Sans précaution et jusqu'à l'ultime dignité
- Article par Éric Jousse
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Posted on Wednesday 06 January 2010, 06:00 - updated on 06/01/10 - Édito - Permalink
Dans la société traditionnelle mongole, il peut arriver le jour où, à défaut d’une maladie ou d’un accident mortel, le doyen qui vit encore à l’approche de l’hiver pourrait mettre en péril la survie de la tribu. Il est de coutume, en ces circonstances, de donner à avaler un os à moëlle enrobé de graisse à ce parent, à cet ancien devenu vieux, que l’on respecte et que l’on vénère, un os dont on sait, dont tout le monde sait, qu’il est taillé pour étouffer sans faillir et empêcher même l’expiration du dernier souffle.
[À Michèle, décédée le 25 décembre 2009]
Certes, des gens d’âge avancé, d’âge mûr, parviennent parfois à mettre fin à leurs jours pour des raisons qui leur appartiennent, comme André Gorz par exemple, parce que la vie ne cherche plus qu’à s’évader, parce qu’elle ne vaut plus tout à fait d’être vécue, parce que l’être aimé n’est plus.
D’autres s’en remettent à l’entourage et aux coutumes. D’autres encore ne veulent rien en savoir et laissent faire le destin ou la fatalité méprisant même parfois les inégalités subies et les injustices endurées. Fatigués par trop de combats, ils font mine d’ignorer la morgue des puissants.
Ceux-ci passeront de vie à trépas, de toute manière, bien qu’ils aient tout pour s’en défendre jusqu’à la dernière absurdité que leur donne la peur des autres et leur offre encore l’argent. Ceux-là, à tort ou à raison, s’en remettront et finalement consentiront sans le dire à ce qu’un gouvernement, à ce que la gouvernance invisible, les tue délibérément d’une manière ou d’une autre. De loin et parfois de haut mais surtout par la statistique puis par ce qui apparaîtra comme une négligence ou un accident, tout aura été géré au moindre risque d’encourir la responsabilité et pour interdire la culpabilité.
Et c’est surtout, contre toute attente et tout principe - même constitutionnel - que l’incurie et l’impunité est désormais mise en oeuvre comme le plus grand cirque du monde doit faire mourir de rire, sans complexe aucun, sans aucune retenue, sans vigilance ni aucune précaution.
Quelle différence finalement entre l’os qui étouffe, la canicule qui déshydrate ou le vaccin qui tue ? Elle est énorme. Elle se nomme la vie, le respect de la vie et de la dignité. “Mourir, la belle affaire !” disait monsieur Jacques Brel tout en posant le problème là où la vieillesse demeure l’ultime difficulté. Elle peut, en effet, être plus ou moins difficile à vivre cette vieillesse qui conduit à l’inévitable inutilité sociale d’ailleurs plus ou moins marquée socialement.
Mais, plus que rendre l’âme au milieu des siens, il est bien plus sinistre de finir seul et desséché sous les toits d’un immeuble parisien en plein cagnard estival et bien plus lugubre de périr noyé d’un œdème pulmonaire dans un corridor d’hôpital quasi désaffecté, par la cause d’un vaccin qu’ont sait depuis le début plus mortel que le virus, ce virus breveté qui maraude encore plusieurs dizaines de morts plus tard dans cet imaginaire procréé par M. Politico et Mme Médiatique.
Ils ne manquent pas d’air ces deux là pour vouloir encore nous prendre jusqu’à l’ultime dignité.
Bonne vie ! Bonne vie à tous !
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