Last site update 27/07/2016

To content | To menu | To search

La ruche Qui Dit Oui ! Des eco--‐millionnaires, des bobos et les gogos de la farce…

alimentation_generale.jpgComment une start up, parrainée par des millionnaires chevronnés (dont Xavier Niel/Free et Marc Simoncini/Meetic), dévoie des principes des AMAP pour s’enrichir sous couvert de relocalisation, d’économie sociale et solidaire, écologique et équitable.

Article à paraître dans Campagnes solidaires, mensuel de la Confédération paysanne, publié avec le soutien des amis de la Confédération paysanne. Les auteurs (Olivier et Sophia Lamri) sont membres de cette organisation.
Article + références sous format pdf en annexe (voir en bas de page).

NB : A la suite des échanges en commentaires, des rectifications ont été apportées; elles figurent dans le corps du texte ci-dessous et en PJ (V2), de façon à ce que les échanges restent compréhensibles aux nouveaux lecteurs.

« La Ruche qui dit oui ! est un service proposé par Equanum SAS (éditeur), société co- fondée en novembre 2010 par Guilhem Chéron (Président, diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure de Création Industrielle, « un passionné de cuisine petit-fils d’agriculteur »1), Mounir Mahjoubi (Directeur général, diplômé de l’IEP de Paris) et Marc-David Choukroun (Directeur général, concepteur de projets digitaux).

(…)

La Ruche qui dit oui !  a bénéficié d’un financement du fonds « Kima Ventures » de Xavier Niel (Free) et de Jérémie Berrebi (ZDNet), ainsi que de Marc Simoncini (Meetic) et de Christophe Duhamel (Marmiton), tous les deux sur leurs fonds personnels.

(…)

le modèle économique de l’entreprise est très intéressant. (…)La Ruche qui dit oui ! pourra se résumer à sa plateforme Internet : ce sont les Reines qui feront le travail (à ce titre, elles doivent être enregistrées au Registre du commerce ou être déclarées en tant qu’auto- entrepreneur : les revenus dégagés ne sont donc pas des revenus nets pour la Reine).

(…)

Rappel des différents points forts de cette initiative : une initiative porteuse d’avancées environnementales : promotion de l’agriculture
biologique et raisonnée, et promotion des circuits courts ; une initiative porteuse d’une consommation « équitable » : par des prix librement appliqués par les producteurs et directement discutés avec les consommateurs »

La Ruche Qui Dit Oui ! est une marque déposée par Equanum, société de courtage, éditrice du site web La Ruche Qui Dit Oui ! dont l’activité « pourra se résumer à sa plateforme Internet » et à la puissance de sa communication au coeur de sa stratégie commerciale fondées sur des valeurs porteuses : écologie, circuit-courts, économie sociale et solidaire, synthétisée par leur slogan publicitaire : « manger mieux, manger juste » …

Comment ça marche ?

Un auto-entrepreneur met en relation des clients dans son quartier avec des producteurs via la plateforme Internet La Ruche Qui Dit Oui ! C’est lui qui organise la distribution et touche pour cela une commission sur les ventes ainsi que la société Equanum.

La Ruche Qui Dit Oui ! promeut le circuit-court. Dans les faits, qu’en est-il ?

Peut-on parler de circuit-courts quand se greffent trois  intermédiaires entre le consommateur et le producteur, comme dans un hypermarché :

  1. l’auto-entrepreneur, responsable de sa clientèle de quartier
  2. la Société Equanum éditrice du site web La Ruche Qui Dit Oui !
  3. la société Tunz/Ogone (Groupe Belgacom) qui gère les flux financiers via son porte monnaie électronique.

Peut-on également soutenir un discours écologique et « locavore», quand, dans son contrat, un producteur peut livrer sa clientèle située sur un rayon jusqu’à 250 km, soit 500 km aller et retour.

Peut-on promouvoir le « manger mieux, manger juste »  quand les producteurs ne sont soumis à aucune limitation de leurs pratiques agro-écologiques sur l’usage de pesticides chimiques de synthèse et d’engrais.

En résumé le discours est une pure rhétorique au service d’un marketing à l’efficacité bien rôdée.

La presse professionnelle ne s’y trompe pas.

La revue LSA, destinée aux acteurs du commerce de la grande distribution (hypermarchés et leurs fournisseurs, agro-industries, agences de communication…) consacre une page entière sur La Ruche Qui Dit Oui ! dans son numéro du 4 septembre 2014 aux titre et sous-titre dithyrambiques :
« La ruche qui dit oui ! la start up qui cartonne chez les locavores (…)la start up la plus originale et peut-être la plus prometteuses de la distribution alimentaire. »
« …Depuis le lancement de la plate-forme web en septembre 2011, plus de 500 ruches ont ainsi été créées qui reçoivent 50 000 commandes chaque mois pour 2500 producteurs. Une trentaine d’animateurs de ruche en possèdent trois, la limite maximale. Et pour cause, l’affaire peut devenir lucrative. Car le responsable de ruche touche une commission de 8,35 % sur le chiffre d’affaires hors taxe, tandis que la Ruche qui dit Oui ! en prend autant pour son compte. Au final, les producteurs récupèrent 83,3 % des ventes… »

On  y apprend aussi dans cette revue destinée aux hommes d’affaires, que chaque année les ventes sont multipliées par trois.

« Cela va très vite, notre organisation est décentralisée et elle demande peu de moyen. Il suffit d’une personne qui a envie de s’investir dans le circuit court », justifie Marc-David Choukroun, co-fondateur du site.
En 2013, les ventes ont atteint 9 millions d’euros, l’objectif 2014 est donc de 27 millions pour un résultat proche de 2 millions. »

Les affaires vont bien et le concept s’exporte :

« Le cap des 80 millions pour 2015 ? La Ruche qui dit Oui ! y travaille d’arrache-pied en créant déjà des filiales en Europe. Après la Belgique et l’Espagne cette année, l’Angleterre et l’Allemagne sont en phase d’approche. »

LSA nous apprend également que « le revenu moyen par ruche est de 400 euros (il a doublé en un an), pour 10 à 15 heures de travail hebdomadaire (…) »

Qui sont les perdants, qui sont les gagnants de ces pseudo Amap version 2.0 ?

Les perdants sont les producteurs et les consommateurs avec un prix du panier mécaniquement plus cher de 20 % qu’en AMAP, mais ce sont surtout ces centaines de petits commerçants et auto-entrepreneurs habilement appelés « reines » dans le système de La Ruche qui dit Oui ! alors qu’ils en sont plutôt les abeilles.

Ce sont eux qui, en vérité, créent le réseau, l’animent et l’organisent. Ils recrutent fournisseurs et clients, trouvent des espaces de distribution, préparent les paniers et les servent avec le sourire comme tout bon commerçant qui veut garder et développer sa clientèle. Bien que le contrat de vente direct oblige, dans les textes, que ce soit le producteur qui remette en mains propres sa marchandise à ses clients.

Ces « reines » besogneuses mettent du coeur à l’ouvrage pour un complément de revenus moyen de 400 € par mois, soit 301,6 € nets, déduction faite des 24,6 % des cotisations sociales, taux appliqué aux auto--‐entreprises. Le gain net pour « 10 à 15 heures de travail hebdomadaire » est de 6,28 € de l’heure, inférieur au smic. (texte actualisé)[1]

Ce ne sera pas non plus avec le remboursement de ses frais que la « reine » pourra faire son miel, car, contrairement aux entreprises, ils ne sont pas déductibles. Frais de transports, loyers, communication resteront donc à sa charge, réduisant d’autant son maigre revenu.

Ces auto-entrepreneurs sont-ils conscients que, sous couvert d’un statut à la mode et valorisant, leur labeur participe à la création d’un véritable réseau national de distribution ?

Les grands gagnants sont bien sûr les éditeurs du site Equanum qui ont su créer, grâce au web,  cette forme de business pyramidal qui, inversé, prend la forme d’un entonnoir qui leur permet d’empocher 8,35 % HT de commission sur chaque vente.

Et plus nombreuses seront les petites « reines-abeilles » solidaires, plus ils s’enrichiront.

Pour l’être d’avantage, aux côtés de leurs parrains (Free, Meetic, Marmiton…) peut-être décideront-ils un jour de vendre à prix d’or ces multiples espaces informels de distribution répartis dans toute la France à d’autres parrains encore plus grands qu’eux, tels que Carrefour , Leclerc ou Auchan… qui retrouveront ainsi une clientèle qui cherchait à leur échapper !

La SNCF n’a pas fait autrement en rachetant l’été 2013 le site (marchand) de co---voiturage 123envoiture.com (devenue ID Vroom), l’entreprise de location de voiture entre particuliers Ouicar (ex--‐Zilok Auto) l’an dernier et le spécialiste de l’auto---partage Move About avec d’autres parrains, Total  et Orange. (texte actualisé) [2]

Moins de trois ans après son lancement, La Ruche qui dit Oui ! peut se réjouir de sa politique de relation publique menée avec succès auprès des médias. Son image est solidement ancrée sur les tendances éthiques de la consommation « sociale et solidaire », et du Manger mieux, manger juste assimilé au manger bio qui plus est, sans intermédiaires.

Ainsi, le journal La Tribune titrait dès le 4 janvier 2011, « La ruche qui dit oui lance l’achat groupé bio».

De son côté, Valeurs Mutualistes, magazine des adhérents de la mutuelle générale de l’éducation nationale, titrait dans son article sur l’Économie Collaborative du numéro de juillet/août 2014:
«  La fin des intermédiaires » « ... Il suffit de s’inscrire sur le site pour passer commande (…) Chacun s’engage à sa manière : qui en aidant ponctuellement à la distribution, qui en mobilisant son entourage. (…) Objectif, créer, de la sorte, un réseau de solidarité économique et social. « 
Dans son élan, le journaliste n’oublie pas d’entonner le refrain marketing proposé par le responsable de communication de la société :
 « même philosophie que les amap mais avec une formule plus souple, pour faciliter les échanges » indique Benjamin Hamot, chargé de communication (de la Ruche qui dit Oui !). »

Beau travail de recyclage des valeurs éthiques dont le capitalisme a le secret.

Contrairement aux Amap, La Ruche qui dit Oui ! n’est ni vraiment locale, ni vraiment bio, ni vraiment en circuit court ni vraiment bon marché. Elle est la négation de la consom’action citoyenne qui engage un « amapien » à un producteur.

