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mardi 31 août 2010

Ord(u)re

Le vrai franchissement de la ligne annoncé dès l’avènement du sarkozysme est désormais consommé. C’est arrivé en pleine torpeur estivale de « l’opinion ». Cela faisait longtemps que la ligne des libertés républicaines était fréquemment mordue sans protestation suffisante du corps social. Pour satisfaire son désir maladif d’ordre M. Sarkozy choisit enfin de faire tomber la France dans l’ordure. Alors, tous les prétextes deviennent des aubaines. Ceux qui ne voient là qu’un calcul électoral se trompent dangereusement. C’est bien la nature profonde d’un lent effondrement des valeurs démocratiques orchestré de longue date qui se dévoile ici.

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lundi 21 juin 2010

Les jeux sans le pain

Le capi­ta­lisme et les hom­mes qui le font vivre n’en sont plus depuis long­temps à un para­doxe près. Quand la crise affame – et affa­mera plus encore demain – une mul­ti­tude d’hom­mes, de fem­mes et d’enfants par­tout dans le monde l’éco­no­mie des jeux pros­père sans ver­go­gne. Du pain et des jeux pro­cla­mait Jules César pour cal­mer la plèbe. Il est pro­ba­ble que pour lui le pain comp­tait avant les jeux du cir­que. Deux mille ans après JC, les jeux sont pla­né­tai­res et la mal­nu­tri­tion – entre autres maux de la misère – frappe un mil­liard d’êtres humains. L’exu­toire des jeux hyper média­ti­sés et archi mer­can­ti­li­sés est par­tout uti­lisé pour détour­ner l’atten­tion et le désir des peu­ples. À l’heure de l’endor­mis­se­ment géné­ra­lisé, la France ne sau­rait déro­ger à la règle vul­gaire.

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samedi 22 mai 2010

De la bancocratie en Europe

Plus per­sonne n’en doute désor­mais : ce sont les pau­vres qui vont payer l’addi­tion ver­ti­gi­neuse de la crise finan­cière. Addi­tion d’autant plus salée que ladite crise est loin d’être ter­mi­née. Les riches, les vrais sont d’ores et déjà à l’abri grâce à l’oppor­tun sau­ve­tage des ban­ques qui gèrent leurs juteux avoirs. Le théâ­tre euro­péen de la crise est par­ti­cu­liè­re­ment édi­fiant à tous égards. Si la crise de l’Euro n’est que le pro­lon­ge­ment de la crise plus large de la finance mon­dia­li­sée, elle nous révèle que la soli­da­rité des nations et des peu­ples euro­péens dont on nous rebat les oreilles depuis cin­quante ans n’était guère plus depuis long­temps qu’un mot. Ce n’est pas la Grèce qui menace l’Euro mais l’Euro qui a fait tom­ber la Grèce si bas qu’elle ne s’en remet­tra peut-être pas. Il est temps d’assé­ner quel­ques véri­tés, his­toire de se per­sua­der défi­ni­ti­ve­ment que les éco­no­mis­tes de con­ni­vence et les diri­geants poli­ti­ques ont piteu­se­ment choisi le camp des nan­tis et des bri­gands.

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lundi 19 avril 2010

De radieux criminels

L’une des maniè­res de per­ce­voir l’incon­sé­quence de notre monde et des hom­mes qui le font pour­rait être le dévoi­le­ment de cri­mes de masse que la Jus­tice ignore en renon­çant encore à les qua­li­fier. Ces cri­mes sont per­pé­trés, au nom d’orga­ni­sa­tions léga­les puis­san­tes, par des hom­mes au pou­voir d’autant plus exor­bi­tant qu’il est non démo­cra­ti­que. Des hom­mes tan­tôt per­sua­dés d’agir pour la défense de l’inté­rêt géné­ral, tan­tôt agis­sant pour la sau­ve­garde d’inté­rêts par­ti­cu­liers ina­voués. Il n’est pas très dif­fi­cile, à par­tir de l’exem­ple du com­plexe nucléaire mon­dial, de com­pren­dre que l’inté­rêt de l’Huma­nité est menacé par ces for­mes mécon­nues du crime orga­nisé.

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samedi 20 mars 2010

La soupe à l’aigre

La preuve de la per­ti­nence du dis­cours éco­lo­gi­que réside sans doute dans la mal­hon­nê­teté crasse de ses adver­sai­res les plus média­ti­sés. La manière dont les médias de masse se sont empa­rés, à quel­ques enca­blu­res des élec­tions régio­na­les, du der­nier recueil de sor­net­tes de M. Claude Allè­gre est à l’évi­dence symp­to­ma­ti­que d’une épo­que rechi­gnant à affron­ter les vrais périls depuis long­temps annon­cés. L’impos­ture édi­to­riale du géo­chi­miste sor­tant impru­dem­ment de sa spé­cia­lité pour­rait, à l’extrême rigueur, être l’occa­sion d’un débat au fond des cho­ses. Encore fau­drait-il alors oppo­ser à la cer­ti­tude de M. Allè­gre l’intel­li­gence de con­tra­dic­teurs à la hau­teur de l’enjeu. Et là on décou­vre avec éton­ne­ment que le pro­fes­seur devenu bate­leur d’estrade béné­fi­cie d’un trai­te­ment de faveur qui bafoue le droit à la qua­lité de l’infor­ma­tion.

