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Ils ont « sauvé » Karuizawa

Mabesoone_contamination-des-sols-monitoring-aerien.jpgEnfin ! La carte quasi-complète de contamination des sols par monitoring aérien, après un mois et demi de retard sur la date prévue, vient d’être donnée par le Ministère des sciences et de l’éducation. Peut-être que nos appels téléphoniques et nos courriels de contestation ont eu un effet ?

Enfin, nous avons Nagano et Iwate ! [1]

Je n’ai qu’un mot : Cessez de prendre le peuple de ce pays pour un ramassis d’imbéciles !

Je suis révolté.

Lecteur attentif, regardez les deux cartes en regard ci-dessous ! (cliquer pour agrandir)

Mabesoone_contamination-des-sols-monitoring-aerien.jpg

La première, c’est celle qu’on nous a donné le 12 octobre. J’ai bien fait de la sauvegarder !. La deuxième, plus étendue, date de ce vendredi 11 novembre au soir.

Remarquez-vous ce qui c’est passé pour le département de Niigata ? À gauche du département de Fukushima, tout le long de la côte de la Mer du Japon. Dans l’ancienne carte, figuraient de nombreuses zones marron-foncé (10 000 à 30 000 bq/m2 de césium 134&137) et même des zones bleues (30 000 à 60 000 bq/m2). Au passage, notez qu’au delà de 40 000, la loi japonaise considère que la zone est contaminée et qu’il est interdit d’en sortir des biens ou des personnes.

Et bien, dans la nouvelle carte : plus rien ! Tout a été effacé, sans aucune explication. Tout est redevenu marron clair, c’est à dire la zone-plancher…

Je rappelle que la majorité des zones qui avaient été reconnues comme fortement contaminées dans l’ancienne carte (région de Uonuma) correspondent à la région productrice de riz la plus renommée de l’archipel. Je veux bien que cela n’ait pas plu aux producteurs, mais de là à modifier une carte aux yeux de tous !

Bref, ce que nous avons enfin devant les yeux - pour Nagano et probablement Iwate aussi, sans compter Tokyo dans le passé - c’est un superbe maquillage, c’est un énorme mensonge d’État.

On comprend pourquoi il a fallu un mois et demi pour « remaquiller Niigata », maquiller le reste et nous faire oublier la carte précédente !.

Pour Nagano au moins, cette carte, avec juste un peu de bleu vers Karuizawa et Saku, elle n’est pas logique du tout.

Parce qu’elle ne colle pas avec la carte des radiations dans l’air, délivrée par le même Ministère [1]. Et surtout, elle ne permet pas d’expliquer la forte contamination des ordures ménagères dans les incinérateurs de l’est de Nagano (Saku et Nakano).

Bref, ils doivent retenir leur souffle au Ministère des Sciences. Ils sont certainement partis très vite en week-end juste après la publication des nouvelles cartes !. Ils ont « sauvé » Karuizawa, le plus grand centre de tourisme de montagne, et Saku, le plus grand producteur de salades.

Habitants de l’est du Japon, il faut impérativement faire les mesures nous-mêmes, et vite, pour protéger nos enfants !

Notes :

[1] Légende de l’image des cartes
http://radioactivity.mext.go.jp/ja/1910/2011/11/1910_111112.pdf


Post-scriptum

Comment parler de la vie et de l’avenir quand on a vécu une catastrophe nucléaire ? Au Japon, des auteurs ont publié en septembre un recueil collectif de haïkus, ces poèmes japonais extrêmement brefs, pour exprimer leur ressenti, leurs peurs, leurs espoirs. Voici la préface de ce recueil, intitulé « Après Fukushima ».

(Re)lire l’article « Raconter le monde après Fukushima »


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Laurent Mabesoone

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