Pour finir, en comparant la charte des Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne à celle proposée par Equanum sur son site, on se demande en quoi cette dernière est engagée, sociale, citoyenne et solidaire…

Olivier et Sophia Lamri  

Notes:

[1

[2

Rate this entry

3.43/5

  • Note: 3.43
  • Votes: 216
  • Higher: 5
  • Lower: -1

Véronique Gallais

Author: Véronique Gallais

Stay in touch with the latest news and subscribe to the RSS Feed about this category

Comments (58)

Mektoub Mektoub ·  06 October 2014, 10h39

Utiliser les mécanismes du capitalisme pour rapprocher les producteurs des consommateurs, réellement réduire les circuits de distribution et la trace carbone des denrées, "surfer" sur des valeurs éthiques (diantre, vous découvrez le marketing éthique?! Que pensez-vous de Max Havelaar qui eux se foutent pas mal des producteurs...?!)... Je ne suis pas certaine que le principe soit aussi critiquable (dans tous les cas il l'est moins que la plupart des modes de fonctionnement des sociétés privées classiques). Certes, pour faire tourner une entreprise, il y a des patrons et des employés (reines, abeilles, employés, OS, agent de maitrise, appelez comme vous voulez)...Cela dit, La Ruche qui dit Oui c'est une solution innovante et favorisant l'échange local. L'Ethique et les valeurs de l'entreprise sont réellement tournées vers l'Humain. Avez vous interviewés des employé(e)s de la Ruche Mama -société mère en France-? Avez-vous comparé le bien être d'un salarié de la Ruche par rapport à celui de n'importe quel autre salarié, dans n'importe quel autre secteur d'activité? En outre, les responsables de ruches locales sont auto entrepreneurs et ne visent que des compléments de revenus.... Gérer 3 distributions hebdomadaires permet d'obtenir un revenu mensuel décent. Etre responsable de Ruche, il me semble, c'est aussi choisir de véhiculer certains idéaux dans une société qui a besoin de changement. Ce système offre la possibilité de travailler dans un milieu plus sain, de respecter ses valeurs/sa morale, d'agir, concrètement, pour un changement de mode de consommation, voire même de paradigme: cf Pierre Rabhi et autres penseurs contemporains qui soutiennent ce type de projet -la ruche qui dit oui, la nef, les colibris, les amap...tout est lié et prend forme. Bref...la critique est facile, la mise en place d'actions concrètes l'est moins...

Philippe L Philippe L ·  06 October 2014, 19h52

Vous expliquez que les auto-entrepreneurs cotisent au taux de 14,2% et vous écrivez également qu’ils perçoivent une commission. Le taux de cotisations de 14,2% est appliqué à ceux qui achètent et revendent. Les commissions sont des services et dans ce cas le taux est de 24,7%.

Il y a donc un problème :

  1. soit les autoentrepreneurs achètent et revendent et ne perçoivent pas de commission.
  2. soit ils perçoivent une commission et le taux indiqué n’est pas le bon.

Je pencherai plutôt pour la solution 2.

Dans ce cas :

  1. soit les auteurs de l’article se sont trompés de taux et l’autoentrepreneur perçoit moins que ce qui est indiqué.
  2. soit le taux auquel ils cotisent n’est pas le bon et alors ils ne sont pas en conformité avec la loi.
olivier & sophia olivier & sophia ·  06 October 2014, 22h42

@Philippe L : Merci et bravo pour votre sagacité Cher Philippe. Le taux des cotisations sociales de 14,1 % correspond bien sûr à l’auto-entrepreneur qui achète et revend. Ce n’est pas le cas de celui de la Ruche qui, comme vous l’avez fait remarqué, touche une commission pour le service rendu. Son taux de cotisations sociales est bien de 24,6 %.

isa ruche isa ruche ·  07 October 2014, 08h01

Bonjour je suis responsable de ruche...je ne peux que réagir à cet article ! j'étais auto entrepreneur au démarrage. je confirme le taux de 24.7
J'ai vite changé de statut au profit de celui de la création d'une association loi 1901, avec des abeilles de la ruche, cela permet d organiser des animations conviviales autour du bien manger et d'assumer les charges de la ruche (prospection, visites des producteurs, dégustations, fly, boitage...).
On ne put pas vivre des revenus de courtage donnés par la ruche, du moins en province. ce sont des ruches familiales, avec maximum une trentaine de commandes.
ceux qui s'engagent dans cette voie sont des militants du bien manger ! "les reines"
les abeilles utilisent un service internet, une plateforme très pratique tout comme les producteurs, et le responsable de ruche, pour quelques euros de plus sur un panier...OU PAS ! car certains producteurs ne pratiquent pas de dépassement, et se basent sur le nombre de commandes. Il livre exactement ce qui est commandé, pas de pertes, pas d'attente dans un marché, ni de conditions aléatoires de météo (vent pluie, grand froid, grosse chaleur) qui conditionnent les ventes directes. Ils considèrent donc utiliser un service.
De son l'abeille évite le temps d'attente aux caisses et s'aliment beaucoup mieux que par la grande distribution...les produits sont excellents, pour les légumes, ramassés le jour même, n'ont pas vu les frigos, ni de traitement liés au transport (gazages des camions, saupoudrages de produits anti moisissure...et surtout cueillis à maturité !)
la viande et les produits frais sont identifiés ! ils proviennent du circuit court obligatoirement. Nos abeilles connaissent les producteurs.
et puis on a le choix de sa commande, pas d'obligation pour le consommateur qui choisit lui même ce qu'il veut mettre dans son panier.
l'AMAP a un fonctionnement différent, et qui va dans le même sens que celui de la ruche ! il faut arrêter de créer de la concurrence là où il n'y en a pas avec tous ces articles. J'ai des "abeilles" faisant partie d'une AMAP qui complètent selon la période de l'année leur panier à la ruche. Nos producteurs sont acteurs des 2 systèmes. cela convient à certains types de personnes et pas d'autres, tout comme certains vont à la ferme ou au marché pour remplir leur frigo.
l'amap est pratique elle aussi, les personnes paient à l'avance leurs paniers de l'année, avec un choix sur le frais pour des périodes données (par exemple 1 poulet 4 fois dans l'année, du fromage tous les 15 jours...) c'est un engagement qui met à l'aise les producteurs qui peuvent ainsi prévoir leurs ventes avec plus de précision)
je suis tout à fait d'accord avec mektoub...la critique est aisée ! les responsables de ruche se mobilisent pour que tout se passe bien car ils sont convaincus que le système du mensonge dans lequel on vit est malsain.Pour ma part, je me sens militante, et il faut des locomotives pour montrer l'exemple. je suis bénévole de l'association, et engagée dans des animations sur le bien manger. je suis actrice de ma vie, et donc critiquable, comme toute personne qui fait quelque chose.
moi j'aimerai ....qu'au lieu de critiquer, de d’entraîner les autres sur du négatif, on essaie ! on participe ...pour se faire une opinion il n'y a pas mieux. la perfection n'est pas de ce monde, ça se saurait, il s'agit d'évoluer. j'ai choisi j'assume j'agis !
et si un jour la ruche est vendu à la grande distribution, j'arrêterai mon engagement à la ruche, tout comme d'autres responsables de ruche je pense aussi investis que moi.

PATRICIA PATRICIA ·  07 October 2014, 10h36

BON DIOU QUELLE HARGNE! que vous ont ils fait? il y a , je trouve , de bonne questions soulevées, taille du circuit court (mais en l'occurrence il est définit et encadré par un texte) , part revenant au "siege", à l'animateur, aux producteurs. mais attention les 3 fournissent un travail (à part innégale certes, mais ce n'est pas un systeme AMAP basé sur du bénévolat)
En ce qui concerne les 400€ pour 10H de travail , c'est sous évalué (donc la ruche "market" , il y a + de temps pour animer une grosse ruche) . Je suis une ancienne animatrice de ruche , j'ai laissé tombé parce que cela me prenait trop de temps (ne me rapportait que très peu , mon record est de 110€) et j'ai même arrêté de me fournir chez eux.Je me suis enrichie de sourire , de contacts , de découverte du monde agricole BIO (tous mes fournisseurs étaient BIO et la plus éloignée était de mémoire à moins de 40km) Mais vivre locavore équitable ....ne sous entend pas refuser les aides de MEETIC,FREE.... c'est comme attendre d'un producteur qu'il soit BIO parcequ'il refuse toute aide d'une banque type CREDIT AGRICOLE. je suis déçue de voir du journalisme aussi peu respectueux de la vérité (rien n'est tout noir) alors que vous défendez de belle valeurs...(laissez cette méthode à l'autre coté de la force :) on est ici tous du même coté

Nesve Nesve ·  07 October 2014, 10h47

Je suis auto-entrepreneur et bénéficie de l'ACCRE, en réalité je ne paie que 5,5% d'imposition sur les revenus que je génère en auto-entrepreneur .
Franchement, y a quand même bcp de Grandes inexactitudes dans cet article qui du coup sonne un poil faux.
Par exemple 400*5%=20€, et (400-20)/(10*4) = 9,5€ / h net d'impot, c'est plus que le SMIC en fait...

rafgouv rafgouv ·  07 October 2014, 13h06

Bonjour,
Franchement, cet article est un tissu de contre vérités et il est désolant de constater que le principal chef d'accusation de ses auteurs contre la rûche concerne les "mauvaises fréquentations" (autrement dit les investisseurs) plutôt que le modèle de business.
Oui, la Rûche est différente des AMAP et alors ? Il ne me viendrait pas à la tête de tout cracher sur les AMAP alors que j'ai constaté par moi-même que c'est un système avec plein de qualités et très adapté à beaucoup mais qui engendre du gaspillage chez moi car parfois le contenu des paniers n'est pas en phase avec ma consommation... Sans parler du fait que les AMAP sont souvent saturées et n'acceptent plus de membres...
Plus grave c'est de confondre des prestataires de services (le groupe BELGACOM et d'une certaine façon la société éditrice du site de la Rûche) et des intermédiaires pour laisser entendre que la Rûche ne simplifie pas les liens entre producteurs et consommateurs...
Faux et inacceptable!

Jufleur Jufleur ·  07 October 2014, 14h26

Effectivement c'est 24% de cotisations....