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lundi 22 février 2010

Au rythme lent des élections

On vote ce mois-ci ! Les états-majors poli­ti­ques et leurs armées de mili­tants dévoués sont de nou­veau sur la brè­che depuis quel­ques semai­nes. On ira voter car on se sent encore au fond de soi une âme de démo­crate. Mais on a aussi un sacré blues. Le blues de la défaite. Pas la défaite élec­to­rale pos­si­ble du camp que l’on défend éven­tuel­le­ment. La défaite glo­bale du poli­ti­que réputé inca­pa­ble de trans­for­mer l’espoir des hum­bles en vic­toire sur leur sort funeste. Défaite encore du poli­ti­que refu­sant de pren­dre la pleine mesure de la crise éco­lo­gi­que. Quand il con­vien­drait de mener dans un même élan le com­bat social et le com­bat éco­lo­gi­que, on pré­fère la pru­dence du retran­che­ment sur des bas­tions émer­gés pour quel­que temps encore. Pour­tant, les fer­ments du pos­si­ble chan­ge­ment exis­tent. Can­ton­nés dans les mar­ges du champ poli­ti­que, ils déses­pè­rent de ne pas trou­ver de relais dignes de leur clair­voyance.

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lundi 18 janvier 2010

Éric le brun

Les épo­ques noi­res ont leurs ser­vi­teurs volon­tai­res. L’actuel minis­tre fran­çais de l’Immi­gra­tion et de l’Iden­tité Natio­nale est de ceux-là sans l’ombre d’un doute. Il ne fait non plus aucun doute que l’Europe entre aujourd’hui de nou­veau dans une des pério­des les plus som­bres de son His­toire moderne. Il se pour­rait bien que sur cette pente inexo­ra­ble vers l’abîme les évè­ne­ments du ven­dredi 8 jan­vier der­nier à Rosarno mar­quent une étape déci­sive. M. Eric Bes­son est l’un des plus ardents par­ti­sans de « l’Europe for­te­resse » et de ses con­sé­quen­ces funes­tes plei­ne­ment assu­mées. En même temps, il est l’une des figu­res les plus emblé­ma­ti­ques de la crise morale et poli­ti­que que tra­verse l’Europe – et en par­ti­cu­lier la France – depuis deux décen­nies.

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jeudi 24 décembre 2009

Inhumanité douce

La gan­grène que repré­sen­tent l’hégé­mo­nie de la doxa mana­gé­riale et ses effets dévas­ta­teurs sur les corps et les esprits des hom­mes et fem­mes au tra­vail est désor­mais patente. Elle reste cepen­dant encore insuf­fi­sam­ment dénon­cée. La puis­sance publi­que, essen­tiel­le­ment incar­née par l’État cen­tral et ses éche­lons décon­cen­trés, est ici gra­ve­ment en cause puisqu’il ins­taure cha­que jour davan­tage dans l’Admi­nis­tra­tion du bien com­mun les métho­des de la ges­tion des fir­mes pri­vées indus­triel­les et com­mer­cia­les. L’exem­ple du désas­treux trai­te­ment réservé au sein de l’Édu­ca­tion Natio­nale aux assis­tants de pro­fes­seurs et élè­ves han­di­ca­pés – et par con­sé­quent aux légi­ti­mes béné­fi­ciai­res de cette assis­tance – est émi­nem­ment symp­to­ma­ti­que à cet égard. Le mépris par­ti­cu­lier pour la ques­tion du han­di­cap aide à com­pren­dre l’inhu­ma­nité douce qui règne aujourd’hui dans la plu­part des orga­nes de la société où tra­vaillent des indi­vi­dus.

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dimanche 30 août 2009

État grippal

C’est déci­dé­ment plus fort que nous : il nous est dif­fi­cile de res­ter sereins face à la pro­met­teuse pan­dé­mie de ce début de vingt-et-unième siè­cle. Non que nous soyons vrai­ment inquié­tés par la gra­vité annon­cée de la mala­die. Non que sa menace nous détourne le moins du monde de nos occu­pa­tions ni même de nos préoc­cu­pa­tions habi­tuel­les ou impromp­tues. C’est le doute qui petit à petit enva­hit notre esprit. Et s’il ne s’agis­sait là que d’une ter­ri­fiante intoxi­ca­tion pla­né­taire orches­trée par la classe techno-scien­tiste, mosaï­que puis­sante faite des ténors de la méde­cine offi­cielle, des res­pon­sa­bles de la « santé publi­que », de patrons avi­sés de labo­ra­toi­res phar­ma­ceu­ti­ques et de diri­geants poli­ti­ques sous influence ou cal­cu­la­teurs ? Para­noïa ? Jugeons-en !

