Notre crise s'abat sur l'Afrique ? Protégeons-nous !
- Article par Geneviève Confort-Sabathé
- |
- Comentaris (0)
- |
- Fitxers adjunts (0)
- |
- RSS Feed
Posted el Dimecres 11 Març 2009, 22:16 - updated on 11/03/09 - Édito - Enllaç permanent
Denis Sieffert (*) s’est offert un titre assez similaire au mien dans la dernière livraison de Politis. Un édito où il feint de s’interroger, une fois de plus, sur la « frilositude » du NPA, sur la « nervositude » du PC, sur la « diversitude » de la Fédération tout en faisant preuve d’une vraie « sollicitude » pour le PG. A la lecture de ce constat, je me permets de lui suggérer un titre tellement plus évocateur : « Le Front de gauche, combien de tranchées ? ».
Pendant que les ridicules factions de la gauche radicale française s’affrontent sur le tarmac avant le décollage de la campagne électorale européenne, la Banque mondiale estime que le déficit de financements des pays en voie de développement sera compris entre 270 et 700 milliards de dollars pour la seule année 2009. Est-il besoin de rappeler que ces pays sont presque tous africains ?
Dominique Strauss-Khan, le directeur général du FMI, tente d’alerter la planète sur ce cataclysme économique et social qui fond sur l’Afrique : « Il ne s’agit pas seulement de protéger la croissance économique ou le revenu des ménages, mais de contenir également la menace de violences civiles, peut-être même d’une guerre ».
Cette fois, le mot est lâché. Et sans adjectif. Il ne s’agit plus de guerre économique mais de guerre tout court. Les grands argentiers des deux côtés de l’Atlantique ont beau s’ériger en troubadours de la relance, barytonnant sur l’air de la croissance revenue en 2010, goualant sur la remarquable efficacité des plans des pays riches, les peuples ne sont pas d’humeur à swinguer.
Les économistes de gauche ont exhumé une riche idée. En fait, il s’agit surtout d’une idée de riches. Elle se résume aisément : «Puisqu’il fait froid dehors, fermons la porte». Comme je ne suis pas économiste mais sociologue, les experts de cette science prédatrice auront tôt fait de ringardiser ma conception de la solidarité, une conception sans aucun doute archaïque. Rappelons que l’archaïsme est à l’économie ce que le doute est à la religion. Après l’U-NI-TE, voici donc la panacée universelle : le PRO-TEC-TIO-NNISME.
Ce combat d’arrière-garde doit drôlement rassurer les tenants du libre-échange qui s’accrochent à leur théorie comme les naufragés du Titanic à leur bouée de sauvetage. La concurrence libre et non faussée ressemble à la partie émergée de l’iceberg. Le gros morceau du capitalisme est vitrifié. Les capitaines de la finance mondiale appuient, compulsivement, sur les leviers à leur disposition. On injecte des milliards par-ci, par-là, sans qu’aucune vision globale n’apparaisse. Dans le paquebot insubmersible, les gueux, coincés dans les étages au-dessous de la ligne de flottaison, eurent le choix entre mourir noyés ou écrasés contre les portes cadenassées menant aux étages supérieurs. Les disetteux africains pourraient connaître un destin similaire. Et que proposent les économistes les plus gauchistes ? De travailler d’abord à la relance dans nos pays développés, les pays sous-développés ou en voie de développement sont priés d’attendre. Pourquoi ne pas prévoir des centres de rétention pour pays va-nu-pieds ?
Après tout, les pays riches n’en ont pas pour longtemps à se redresser, une bonne dose de protectionnisme et la croissance repart. Les profits monétaires explosent à nouveau, les riches s’enrichissent et les pauvres ramassent les miettes. Quand le G20 annonce que les aides publiques devront continuer aussi longtemps que nécessaire, jusqu’en 2010 au moins, cela vous a des allures de panique générale. Non pas que les riches redoutent la banqueroute, ils ont surtout peur que les traine-misère viennent se rappeler à leur bon souvenir avant que tout ne soit remis d’aplomb. Le protectionnisme au secours du capitalisme, voilà ce que l’on nous propose.
Ce serait pourtant le moment d’avoir des idées nouvelles, de penser global en terme de solidarité, d’écologie, d’éducation, de santé, d’énergie, de démocratie. Ce serait le moment d’appuyer sur le levier de l’amitié entre les peuples de la Terre. Ce serait le moment de renvoyer le capitalisme aux poubelles de l’histoire. Ce serait le moment d’imaginer un monde sans pognon où l’activité humaine ne serait pas salariée.
- (*) Le Front de gauche, combien de divisions ? - Denis Sieffert, éditorialiste à l’hebdomadaire Politis - jeudi 5 mars 2009
- (**) L’Unité, combien de divisions ? - Geneviève Confort-Sabathé - Netoyens.info - 25 février 2009
Document(s) attaché(s) :
-
sense fitxers adjunts
Rate this entry
0/5
- Note: 0
- Votes: 0
- Higher: 0
- Lower: 0