Julie (Responsable de Ruche)

horla horla ·  07 October 2014, 17h08

Vous écrivez plutôt bien, objectivement, mais vous écrivez à base de bave et fiel.
Ce ne sont que le reflet de vos peurs qui sont ici couchés sur "papier" et c'est bien triste.
Relisez la prophétie des Andes ou n'importe quel bouquin de psychologie bien fait et vous saurez que le moyen de gagner en aura est d'être dans l'ouverture, l'écoute, le partage.
Ce que vous faites-là est bien dangereux pour les amap, système dans lequel je crois. Vous vous enfermez. Par vos peurs. Collaborez plutôt que de cracher sur des hommes et des femmes de conviction et de valeurs si proches des vôtres.
Je croyais les hommes et les femmes soutenant les amap bien plus intelligents et ouverts d'esprit, c'est une déception. Ne soyez pas étonné de voir votre "modèle" s'éteindre tôt ou tard.

linkenasio linkenasio ·  08 October 2014, 10h54

Ma femme est responsable d'une ruche, et je souhaite répondre à cet article :
Cet article, bien écrit dans la forme, et moins proche de la vérité sur le fond. En effet, vous exposez plusieurs vérités qui, selon les aspirations de chacun, sont soit de louables élans vers une consommation responsable, soit une complicité à un système capitalistique.
Prenons des exemples :
Ex. 1 : "située sur un rayon jusqu’à 250 km" : le point de vue de Netoyens (pdv de net) bouhhh!!! quelle horreur !! 250 km çà fait loin !!!
le point de vue d'un consommateur qui souhaite faire un effort sur ce sujet : "Ah bon ? la moyenne des produits qui atterrissent dans nos assiettes est de 2000 km (sources officielles)..... j'ai l'impression d'aller dans le bon sens..."

Ex. 2 : "...quand les producteurs ne sont soumis à aucune limitation de leurs pratiques agro-écologiques sur l’usage de pesticides chimiques de synthèse et d’engrais..."
Pdv de net : Par défaut, on prend le parti que les agriculteurs ne jouent pas le jeu !
Pdv d'un responsable de ruche : "Je vais à la rencontre du producteur, je prend le temps de lui poser les bonnes questions, et je fais le choix de lui faire confiance, et j'organise des visites avec les abeilles sur certaines fermes. Alors en effet, on ne peut être sûr de rien, mais est-ce mieux avec les produits de la grande distribution ? j'en doute....

Ex. 3 : "...Ces « reines » besogneuses mettent du coeur à l’ouvrage pour un complément de revenus.....est de 6,84 € de l’heure, inférieur au smic....Ces auto-entrepreneurs sont-ils conscients que..."
pdv de net : Attention ! vous vous faites exploiter !!
pdv d'un responsable de ruche : Oui, c'est vrai, en rapport à la charge de travail, ce n'est pas l'aspect financier qui prime...et alors ? tant mieux non ? dans nos sociétés où on nous conditionne depuis notre enfance à être des agents de productivité qui alimentent la course folle vers le "gagner plus pour consommer plus", nous faisons le choix de consacrer de notre temps à promouvoir le travail des producteurs locaux, à sensibiliser nos abeilles sur le bonheur que l'on peut ressentir à redécouvrir des légumes et fruits "non calibrés", à connaître le dur labeur des producteurs qui ne comptent pas leurs heures pour produire et venir distribuer leurs produits.
Personnellement, là où vous voyez "de l'exploitation par un système pyramidal", moi, je remercie chaque jour ma femme d'avoir ouvert une fenêtre à mes enfants et moi même sur le plaisir de rencontrer des gens qui se préoccupent de la qualité de leur nourriture, et de manière générale, d'une envie d'un retour vers une consommation plus proche de la nature et de la terre.
Alors je comprend bien que votre article vise surtout les hommes qui participent au financement de ce mouvement, à qui vous semblez reprocher de s'enrichir sur notre dos.
"...aux côtés de leurs parrains (Free, Meetic, Marmiton…)" : quelle drôle de manière de présenter ces personnes en ne nommant que leurs sociétés, pour renforcer cette impression qu'il ne s'agit que de business....
Ces parrains s'appellent Xavier Niel, Marc Simoncini, ce sont des hommes qui ont pris des risques financiers et personnels pour en arriver là, ils participent plus à relancer l'esprit d'entreprise dans notre France amorphe que n'importe lequel de nos gouvernements, car ils utilisent une partie de leur argent pour financer des projets créateurs de richesse.
Ils étaient déjà millionnaires avant tout cela, pensez-vous sérieusement qu'ils attendent après la RucheQuiDitOui pour boucler leur fin de mois....Il faut faire preuve d'honnêteté intellectuelle un peu Mr et mme LAMRI...

Millet Millet ·  08 October 2014, 11h47

Ma ruche qui dit oui! à Sens a un statut d'association; rien ne va dans ma poche... par contre peut-on en dire autant des supermarchés,? à ma ruche personne n'achète de bœuf et se retrouve avec du cheval congelé. Ca vous en bouche un coin nen? bientôt il sera reproché aux producteurs d'avoir un salaire décent. Pouvez-vous nous dire combien de producteurs se suicident chaque année à cause du système actuel???
Je comprends votre jalousie, peu arrivent à faire face aux grands des supermarchés, mais il va falloir s'habituer car les gens ne sont plus des moutons, et nous nous aimons être consom'acteurs. habituez-vous au changements

linkenasio linkenasio ·  08 October 2014, 17h08

Chers Mr et Mme LAMRI,

Auriez-vous l'amabilité de nous présenter un article dans lequel vous nous feriez des propositions sur le sujet. Que proposez-vous comme solution aujourd'hui aux personnes qui souhaitent s'alimenter le mieux possible ? Merci pour votre réponse.

florent millet florent millet ·  08 October 2014, 19h50

Lamri Sophia: Responsable administrative et financière chez CACIIS

Profil de CACIIS
Spécialiste e-commerce freelance à Paris
Activité : E-commerce, Web, Développement, Graphisme, Services, Maintenance, SEM

Pourquoi une responsable de société dans le e-commerce écrit un article peu élogieux sur la ruche qui dit oui ?

Une info facile à obtenir sur internet:
LES PRODUCTEURS PARCOURENT EN MOYENNE 43 KM POUR LIVRER LES RUCHE (cela change peut être les conclusions)

Vous dites que Les perdants sont les producteurs et les consommateurs

  1. Les producteurs s'ils ne sont pas satisfait ne reste pas à la ruche.
  2. Les consommateurs s'il trouve trop cher, ne reviendront pas
  3. Les reines si elles sont mal payées et exploitées arrêteront.

Mais tout cela n'a pas lieu, de plus en plus de producteurs d'abeilles et reines adhèrent à la ruche qui dit oui.

Florent MILLET (Responsable de ruche à la grande paroisse)

virginie virginie ·  09 October 2014, 17h41

Vous écrivez: "La SNCF n’a pas fait autrement en rachetant l’été 2013 le site (marchand) de co-voiturage blablacar (ex-covoiturage.fr)"
C'est faux, la SNCF a racheté l'entreprise GreenCove dans laquelle elle avait déjà des parts justement pour concurrencer Blablacar (10 millions de membres), la société n°1 du covoiturage en France, énorme start-up indépendante qui connaît un franc succès.
Dés qu'une start-up de l'économie sociale solidaire atteint une taille critique et une reconnaissance auprès du grand public, elle devient suspecte, menaçante...c'est vrai pour les grandes entreprises comme la SNCF mais c'est aussi visiblement vrai pour vous avec cet article qui tire à bout portant sur une success story française...

vilmos vilmos ·  10 October 2014, 08h18

Qu'il fait du bien ce commentaire, après la lecture de cet article caricatural et mal documenté :)

Marion Marion ·  10 October 2014, 11h17

En tant qu'heureuse consommatrice de produits d'une ruche qui dit oui, je voudrais vous exposer mon point de vue. Ce service répond totalement à mes attentes:
- je peux choisir mes produits (pas comme dans le panier d'une AMAP où je sais que trop de choses partiraient directement dans mon compost),
- bio ou non (c'est moi qui choisit puisqu'il y a un filtre sur le site permettant de n'afficher que ceux là si on le souhaite, mais bien souvent si ce n'est pas bio c'est de l'agriculture raisonnée),
- la quantité que je souhaite,
- quand je le souhaite. (je n'achète rien les semaines où je suis en vacances par ex...).
- Je peux y rencontrer les producteurs, ils me donnent des conseils, me font découvrir certains de leurs produits.
- Des produits locaux! Oui 250 km autour de chez nous ce n'est pas non plus l'espagne! et bien souvent c'est beaucoup moins, tout est indiqué sur la page du producteur
- Les produits sont bons, on retrouve le goût des fruits et légumes et la qualité n'a rien à voir avec celle des produits de mon supermarché
- Le prix est raisonnable. Pour le même produit que j'ai retrouvé dans mon supermarché, il était largement moins cher à la ruche.
Tout cela a un coût, c'est certain, et peut-être que les créateurs récoltent grandement le fruit de leurs efforts, mais malgré tout c'est grâce à eux si le service existe. Je vais également dans un regroupement de producteurs de temps en temps, pour le coup c'est bien du circuit court. Et bien les prix sont les mêmes car le producteur a 20% de charges, entre le temps qu'il passe au magasin, le prix du loyer du local...

Marc Marc ·  10 October 2014, 12h20

Bravo la vérité choque mais c’est bien.

Lionel Lionel ·  10 October 2014, 19h07

Bonjour,
j'avoue que je suis un peu turlupiné par tout cela.
Outre qu'il y a pas mal de choses fausses dans ce que vous dites ou disons le gentillement mal tournée - je laisse le soisn au autres commentateurs le soin d'y revenir - je me pose une question toute bête.
Pourquoi ne pas dépenser la même énergie à dénoncer ce qu'il y a de vraiment déconnant dans notre système de consommation.
Par exemple, les tomates en hiver. La plupart sont produites à Almeria, en Andalousie, ramassées par des sans papiers marocains, arrosées de produits chimiques et d'eau des nappes phréatiques fossile.
Ces tomates, vous êtes bien sûr de ne pas en manger ?
Ne pensez-vous pas que vous pourriez parler de cela ? De la grande distrib qui casse les gens et les petits producteurs ? De ces entreprises que pratiquent le greenwashing au point de dénaturer la compréhension des citoyens de ce qu'est l'écologie ?

Bref, désolé de vous dire un truc un peu perso, mais j'ai le sentiment en vous lisant que le problème, il est tapi quelque part dans les tréfonds de votre entendement plutôt qu'à la Ruche qui dit oui !, et que derrière cet article pseudo-militant, vous avez d'autres motifs, un peut-être un des chevilles grosses comme ça pour vous érigé en juge (à la con). Enfin, pour être proche de la conf, où il y a pas mal de gens intelligents malgré tout, j'aimerais bien savoir ce qu'ils pensent de votre article et du fait que vous vous prévaliez de leur nom pour donner un semblant de légitimité à ce texte pas très bien renseigné.

