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Des médecins dénoncent les risques liés au nucléaire

Dr_Rosen_-_IPPNW.jpgLes essais de bombes nucléaires contaminent les sols tandis que les accidents nucléaires et les rayons X représentent une menace directe pour notre santé. A l’occasion d’un colloque international, des médecins ont appelé à davantage de protection et de prise de conscience.


Un article de Gero Rueter, Doctors want to see a drop in radioactivity (Des médecins veulent obtenir une baisse de la radioactivité), publié le 29/08/2014 sur le site de la radio allemande DW (Deutsche Welle), expose la position de l’Organisation internationale des médecins pour la prévention contre la guerre nucléaire (IPPNW) à propos des conséquences des essais nucléaires.
Nous résumons ici cet article.

Les médecins de cette organisation s’étaient réunis pour leur congrès mondial à Semipalatinsk au Kazakhstan, un ancien site d’essais de l’ère soviétique (472 essais d’explosions nucléaires  sur 18 500 mètres carrés - dont 129 essais à l’air libre - entre 1949 et 1989). Le site a été fermé après la chute de l’Union soviétique et ses installations souterraines ont été détruites tandis que le Kazakhstan est devenu un État non nucléaire.

Il est rappelé que, depuis 1945, 2000 essais nucléaires ont eu lieu sur le globe : 718 bombes soviétiques, 1039 étatsuniennes, 198 françaises, 45 chinoises et 45 britanniques, avec à la clé la projection haut dans le ciel et la dispersion sur de grandes distances de particules radioactives.

D’après le pédiatre Dr Alex Rosen, vice président de la section allemande de l’IPPNW,

 Tout autour du monde, on peut trouver des traces de césium 137 dans des échantillons de sol et dans l’alimentation.

Ceci bien que les niveaux de cesium 137 soient inférieurs aux seuils autorisés par la loi

(photo2)

Des scientifiques sur l’ancien site d’essais nucléaires de Semipalatinsk, encore contaminé.









Selon Rosen dans cet article encore,

 il faut dire aussi que toute dose de radioactivité peut induire des risques élevés et que, statistiquement, des centaines de milliers de personnes sont mortes prématurément à cause de telles doses.

L’IPPNW est une organisation internationale engagée pour la prévention de la guerre nucléaire, qui a reçu le Prix Nobel pour ses travaux en 1985. Selon ses recherches et évaluations, il apparaît que le monde est de plus en plus contaminé. "En plus de la contamination du fait des essais nucléaires, l’irradiation fait aussi partie de notre quotidien, dans la vie civile.", rapporte Gero Rueter.

Dès l’extraction d’uranium, le risque sanitaire est important.

Les mines d’uranium dans l’ancienne Allemagne de l’est étaient les plus grandes dans le monde entre 1946 et 1990.

"D’après l’Office fédéral de radioprotection, un mineur sur huit  en est mort. Il étaient 7000 au total, et nombre d’entre eux sont morts d’un cancer."

Les accidents nucléaires sont aussi un risque sanitaire.

D’après l’IPPNW, des dizaines de milliers de personnes sont mortes de cancer après les accidents avec fusion de cœur de réacteur à Tchernobyl en 1986 et à Fukushima en 2011.

Ces accidents ont fait suite à d’autres accidents à l’ère soviétique, notamment 38 accidents sur les deux sites de Tomsk7 et Majak, avec pour conséquence une contamination à grande  échelle.

Mais on ne dispose d’aucun chiffre précis sur les effets sanitaires au niveau mondial.

Selon Rosen, « Le cancer ne porte pas de marque de fabrique et on n’a pas d’autre choix que de recourir à des estimations».

Selon une étude actualisée que l’IPPNW publiera cette année, les morts dues au recours à la technologie atomique « se comptent par millions » au cours des décennies passées.

La conscience des risques sanitaires liés à la technologie atomique augmente et des études récentes ont permis d’étayer cette théorie. Mais c’est une course contre le temps.

Une de ces études, réalisée pour l’Office fédéral allemand de radioprotection, suggère que les enfants vivant près de centrales nucléaires risquent davantage de développer des cancers ou leucémies, même en l’absence d’accident.

"Rosen estime que le démantèlement de ses centrales nucléaires par le Japon après Fukushima et l’arrêt programmé du nucléaire en Allemagne indiquent que le monde se détache lentement du nucléaire."

Dr_Rosen_-_IPPNW.jpg

Le pédiatre Dr Alex Rosen souhaite la baisse des niveaux de radioactivité.















Il affirme encore :

Des hackers pourraient manipuler des centrales nucléaires et des généraux fous ou des terroristes pourraient s’emparer d’armes atomiques.

Et c’est sans mentionner le problème des déchets nucléaires, qui doivent être stockés en sécurité pour des millions d’années.

L’IPPNW appelle à un désarmement rapide et à la poursuite de l’abandon du nucléaire, et déclare qu’il faut absolument informer davantage le public.

Selon Rosen,

Il faut dire aux gens : Evitez les rayons X pour vos enfants sauf absolue nécessité, ne mangez pas tel produit de telle région et ne vous installez pas à proximité d’une centrale nucléaire.


Informations liées à cet article

Site (en français) de l’Organisation internationale des médecins pour la prévention contre la guerre nucléaire (IPPNW)

Des médecins exigent une baisse de la radioactivité ambiante, Gero Rueter

Des pédiatres dénoncent le nucléaire : pourquoi ?, Philips Michel, 04/09/2014

A première vue, les pédiatres n’ont pas de raisons particulières de s’intéresser au nucléaire !
Ils ne sont pas plus écolos que d’autres ! On comprend qu’ils s’intéressent aux vaccins, aux accidents domestiques, à l’obésité, au développement psychomoteur des enfants. Mais le nucléaire ? Existerait-il une relation entre le nucléaire et les enfants ? A première vue, non ! (...)
Ces 4 pédiatres ont en commun la passion de leur métier. Ils aiment les enfants. Pour eux, s’opposer au nucléaire est la meilleure façon de défendre les enfants, une autre manière de se battre en faveur de l’avenir de nos enfants, en faveur de notre propre avenir. Tant il est indéniable que le nucléaire, dans ses utilisations énergétiques et/ou guerrières, est incompatible avec un avenir humanitaire de qualité.



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Véronique Gallais

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