atteints d’une maladie chronique ou aiguë.
Messieurs les fonctionnaires du Ministère de l’Éducation, du Ministère de la santé, et des Directions de l’Éducation des 17 préfectures de l’est du Japon, pensez-vous être « raisonnables » en continuant d’accepter 500 becquerels de césium au kilo pour nourrir nos enfants ?
Habitants du Japon, téléphonez, faxez, envoyez des courriels aux préfectures (kyoiku iin kai) !
Lecteurs résidents à Nagano ! On se retrouve à la salle municipale mardi 20 décembre prochain à 10h30, pour supplier le préfet d’être un peu « raisonnable » et un peu humain.
Notes :
[1] Tokyo shimbun entre autres
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