MAZKAREVITCH MAZKAREVITCH ·  11 October 2014, 19h57

Les Lamri n'ont pas fait cet article sans raison ; Ca ne vous choque pas vous qui faites des questions et des réponses, de savoir tout d'1 coup que le système de la Ruche permet à des patrons d'entreprises qui ne bossent pas (Equanome, Free, Meetic, Marmiton...) de toucher des dividendes itou des actionnaires ? Et s'emparent du même coup de la tendance pour la consommation bio et les circuits courts ! Quant on vous dit que le capitalisme s'adapte à tout au nom du divin fric !
Mais on n'a pas besoin du système de la Ruche ! Déjà avec le salaire de la Reine payée en dessous du minimum légal, ça devrait faire réfléchir non ? En outre, lorsque je vois les producteurs de la Ruche locale, je trouve qu'il vaut bien mieux fonder une AMAP avec des paysans attachés à leur métier et à leur territoire, en leur permettant d'avoir un revenu annuel régulier même en cas d'aléas climatiques. mais ça réclame de poser un acte de solidarité active et là, La Ruche est en panne ! Va demander à Niel & consorts d'avancer de l'argent peut-être à fonds perdus !

Cyber @cteurs Cyber @cteurs ·  13 October 2014, 06h18

Pour compléter ce débat qui a lieu aussi sur notre blog
http://www.cyberacteurs.org/blog/?p...

« dis du bien de moi, dis du mal de moi, du moment que tu parles de moi »
J’ai reçu ce message alors que je me préparais à recevoir Alain Duez pour un échange sur « Comment construire un réseau associatif alliant économie et écologie en soutien aux dynamiques associatives ? » que vous pourrez retrouver prochainement sur notre espace video.

Ce texte m’a paru illustrer en creux mon propos « convergences pour la planète » mis sur le blog en mai 2013
http://www.cyberacteurs.org/blog/?p...
au moment où un certain nombre de réseaux créaient un Collectif officiellement annoncé pendant le second festival de la Transition.
http://www.transitioncitoyenne.org/...

Association au service d’un réseau militant, il me semble que Cyber @cteurs est tout à fait dans son rôle en permettant ce débat. Même si ce texte présente des approximations, je ne vois pas où il y aurait diffamation d’autant que les commentaires permettent à qui veut de se défendre. Nous nous posons en militants pas en journalistes supposés présenter une vision « objective ».

Ce texte m’a interessé parce qu’il fait de la publicité pour un réseau économique à qui il reproche, outre le fait d’être intégré dans le système économique capitaliste, de réussir (toucher le grand public) là où nous échouons
parce que nous sommes trop dispersés en une multitude de petites structures dont les noms (AMAP, ACAPE…..) ne parlent qu’aux militants
parce que nous sommes meilleurs (en communication) pour nous opposer que pour proposer des alternatives

Plutôt que nous opposer à « la ruche qui dit oui », nous aurions intérêt à nous regrouper nous aussi sous une appellation commune type ‘Planète Eco », avec pourquoi pas une monnaie complémentaire commune (l’eco) qui permette de faire connaître sur l’ensemble des territoires tous ceux qui essayent de faire vivre une autre économie qui crée des emplois parce qu’à partir d’une plate forme commune nous saurons mutualiser des services communs en terme de communication (annuaire, agenda…) dans une formule gagnant-gagnant qui permettra
aux professionnels (producteurs, artisans, commerçants…) de se faire connaître des millions de personnes qui partagent les valeurs qui sous-tendent l’idée de transition écologique
aux consom’acteurs que nous sommes tous de trouver pour tous nos besoins économiques des professionnels en transition que ce soit là où nous vivons ou dans les endroits où nous sommes amenés à nous déplacer.
Que les uns (professionnels) et les autres (consom’acteurs) acceptent de contribuer d’une manière ou d’une autre pour permettre à ce réseau de monter des campagnes de communication pour toucher le grand public et lui faire connaître les alternatives au modèle dominant dans tous les domaines, cela me paraît une nécessité car le bénévolat, toujours nécessaire, a des limites. Cyber @cteurs existe parce que des milliers de personnes acceptent de consacrer du temps à lire nos messages et à s’associer à nos actions mais aussi parce qu’une partie de ces personnes acceptent de contribuer pour que deux salariés puissent animer ce réseau.

Quel que soit le nom que nous lui donnerons, le réseau économique que nous voulons construire aura besoin d’un financement pour faire vivre la plate forme commune ou les structures d’animation des territoires. Est-ce que 1 pour mille du chiffre d’affaires pour les structures économiques et pour les consom’acteurs dont 7% pour le portail et 93% pour les structures locales qui en seraient les collectrices serait exagéré ?

Si ma souris a du pouvoir, mon porte-monnaie aussi car selon la façon dont je dépense mon argent j’induis un certain type d’économie. Et le fait de vouloir consommer bio et local ne me parais pas antinomique avec le fait de faire connaître sous une appelation commune (que ce soit planète éco, transition citoyenne ou tout autre nom) même si la structure locale porteuse s’appelle ACAPE, AE2D, CANE, MCE, MESSE, Confluences pour la Planète ou Cohérence….)

A suivre

Alain Uguen
Association Cyber @cteurs

edrobal edrobal ·  13 October 2014, 08h13

@linkenasio : Vous accusez cet article de mauvaise fois mais votre argumentation est plus que légère. Je cite : "la moyenne des produits qui atterrissent dans nos assiettes est de 2000 km (sources officielles)". Argument massue ? Non ! Est-ce que vos producteurs vendent des agrumes, des fruits exotiques ou du café pour parler d'un produit de consommation plus courante ?
Si vous voulez argumenter honnêtement, comparez ce qui est comparable et basez-vous sur un panier de produits comparables. pour le reste, si vous voulez faire perdurer le système en jouant les abeilles pour quelques bourdons, libre à vous. C'est pour cela que l'on vous a baptisé "reine". Reine des .... bien sûr.

Serge GRASS Serge GRASS ·  13 October 2014, 08h32

Je partage totalement l’analyse.
La Ruche n'a pas innovée en la matière sauf en ce qui concerne le marketing. J’ai créé avec des amis en 2004 l'association Agro Bio Conso. Elle repose exclusivement sur le bénévolat. Actuellement elle fonctionne en Franche Comté. Son objectif : créer un réseau de distribution cogéré par les consommateurs et les producteurs pour qu’ensemble nous reprenions le contrôle de notre pouvoir économique. La distribution dans des points de regroupements mis gratuitement à disposition est confiée à des producteurs ce qui conduit à ce que la valeur ajoutée de la distribution reste dans le monde agricole. L’association repose en totalité sur le bénévolat. Il n’y a pas de permanent rémunéré. Le concept et le site Internet est mis gratuitement à dispositions de tous ceux qui sont intéressés sur le territoire national. Pour plus d'information www.agrobioconso.org. Pour donner une idée, si j'avais pratiqué la rémunération de la Ruche, je me serais mis plus de 50 000€ par an dans les poches. La gestion du site est automatisée. Ce sont les producteurs distributeurs qui mettent à jour la liste des produits qu'ils proposent. Ils sont bien sur rémunérés pour pour leur travail de livraisons.

Pierre Legeay Pierre Legeay ·  13 October 2014, 10h19

Bonjour,

Pour commencer je ne suis pas d'accord avec vos critiques car je trouve qu'ils apportent une offre nouvelle qui satisfait les consommateurs et les producteurs.

Ensuite quand on souhaite critiquer une entreprise en s'appuyant sur d'autres exemples, faites attention à dire la vérité.
Je suis pressé de voir vos sources sur le rachat de Blablacar par la SNCF.
Voici les miennes pour vous contredire : http://www.mobilettre.com/frederic-... et http://www.lemonde.fr/economie/arti...

Bonne journée à vous.

Charles Charles ·  13 October 2014, 13h26

@Marion :
A part votre petite personne, avez-vous d'autres intérêts. En fait tout les arguments que vous donnez promeuvent la division du travail, la logique investisseur-entrepreneur-producteur-consommateur, le salariat et donc le patronat, le productivisme, la rentabilité, la propriété privée... Enfait, tout ce qui est utile au capitalisme pour survivre.

Charles Charles ·  13 October 2014, 13h51

Nous pouvons consommer ce que nous voulons où nous voulons, de toute façon, si ce que nous achetons viens d'une entreprise non-coopérative, qui fonctionne avec des rapports investisseur-entrepreneur-producteur-consommateur et qui maintient le productivisme, la division du travail, le salariat (donc le patronat), la propriété, l'utilisation des monnaies privées comme l'euro... Et bien ça ne change rien au système. Au contraire, ça le rend encore plus "durable". Cela sert juste à flatter nos égos, à nous auto-congratuler, pendant que des entrepreneurs continuent de faire bosser les autres pour s'enrichir personnellement.

Charles Charles ·  13 October 2014, 17h04

@Millet : En quoi une plate-forme de distribution sur internet, détenue par des actionnaires, qui exploitent des salarié-e-s pour augmenter leur capital de départ, sans proposer de monnaie alternative, change quelque chose au problème ? A part donner bonne conscience aux consomma-teurs-trices qui se ne soucient que de la qualité du produit et de son prix, je ne voit pas de changement. D’ailleurs dans les Eco-Rézo, les consomm-acteurs sont des personnes qui produisent pour échanger avec les autres consomm-acteurs. Alors que là, c’est toujours le fonctionnement investisseur entrepreneur-producteur-consommateur.

Charles Charles ·  13 October 2014, 17h26

@Mektoub : "Bref...la critique est facile, la mise en place d'actions concrètes l'est moins..." surtout quand on n'a pas un Xavier Niel ou un Marc Simoncini comme actionnaire. Même le pire des capitalistes peut développer des "alternatives", du moment qu'un jour il y a des bénéfices à faire sur le dos des salarié-e-s. Avec ce système, nous ne sortirons jamais de l'exploitation de l'être humain par l'être humain.

Court-circuit Court-circuit ·  13 October 2014, 17h59

Salut les écolos pointilleux,

Cet article est l’occasion pour moi de faire reparler de Court-Circuit, une alternative aux ruches qui a existé, avant les ruches ! Touché par la maladie, je ne peux plus gérer la démarche depuis 2013. Je m’occupe de moi pour le moment, doucement. Comme l’annonce le message de home page, je partage volontiers mon entreprise. Ce site est multiville, on peut déjà créer autant de Court-Circuit que l’on veut (Grenoble son commencement, Nantes, Lille, …). Ça marche déjà !!!!!!!!!

