… comme des dizai­nes de mil­liers d’autres ano­ny­mes et moins ano­ny­mes… Comme le « pas encore omni­pré­si­dent » qui y a cassé son bout de mur à coup de mar­teau et burin, un ou deux jours plus tard.

J’étais par­tie là-bas pour ren­con­trer un ami qui, avec sa femme et ses deux enfants  habi­tait à Karl Marx Stadt, aujourd’hui rebap­ti­sée Chem­nitz. Nous avions fixé ce ren­dez-vous bien avant, dans le cou­rant du mois d’octo­bre 1989 lors d’une con­ver­sa­tion télé­pho­ni­que, pla­ni­fiée, elle, bien avant encore puis­que nous nous savions sur écoute.
Notre lieu de ren­dez-vous était Alexan­der­platz, de l’autre côté du mur, à Ber­lin-Est.  J’y étais, lui n’est jamais venu et pour cause… Cette nuit là, le mur s’est fis­suré, et la défer­lante de l’est s’est abat­tue dans une eupho­rie, une ivresse joyeuse sur la par­tie ouest de cette ville encla­vée durant pres­que 30 ans. Ce furent des moments joyeux, sans arrière-pen­sée, empreints de géné­ro­sité, de par­tage, de soli­da­rité et oui, aussi, j’ose le dire, d’amour.