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samedi 27 juin 2009

La transition autoritaire

Après une décen­nie de déve­lop­pe­ment exa­cerbé du dis­cours sécu­ri­taire, nourri en France par des gou­ver­ne­ments de colo­ra­tions dif­fé­ren­tes, le moment est venu de pas­ser à l’étape sui­vante, celle du recueil des fruits géné­reux du nou­veau gou­ver­ne­ment des citoyens par l’ins­tru­men­ta­tion de la peur savam­ment ins­til­lée aux tré­fonds des esprits les moins cri­ti­ques. Après les semailles sécu­ri­tai­res voici enfin, pour la Droite débar­ras­sée de tout état d’âme, le temps de la mois­son auto­ri­taire.

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jeudi 30 avril 2009

Le Titanic de l’économie carbonique

L’His­toire retien­dra dans son œuvre d’éta­blis­se­ment des faits aux con­sé­quen­ces gra­vis­si­mes que le récent som­met du G20 est l’une des preu­ves les plus fla­gran­tes de l’incu­rie actuelle des Maî­tres du Monde. L’éco­no­mie mon­dia­li­sée est un navire déme­suré aux mul­ti­ples voies d’eau dont on a décidé de main­te­nir la route incer­taine afin de sau­ver le plus long­temps pos­si­ble les inté­rêts des occu­pants de la Pre­mière Classe. Le dis­cours tenu aux pas­sa­gers des clas­ses subal­ter­nes n’affi­che évi­dem­ment pas ce but car­di­nal ; on leur assure au con­traire que pour sau­ver tout le monde il n’est qu’un seul cap à sui­vre. Mais, peu impor­tent les paro­les du Com­man­de­ment : son atti­tude obs­ti­née révèle une cou­pa­ble sous-esti­ma­tion du dan­ger qui menace de dis­lo­ca­tion le Tita­nic pla­né­taire.

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mardi 17 mars 2009

Science sans conscience...

La mon­dia­li­sa­tion débri­dée des vingt-cinq der­niè­res années à laquelle la crise actuelle pour­rait para­doxa­le­ment don­ner plus de vigueur encore est le ter­rain pri­vi­lé­gié de la science ven­due aux mar­chands. Sous le pré­texte du coût très élevé de la recher­che, des mon­ta­ges finan­ciers com­plexes et des par­te­na­riats public-privé (PPP) équi­vo­ques nais­sent aux qua­tre coins de la science qui peu à peu y perd son âme. Quand de nom­breu­ses « avan­cées » de la science mar­chan­di­sée insé­cu­ri­sent notre envi­ron­ne­ment, les citoyens devraient s’orga­ni­ser autour des « lan­ceurs d’alerte » afin de répon­dre à la maxime des mar­chands : science avec cons­cience n’est que ruine du pro­fit.

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samedi 28 février 2009

Révolution paysanne !

Le moment est enfin venu de prendre acte d’un fait majeur traversant tout à la fois – certes sous des formes différentes – les pays du Nord et les pays du Sud :  la faillite générale des stratégies agricoles mises en œuvre à partir des années 1960. On redécouvre partout le rôle primordial des paysans dans l’évolution équilibrée des sociétés humaines et la préservation des écosystèmes qui les portent. Pour l’heure les « fondamentalistes » des modèles agro-technocratiques parviennent encore à dissimuler au plus grand nombre l’ampleur démentielle du désastre qu’ils ont préparé et apparaissent toujours comme « progressistes » aux yeux des croyants du salut de l’humanité par la transformation des sols en paillasse de laboratoire. Mais, une autre histoire est déjà en marche, à distance du système agro-industriel dominant maintenu artificiellement en vie grâce aux perfusions financières, chimiques ou scientistes. Et s’il s’agissait d’une révolution, réellement verte cette fois ?

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lundi 23 juin 2008

Effrayante Italie - par Yann Fiévet

Au mois de juin de l'année 1994, le tout premier article de la présente chronique mensuelle s'intitulait ¬´ Attristante Italie ¬ª. Le grand Fellini venait de mourir, suffisamment tôt pour ne pas avoir la triste confirmation que les vieux démons du passé étaient sur le point de s'emparer de nouveau de son pays. Berlusconi venait d'accéder pour la première fois à la tête du gouvernement italien. Une quinzaine d'années plus tard nous nous féliciterions si notre voisine transalpine n'était restée qu'attristante. Elle est bel et bien devenue depuis lors tout bonnement effrayante.

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mercredi 21 mai 2008

Panne d'imaginaire - par Yann Fiévet

Ouf ! Les remémorations en tous genres de Mai 68 dont le quarantième anniversaire étaient le prétexte convenu sont enfin derrière nous. Les récits des anciens combattants qui vécurent le mémorable évènement de l'intérieur et les diatribes enflammées de ceux qui ne cessent depuis quatre décennies d'exécrer les fâcheuses conséquences de Mai révèlent tous le même enseignement : notre époque est cruellement en panne d'imaginaire quand nos turbulents prédécesseurs voulaient la mettre au pouvoir.

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