Alors, si la communauté écolo a besoin d’un outil opérationnel et à rendre irréprochable, je suis là. C’est bien de ne pas être contant, mais c’est mieux d’agir ! Je suis prêt à en faire cession pour le bien commun, il n’en a d’ailleurs jamais été autrement car j’ai créé l’outil dans l’optique d’une utilisation sous forme de scop que ça soit la maison mère ou les sites opérationnels. Bien qu’instigateur, j’ai toujours voulu le partager et le donner, je n’en n’attends rien si ce n’est l’avancée des bonnes pratiques. Bien mené, ce projet a la même ampleur que les ruches à la différence près qu’il intègre aussi les petits commerçants et qu’il annonce clairement le plafonnement des rémunérations de ses travailleurs et la réinjection des bénéfices dans le réseau. Le système devenant très vite pyramidal, je vous confirme qu’une grosse manne financière est a gérer éthiquement en cas de succès, chose que je n’ai pas vu clairement dans le projet des ruches et qui doit être surveillée. Il est indéniable que de petites mains investissent beaucoup d’efforts au démarrage d’une ruche et quoi qu’il advienne, cela constituera un formidable fichier client pour la maison mère au final.

Il ne tient qu’à la communauté de bien vouloir reprendre en main le projet Court-circuit. Il est opérationnel et fonctionnel à 95%. Juste mis en pause, a redémarrer.

Visitez le site www.court-circuit.org vous y trouverez beaucoup de renseignements sur l’ossature de la démarche, pas forcement encore parfaite. L’escargot de bas de home page vous rassurera je l’espère sur les aspiration à l’objection de croissance de son instigateur.

Écologiquement et solidairement vôtre
www.court-circuit.org
S. Prat

Vivien Vivien ·  16 October 2014, 12h58

Bonjour à tous,

essayons d'être objectif et réaliste un instant.

si on essaie de prendre un peu de recul sur ces modèles, on constate qu'une poignée fait du gras derrière son écran en ne faisant travailler que son index et que de l'autre côté une armée semi-bénévole s'échine à enrichir les 1ers.

Je ne trouve pas ça très équitable, sans même entrer dans les détails de combien, qui, comment ,

Restez simplement lucides et ne nourrisez pas ceux que vous pensez combattre (still the same)

Jp Jp ·  18 October 2014, 00h45

J'essaie de faire le point. Donc le problème c'est d'être une entreprise qui a trouvé des investisseurs ? Seulement des investisseurs ? Si ces hommes étaient de riches anonymes nous n'en serions pas à faire ce débat. Bref je n'y vois pas de problème. Le problème c'est ni l'entreprise ni le capitalisme, c'est ce qu'on en fait.
250 km ? Avec une moyenne de 43km à parcourir entre la ruche et le fournisseur, les 250km permettent de se fournir exceptionnellement sur certains produits qui ne sont pas à porter de main.
Le reponsable de ruche peut être une personne morale quelque soit son statut (EI, EURL, SARL, Association). La forme associative oblige au bénévolat et l'argent récolté ne sert qu'à faire vivre la ruche, c'est-à-dire y organiser des activités, des sorties, des rencontres, provoquer le débat. Si ce travail est fait par une seule personne, c'est plutôt normal qu'elle se prenne sa part. Si le travail est partagé, il est facile d'accepter que cet argent ne serve qu'à l'association.

Tant qu'à la part de La Ruche Qui Dit Oui, où croyez-vous qu'elle va ? À quoi croyez-vous qu'elle sert ? Pensez-vous sincèrement qu'on peut créer un site comme ça en trois clics ? Ils ont une équipe de 15 développeurs qui travaillent durs pour maintenir le site actuel et qui préparent en ce moment même la nouvelle version du site. La Ruche Mama emploie également des gens qui soutiennent le travail des responsables de ruche, qu'ils soient en création ou en activité, même depuis longtemps. Elle offre également un soutien technique aux producteurs et aux membres des ruches. Et n'allez pas penser qu'ils sont payer au SMIC, sinon les valeurs portées par la ruche qui dit oui seraient caduques. De plus elle fournit des outils de communication aux responsables de ruche, et je ne parle pas d'un paquet de 100 flyers mais d'un vrai package intelligemment pensé pour faire avancer une ruche.

Je suis un fervent défenseur du logiciel libre et j'ai pensé plus d'une fois qu'il serait possible d'imiter le concept et démarrer un mouvement similaire, avec une marge réduite voire pas de marge du tout. Cependant nous avons assez de recul sur ce genre de projet pour savoir que La Ruche Qui Dit Oui gagnera quand même. Le savoir-faire, l'expérience et la prise de risque, ça se paie ! Pour faire un site efficace et beau, pour communiquer et attirer des consommateurs lambdas et les extirper des grandes surfaces, il faut y aller à fond et je suis ravi de savoir qu'une entreprise dédie toute son énergie à ça.

Le jour où les ruches seront obligées de fonctionner sans éthique et les fournisseurs seront perdants dans cette affaire, ils cesseront simplement de travailler avec ces ruches. Pour nombre de ces producteurs, la ruche n'est qu'un canal de distribution parmi d'autres (marchés, vente à la ferme, AMAP). Donc perdre un moyen de vente direct reste un manque à gagner mais il y aura toujours des solutions. D'autant plus que le travail fait par toutes ces initiatives a permis de créer une demande forte qu'il faudra combler si les ruches venaient à disparaitre dans cet hypothétique contexte insouhaitable d'un rachat par Auchan ou d'un lancement en bourse.

N'allez pas vous faire des peurs. Nous ne sommes plus dans les années 90 où on avait l'impression que les consommateurs subissaient sans se poser de question et que les médias avaient forcément la bonne parole. La preuve, cet article n'a pas convaincu tout le monde. Bienvenue dans l'ère où les gens montrent qu'ils pensent par eux-même ! Le moment venu, les gens prendront les bonnes décisions.

Quand à la vente directe, elle existe bel et bien. Les fournisseurs sont tenus d'être présents le plus souvent possible pour rencontrer les membres de la ruche et être présents lors d'animations. Le lien humain doit exister entre les membres de la ruche et les producteurs. Les ruches qui fonctionnent le moins sont celles où ce lien est faible.

J'applaudis toutes les idées de circuits courts. Je ne crois pas qu'il y aie de concurrence entre les différents modèles, surtout quand il est clair que certains sont complémentaires.

Mon dernier commentaire ira directement à Netoyens.info. J'ai connu votre site grâce à Google (une autre pieuvre qui fait peur mais qui rend service). Cette première lecture discrédite le reste du site. J'irai lire autre chose pour me faire un avis mais j'ai peur de retrouver des articles dont l'investigation laisse à désirer comme ici... le coup de la SNCF avec covoiturage.fr ou le pourcentage sur le statut d'auto-entrepreneur sont autant de preuves d'amateurisme en matière de journalisme...

DGE DGE ·  18 October 2014, 15h27

Autant de commentaire si bien construits m’amène a penser que la machine de propagande du capitalisme débridé s'est mise en marche.
Oui ! La ruche qui dit oui a su combler un vide, mais elle n'a rien de philanthropique, ne sert pas vraiment la cause de l'agriculture de proximité, de la Bio... les marges cumulés avoisinent les 20 % et de plus gonfle artificiellement le chiffre d'affaire des agriculteurs, car ils facturent 100% mais ne perçoivent que 80 % mais le calcul de leur cotisations sociales++ se fait bien sur 100%.
De plus le temps passé à préparer les commandes et a les distribuer se fais certes en partenariat avec Le ou la responsable de la ruche mais exige néanmoins la présence du producteur pendant 2 heures en moyenne par distribution, pour ma part au final je vends mes produits moins cher a la ruche qui dit oui avant commission, que dans le reste de mon réseau de distribution. La ruche qui dit oui est un petit plus quelques fois, mais certainement pas un outils de développement de mon exploitation.
Pour finir, je suis un programmeur en sécurité informatique reconvertis et ce dont je suis certains c'est que les pseudo petits génie qui développe cette plateforme ne sont eux pas payé au SMIC et que cela ne leur ferait pas de mal de partager un peut plus que les valeurs si bien décrite dans la brochure en papier glacé de l'entreprise...
C'est un bel outil commerciale qui se cache derrière un discours humaniste un point c'est tout.
Rien de personnel, juste une mise au point...

un moustik un moustik ·  20 October 2014, 16h08

Je suis fournisseur de ruche ... pas par éthique, juste pour profiter d'une publicité et agrandir mon réseau. La ruche est un plus ou non!
Pour en vivre, je compte m'en inspirer et développer quelque chose...
Dans tout concept il y a des défauts mais franchement c'est super bien fichu et ce pour chaque acteur.
Et les défauts ça se corrigent!

Néanmoins, je trouve que la part reversée à la "ruche mama"" est rude.
L'entrepreneur, lui, ne gagne pas assez ... allez voir derrière les coulisses : il bosse bosse et bosse.
Le fournisseur est libre de ses prix ... faut savoir calculer son prix de revient et les nouvelles charges liées à la ruche (transport, temps de présence, emballage spécifique etc) et majorer ou non

Le client est maitre de ses achats...

Garantie du "mieux manger" ... c'est faut : qui peut dire "cette pomme est mieux que celle-ci". La gamme présente dépend du choix de l'investisseur vis à vis du fournisseur et la qualité de ce dernier. Soit aucune garantie!

b.cavallo b.cavallo ·  16 November 2014, 22h09

Bonjour à tous,

Moi j'aime cet article, pour plusieurs raisons, la première c'est qu'il faut toujours se remettre en question. Pour le coup, j'ai un ami qui est producteur de légume bio qui fournit une AMAP, quand je lui ai parlé de La Ruche, son commentaire était positif mais critique. Le fait de ne pas réellement soutenir les producteurs, en effet, le principe est bien de s'entraider et non de se concurrencer. C'est pourquoi une AMAP demande de prendre autant de risque que le producteur. La ruche, c'est prendre moins de risque, on achète quand on veut, le producteur n'est pas sur de vendre sa production, etc... Mais, en effet, ça contribue au développement des réseaux et donc d'une participation plus active à la solidarité.

Alors moi, je pense que s'engager auprès d'une AMAP, c'est le mieux, mais tout le monde ne peut pas, donc il faut d'autres alternatives. Et si les personnes qui ont plus de pouvoir d'achat que des familles du 20ème arrondissement de Paris, d'origine étrangère et dont les fins de mois sont difficiles n'achètent pas du bio ou de la culture raisonnée, comment voulez vous qu'un jour ces familles aient accès à ces produits ? Parce que plus nous consommerons bio, équitable, avec des réseaux de plus en plus courts, etc... le plus de monde pourra en profiter... Alors vive les AMAP, vive la ruche et vive nous... Et puis Niels, il gagne bien sa vie, mais il est quand même un peu de gauche, ok caviar...

Enfin il faut des acteurs plus ou moins bons, des critiques comme votre article qui remet les choses à leur place, et des réactions, comme beaucoup ont fait suite à le lecture de cet article.

Merci a tous

Ben, acteur, réalisateur, producteur de ma vie

Chloé Chloé ·  17 November 2014, 15h11

Bonjour,

Je suis amapienne et complète plus ou moins régulièrement, en fonction de mes besoins, le panier de l’Amap par des produits de la Ruche : boissons, fruits, crèmerie, pâtes, légumineuses, poisson (je ne mange pas de viande), pains divers, soupes, confitures, et parfois, même, des légumes qui sont disponibles à la Ruche mais pas à l’Amap. Tout n’est pas bio à la Ruche mais on peut néanmoins y trouver son compte (rappelons au passage que le bio n’est pas nécessairement synonyme de local, certains produits vennant de très loin).
Par ailleurs, certains fournisseurs de la Ruche produisent moins loin du lieu de distribution que le producteur de l’Amap dont je suis adhérente (il n’est pas si facile de louer ou acheter des terres agricoles…).

Les deux systèmes représentent des alternatives satisfaisantes à la grande distribution, espérons qu’elles le resteront et conserveront leur indépendance. Sans compter le côté « amical » de ce type de circuits de distribution qui permettent de rencontrer certains producteurs, de tisser des liens avec les responsables et les usagers des structures et d’échanger conseils, informations ou tout simplement, un sourire !
En dehors des Ruches et des Amaps se créent des groupements de producteurs qui vendent directement aux consommateurs, parfois avec le soutien de municipalités.

Pour en revenir à l'article, il soulève de bonnes questions mais serait plus porteur si il n'était pas bourré d'inexactitudes et ne cautionnait une rumeur concernant Bla bla car (quelques minutes de recherche sur internet suffisent pour mettre à mal le supposé rachat par la SNCF).

Cordialemement.

http://www.collectif-oeda.fr

Natura Sciences Natura Sciences ·  17 November 2014, 15h59

Voici une contribution au débat : La Ruche qui dit oui et les Amap, quelles différences? http://www.natura-sciences.com/agri...

VéronIque Gallais VéronIque Gallais ·  03 December 2014, 06h27

A la suite des échanges en commentaires, des rectifications ont été apportées; elles figurent dans le corps du texte de l'article ci-dessus et en PJ (V2), de façon à ce que les échanges restent compréhensibles aux nouveaux lecteurs.



L'homonyme de Sophia Lamri, qu'un participant a trouvée sur internet et mentionnée dans son commentaire, n'est pas l'un des coauteurs du texte.

Véronique Gallais Véronique Gallais ·  03 December 2014, 06h58

Dans son commentaire du 17/11 et l'article en lien, Natura Sciences écrit :

"Si l’on veut vraiment opposer ces deux systèmes, on dira que ces deux circuits répondent à des attentes différentes de la part des consommateurs. Les urbains pressés, intéressés par une alimentation plus saine, à base de produits artisanaux, s’orienteront plus volontiers vers une Ruche. Les consommateurs cherchant un réel engagement associatif s’orienteront plutôt vers les Amap. Quoi qu’il en soit, ils concourent tous deux au développement des circuits courts. N’est-ce pas là le plus important ?"

Certes, le consommateur a le pouvoir de choisir et donc d'agir par sa consommation. Encore faut-il bien comprendre tous les éléments.

Ici, il ne s'agit pas que d' "attentes différentes" des consommateurs quant à la qualité de produits consommés et à la nature de leur implication mais plutôt d'un choix bien plus radical à faire :

  • participer à un système conçu comme une "start-up", détenue par des investisseurs et destinée à rapporter à terme*, qui pourra potentiellement leur échapper selon le bon vouloir des propriétaires,
  • s'impliquer dans un système co-géré par les différentes parties prenantes et dont sont absents des tiers rémunérant leurs services sous forme de pourcentage et propriétaires de l'outil : AMAPs, www.agrobioconso.org, www.court-circuit.org ou autres outils co-gérés et en propriété collective (lire les commentaires de Serge Grass et Court-Circuit).

Tout investisseur capitaliste attend un "retour sur investissement". Or, s'il a certes engagé et risqué sa part de capital au départ, il pourra, lorsque l'entreprise sera bénéficiaire (si elle le devient bien sûr), décider d'engranger les bénéfices, voire revendre ses parts sociales ou modifier radicalement le fonctionnement, les critères de sélection des producteurs, les pourcentages prélevés aux producteurs ou reversés aux "reines"...

Le succès d'une entreprise ne se construit pas que par l'apport de capital et l'organisation salariée.

Ici, des producteurs calculent leurs prix au plus juste pour rendre leurs produits accessibles et des personnes donnent du temps et de l'énergie (en acceptant de percevoir éventuellement une assez faible rémunération) pour organiser non seulement leur propre approvisionnement mais la mise en relation et la distribution à d'autres clients.

Il revient effectivement à chacun-e de choisir, et de rester vigilant-e !

Sarah Hague Sarah Hague ·  05 December 2014, 09h41

Réponse sur le blog de la Ruche Qui Dit Oui de Guilhem Chéron:
[http://blog.laruchequiditoui.fr/la-ruche-qui-dit-non-a-la-calomnie-des-amap/]

Personnellement, je n'ai pas d'Amap près de chez moi, mais j'ai une ruche qui n'est pas loin où je m’approvisionne en légumes bio chaque semaine.

Véronique Gallais Véronique Gallais ·  05 December 2014, 21h41

Puisqu'il n'est pas possible de commenter sur le site de la Ruche, je continue ici.

La Ruche Qui Dit Oui se revendique ESUS. A ma connaissance, le décret devant détailler la procédure d'obtention de l'agrément "Entreprise solidaire d'utilité sociale" n'est pas encore paru, ce qui est indiqué ici. Quel agrément la Ruche a-t-elle donc obtenu ?
Et d'ailleurs quels sont ses statuts, qui ne sont manifestement pas accessibles sur le site ?

Véronique Gallais Véronique Gallais ·  08 December 2014, 17h53

A titre d'information, la première partie de l'article 11 de la loi n° 2014-856 du 31/07/2014 relative à l'Economie Sociale et Solidaire :

L'article L. 3332-17-1 du code du travail est ainsi rédigé :

« Art. L. 3332-17-1.-I.-Peut prétendre à l'agrément “ entreprise solidaire d'utilité sociale ” l'entreprise qui relève de l'article 1er de la loi n° 2014-856 du 31 juillet 2014 relative à l'économie sociale et solidaire et qui remplit les conditions cumulatives suivantes :
« 1° L'entreprise poursuit comme objectif principal la recherche d'une utilité sociale, définie à l'article 2 de la même loi ;
« 2° La charge induite par son objectif d'utilité sociale a un impact significatif sur le compte de résultat ou la rentabilité financière de l'entreprise ;
« 3° La politique de rémunération de l'entreprise satisfait aux deux conditions suivantes :
« a) La moyenne des sommes versées, y compris les primes, aux cinq salariés ou dirigeants les mieux rémunérés n'excède pas, au titre de l'année pour un emploi à temps complet, un plafond fixé à sept fois la rémunération annuelle perçue par un salarié à temps complet sur la base de la durée légale du travail et du salaire minimum de croissance, ou du salaire minimum de branche si ce dernier est supérieur ;
« b) Les sommes versées, y compris les primes, au salarié ou dirigeant le mieux rémunéré n'excèdent pas, au titre de l'année pour un emploi à temps complet, un plafond fixé à dix fois la rémunération annuelle mentionnée au a ;
« 4° Les titres de capital de l'entreprise, lorsqu'ils existent, ne sont pas admis aux négociations sur un marché d'instruments financiers, français ou étranger, dont le fonctionnement est assuré par une entreprise de marché ou un prestataire de services d'investissement ou tout autre organisme similaire étranger ;
« 5° Les conditions mentionnées aux 1° et 3° figurent dans les statuts.

trop cher trop cher ·  17 December 2014, 12h01

Personnellement je me suis inscrit à la ruche en bas de chez moi car j'ai vu de beaux sachets de pommes arriver un samedi matin.
Quand j'ai vu les prix sur leur catalogue j'ai trouvé ça beaucoup trop cher pour un produit qui est sensé avoir peu d'intermédiaires. Je ne sais pas qui se gave, le producteur ou l'intermédiaire, mais dans mon marché de quartier du dimanche je peux trouver la même qualité à moitié prix, et là je vois ce que j'achète.

Véronique Gallais Véronique Gallais ·  06 January 2015, 10h57

Sur le potentiel de valorisation financière de sociétés opérant des plateformes commerciales informatiques, un arricle intéressant dans Le Monde du 6 janvier 2015, “Uber, Airbnb, Snapchat… Qui va entrer en Bourse en 2015 ?”.

Extrait :
“Uber, Airbnb, Snapchat, Dropbox ou encore Pinterest. Dans la Silicon Valley, 2015 pourrait bien être l’année des introductions en Bourse (IPO). Beaucoup d’observateurs espèrent ainsi un cru historique. L’an passé, 55 sociétés technologiques ont fait leurs débuts boursiers sur les marchés américains, contre seulement 45 en 2013. Alibaba, le géant chinois du commerce en ligne, a notamment levé 25 milliards de dollars, la plus importante entrée en Bourse de l’histoire.”

Une des questions qui se posent figurent bien la protection de celles/ceux qui ont contribué, par leur travail, leur bénévolat et/ou leurs achats, mais aussi leur complicité dans la construction du joyau…

Que prévoient nos institutions et les acteurs de l’ESS face à ces enjeux ?

A suivre attentivement.

Roberto Roberto ·  10 January 2015, 07h18

@Mektoub :
Pour répondre à votre dernière remarque.
Un simple tableau en ligne, quelques familles et des producteurs et vous pouvez faire faire aussi bien sous format associatif et sans intermédiaires. Cela me dérange quand même que pour pouvoir acheter à un producteur vivant à 5 km de chez moi, je doive donner de l’argent à une entreprise parisienne.
Nous nous sommes pris par la main il y a 5 ans et fonctionnons ainsi depuis. De 10 familles, nous sommes presque une centaine maintenant et cela demande à l’ensemble des membres de devenir acteur.

Dom Dom ·  22 February 2015, 18h41

Bonjour,

Pour ma part je vis en province, je mange très majoritairement bio, et je me fournis essentiellement en Biocoop, ce qui me satisfait pleinement, tant au niveau du choix, des prix, de la fraicheur, de l’éthique, de la faible marge qu’ils s’octroient etc… (j’ai pu voir leurs comptes une fois, leur marge est réellement faible).

Je n’ai jamais été attiré par les AMAP, même si j’admire l’engagement de leurs adhérents : manger de la courge toutes les semaines en hiver pour faire plaisir au producteur, c’est au-dessus de mes forces ;-)

Par contre une chose est sûre, jamais je n’irai mettre le doigt dans un système La Ruche, tant il y a de détails qui me gênent terriblement, comme par exemple :

- Le pedigree des fondateurs : je crois rarement à l’innocence philanthropique des investisseurs, mais pour ceux-là, j’y crois encore moins ! Et l’argument consistant à dire que “puisqu’ils sont déjà millionnaires ils sont forcément désintéressés” prouve que son auteur connait mal le caractère insatiable de leur cupidité… Ne nous y trompons pas, ce sont des messieurs “toujours plus !”.

- Le taux de marge de la structure-mère : c’est une honte ! Surtout quand on voit l’aumône qui est laissée aux Reines. Remarquez, ils auraient tort de se priver puisque parmi les témoignages de Reines, on constate en se frottant les yeux qu’il y en a plein qui sont presque heureux d’être les dindons de la farce, d’être ceux qui bossent le plus et gagnent le moins… Ca doit être un vieux fond de masochisme chrétien ma parole… Comment ils doivent se marrer ceux qui tirent les ficelles, de voir que même roulés dans la farine certains continuent à imaginer des raisons d’être dignes et fiers, et défendent leur système néo-féodal… Oh, merci not’ bon Maître !

- Aucune obligation absolue de fournir du bio.

Pour moi le système des Ruches serait intéressant et crédible si c’était du 100% bio, quittes à aller le chercher un peu loin parfois, et surtout, si les fondateurs étaient à peu près bénévoles. Mais c’est TRES loin d’être le cas. Ils sont là pour avoir le beurre et l’argent du beurre, c’est-à-dire surfer sur une tendance lourde pour tenter de concilier des contraires :
Faire un max de thunes en passant pour des gars novateurs et sympas, faire croire qu’on a supprimé les intermédiaires alors qu’on se sucre un maximum au passage, faire croire qu’on fait du bio local comme des AMAP alors que pas forcément du tout, faire croire que c’est une super bonne affaire pour le jeune consommateur “un peu superficiel qui se croit obligé de tout positiver dès lors que c’est nouveau et qu’on peut y accéder avec son smartphone” alors que les tarifs sont loin d’être “super trop cools”…
Bref, pour moi le système des Ruches est diaboliquement marketing, et hypocritement ultra lucratif pour un nombre très restreint de manipulateurs…
A vous de voir si vous marchez dans cette pauvre combine à simplets.

Pascal L Pascal L ·  13 March 2015, 12h25

@Cyber @cteurs : demonstration fort bien argumenté.

VG VG ·  08 November 2015, 19h33

L’article a été actualisé et publié sur le site des Amis de la Confédération paysanne, en date du 29/10/2015 sous le même titre.

Extraits :

“En juin 2015, moins d’un an après sa rédaction, la société de courtage Equanum, éditrice de la plateforme internet la Ruche-qui-dit-oui, a réussi sa troisième levée de fonds d’un montant de 8 millions d’euros. Elle ouvre cette fois le capital à l’international avec les fonds de capital risque USV (Etats-Unis), Quadia (Suisse), Felix Capital (Europe) et XAnge. Ces quatre investisseurs sont en droit d’attendre un retour sur investissement de cette start-up à succès, déclarée Economie Sociale et Solidaire…(…)

On y apprend aussi dans cette revue destinée aux hommes d’affaires, que chaque année les ventes sont multipliées par trois.

« Cela va très vite, notre organisation est décentralisée et elle demande peu de moyen. Il suffit d’une personne qui a envie de s’investir dans le circuit court », justifie Marc-David Choukroun, co-fondateur du site. 
En 2013, les ventes ont atteint 9 millions d’euros, l’objectif 2014 est donc de 27 millions pour un résultat proche de 2 millions. »

Les affaires vont bien et le concept s’exporte : « Le cap des 80 millions pour 2015 ? La Ruche qui dit Oui ! y travaille d’arrache-pied en créant déjà des filiales en Europe. Après la Belgique et l’Espagne cette année, l’Angleterre et l’Allemagne sont en phase d’approche. »

LSA nous apprend également que « le revenu moyen par ruche est de 400 euros (il a doublé en un an), pour 10 à 15 heures de travail hebdomadaire (…) 7 »

Qui sont les perdants, qui sont les gagnants de ces pseudo Amap version 2.0 ?

Les perdants sont les producteurs et les consommateurs avec un prix du panier mécaniquement plus cher de 20 % 8 qu’en AMAP, mais ce sont surtout ces centaines de petits commerçants et auto-entrepreneurs habilement appelés « reines » dans le système de La Ruche qui dit Oui ! alors qu’ils en sont plutôt les abeilles.

Ce sont eux qui, en vérité, créent le réseau, l’animent et l’organisent. Ils recrutent fournisseurs et clients, trouvent des espaces de distribution, préparent les paniers et les servent avec le sourire comme tout bon commerçant qui veut garder et développer sa clientèle. Bien que le contrat de vente direct oblige, dans les textes, que ce soit le producteur qui remette en mains propres sa marchandise à ses clients.

Ces « reines » besogneuses mettent du coeur à l’ouvrage pour un complément de revenus moyen de 400 € par mois, soit 301,6 € nets, déduction faite des 24,6 % des cotisations sociales, taux appliqué aux auto-entreprises. Le gain net pour « 10 à 15 heures de travail hebdomadaire » est de 6,28 € de l’heure, inférieur au smic.(…)

Les grands gagnants sont bien sûr les éditeurs du site Equanum qui ont su créer, grâce au web, cette forme de business pyramidal qui, inversé, prend la forme d’un entonnoir qui leur permet d’empocher 8,35 % HT de commission sur chaque vente. Et plus nombreuses seront les petites « reines-abeilles » solidaires, plus ils s’enrichiront.

Pour l’être d’avantage, aux côtés de leurs parrains (Free, Meetic, Marmiton…) peut-être décideront-ils un jour de vendre à prix d’or ces multiples espaces 10 informels de distribution répartis dans toute la France à d’autres parrains encore plus grands qu’eux, tels que Carrefour 11, Leclerc ou Auchan 12… qui retrouveront ainsi une clientèle qui cherchait à leur échapper !

La SNCF n’a pas fait autrement en rachetant l’été 2013 le site (marchand) de co-voiturage 123envoiture.com 13 (devenue ID Vroom), l’entreprise de location de voiture entre particuliers Ouicar (ex-Zilok Auto) l’an dernier et le spécialiste de l’auto-partage Move About avec d’autres parrains, Total et Orange.

Moins de trois ans après son lancement, La Ruche qui dit Oui ! peut se réjouir de sa politique de relation publique menée avec succès auprès des médias 14. Son image est solidement ancrée sur les tendances éthiques de la consommation « sociale et solidaire », et du Manger mieux, manger juste assimilé au manger bio qui plus est, sans intermédiaires.”

VG VG ·  08 November 2015, 19h36

Lire aussi “COP 21, quand l’agro-industrie siphonne la vague des circuits courts”, par William Elie, sur le site des Amis de la Confédération paysanne.

Cagette.net Cagette.net ·  20 January 2016, 21h04

Bonjour,
Je suis l’auteur du logiciel libre Cagette.net qui est un équivalent “libre” ( open source ) de La Ruche qui dit Oui.
L’objectif est de proposer le même type d’outils et de facilités que “La Ruche” à tout type de groupe : AMAP ou groupement d’achat citoyen.
Le logiciel peut être gratuitement utilisé si on sait installer un serveur web, ou hébergé par nos soins pour un cout forfaitaire de 150€TTC à l’année, AUCUNE commission sur les ventes.

Nous participons actuellement à un concours pour financer un tour de France pour faire découvrir le logiciel dans toute la France , nous avons besoin de votre soutien !

Notre site : http://www.cagette.net
Votez pour nous ! : http://www.cagette.net/aviva

VG VG ·  20 January 2016, 22h19

Bravo pour cette réalisation et votre projet.
Mais pourquoi ne pas avoir choisi une plateforme de financement participatif ?*

En effet, je lis dans le règlement de la Fabrique Aviva :
“Dans le cadre du concours « La Fabrique Aviva», la société Aviva France est amenée à collecter certaines informations à caractère personnel relatives aux participants (porteurs de projet, contacts éventuels des porteurs de projet, votants). Ces derniers sont informés d’une part que les données les concernant, utilisées dans le cadre de cette opération, sont nécessaires à la prise en compte de leur participation et d’autre part que ces informations font l’objet de traitements à l’usage du groupe Aviva France, d’Aviva PLC, d’Aviva GI UK, du Jury, des collaborateurs du groupe Aviva France, des agents d’assurance Aviva et de leurs prestataires.” Chez moi, c’est NON MERCI !
Je ne voterai donc pas, même si je trouve votre projet très intéressant.

  • Il serait d’ailleurs intéressant de développer un outil de financement participatif moins onéreux que les plateformes qui accueillent les entreprises, et qui serait réservé à celles de l’ESS. (Critères à définir et à gérer, certes, mais un besoin certainement, pour éviter les plateformes sous forme de start-up visant la valorisation financière…) Peut-être une idée pour un prochain projet ?
Lili Lili ·  04 February 2016, 14h26

Tiens tiens…. alors nous, sur notre zone, on un un pseudo bar-épicerie-poste-auberge-brasseur collaboratif qui a déjà touché des 10aines de milliers d’euros de subventions locales et régionales, gogotise à tous va en crowdfunding dès qu’il y a un nouveau projet, et se présente comme le sauveur de son village. Dans la réalité des faits et en ayant menti sur la situation des commerces locaux (tiens, il n’y a donc pas de vérification lorsqu’on accorde des subventions ?), cet organisme se paye grassement après avoir terriblement nuit au resto-bar, au boucher et à l’épicier locaux. Et allez, on s’en paye une dernière tranche : comme par hasard fils ou beaux-fils d’élus, anciens chargés de mission pas du tout politisés, etc, etc ! Pendant ce temps-là, moi, je bosse en auberge traditionnelle 6 jours par semaine et 11 mois par an, pour un demi salaire minimum, sans complémentaire faute d’argent, et je peux crever avant que RSI ou autres m’aident ! Et si la solidarité et l’authenticité commençaient par faire vivre nos commerces de village tel qu’il en reste encore ???

Matthieu Matthieu ·  06 February 2016, 17h55

Une suggestion ? Proposer des alternatives !
Elles existent… Paniers à la ferme, paniers bio (pas forcément référencés AMAPs), et ulitme :

http://www.cagette.net/ qui promet d’être ce qu’aurait du être la ruche :
Un logiciel open source mis à disposition de consommateurs ou de producteurs qui veulent mettre en place un réseau, autonome, local, pour un prix d’acces FIXE et non un }#£+^`| de pourcentage sur les ventes, qui rien ne saurait justifier sauf une logique POURRIE de capitaliste…

Robin Robin ·  08 February 2016, 00h10

Bonjour,

Merci à ce site pour m’avoir fait découvrir l’envers du décors.

Nouvellement arrivé au Havre, j’ai entendu parler de La ruche qui dit oui, installée dans la ville. Du coup je m’inscris et je commande un panier de légumes, provenant d’une ferme à 50km, pas bio mais “raisonné”, car l’offre de produits bio est en fait quasi-nulle. Sur place, c’est speed, je retire mon panier. J’apprends que c’est impossible d’acheter directement. A AUCUN MOMENT, que ce soit sur le site internet comme sur place, il n’est indiqué la présence de ces commissions. C’est scandaleux.

Alors oui. La ruche qui dit oui est à bannir, et je n’y mettrai plus les pieds. Pourquoi ? Parce que si on (nous, les consommateurs), n’agit pas rapidement pour créer de VRAIS circuits courts, via des associations ou des réseaux d’assos (ex : agrobioconso.org ou cagette.net), La ruche qui dit oui va se retrouver en situation de monopole, et rien ne pourra plus arrêter cette start up qui s’enrichit sur nos bonnes intentions. Et on va retrouver la même situation que pour le covoiturage, où Blablacar domine le marché et se fait des marges énormes à chaque trajet, tandis que les alternatives libres sont inaudibles (covoiturage-libre.org par exemple).

Agissons maintenant, STOP à La ruche qui dit oui !

Zella Zella ·  08 February 2016, 13h54

Je suis peut-être naïf, mais je crois que les auteurs sont sincères. Ils sont seulement mal renseignés. Mon ambition n’est pas de leur faire changer d’avis mais d’apporter mon témoignage et un autre point de vue qui n’engage que moi, bien entendu.
Je suis Responsable de Ruche en Bretagne et heureux de l’être, je peux vous affirmer que c’est le cas des autres Responsables que je rencontre.

Quand une start-up a besoin d’argent pour se développer, elle doit s’adresser, a priori, à des gens qui en ont ! Les «millionnaires» que vous citez sont très largement minoritaires (si c’était pour «gagner» de l’argent, ils sont mal tombés : pas de dividendes à ce jour et le jour où il y en aurait cela serait distribué selon la charte de l’économie solidaire - pas de quoi se faire une fortune !).
Les créateurs sont toujours très majoritaires. Pourquoi dénigrer deux jeunes qui ont pris de gros risques, ils ont sorti trois bilans négatifs. C’est grâce à des gens de cette trempe que les choses bougent.

Je suis un admirateur du principe des AMAP et des consommateurs qui réalisent ainsi un acte «militant». Tous les consommateurs ne sont pas prêts à cet engagement fort.
La Ruche n’est pas en concurrence, elle offre une alternative moins contraignante sans autre ambition. Je suis militant de la vente directe, il faut élargir l’offre.
Vous citez le chiffre de 50 000 commandes, chaque commande est un acte responsable et réfléchi de la part du consommateur, sont-ils tous si stupides ? Depuis 4 ans ?

Concernant le revenu des Responsables de Ruche vous faites fausse route. Soit les Responsables ont un travail régulier et leur activité de Ruche est un complément, soit, comme moi, c’est une activité de retraité pour qui cette occupation est très enrichissante intellectuellement et socialement. Les revenus que j’en tire ont pour destination de compenser les dépenses (chauffage, éclairage, déplacements) que je suis amené à engager.
Le cas des grande Ruches dans les grandes agglomérations est différent, les Responsables exercent souvent un travail à mi-temps ou plein temps sur deux ou trois Ruches, ils témoignent qu’ils sont satisfaits de leur revenu. Ceux qui ont cessé, ils sont peu nombreux, n’arrivaient pas à un chiffre suffisant (problème d’emplacement, de qualité d’animation, etc.). Créer une Ruche n’est pas à la portée de tous, le nom du réseau ne suffit pas à garantir le succès !

250 km est une limite maximum, la moyenne des distances parcourues par les producteurs est de 40 km environ (28 km dans ma Ruche). Je suis loin d’être le seul à demander d’imposer une limite max inférieure. Cependant, à titre d’exemple, je vais vous citer les deux producteurs qui font monter la moyenne : le paludier qui me livre du sel de Guérande (de Guérande forcément !) et le viticulteur bio d’Anjou car les vignes en Bretagne se font rares ! Ils ne livrent qu’en saison morte pour leur travail, une ou deux fois par an pour des commandes groupées.

Il n’y a pas que du bio ? Oui, la seule obligation est que le Responsable de Ruche visite les producteurs locaux et s’informe de leurs méthodes de culture et d’élevage, respectueux du bien-être animal et de la santé de la planète et des consommateurs. Ceux-ci subissent une rafale de questions de la part des consommateurs lors des distributions. Il y a, par ailleurs, pour les consommateurs qui le souhaitent, un filtre qui leur permet de n’afficher que les produits issus de fermes bio. Le consommateur est libre et responsable, il se conforte lors des visites chez les producteurs.

Petite précision : j’ai voulu participer à cette discussion à la demande des abeilles qui m’ont informé de l’article. Elles ont été vexées d’être considérées comme des idiotes patentées… (pardon mais je transmets mot pour mot).

Petit coup de gueule : nous sommes si peu nombreux à défendre le revenu des paysans face aux circuits industrialisés qui se fichent de leur revenu et de la santé des consommateurs. Pourquoi faut-il qu’on se bouffe le nez ??? Nous sommes sur le même bateau, ramons dans le même sens. Plus nous offrirons d’alternatives aux consommateurs, plus la part de la vente directe augmentera. Ensuite, laissez le consommateur décider.

Véronique Gallais Véronique Gallais ·  12 February 2016, 09h39

Faut-il encadrer l’économie collaborative ?
Emission du 09/02/2016

Faut-il encadrer l’économie collaborative ?
Pascal Terrasse, Député PS de l’Ardèche, et auteur du rapport sur l’économie collaborative.
Marion Carrette, Fondatrice de OuiCar.
Glles Babinet, Entrepreneur, responsable des enjeux de l’économie numérique pour la France auprès de la Commission Européenne.

Quasar Quasar ·  03 March 2016, 21h41

@Véronique Gallais :
votre remise en perspective en deux points du 03 décembre 2014 est très très pertinante. Vous y parliez de choix radical à faire. Mais vous ommettez de préciser, peut-être par déontologie journalistique, que l’un des deux (le premier que vous énumérez) nous conduit, tous, producteurs et consommateurs, tout droit dans le mur. L’implication de chacun dot être la norme pour que l’on puisse sortir de ce système consumeristo-capitaliste. Système qui, de toute évidence est un scandale lorsque l’on parle de nourrir ses congénères.

bob bob ·  14 March 2016, 18h23

Pas mal le coup de l’appel aux abeilles-reines-soumises pour alimenter ce fil de commentaires.

Chacun est libre mais je trouve INJUSTE que quelques gars fassent du gras derrière leurs écrans pendant que ça sue en région pour des clopinettes, pas vous ?

Terroir d'Isère Terroir d'Isère ·  24 May 2016, 08h34

Bonjour,

Une alternative aux Ruches existe en isère, il s’agit de www.terroirdisere.com !

Il est proposé, en plus de fournir des produits locaux issus d’une agriculture biologique ou raisonnée, un service de livraison à domicile afin de permettre à la plus grande partie de la population d’avoir accès à une alimentation plus saine et produite près de chez eux.

Pas de grand groupe derrière tout ça, j’ai crée mon entreprise fin 2014 avec mes propres économies et je suis le seul intermédiaire entre les producteurs et les consomm’acteurs.

Au plaisir de vous rencontrer !

paul paul ·  24 May 2016, 09h57

@isa ruche : Les prix des Ruches sont vraiment prohibitifs ! je comprends mieux pourquoi !Il y a derrière des “sauriens”…. CQFD

Add a comment This post's comments feed


You might also like

Tchernobyl-NYAS-Couv-FR-210x300.jpg

Tchernobyl : la catastrophe durable

Comme à Fukushima, à Tchernobyl la catastrophe atomique dure toujours. Il revient aux humanistes en général et aux antinucléaires en particulier de maintenir allumée la lumière qui doit éclairer ces irréversibles catastrophes que les gouvernements et les milieux industriels maintiennent avec application dans le mensonge et la dissimulation. «Tchernobyl, conséquences de la catastrophe sur la population et l’environnement » est l’œuvre de savants intègres, valeureux et persécutés. Cette œuvre, le mouvement IndependentWho nous en offre la traduction en français, gratuitement. En attendant les prochaines élections, aux citoyens maintenant de faire leur devoir en s’emparant de ce précieux et indispensable livre afin que les abandonnés de Tchernobyl ne soient pas complètement et définitivement oubliés et pour qu’une catastrophe morale ne s’ajoute pas aux catastrophes industrielle, humanitaire et politique en Biélorussie… et en Ukraine ! 50

Continue reading

religion-criminels.png

L'alliance de la kalachnikov et du coran est similaire à l'alliance du sabre et du goupillon

L’alliance de la kalachnikov et du coran est similaire à l’alliance du sabre et du goupillon. C’est du déjà vu. 288

Continue reading